DU CONSENTEMENT
Cette question comprend quatre articles :
1" Si le coQsentement est un acte de la faculté appétitive ou de la faculté de perception?
20 S'il convient aux animaux sans raison ?
3" S'il porte sur la fin ou sur ce qui est ordonné à la fin ?
4" Si le consentement k l'acte appartient seulement à la partie supérieure de l'àme ?
De ces quatre articles, les trois premiers traitent du ccnsenlement en soi; le quatrième, d'une espèce particulière de consentement. — Le consentement en soi, est étudié quant à la faculté (art. i); quant à son sujet ou à son suppôt fart. 2); quant à son objet (art. 3). — D'abord, de la faculté ou de la puissance qui produit l'acte de consentement. ,
C'est l'objet de l'article premier.
Article Premier.
Si le consentement est un acte de la faculté appétitive ou de la faculté de perception ?
Trois objections veulent prouver que « l'acte de consentir appartient seulement à la faculté de perception ». — La première cite l'autorité de « saint Augustin », qui, <( au douzième livre de la Trinité (ch. xn), attribue le consentement à la raison supérieure. Or, la raison désigne la faculté de perception. Donc .'"acte de consentir appartient à cette vertu ». — La seconde objection remarque que « consentir (en latin consentire) est sentir avec {simul sentire). Or, l'acte de sentir relève de la faculté de perception. Donc aussi l'acte de consentir ». — La troisième objection observe que « si l'acte d'assentir dit Lap-
plicalion de rintelligence à une chose, l'acte de consentir le dit aussi. Or, l'acte d'assentir appartient à rintelligen<.e, i,.ii esl ui.':; faculté (le perception. Donc, pareillement, l'acte de consentir appartient à la faculté de perception ».
L'argument sed contra cite un mot de « saint Jean Damascène », qui 'i dit au second livre (de la Foi Orthodoxe, ch. xxii), (jue si quelqu'un, jage mais n'aime pas, il n'y a pas de sentence, c est-à-dire de consentement. Or, aimer est un acte de la faculté appétitive. Donc le consentement l'est aussi ».
Au coips de l'article, saint Thomas part de ce fait que « l'acte de consentir porte avec lui l'application du sens à quelque chose » : c'est, pour ainsi dire, l'étymologie même du mot : en latin, consentire, sentir avec. « Or le propre du sens est d'être fait pour connEiître les choses présentes ». C'est par là qu'il se distingue soit de l'imagination, soit de rintelligence. L'imagination, en effet, perçoit les images des corps, même quand se trouvent absentes les choses que ceë images représentent. Quant à l'intelligence, elle est faite pour saisir les raisons universelles, qu'elle peut saisir indifféremment à la présence ou en l'absence du particulier. Ainsi donc le propre du sens est de se référer à ce qui est présent, u Et parce (^ue l'acte du la faculté appétitive est une certaine inclination à la chose ellemême » selon qu'elle est dans sa réalité objective; en raison de cela, « par mode d'une certaine similitude, l'application de la vertu appétitive à la réalité qui est son objet, selon qu'elle adhère à cette réalité, prend le nom de sens )> ou de sentiment, « comme expérimentant la chose à laquelle elle adhère, en tant qu'elle se complaît en cette chose-là. D'où il est dit, au livre de la Sagesse », ch. i{v. i), dans la Vulgate : <( Sentiie de Domino in bonitate : ayez de bons sentiments au sujet du Seigneur. » — El c'est à ce titre que l'acte de consentir est un acte de la fa culte appétitive. — L^ans le mot consentement, il n'est pas dilficile de uetrouver le mot sentiment; et l'analyse si fine que vient de nous donner saint Thomas de ce dernier mot, fait bien entendre ce (|u'implique l'acte de consentement. Nous verrons tout à l'heure, à \'ad tertium, comment il se distingue de l'acte d assentiment, où nous retrouNuns le même élément premier.
