‹ Commentaire français littéral de la Somme Théologique de Saint Thomas d'Aquin (volume 5)Chapitre 34 sur 79 · QUESTION VI. DU VOLONTAIRE ET DE 1/ INVOLONTAIRE · texte numérisé non relu

QUESTION VI. DU VOLONTAIRE ET DE 1/ INVOLONTAIRE

est volontaire ou s il ne l'est pas, et jusqu'à quel degré ce caractère lui convient.

."^aint Thomas, pour nous l'aire entendre la vraie nature du volontaire, en ce qu'elle a de générique d'abord, a considéré le volontaire en tant qu'il s'oppose au violent et qu'il se superpose au naturel. Ces trois ternies, violent, naturel et volontaire , ne se disent qu'en fonction d{:> actes ou des mouvements, constatés dans les êtres qui agissent ou se meuvent. Le mouvement ou l'action sont-ils contraires à l'inclination propre du sujet qui agit ou se meut, on les dira violents. On les appellera naturels, s'ils procèdent d'un principe intrinsèque, alors même que ce principe intrinsèque ne donne pas au sujet qui agit ou se meut la direction de son mouvement et de son action. Si, au contraire, cette direction elle-même provient du principe intrinsèque, c'est alors, et alors seulement, qu'apparaît le volontaire. Le volontaire, en effet, est le mouvement ou l'action qui émane d'un principe intrinsèque au sujet ou de son inclination propre, mais en vertu d'une connaissance directrice du mouvement et de l'action, qui est dans le sujet lui-même.

Cela dit, il n'était pas difficile de conclure que la note ou le caractère de volontaire convient essentiellement aux actes qui sont propres à l'homme.

L'ad prirnuni répond à l'objection tirée de ce que même les actes propres à l'homme semblent ne pas émaner d'un principe intrinsèque. Saint Thomas fait observer qu' a il n'est pas essentiel à la raison de principe d'être principe premier. Par conséquent, Jors même qu'il soit de l'essence du volontaire, de procéder d'un principe intrinsèque, il ne sera pas contre cette essence du volontaire, que le principe intiin<èque » d'où il émane « soit lui-même causé ou mû par un j)rincipe extrinsè- (]ue, car il n'est pas de l'essence du volontaire que le principe intrinsèque », qui est le sien, u soit un principe premier. — Toutefois, ajoute saint Thomas, il faut savoir qu'un principe de mouvement peut être premier dans un certain genre, sans être premier, au sens pur et simple; c'est ainsi que dans le genre des mouvements d'altéiation, le premier principe qui cause l'njtc'iiition est le corp^ < ('jo^tp », à se placer dans l'hypothèse^

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de la physique aristotélicienne; <( et cependant le corps céleste n'est pas le premier principe du mouvement », au sens pur et simple (même en se plaçant dans l'hypothèse dArislotc) : <( car il est mù d'un mouvement local par un moteur supérieur », (pii était, pour Aristote, la substance séparée, et qui serait, pour nous, lange ou Dieu Lui-même. — « Ainsi donc, le principe intrinsèque de l'acte volontaire, qui est la faculté de connaître et de désirer, sera », dans Tordre des causes secondes, .' principe premier dans le genre du mouvement appétitif, bien que ce principe soit mû par un principe extérieur » tel que l'objet connaissable et désirable, « selon d'autres espèces de mouvement » : l'objet connaissable mouvra le sens extérieur d'un certain mouvement local, quelcjuefois même d'un mouvement d'altération; et l'objet connu mouvra l'appétit d'un mouvement d'impression mystérieuse qui pourra le déterminer à agir et spécifier son acte.

Vad secundum signale le double mode dont peuvent exister ces diverses motions d'un principe extérieur, amenant l'homme, ou l'animal, à produire, d'une façon nouvelle, deg actes volontaires qu'il ne produisait pas d'abord. « Les mouvements nouveaux, dans l'animal, sont précédés de certains mouvements extérieurs à un double titre. — D'abord, en tant que par les mouvements extérieurs sont présentés aux sens de l'animal des objets sensibles, qui, étant perçus, meuvent l'appétit; c'est ainsi que le lion voyant le cerf, par le fait que ce dernier vient de son côté, se meut lui-même », d'un mouvement appétitif, « vers lui. — D'une autre manière, en tant que les mouvements extérieurs causent certaines immula lions physiques dans le corps de l'animal, comme il arrive par l'action du froid ou (lu chaud; le corps, en effet, étant modifié par ces mutations des corps extérieurs, l'appétit sensitif, qui est une faculté organique, pourrn, lui aussi, se trouver accidentellement modifié; ainsi en est-il quand l'appétit sensible, en vertu d'une altération physique corporelle, se trouve mû lui-même à désirer certaines choses ». — Ces diverses manières dont ra|)|)élil sensible peut être mû du dehors doivent être notées avec soin: car nous les retrouverons plus tard, et elles joueront nn <^i niid f ùje,

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