OUKSTION I.XXIII. — DU SACREMENT DE L EUCHARISTIE. I
marqués dans l'oraison composée par saint Thomas pour la fêle du Très Saint Sacrement et qui est l'oraison ofïîcielle de l'Église ; u O Dieu, qui nous avez laissé, sous un sacrement admirable, le souvenir de votre Passion, accordez-nous, nous vous le demandons, de vénérer les saints mystères de votre Corps et de votre Sang, de telle sorte que nous ressentions en nous continuellement le fruit de votre Rédemption ' » .
L'Eucharistie étant le sacrement que nous venons de dire, la question se pose de savoir quelle place elle occupe dans l'économie du salut ou des moyens qui doivent l'assurer. Nous savons déjà et nous redirons, au cours de tout ce traité, l'excellence hors de pair du sacrement de l'Kucharistie, en raison du Christ qui s'y trouve contenu. Mais sa raison sacramentelle de réfection spirituelle donne-t-elle à l'Eucharistie une place qui nous oblige de proclamer sa nécessité dans l'ordre du salut. C'est la question (ju'il nous faut maintenant examiner; et tel est l'objet de l'article qui suit.
Article III.
Si ce sacrement est de nécessité de salut?
Trois objections veulent prouver que « ce sacrement est de nécessité de salut ». — La première en appelle à ce que « le Seigneur dit, en saint Jean,ch. vi (v. 5/j) : A moins que vous ne mangiez la chair du Fils de r homme et que vous ne buviez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Or, c'esl dans ce sacrement qu'on mange la chair du Christ et qu'on boit son sang. Donc, sans ce sacrement, l'homme ne peut pas avoir le salut de la vie spirituelle ». — La seconde objection argui' de ce que « ce sacrement est un certain aliment spirituel. Or, l'aliment corporel est de nécessité pour le salut corporel » ou la santé du corps,
I. « Deus qui nobis sub saciatnenlo inirabili, l'assionis [y\;v nionioriain reliquisli, liibuc, qua-suinus, ila no^s Coiporis et Saiiguiiiis lui sacra mystcria venerari ul Hodeiiiplionis luu' fiiicliiiii in nobis jngiler sonliaimis ».
Wlll. Les Sacreiin'iiLs : L'Enchnvislic. a
l8 SOMME THROLOGtQUE.
« Donc ce sacrement est aussi de nécessité pour le salut spirituel ». — La troisième objection dit que « comme le baptême est le sacrement de la Passion du Seigneur, sans laquelle il n'est point de salut, de même aussi l'Eucharistie. L'Apôtre dit, en etlet, dans la première épître aux Corinthiens, ch. xi (v. 26) : Toutes les fois que vous mangerez ce pain el que vous boirez ce calice^ vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu II vienne. Donc, comme le baptême est de nécessité de salut; de même ce sacrement.
L'argument sed contra s'appuie sur ce que « saint Augustin écrit à Boni face, contre les Pélagiens (liv. I, ch. xxii) : N'allez pas croire que les enfants ne paissent pas avoir la vie éternelle, parce quils nont pas reçu le corps et le sang du Christ ».