QUESTION XV. — DU GONSENfEMEXT- l^l l
L'ad primum /ait observer que u selon qu'il est dit au troisième livre de l'Ame (ch. ix, n. 3; de S. Th., leç. i4;, la volonté est dans la raison. Lors donc que saint Augustin attribue le consentement à la raison, il prend la raison selon que se trouve incluse en elle la volonté ».
Lad secundam accorde que « l'acte de sentir, pris au sens propre, relève de la puissance de perception; mais en raison d'une certaine similitude et selon qu'il implique l'expérience de la chose » ou sa présence, auquel sens nous parions de sciences expérimentales, « il appartient aussi à la faculté appétitive » dont le propre est de se porter vers son objet selon qu'il est dans sa réalité concrète, « ainsi qu'il a été dit » (au corps de l'article).
L'ad Icrt'mm dit qu' « assentir (en latin assentire — ad sentire) est comme sentir vers un autre: et, par suite, cet acte implique une certaine distance de ce à quoi l'on assentit. Consentir, au contraire, est sentir avec; ce qui implique une certaine union à la chose qui est l'objet du consentement. De là vient que la volonté, dont le propre est de tendre à la chose en elle-même, est plutôt dite consentir; tandis que l'intelligence, dont l'opération n'implique pas un mouvement à la chose elle-même, mais plutôt inversement », un mouvement de la chose à lin telligence, « ainsi qu'il a été dit dans la Première Partie (q. iG art. i; q. 27, art. /i; q. 5g, art. 2), sera dite, plus spécialement, assentir; — quoique », ajoute saint Thomas, « on ait coutume de dire l'un pour l'autre ». Dans notre langue française, la distinction marquée ici par le saint Docteur est plus absolue. 11 est rare qu'on dise l'un pour l'autre, consentement et assentiment. Le consentement est réservé à la volonté; et l'assentiment à l'intelligence. La raison que nous a donnée saint Thomas nous montre combien fondé et logique est cet usage. — Que si, en raison du mot sentiment qui se retrouve de façon si explicite. dans le mot assentiment, on voulait rattacher cet acte à la volonté, on le pourrait encore, tout en le laissant formellement à l'intelligence. « On peut dire », en effet, observe saint Thomas, << que si l'intelligence donne son assentiment, c'est en tant qu'elle est mue par la volonté ». — Et nous saisissons
4l2 SOMME Tin':o[OGIQUE.
maintenant le rappoi t exact de ces divers termes : le sentiment, V assentiment, le consentement. En tous se retrouve, comme racine, le mot sentir. Et parce que le mot sentir exprime directement l'acte de perception sensible, laquelle perception implique un rapport de présence objective et réelle entre la faculté qui agit et ce qui termine son action, partout où nous aurons perception ou présence concrète et réelle de la chose perçue, nous pourrons, en un certain sens, parler dacte de sentir. A ce titre, le mot sentiment Se dira indifféremment pour l'acte de la faculté de perception intellectuelle ou pour l'acte de la faculté appétit! ve : on dira : c'est son sentiment, pour dire : sa manière de voir et de juger; on dira aussi : il a de bons sentiments, pour marquer les bonnes dispositions de quelqu'un dans sa partie affective, volontaire. L'assentiment, au contraire, ne se dira que d'un acte de l'intelligence, mais plus spécialement quand cet acte de l'intelligence suppose un certain influx de la volonté, comme dans l'opinion ou dans la foi. Quant au consentement, il ne se dit, proprement, que de la volonté, selon qu'elle accepte ce que l'intelligence lui propose dans l'acte de conseil.
Nous savons à quelle faculté appartient l'acte de consentement. — Il nous faut nous demander maintenant à quel être il appartient en propre, s'il ne ?e trouve que dans l'être raisonnable ou s'il convient aussi aux brute?.
C'est l'objet de l'article suh uni.
Article II.
Si le consentement convient aux animaux sans raison ?
