QUESTION II. EN QUOI LA BEATITUDE DE L HOMME CONSISTE
phanl \ il plus longtemps (\\i(' lui; le lion est plus fort; et le cerf, plus agile. Donc, le bonheur de l'homme ne consi^^te pas dans les biens du corps ».
Au c nps de l'article, saint Thomas déclare c|u' « il est impossible que le bonheur de l'homme consiste dans les biens du corps; et cela », ici encore, « pour deux raisons. — La première est (jue lorsqu'il s'agit d'une chose qui est ordonnée à une autre comme à sa (in, il ne se peut pas que la fin dernière de cette chose soit sa conservation dans l'être. C'est ainsi que le pilote ne se prop««e pas, comme fin dernière », en tant que pilote, « de coiisel•^el• le na\ire confié à ses soins » et, par exemple, de ne pas 1' mettre à la mer, par crainte qu'il ne s'abime ou qu'il ne périsse; « car la fin du navire n'est pas le navire lui-même, mais quelque chose distinct de lui : sa raison d'être, ou sa fin, tst de seivir à passer la mer ». Pourvu donc qu'il serve à cela, et ijuand bien même il doive s'y user, il a vraiment atteint sa iin. " Oi', de même (juc le navire est confié au pilote poui- qu'il le dirige, de même l'hoiixme est confié à sa volonté et à sa raison, selon cette parole du livre de Vlu^clésiastique, ch. xv (v. i4) : Dieu, au comiuencemeiit, a créé Vhomme et Va laissé dans la main de son conseil. Puis donc que l'homme est ordonné manifestement à un" lin qui n'est pas lui-même, car il n'est pas ]r sou ver; in lii'n. il s'ensuit que la fin dernière de la volonté et de la raison humaine ne saurait être la conservation de l'être humain », lequel être humain suppose nécessairement l'existence (ît la santé du corps. L'homme n'est pas sa fin dernière, puisqu'il n'est pas le deinier mot de tout. Lui-même a raison de partie dans un loui distinct de lui. Or, la partie est ordonnée au tout; et le toMi lui-même, rjuand il a une cause, est ordonné à cette cause comme à sa fin. L'homme sera donc oidoiaié à runi\eis dont il fait partie, et, avec l'univers, à Dieu, cause de cet univers et de l'homme. Dès lors, son existence humaine, et le bien du corps re(iuis pour cette existence, doivent être subordonnés, comme à leur fin dernière, soit au bien de l'univers, soit surtout au bien de Dieu. Piemarquons, au passage, cette grande doctrine. Nous aurons à y jevenir bientOil.
(' Une seconde raison n, pour prouver que la fin dernièrr de
1 huinnie, ou son bonheur et sa béatitude, ne saurait consister dans les biens du corps, et que, par suite, tous les efforts de riiomme et toutes ses préoccupations ne doivent pus être ordonnés à assurer et à promouvoir ces sortes de biens, pas plus qu'ils ne devaient être ordonnés à la conservation et à l'augmentation des richesses, des honneurs, de la renommée, du pouvoir, — (= est que, même à supposer que la fin de la raison et de la volonté de l'homme fût la conservation de l'être humain, on ne pourrait cependant pas dire que la fin de l'honime fût un des biens du corps. C'est qu'en effet l'être de l'homme consiste dans le corps et dans lame; et bien que l'être du corps dépende de l'âme, toutefois l'être de l'âme humaine ne dépend pas du corps, ainsi qu'il a été montré plus haut (i. p.,- q. 'jb, art. 2); bien plus, le corps est pour l'âme, comme la matière est pour la forme, ou l'instrument poifr celui qui le meut, afin qu'il puisse, avec son secours, acomplir ses actions. Il s'ensuit que tous les biens du corps sont ordonnés aux biens de l'àme comme à leur fin ». L'être de l'âme l'emporte sur l'être du corps; et les biens de l'âme sur les biens du corps. Le corps n'est donc pas la fin de tout, même dans l'homme. C'est l'àme qui doit occuper la première place.
