‹ Commentaire français littéral de la Somme Théologique de Saint Thomas d'Aquin (volume 4)Chapitre 38 sur 40 · QUESTION XLIIT. DE LA MISSION I>RS PERSONNES DIVINES. '(S · texte numérisé non relu

QUESTION XLIIT. DE LA MISSION I>RS PERSONNES DIVINES. '(S

au fait de la présence de la g^ràce, du moins «jnanl au (Urji^Vinouveau de cette grâce, qui fait que la «réature est dans un ëlat de perfection autre que celui où elle (Hait auparavant. Uad primum répond que » la mission in\isil>Ic ;i l'-té faite an.\ patriarches de l'Ancien Testament. Aussi bien saint Augustin, dans son IV« livre de la Trinité (cli. xx), dit que le Fils, par sa mission invisible, devient présent dans l^/ionime on parmi les hommes ; et qu'autrefois il en a été (linsi pour les patriarches et les prophètes. Lors donc qu'il est dit, en saint Jean, que VEsprit n'était pas encore donné, à faut entendre cela de la donation sous forme visible, telle qu'elle se tii au jour de la Pentecôte ».

Uad secundum accorde que « même selon le progrès de la vertu ou l'augmentation de la grâce, il y a mission invisible. El c'est pourquoi saint Augusiin dit, au IV^ livre de la 7'rinité (ch. xx), que le Fils est alors enooijé à chacun selon qull est connu et perçu y pour autantqall peut être connu et perçu selon la capacité de l'âme raisonnable qui progresse en Dieu ou qui est unie à Dieu d'une union parfaite. Cependant, ajoute saint Thomas, nous parlerons plus spécialement de mission invisible, quaii 1 il s'agira d'une augmentation de la grâce qui fera q»ie quelqu'un est élesé à des actes liou veaux ou à un nouvel état de la gràcu \ par exemple, si quelqu'un reçoit la grâce des miracles ou celk de la prophétie, ou si, brûlant du feu de la charité il s'expose an martyre, ou renonce à îoiii ce qu'il possède, ou enlrepve:id iacio autre œuvre particulièrement ardue ». — Nous voNons, par cède réponse, que saint Thonias admet une mission invisible pour tout progrè dans la grâce et la charité, bleu qu i! reconnaisse qu'il y a mission plus spéciale dans les cas de progrès exceptionnels. Lorsqu'il rédigeait son commentaire sur les Sentences (!«■■ livre, disl. i5, q. 5. art. i, q'' 2), il avait été moins affirmatif sur ce point, tout en déclarant qu'on pouvait soutenir sans difficulté le sentiment qu'il devait ici faire sien purement et simplement.

L'r/J tertium précise que « pour les bienheureux, il y a eu mission invisible au premier instant de leur béatitude. Dans iu suite, il n'y a plus, pour eux, de mission invisible, au sens où

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nous requérons l'augmentation de la grâce, mais en ce sens que certains mystères peuvent leur être nouvellement révélés. Et ceci pourra se continuer jusqu'au jour du jugement ». Après le jugement, toute révélation nouvelle sera close, et, par suite, il n'y aura plus à parler de mission. « Quant à la mission qui se fait d'ici là, elle se considère en raison d'une extension de la grâce portant sur un plus grand nombre d'objets ». La grâce des bienheureux n'augmente pas en intensité; elle augmente en extension; et cela suffît pour que nous puissions parler de mission nouvelle à leur sujet. — a Quant au Christ, il y a eu, pour Lui, mission invisible au début de sa conception, mais non dans la suite; car, dès ce premier instant, Il a été rempli de toute sagesse cl de toute grâce ». L'union parfaite dont parlait l'objection n'empêche pas que nous ne puissions et devions admettre la mission invisible, pour le moment où cette union s'est faite. Elle exclut toute mission ultérieure, dans la mesure où elle exclut tout perfectionnement ultérieur. Pour le Christ, cette exclusion est absolue; pour les bienheureux, elle ne le sera qu'après le jugement.

\Jad quartum fait remarquer que la « grâce est dans les sacrements de la Loi nouvelle d'une façon instrumentale, à la manière dont la forme de l'objet d'art est dans les instruments dont l'artiste se sert, par mode d'influx qui provient de l'agent dans le patient. La mission, au contraire, ne se dit qu'en raison du lerme », en raison de l'état de l'âme sanctifiée ou perfectionnée par la grâce. « Il s'ensuit que la mission de la Personne divine ne se fait pas aux sacrements, mais à ceux qui par les sacrements reçoivent la grâce ». La grâce n'est pas dans, les sacrements à titre de forme perfective et permanente; elle y est à litre de mouvement participé de Dieu, auteur principal, et aboutissant à la production, dans rame, de la forme perfective et permanente qui est la grâce sanctifiante. Nous aurons à expliquer longuement cette doctrine, quand il s'agira des sacrements. Le résumé que nous en donne ici saint Thomas, suffit pour nous faire comprendre qu'il n'y a pas à parler de mission des Personnes divines à leur sujet.

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