Trois objections veulent prouver que « le consentement convient aux animaux sans raison ». — La première est que <( le consentement implique la détermination de l'appétit à une chose. Or, l'appétit des animaux sans raison est déterminé à une chose. Donc le consentement se trouve dans les aniinau.i sans raison ». — La seconde objection dit que « si on enlève ce qui vient avant, ce qui vient après est enlevé aussi. Ur, le con-
sentement précède l'exécution de l'œuvre. Si donc, dans les animaux sans raison ne se Uouvait pas le consentement, il n'y aurait pas en eux l'exécution de l'œuvre; ce qui est manifestement faux »; car les animaux agissent. — « « La troisième objection fait remarquer que « parfois les hommes sont dits (oii-eiitir à certaines actions en vertu de la passion, comme la convoitise ou la colère. Or, les animaux agissent en vertu de la passion. Donc il y a en eux le consentement ».
Largumcnt sed conlra se réfère à c saint Jean Damascène », qui « dit lau livre II de la Foi orthodoxe, ch. xxii) qu'après le jugement, l'homtne se prononce avec antour sur ce qui a été j'urjé dans le conseil; et c'est là ce qu'on appelle la sentence, savoir le consentement. Or, le conseil n'est pas dans les animaux sans raison. Doue il n'y a pas en eux de consentement ».
Au corps de l'article, saint Thomas répond que << le consentement, à proprement parler, n'est pas dans les animaux sans raison. — La raison en est que le consentement emporte une application du mouvement de l'appétit à quelque chose en vue de l'action. Or, appliquer le mouvement de l'appétit à quelque chose en vue de l'action est le piopre du sujet au pouvoir de qui se trouve le mouvement de luppétit; c'est ainsi que toucher la pierre convient au bâton; mais appliquer le bâton au fait de toucher la pierre appartient à celui qui a en son pouvoir de mouvoir le bâton. D'autre part, les animaux sans raison n'ont pas en leur pouvoir le mouvement de l'appétit; ce mouvement est en eux quelque chose d'instinctif et de naturel. Il s'ensuit que l'animal sans raison a bien l'acte de l'appétit; mais il n'applique pas lui-même le mouvement ou laclc de l'appétit à quelf[ne chose. Et pour autant on ne dit pas de lui, pioprement, qu'il consent ». Consentir, c'est se porter d'un mouvement affectif vers quelque chose, mais en sentant, si l'on peut ainsi dire, f|u'on s'y porte de soi-même et qu'on pourrait ne pas s'y porter. « Aussi bien sera dite proprement consentir, la seule naturo raisonnable qui a en son pouvoir le mouvement de l'appétit et peut l'appliquer ou ne pas l'appliquer à ceci ou à cela ». Le consentement, pris au sens propre, est essentiellement un acte de libre arbitre. On pourrait même dire qu^il est, par excellence.
4l4 SOMJIE THÉOLOGIQUE.
l'acte du libre arbitre, plus encore, en un sens, que l'élection : en ce sens qu'il n'y a^amais acte de libre arbitre sans consentement ou non consentement, tandis qu'il peut y avoir acte de libre arbitre sans élection. L'élection, en effet, au moins unj certaine élection, suppose une détermination entre plusieurs objets, et parfois il n'y a pas à choisir entre plusieurs choses; mais lunique chose qui est présentée peut être acceptée ou refusée; et ceci est le propre du consentement ou de son contraire.
h'ad ptimum fait observer que « dans les animaux sans raison, se trouve la détermination de l'appétit à une chose, mais d'une façon passive seulement. Or, le consentement ne dit pas seulement la détermmation passive de l'appétit à une chose; il dit surtout la détermination active » : l'être qui consent détermine lui-même sa facult,é appétitive à vouloir telle chose, alors qu'elle pourrait ne pas la vouloir. Le consentement implique toujours une certaine élection; non pas l'élection dont nous parlions tantôt, et qui est Lélection entre plusieurs choses qui toutes peuvent être déjà objet de consentement: mais i'élection qui est entre le oui et le non par rapport au même objet proposé.