>' Et donc, conclut de nouveau samt Thomas, il est impossible que dans les biens du corps consiste la béatitude, qui est la fin dernière de l'homme ».
Vad prunum observe que u si le corps est ordonné à l'àme roMune à sa fin, les biens extérieurs sont de même ordonnés au corps. Par suite, il est raisonnable que le bien du corps soit pHéféré aux biens extérieurs, signifiés par le mot richesses " dans le texte de VEcclésiaste cité par l'objection; « comme d'ailleurs le bien de l'âme est préféré à tous les biens du corps ». Voilà donc l'ordre à établir parmi ces sortes de biens. Les biens extérieurs, entendus surtout au 'sens des richesses soit naturelles, soit artificielles, ne sont pas un bien pour eux-mêmes; ils ne le sont qu'en vue du corps au bien-être duquel ils peuvent servir. Mais le corps lui-même n'est un bien qu'en vue de l'âme; et il doit toujours, en toutes choses, lui demeuier subordonné.
L'»>d secundum dit que « l'être, pri.s en lui-même, selon qu'il comprend en soi toute la perfection de l'être, l'emporte sur la
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Vie et tout ce qui vient après; car, ainsi entendu, l'êtif comprend en lui toutes choses; et c'est dans ce sens que parle saint Denys. Mais s'il s'ag-it de l'être selon qu'il est participé en cette chose ou ta cette autre qui ne reçoivent pas en elles toute la perfection de l'être, n'ayant qu'un être imparfait, comme il en est de toutes les créatmes, dans ce cas, il est manifeste que l'être auqu<.'l s'ajoute telle ou telle perfection l'emporte en excellence. Aussi bien, saint Denys dit, au même endroit, que les vivants remportent sur les êtres qui sont; et les êtres intelligents, sur les vi- Nants « [cf. 1. p., q. ?. art. 4, ad i""": q. 4, art. 2].
l.'ad teriiiun remarque que « la fin répondant au principe, la raison apportée par l'objection prouve que la fin dernière est le premier principe de tout ce qui est, dans lequel se trouve toute la perfection de l'être ». Mais tous les être? n'atteignent pas celte fin dernière au même degré. ((Tous tendent à lui ressembler selon (pje leur nature le com[»orte : les uns, seulement quant au fait d'être; les autres, quant au fait d'avoir la vie; d'autres, quant au fait d'avoir l'intelligence et de posséder le bonheur; et ceci est le fait d'un petit nombre ->. Toutes choses désirent le Premier lihe, en qui est la plénitude de tout être, selon qu'il est possible pour chacune d'elles. L'homme le désire, non seulement quant au fait d'être ou d'exister dans sa réalité d'homme ou d'être mixte, compose de corps et d'àme, ce qui >upposc, en effet, la sanlé du corps, mais encore et surtout quant au fait de vivre de la ^ ie intellectuelle et morale, de la vie heureuse, au sens formel de ce mot.
Le bonheur de l'homme ne consiste pas dans les biens du corps. Ce n'est pas à conserver la \\e de >on corps, à rendre ce corps chaque jour plus parfait, comme sanlé. comme force, comme beauté, que consiste la fin dernière de l'homme. Ce n'est pas à cela qu'il doit tendre sans cesse, ni ordonner tous ses efforts. L'homme n'est pas le tout de l'univers, et le corps n'est pas le tout de l'homme. Si donc le bien de l'ensemble, et surtout le bien de Dieu, ou même seulement le bien de son âme le demandent, l'homme ne doit pas hésiter à sacrifier tous les biens du corps, y compris son être même. Ce point de doctrine mis en si
jb SOMME THÉOLOGIOUE.
vive lumière rationnelle, ici, par saint Thomas, se trouve affirmé par \olre-Seigneur Lui-même dans son Évangile (saint Matthieu, ch. \vi, V. 26) : Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il souffre dommage en. son âme? Et encore (saint Luc, ch. xn, v. 4) : Ae craigne: point ceux qui tueni le corps, et ciui, après cela, n'ont plus rien qu'ils puissent faire. Je vous montrerai, moi, Celui que vous devez craindre • craignez Celui qui peut perdre le corps et l'âme dans la géhenne.