Au corps de l'article, saint Thomas nous avertit que <( dans ce sacrement, deux choses sont à considérer; savoir : le sacrement lui-même; et la chose » ou l'effet « du sacrement. Il a été déjà dit (art i, arg. 2; art. 2, arg. sed contra) que la chose de ce sacrement », ce qu'il signifie et produit comme effet dernier, « est l'unité du corps mystique » du Christ, « sans laquelle unité il ne peut pas y avoir de salut : hors de l'Église, en effet, il n'est de salut pour personne, comme dans le déluge, personne ne fut sauvé sans l'arche de Noé, qui signifie l'Eglise, ainsi qu'on le voit dans la première épître de saint Pierre, ch. 11 (v. 20, 21). D'autre part, il a été dit plus haut (q. 68, art. 2), que la chose » ou l'effet dernier u d'un sacrement pouvait être acquise avant la réception de ce sacrement, par le désir même ou le vœu de recevoir le sacrement. Il suit de là qu'avant la réception de ce sacrement, l'homme peut avoir le salut, en vertu du désir ou du vœu de recevoir ce sacrement; comme aussi avant le baptême, en vertu du désir ou du vœu du baptême, ainsi qu'il a été dit plus haut {Ibid.). Toutefois ». malgré cette parité avec le baptême, « il y a une double différence. D'abord, parce que le baptême est le principe de la vie spirituelle et la porte des sacrements. L'Eucharistie, au contraire, est comme la consommation de la vie spirituelle et la Jin de tous les sacrements, ainsi qu'il a été dit plus haut (q. G3, art. 6; q. 65, art. 3) : et, en effet, par les sanctifications de tous les sacre-
QUEStlON LXXni. — DU SACtlEMENT DE l'eUCHARISTIÈ. 10
rnents se fait comme une préparation en vue de recevoir ou de consacrer l'Eucharistie. Il suit de là que la réception du baptême est nécessaire pour commencer la vie spirituelle; tandis que la réception deTEucliarislie est nécessaire pour la consommer ; non qu'il soit nécessaire qu'on ait l'Eucharistie » en réalité ou par la réception même du sacrement, « mais il suffit qu'on l'ait dans le vœu » qu'on forme de l'avoir, « de même que la foi aussi est possédée » d'abord « dans le désir et dans l'intention » de l'atteindre. « L'autre différence est que par le baptême l'homme est ordonné à l'Eucharistie. Il suit de là que par le fait même que les enfants sont baptisés, ils sont ordonnés par l'Église à l'Eucharistie. Et, ainsi, comme par la foi de l'Église ils croient, de même par l'intention de l'Église ils désirent l'Eucharistie; et, par conséquent, ils reçoivent la chose » ou l'effet et la grâce « de l'Eucharistie », qui est de faire partie de l'unité du corps mystique du Christ, d'appartenir à cette unité, sans laquelle il n'y a pas de salut possible. Ils peuvent donc être sauvés, même sans la réception du sacrement. « Au baptême, au contraire, ils ne sont pas ordonnés par un autre sacrement qui précède. Et c'est pourquoi, avant la réception du baptême, les enfants n'ont pas, en aucune manière, le baptême » en désir ou « en vœu; seuls, les adultes peuvent l'avoir ainsi. Aussi bien, les enfants ne peuvent pas percevoir la chose » ou l'effet « du sacrement », sans la réception du sacrement » lui-même. <( Et de là vient que le sacrement de l'Eucharistie », à parler de la réception du sacrement lui-même, (< n'est pas de la même manière de nécessité de salut, comme le baptême ». — Rien de plus précis, de plus net, et de plus instructif que la doctrine de ce corps d'article, fondée sur les distinctions lumineuses que vient de nous donner saint Thomas.
L'ad priniuni répond que « comme le dit saint Augustin {sur saint Jean, tr. XXVI), expliquant cette parole marquée en saint Jean », que citait l'objection : « Celle nourriture et ce breuvage, de sa chair et de son sang, le Christ veut que nous l'entendions de la société de son corps et de ses membres, qui est l'Église, dans ses saints et ses fidèles, prédestinés, et appelés, et justifiés, et glorifiés. Aussi bien, comme le dit encore le même saint
20 SOMME THl'.OLOClQtJî;.
Augustin, dans sa lettre à Boni/ace (ou plutôt un traité faussement attribué au vénérable Bède, sur la première Épître aux Corinthiens, ch. x, v, 17), il ne doit faire doute pour personne que c/uKjue fidèle participe au corps et au sang du Christ, lorsque dans le baptême il est fait membre du corps du Christ ; et quil n'est point étranger au commerce de ce pain et de ce calice, même si avant de manger ce pain el de boire ce calice, il quitte ce siècle dans C unité du corps du Christ ». — L'affirmation si catégorique de ces textes repose sur la doctrine exposée au corps de l'article, où saint Thomas nous a marqué qu'il suffisait, pour le salut, d'avoir la chose ou l'effet du sacrement, si, de par ailleurs, on ne peut pas avoir le sacrement lui-même.