L'ad secundum accorde que « si on enlève ce qui précède, ce qui vient après est enlevé aussi, quand cela suit proprement d'un seul. Mais si ce qui vient après peut suivre de plusieurs, il ne sera pas nécessairement enlevé, du fait qu'on enlèvera un des principes qui précèdent. Par exemple, le fait de durcir peut provenir du chaud et du froid, car les briques durcissent au feu et l'eau congelée durcit sous l'action du froid; il s'ensuit que du fait qu'on écarte la chaleur, on n'écartera pas nécessairement tout fait de durcir. Or, précisément, l'exécution de l'œuvre n'a pas seulement pour cause le consentement; elle provient aussi du mouvement instinctif de l'appétit tel qu'il est dans les animaux sans raison. »
Vad tertium répond que << les hommes qui agissent en vertu de la passion », si toutefois il y a quelque chose de ce qui est propre ri l'homme, en eux, « peuvent ne pas suivre la passion; c" que les animaux ne peuvent pas. Et par suite la raison n'est par la même de part et d'autre ».
QUESTION XV. DU CONSENTEMENT. /il5
Le consentement est un acte de l'appétit qui suppose dans 'e sujet d'oii il émane une réelle maîtrise de lui-même. C'est un mouvement de l'appétit qui n'est ni instinctif ni aveugle, mais qui procède de l'appétit lui-même se mouvant déterminémeni à produire cet acte. Il s'ensuit de toute nécessité que cet acte ne peut exister que dans un sujet oii la raison se trouve. Encore faut-il que la raison s'y trouve en exercice. Car s'il s'agit, par exemple, de l'enfant avant qu'il ait l'usage de la raison, il n'y a pas à parler de consentement proprement dit. L'enfant suit l'impulsicn provoquée par le bien présent qui frappe ses sens ou encore par le bien sensible que son imagination ou sa mémoire lui représentent hic et nunc; mais il ne se meut pas, à proprement parler, lui-même à accepter ou à refuser; il accepte ou refuse naturellement, instinctivement, sans délibération proprement dite; et si parfois, iî semble y avoir une certaine délibération, cela même est tout instinctif; c'est un acte de ce qu'on peut appeler la raison particulière ou î'esjimative, non un acte de la partie vraiment raisonnable et qu'on puisse appeler, au sens propre, un acte humain. L'enfant ne consent pas : ses mouvements affectifs sont tout instinctifs et tout naturels. — Après avoir déterminé le principe et le sujet du consentement, nous devons maintenant déterminer son objet ou ce sur quoi il porte.
C'est ce que nous allons faire à l'article suivant.
Article IIL
Si le consentement porte sur la fin ou sur ce qui est ordonné
à la fin?
Trois objections veulent prouver que <t le consentement porte sur la fin ». — La première part du grand principe que « ce qui est la raison d'une chose doit avoir, et bien plus qu'elle, ce qui est dans cette chose. Or, si nous consentoris aux choses qui sont ordonnées à la fin, c'esi en raison de la fin. Donc nous devons plus encore consentir à la fin ». — La seconde objection dit que « l'action de l'inlempéranl est sa lin, comme la fin de l'homme
4l6 SOMME THÉOLOGIOUE.
vertueux est son action vcrlueuse. Or, lintempérant consent i son action. Donc le consentement peut avoir la fin pour objet ». — La troisième objection rappelle que « l'appétit des choses tiui sont ordonnées à la fin constitue l'élection, ainsi qu'il a été dit pius haut (q. i3, art. i). Si donc le consentement avait seulement pour objet les choses qui sont ordonnées à la fin, il ne semblerait différer en rien de l'élection; ce qui est manifestement faux, d'après saint .lean Damascène disant (au second livre de la Foi orthodoxe, ch. xxii), qu'après la disposition, qu'il appelait la sentence » ou le consentement, « se faisait Vélection. Var conséquent, le consentement n'a pas seulement pour objet les choses qui sont ordonnées à la fin » .