La raison moderne ne veut pas de cette doctrine du Christ, surtout quand elle se traduit par l'invite à le suivre et à porter su croix, rtiionrarj aux biens de ce monde, et sacluint perdre sa vie pour la retrouver. Mais, à mesure qu'elle rciiiail la doctrine du Chri^l. elle travailhiil à se renier elle-iuèmc Aujourtl'hui, le dernier mot de cette raison moderne semble se formuler en disant que dans l'univers l'homme est le centre et le sommet de tout, que dans le monde humain, c'est l'individu seul qui compte, et que dans l'indiMdu la suprême sagesse consiste à ne pourvoir qu'aux biens et à la vie Hu corps. Toutefois, elle joint ensemble, dans cet idéal nouveau, le coips et l'âme, non pas, assuréuient. l'âme, au sens spirituel de ce mot. mais au sens purement animai ou sensible. Voyons donc si, en effet, le bonheur de l'homme consisterait dans cette vie du coips et de l'àme sensible.
C'e?t ce que nous allons examiner dans l'article (lui suit.
A»r(CLi: ^ 1.
Si le bonheur de l'homme consiste dans le plaisir?
Trois objections veulent prouver que k le bonheur de l'homme consiste dans le plaisir -1. — La première est que « la béatitude, étant la lin dernière, ne saurait êli ? désiiée pour autre chose; c'est tout le reste c|ui est désiié pour elle. Or, ceci eon\ient [)ardessu'^ tout au plaisir : il serait ridicule, en efjet, de demander à queUpi' un pourquoi il veut le plaisir, conune il est dit au dixième livre de \'£ilii(juc (ch. n, n. 2; de S. Th., leç. 2). Dor\c la béatitude consiste surtout dans le plaisir ». — La seconde objection
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remarque que « la cause première agit plus profondément que la cause second^, comme il est dit hu li^re des Causes (pr. i; de S. Th., leç. i). D'autre part, l'inlluence de la fin se mesure au désir qu'elle excite. Par conséquent, cela semble avoir la raison de fin dernière (jui meut le plus l'appétit. Et c'est ce qui convient au plaisir. .Nous en avons pour preuve l'absorption de la volonté et de la raison de l'homme par le plaisir, au point qu il en oublie et méprise tous les autres biens. Donc il semble que la fin dernière de l'homme, ou sa béatitude, consiste dans le plaisir >. — La troisième objection dit que « l'appétit ayant le bien pour objet, ce que tous les êtres désirent doit être le bien par excellence. Or, tous les êtres recherchent le plaisir, les sages aussi bien que le* insensés, et même les êtres qui nont pas la raison. Donc le plaisir est le bien par excellence; et c'est en lui que consiste le souverain bien ou la béatitude ».