Vad secundum déclare qu' u il y a cette différence, entre l'aliment corporel et l'aliment spirituel, que l'aliment corporel se change en la substance de celui qui est nourri ; et c'est pourquoi il ne peut avoir de valeur » ou d'efficacité bienfaisante « pour l'homme en vue de sa vie à conserver, que s'il est pris réellement. L'aliment spirituel, au contraire, change l'homme en soi-même ; selon cette parole de saint Augustin au livre de ses Confessions (liv. Vil, ch. x), où il dit qu'il entendit la voix du Christ lui disant : Ce n'est pas toi qui me changeras en toi, comme l'aliment de ta chair ; mais, toi, tu seras changé en moi. Or, l'homme peut être changé au Christ et lui être incorporé par le vœu de l'esprit, même sans la réception de ce sacrement. Et voilà pourquoi il n'y a point parité », entre la nécessité de l'aliment corporel pour la vie du corps, et la nécessité de l'Eucharistie pour la vie de l'âme : l'un doit, de toute nécessité, être pris réellement; l'autre peut n'être pris qu'en désir ou en vœu, au sens expliqué dans le corps de l'article et qui s'applique même aux petits enfants quand ils ont reçu le baptême.
Vad terlium fait observer que « le baptême est le sacrement , de la mort et de la Passion du Christ, selon que l'homme est régénéré dans le Christ par la vertu de sa Passion. Quant à l'Eucharistie, elle est le sacrement de la Passion du Christ », à la considérer du côté de l'eirei qu'elle produit dans l'homme, (t selon que l'homme se parfait dans l'union au Christ ayant soullert » et étant mort. « Et de là vient que comme le bap-
QUESTION LXXIII. DU SACREMENT DE l'eUCHARISTIE. 21
tême est dit le sacrement de la foi (q. 89, art. 5 ; q. 6(3, art. i, ad /"'"), qui est le fondement de la vie spirituelle, ainsi l'Eucharistie est dite le sacrement de la charité, qui est le lien de la perfection, comme il est dit, dans l'Épître aax Colossiens, ch. ni (v. ilx) ». — En raison de cette différence, nous concluons que le baptême, à parler de la réception du sacrement, est d'une nécessité plus absolue que ne l'est l'Eucharistie. Le baptême commence; et l'Eucharistie achève. Or, quand elle est commencée, la vie spirituelle ou chrétienne existe déjà; et si le sacrement qui doit la parfaire ne peut pas être reçu en réalité, il produira tout de même son effet, en raison du commencement qui est déjà un acheminement vers lui et une sorte de désir implicite à son endroit. Si, au contraire, la vie spirituelle n'est même pas commencée, elle n'existe pas du tout; et rien ne peut suppléer, dans l'ordre des moyens extérieurs, à ce manque total : d'où il suit que l'enfant qui n'a que le moyen extérieur du sacrement de baptême pour être incorporé à cette vie, se trouve hors des moyens du salut, s'il ne reçoit pas le sacrement lui-même.
L'Eucharistie est le sacrement de la réfection spirituelle. Quelque nécessaire que soit la réfection, dans l'ordre de la vie à conserver, il ne s'ensuit pas que la réception du sacrement de l'Eucharistie soit absolument indispensable pour le salut. Ce qui est absolument nécessaire et indispensable, c'est que la chose signifiée par le sacrement de l'Eucharistie et que le sacrement est destiné à produire comme son eflet pur et simple, existe vraiment pour un sujet donné ; et cela veut dire que l'être humain ne peut pas être sauvé s'il n'est uni au corps mystique du Christ que forment entre eux et avec le Christ Lui-même tous ses fidèles. C'est cette union mystique, par la foi et la charité, qui est l'effet pur et simple du sacrement de l'Eucharistie. Elle est directement obtenue, notamment dans l'ordre de sa perfection, par la réception du sacrement. Mais elle peut l'être aussi, quoique moins excellemment, par le désir de recevoir l'Eucharistie, que ce désir soit explicite, ou même qu'il soit implicite et contenu normalement dans le seul fait d'avoir
•22 SOMMIÎ TUKOLOr.FQUE.
reçu un autre sacrement, puisque tous sont ordonnés en quelque manière à l'Eucharistie. D'une manière très spéciale, la réception du sacrement de baptême constitue cette sorte de désir, même pour les enfants non encore doués de l'usage de leur raison.