L'argument sed contra reproduit cet autre texte de « saint Jean Damascène », déjà cité, qui u dit que la sentence ou le consentement a lieu quand l'homme dispose et aime ce qu'il a jugé dans le conseil. Or, le conseil na pour objet que ce qui est ordonné à la fin. Donc, pareillement aussi le consentement ».
Au corps de l'article, saint Thomas commence par nous redire que <( le consentement désigne l'application du mouvement de l'appétit à quelque chose qui préexiste dans le pouvoir de celui qui fait cette application ». Nous saurons donc sur quoi porte le consentement, quand nous saurons sur quoi peut se faire cette application du mouvement de l'appétit. « Or, dans l'ordre des choses à réaliser, il y a d'abord la perception de la fin; puis, l'appétit de cette fin; puis, le conseil relatif à ce qui est apte à faire obtenir la fin; puis l'appétit de ce qui est ainsi ordonné à la fin. L'appétit tend à la fin dernière naturellement. Il s'ensuit que l'application du mouvement de l'appétit à cette fin, quand elle est perçue, n'a pas la raison de consentement, mais n'a raison que de simple volonté. Quant aux choses qui viennent on deçà de la fin dernière, en tant qu'elles sont ordonnées à la fin, elles tombent sous le conseil. A ce titre, le consentement peut porter sur elles, selon que le mouvement de l'appétit est appli que à ce qui a été jugé par le conseil ». Ce mouvement, en effet, est au pouvoir de celui qui l'applique. « Mais le mouvement de l'appétit vers la fin n'est pas appliqué au conseil; c'est bien plutôt le conseil qui est appliqué à ce mouvement: car le
conseil présuppose l'appétit de la fin » : la volition de la fin ne présuppose pas un acte de conseil; ce n'est donc pas à un résultat du conseil qu'est appliqué le mouvement de la volonté, quand elle veut la fin; mais, au contraire, de ce qu'on veut la lin, on applique le conseil à cette volition pour déterminer les moyens de la iéaliser; laquelle application cependant, parce qu'elle n'est pas précédée du conseil, n'est pas encore le consentement. « Par contre, l'appétit de ce qui est ordonné à la fin, présuppose la détermination du conseil »; car l'on ne se porte d'un mouvement appétitif à l'un quelconque des moyens ordonnés à lu lin, que si on le juge apte à faire obtenir cette fin, jugement qui est le propre du conseil, u 11 s'ensuit que l'appli cation du mouvement de l'appétit à la détermination du conseil, sera, proprement, le consentement. Puis donc que le conseil ne porte que sur ce qui est ordonné à la fin, c'est aussi uniquement sur cela, que portera, à proprement parler, le consentement )).
Le raisonnement de saint Thomas, dans cet article qui doit être noté avec le plus grand soin, peut se résumer comme il suit. Il n'y a de consentement, à proprement parier, que s'il y a mouvement ou acte de la volonté, causé par la volonté se mouvant elle-même. Or, la volonté ne peut se mouvoir de la sorte et ne se meut, en effet, qu'à ce qui est l'objet d'une détermination du conseil. D'autre part, n'est ainsi l'objet d'une détermination du conseil, ni la fin en tant que fin, ni la première application de l'intelligence à l'acte du conseil sous la motion d' la volonté se portant naturellement vers la fin, mais seulement l'ordre des moyens aptes à l'obtention effective de la fin. Il s'ensuit qu'à proprement parler, on n'aura jamais, comme objet possible de consentement, que ce qui a la raison de moyen plus ou moins apte à l'obtention effective de la fin.
Cette conclusion sera plus tard une des clefs qui nous permettra de pénétrer dans la vraie notion de la loi, telle qu'a entendu la formuler le génie de saint Thomas. Elle nous fera comprendre comment l'acte de la volonté est présupposé à l'acte de l'intelligence, auquel seul pourtant appartient essentiellement la loi; parce que si la loi présuppose la fin et la volition