L'argument sed contra cite un texte de « Boèce », qui « dit, au troisième livre de la Consolation fprose vu) : Que la tristesse soit au bout de tous les plaisirs, quiconque voudra se souvenir de ses propres passions en conviendra. Et vraiment, si c'était la le bonheur, qu'est-ce donc qui empêcherait de proclamer heureu ses les brutes elles-mên\es? »
Au corps de l'article, saint Thomas commence par préciser le sens du mot plaisir ou volupté dont il s'agit ici. « Parce que, dit-il, les délectations corporelles sont celles que connaît le plus grand nombre, elles ont gardé pour elles le nom de voluptés » ou lie plaisirs, « comme il est dit au septième livre de l'Éthique (ch. XIII, n. r>; de S. Th., leç. i3), alors que cependant il y a d'autres délectations qui leur sont bien supérieures. — Et pourtaiil » même en ces autres délectations supérieures, « il ne se peut pas que le bonheur consiste principalement. C'est qu'en effet, en toute chose il faut distinguer ce qui appartient à l'essence de cette chose, et ce qui en est seulement l'accident propre: comme, dans l'homme, nous distinguons le fait d'être un animal raisonnable mortel, et le fait de pouvoir rire »: ceci est un accident propre, tandis que le reste constitue l'essence. « Or, nous devons considérer que toute délectation est un certain accident qui est une conséquence de la béatitude totale ou partielle. Si,
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en effet, quelqu'un éprouve du plaisir, c'est parce qu'il a un bien qui lui convient, en réalité, en espoir, ou dans son souvenir. D'autre part, le bien qui convient, s'il est parfait, sera la béatitude même de l'homme; et s'il est imparfait, il sera une certaine participation de la béatitude, prochaine, éloignée, ou tout au moins apparente. Il suit de là que même la délectation qui suit la béatitude parfaite n'est pas l'essence de la béatitude », ou l'objet même du bonheur: « elle en est simplement une conséquence, à titre d'accident qui de soi l'accompagne ».
Ainsi donc, même les délectations les plus excellentes, celles (}ui sont la conséquence du bien le plus parfait dont on puisse jouir, ne sauraient prendre la place du bien lui-même qui constitue le bonheur; elles ne sont pas le bonheur; eîîes n'en sont qu'une propriété. — « Que s'il s'agit de la volupté corporelle » ou du plaisir des sens, k' on ne peut pas dire que cette volupté ou ce plaisir se rattache au bonheur, même de la manière que nous venons de déterminer. C'est qu'en effet, ce plaisir suit le bien que les sens perçoivent; et les sens sont des vertus organiques s'exerçant par le corps. Or, le bien qui touche au corps, et que les sens perçoivent, ne peut pas être le bien parfait de l'homme. L'âme raisonnable, en effet, dépassant les proportions de la matière corporelle, la partie de l'âme qui est libre de tout organe corporel », c'est-à-dire l'esprit, « l'emporte en quelque sorte à l'infini, sur le corps lui-même et sur les parties de l'âme concrétées dans le corps; comme d'ailleurs les choses immatérielles l'emportent aussi, en quehjue sorte à l'infini, sur les choses matérielles. La raison en est que la forme est contractée en quelque sorte et finie ou limitée par la matière; d'oi^i il suit que les formes, libres de toute matière, sont en quelque sorte infinies [cf. i p., (j, ?>, art. li; q. 7, art. ij. Et de là vient que le sens, parce qu'il est une vertu corporelle, saisit le particulier, le singulier, qui est déterminé par la matière; l'intelligence, au contraire, parce qu'elle est une vertu libre de toute matière, saisit l'universel, qui n'est pas concrète dans la matièr? et contient sous lui une infinité de choses particulières [cf. i p., q. 78, art.i]. On voit donc que le bien (|ui convient au corps, et qui, saisi par les sens, cause la délectation corporelle, n'est pas le bien parfait Je 1 homme, mais est
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quelque chose d'infune, comparé au bien de l'àme. C'est pour cela qu'il est dit, au livre de la Sagesse, eh. vu {v. 9) ; Tout J'or du monde n'est auprès de ta sagesse qu'un peu de sable. — D"où il suit que la volupté corporelle » ou le plaisir, •( non seulnuent n'est pas la béatitude elle-même, mais n'est même pas une propriété de la béatitude » : l'homme peut être heureux, sans quil ail aucune des jouissances qui se rattachent au corps et aux sens du corps. Non pas, toutefois, que certaines jouissances qui se rattachent aux facultés sensibles ne soient compatibles avec la béalitude, ou même, en quelque façon, requises comme épanouissement parfait de cette béatitude, ainsi que nous le montrerons plus tard (q. 4, art. 5 et 6); mais la béatitude essentielle peut exister sans cela; ce n'en est pas une propriété inséparable, comme la délectation qui suit la possession du bien parfait.