L'Eucharistie, dont nous venons d'esquisser la nature sacramentelle et dont nous avons précisé la nécessité ou la portée dans l'ordre du salut, a reçu, dans l'Eglise, divers noms. Outre le nom d^ eucharistie, on lui applique ceux de lialique, de communion, de sacrifice. On dit, en effet, en parlant de l'Eucharistie, et quand on reçoit ce sacrement, qu'on reçoit la communion, le viatique; ou, quand on assiste à sa célébration, qu'on assiste au saint sacrifice. Ces divers noms, ont-ils été bien choisis. Conviennent-ils à la nature du sacrement de l'Eucharistie, telle que nous venons déjà de la préciser. C'est ce qu'il nous faut examiner maintenant; et tel est l'objet de l'article qui suit.
Article IV.
Si c'est à propos que ce sacrement est appelé de plusieurs noms ?
Trois objections veulent prouver qu' « il n'est pas à propos que ce sacrement soit appelé de plusieurs noms ». — La première dit que « les noms doivent répondre aux choses. Or, ce sacrement est un, ainsi qu'il a été dit (art. 2). Donc, il ne doit pas être appelé de plusieurs noms ». — La seconde objection fait observer que « l'espèce n'est point convenablement notifiée par ce qui est commun à tout le genre. Or, l'Eucharistie est un sacrement de la loi nouvelle; et à tous les sacrements de la loi nouvelle est commun qu'en eux la grâce est conférée : ce que signifie le mot Eacharislie, qui veut dire bonne grâce. De même, tous les sacrements sont pour nous un remède dans la voie ou le chemin de la' vie présente; ce qui appartient à la raison de viatique (en latin, viaticum, qui vient du mot via, che-
QUESTION LXXIII. — DU SACREMENT DE l'eUCHARISTIE. 23
min ou voie). Pareillement, dans tous les sacrements est fait quelque chose de sacré ; ce qui appartient à la raison du sacrifice (des mots latins sacrum facere). Par tous les sacrements aussi, les fidèles communient entre eux ; ce que signifie le mot synasis en grec, ou {commanion, en français, et), en latin, conimunio. Donc ces noms-là ne sont point convenablement adaptés » ou appropriés « à ce sacrement ». — La troisième objection déclare que (( victime, ou hostie, et sacrifice semblent être une même chose. De même donc qu'on ne peut pas appeler proprement ce sacrement du nom de sacrifice, on ne peut pas non plus l'appeler du nom d'hostie ».
L'argument sed contra en appelle à ce que « tel est l'usage des fidèles » : ils ont coutume d'appeler de ces divers noms le sacrement qui nous occupe.
Au corps de l'article, saint Thomas déclare que « ce sacrement a une triple signification. — L'une d'elles a rapport au passé : en ce sens qu'il commémore la Passion du Seigneur, qui fut un vrai sacrifice, ainsi qu'il a été dit plus haut (q. 48, art. 3). Et, à ce titre, on l'appelle sacrifice ». Notons, en passant, cette justification du nom de sacrifice donné à ce sacrement , précisément parce qu'il est le sacrement commémoratij de la Passion du Christ. Jamais nous ne prendrons assez de garde à ces formules de saint Thomas pour nous préserver de tant de conceptions du sacrifice ou de la raison de sacrifice dans l'Eucharistie qui sont si loin de répondre à la pensée du saint Docteur. — d La deuxième signification » de ce sacrement « se prend eu égard à la chose présente, savoir l'unité de l'Église, à laquelle les hommes sont associés par ce sacrement. Et, de ce chef, on l'appelle commanion ou synaxe. Saint Jean Damascène souligne, en effet, au livre IV (ch. xiii), quHl est dit commanion, parce que nous communions par lui au Christ ; et parce que nous participons à sa chair et à sa divinité ; et parce que nous entrons en communion et nous sommes unis les uns aux autres par lui. — Enfin, sa troisième signilication a Irait aux ciioses futures : c'est qu'en effet, ce sacrement préfigure la fruition de Dieu qui se fera dans la Patrie. Et, pour autant, il est appelé viatique: parce qu'il nous ouvre la voie pour y parvenir. Pour autant.
2^ SOMMIÎ THKOLOGIQUE.
aussi, il est dit Eacharislie ou bonne grâce; parce que la vie éternelle est la grâce de Dieu, comme il est dit aux Romains, ch. vi (v. 23), ou parce qu'il contient réellement le Christ, qui est plein de grâce. — En grec, on l'appelle aussi metalepsis, c'est-à-dire assoniplion, parce que, comme le dit saint Jean Damascène (endroit précité), par lui nous assumons la divinité du Fils ».
Nous retrouvons, dans ce corps d'article, la triple signification sacramentelle, déjà signalée à l'article 2 de la question 60. Elle s'harmonise excellemment aux trois noms principaux par lesquels on désigne le sacrement qui nous occupe. — On . l'appelle sacrifice; parce que, dans ce sacrement, on rappelle le souvenir de la Passion du Christ, recolitur memoria Passionis ejus. — On l'appelle communion, parce que, dans ce sacrement, l'âme est remplie de grâce, mens implelur gralia, de cette grâce qui est vraiment la grâce de l'union ou de l'amour qui unit les fidèles entre eux et avec le Christ. — On l'appelle viatique, parce que, dans ce sacrement, nous est donné le gage de la gloire future, Juturœ glorise nobis pignus datur. — Le nom d'Eucharistie peut se rattacher à ce dernier chef, — ou aussi au second, — ou aussi au premier. 11 embrasse les trois significations. — 0 sacrum convivium, in quo Christus sumitur, recolitur memoria Passionnis ejus, mens impletur gralia et future glorise nofns pignus datur (Antienne du Magnificat aux secondes vêpres de l'office du Saint Sacrement).
Vad primum déclare que « rien n'empêche qu'une même chose soit appelée de plusieurs noms selon les diverses propriétés ou les divers effets », qui lui appartiennent. Les divers noms par lesquels nous désignons l'Eucharistie ont trait à diverses propriétés ou à divers effets du même sacrement; et cela suffît pour en légitimer l'usage, bien que la nature du sacrement soit une et non multiple, ainsi qu'il a été dit plus haut, art. 2.
Vad secundum ré[)ond que « ce qui est commun à tous les sacrements est attribué par antonomase à l'Eucharistie, en raison de son excellence ».
L'ad lertium expli(pie en quoi diffèrent les noms de sacrifice et dliostie, et comment tous deux peuvent être appliqués à
QUESTION LXXIII. — DU SACREMENT DE l'eUCHARISTIE. 25
l'Eucharistie. « Ce sacrement est appelé sacrifice, en tant qu'il représente la Passion même du Christ. II est appelé hostie en tant qu'il contient le Christ Lui-même qui est Vhostie ou la victime de suave odeur, comme il est dit aux Éphésiens, ch. v (v. 2). — iNous voyons, ici encore, expressément, que pour saint Thomas, c'est le sacrement lui-même qui est sacrifice, en même temps qu'il est viatique et communion. Il est sacrifice et hostie ou victime. Le nom de sacrifice lui convient, parce que, nous aurons à le montrer plus tard (q. 83, art. i), le mode même et l'acte qui le produit ou le fait être rappelle, rend présent et perpétue, sous forme sacramentelle, la Passion même du Christ, qui fut le sacrifice par excellence. Quant au nom d'hostie ou de victime, il lui convient parce que le Christ caché sous les espèces sacramentelles s'y trouve sacramenlellement à l'état de victime immolée. 0 salularis Hostia !
Nous avons précisé l'être ou la nature du sacrement de l'Eucharistie, et légitimé les principaux noms dont on l'appelle. Nous devons maintenant nous enquérir de son origine ou de son institution, par laquelle il a commencé d'être. Ce sera lobjet de l'article qui suit.
Article V. Si l'institution de ce sacrement a été ce qu'il fallait?
Il ne s'agit ici que du moment où ce sacrement a été institué. Pour ce qui est des particularités qui ont pu entourer son institution ou sa première célébration, elles viendront au fur et à mesure qu'il sera question soit de la matière, soit de la forme, soit de la réception du sacrement. — Relativement au temps ou au moment de l'institution, nous savons, parles Évangélistes et par saint Paul, — l'Église, du reste, l'a toujours enseigné — , que le sacrement de l'Eucharistie a été institué par Jésus-Christ, Notre-Seigneur, lors de la dernière Cène, à la veille de la Passion. Saint Thomas se demande, dans le présent article, si ce moment a été bien choisi.