Vad primum fait observer que <( la raison est la môme, que le bien soit désiré, et que soit désirée la délectation, dont la nature est précisément le repos de la faculté appétitive dans le bien possédé; comme c'est par une môme vertu naturelle que le corps lourd tend vers le centre et s'y repose. De même donc que le bien est désiré pour lui-même, pareillement aussi la délectation, si la préposition pour désigne la cause finale. Si elle désignait la cause formelle, ou plutôt la cause motrice, dans ce cas, la délectation serait désirée pour autre chose, c'est-à-dire pour le bien, qui est l'objet de la délectation, et, par suite, constitue son principe et lui donne sa forme : la délectation, en effet, n'a d'être objet de désir, que parce qu'elle est le repos dans la possession du bien désiré ». Ainsi donc la délectation ne suppose rien qui soit désiré après elle; et, en ce sens, nous disons qu'elle est désirée pour elle-même; elle est au terme du désir. Mais elle a comme raison d'être désirée, qu'elle est un repos dans le bien, premier et principal objet du désir. Par suite, quand même elle no soit pas désirée pour autre chose, elle n'est pas elle-même la béatitude; elle ne peut jamais qu'en être une propriété, ainsi qu'il a été dit au corps de l'article.
Vad secundum présente une observation que nous retrouvons souvent dans saint Thomas et qui doit être soigneusement retenue pour bien entendre les choses humaines. <( Si, parmi les
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hommes, l'appétit des délectations sensibles est si véhément, c'est que les opérations des sens, parce qu'elles sont le principe de notre connaissance, sont plus à noire portée; et de là vient aussi que les délectations sensibles sonl recherchées du plus grand nombre ». 11 n'y a que les sages qui savent s'élever jusqu'aux opérations de Tesprit et en goûter les pures délices.
L'ad feiilum répond dans le sens de Vad primum. « Tous désirent la délectation comme ils désirent le bien » qu'elle accompagne : <( cependant, la délectation est désirée en raison du bien, mais non inversement, ainsi qu'il a été dit (ad i""). Il ne suit pas de là que la délectation soit le bien suprême et souverain; il s'ensuit seulement que toute délectation accompagne un certain bien, et qu'il est une délectation qui accompagne le bien suprême et souverain », laquelle délectation sera évidemment la plus grande et la plus parfaite et la plus excellente do toutes les délectations, hors de comparaison avec les délectations qui accompagnent les autres biens, quels qu'ils puissent être. De là le mot de l'Écriture : Torrente volupiatis tuac poiabis eos : Vous les ahreuverez du torrent de vos délices (ps. xxxv, v. g).
Le bonheur ne consiste pas dans le plaisir, 11 est des joies, des joies inénarrables, et en quelque sorte infinies, qui accompagnent le vrai bonheur. Mais ces joies n'ont rien de commun avec les plaisirs bas et grossiers qui sont le propre des sens. Ces sortes de plaisirs sont même incompatibles avec le vrai bonheur. Toutefois, il y a certains plaisirs d'ordre sensible^ qui n'ont rien de grossier et qui seront compatibles avec la béatitude. Ces {)laisirs ne font point partie essentielle de la béatitude; ils n'en sont même pas la propriété essentielle; mais ils s y surajoutent, à lilrc de complément accidentel, comme nous aurons à le monlin bientôt. — Puisque ni îes biens du corps, n; ce qui est en (juelqae sorte le bien du corps et de l'âme unis ensemble, ne constituent l'objet vrai du bonheur, il ne nous reste plus qu'à examiner si cet objet du bonheur serait quelque bien de l'Ame seule.
Nous allons étudier ce nouveau point de doctrine à l'article suivant.