Quatre objections veulent prouver que « l'institution de ce sacrement n'a pas été ce qu'il fallait ». — La première en appelle à ce qu' « Aristote dit, au liv. 11 de la Génération (oh. vni, n. 4 ; de S. Th., ou de la continuation de son commentaire, leç. 8), que nous tirons notre nourriture de cela même dCoh provient notre être. Or, par le baptême, qui est une régénération spirituelle, nous recevons l'être spirituel, comme le dit saint Denys, au chapitre n de la Hiérarchie Ecclésiastique. Donc c'est aussi le baptême qui devra nous nourrir. Et, par suite, il n'était pas nécessaire d'instituer ce sacrement comme nourriture spirituelle )), ainsi qu'il fut fait à la dernière Gène. — La seconde objection fait observer que « par ce sacrement, les hommes sont unis au Christ, comm'^ les membres à la tête. Or, le Chrit est la têle de tous les hommes, même de ceux ({ui furent depuis le commencement du monde, ainsi qu'il a été dit plus haut (q. 8, art. 3, G). Donc l'institution de ce sacrement n'aurait pas dû être différée jusqu'à la Cène du Seigneur ». — La troisième objection constate que « ce sacrement est dit le mémorial de la Passion du Seigneur; selon cette parole que nous lisons en saint Matthieu, ch. xxvi (ou plutôt en saint Luc, ch. XXII, v. 19) : Faites ceci en mémoire de moi. Or, la mémoire porte sur les choses passées (Aristote, De la mémoire et de la Réminiscence, ch. i). Donc ce sacrement ne devait pas être institué avant la Passion du Christ ). — La quatrième objection arguë de ce que « par le baptême un sujet est ordonné à l'Eucharistie, qui ne doit être donnée qu'à ceux qui sont baptisés. Or, le baptême a été institué après la Passion et la Résurrection du Christ, comme on le voit par saint Matthieu, chapitre dernier (v. 19). Donc c'est mal à propos que ce sacrement a été institué avant la Passion du Christ ».
L'argument sed contra oppose que « ce sacrement a été institué par le Christ, dont il est dit, en saint Marc, ch. vu (v. 17) : Il a bienjait toutes choses ».
Au corps de l'article, saint Thomas déclare que « ce sacrement a été institué selon (ju'il convenait, à la Cène, alors que le Christ se trouvait pour la dernière fois en commeice de vie terrestre avec ses disciples ». Que ce moment ait été bien
choisi pour une telle institution, saint Thomas le montre (( premièrement, en raison de ce que ce sacrement contient. C'est qu'en effet, le Christ Lui-même est contenu dans l'Eucharistie comme dans un sacrement : continetar ipse Christus in Eucharistia sicat in sacramenlo ». L'Eucharistie est le sacrement du Christ; non plus seulement de la vertu du Christ, comme les autres sacrements, mais du Christ Lui-même. Dans les autres sacrements ncst contenue que la vertu du Christ. Ici, le Christ lui-même se trouve contenu. Il s'y trouve dans sa réalité substantielle, bien que caché sous les espèces ou les dehors de ce qui constitue la matière du sacrement. « Pour ce motif, quand le Christ Lui-même allait disparaître d'auprès de ses disciples dans ses propres traits. Il se laissa Lui-même à eux, sous le dehors du sacrement : c'est ainsi qu'en l'absence de l'Empereur, on donne à vénérer son image. Aussi bien Eusèbe (ou plutôt un anonyme qu'on trouve parmi les œuvres de saint Jérôme) dit : Le corps que le Christ avait pris allait être enlevé à nos yeux et porté dans les astres. A cause de cela, il était nécessaire qaau jour de la Cène, le Christ consacrât pour nous le sacrement de son corps et de son sang, afin que fût honoré toujours dans le mystère ce qui était offert une fois comme prix » de notre salut. — o Lue seconde raison » du choix de ce moment pour l'institution de l'Eucharistie, « consiste en ce que sans la foi de la Passion du Christ, jamais >» depuis le péché, (( le salut n'a été possible; selon cette parole de l'Epitre aux Romains, ch. m (v. 25) : Celai que Dieu a proposé comme propitiation par la foi en son sang. Et c'est pourquoi il a fallu en tout temps qu'il y eût parmi les hommes ([uelque représentation de la Passion du Seigneur. De cette Passion, dans l'Ancien Testament, le sacrement principal était l'agneau pascal ; et, aussi bien, l'Apôtre dit, dans la première Epître aa.r Corinthiens, ch. V (v. 7) : Notre Pdque, le Christ a été immolé. Or, à l'agneau pascal a succédé, dans le Nouveau Testament, le sacrement de l'Eucharistie, qui est le mémorial de la Passion déjà réalisée, comme l'agneau pascal était la figure de cette même Passion à venir. Il convenait donc qu'au moment où la Passion était imminente, après la célébration du premier sacrement,
20 SOMME THIiOLOGIQUE.
le nouveau fût institué, comme le dit le pape saint Léon {Sermon de la Passion du Seigneur, serm. vu, ch. i). — Une troisième raison », d'infinie suavité, fait remarquer que « les paroles dites à la dernière heure, surtout par les amis qui s'en vont, restent davantage dans le souvenir; car, à ce moment, le cœur est plus brûlant pour les amis, et ce que nous aimons davantage s'imprime plus profondément dans l'esprit. Or, comme le dit le pape saint Alexandre (109- ug; can. I\ihil in sacrificiis, de Consecral., dist. 11), il ne peut rien se trouver dans les sacrifices, de plus grand que le corps et le sang du Christ, ni aucune oblation ne peut être plus excellente que celle-là. Il fallait donc que ce sacrifice fût en plus grande vénération ; et, pour cela, le Seigneur institua ce sacrement, quand, pour la dernière fois, Il se séparait de ses disciples. Saint Augustin en fait la remarque dans son \[yve des Réponses à Janvier (liv. I), oii il dit : Le Sauveur, pour mieux accuser la projondeur de ce mystère voulut le fixer en dernier lieu dans le cœur et dans la mémoire des disciples, au moment ou il les quittait pour aller à sa Passion ». Il fallait que la solennité du moment répondît à la grandeur du don. Et voilà pourquoi le Christ réserva pour sa dernière entrevue avec les siens avant de mourir le témoignage dernier et suprême de son amour envers eux. — Les trois raisons que vient de nous donner saint Thomas se retrouvent dans la strophe du Pange lingua où le saint Docteur chante la grandeur du sacrement, son rapport à l'ancien rite, sa transcendance à l'endroit des sens : Tantum ergo sacramentum veneremus cernui ; Et antiquum documentum novo cedat ritui ; Prœslet fides supplementum sensuum dejectui.
Vad primum accorde que « cela même nous nourrit qui est au principe de notre être; mais ce n'est pas de la même manière que l'un et l'autre nous est communiqué. Ce qui nous fait être, en effet, au début, rious vient par voie de génération ; et cela môme, pour autant qu'il est notre nourriture, nous vient par voie de manducation. VA c'est aussi pour cela que par le baptême nous sommes régénérés dans le Christ; et, par l'Eucharistie, nous mangeons le (Christ ». C'est toujours le Christ, et Lui seul, qui est notre vie spirituelle, divine. Mais, au bap-
QUESTION LXXIIT. — DU SACREMEM' DE L EUCHARISTIE. 29
tême, nous sommes spirituellement engendrés en Lui ; et, dans l'Eucharistie, nous Le mangeons spirituellement dans son sacrement pour nous nourrir de Lui.
Uad seciindum répond que d l'Eucharistie est le saciement parfait de la Passion du Seigneur, comme contenant le Christ Lui-même selon qu'il a souffert cette Passion » ou à l'état de mort qui fut le sien sur le Calvaire, rendu présent sacramentellement. « Il suit de là que ce sacrement n'a pas pu être institué avant l'Incarnation. Alors avaient lieu les sacrements qui étaient seulement les figures de la Passion du Seigneur ». Ils ne pouvaient pas contenir cette passion, ou plutôt le Christ dans son état de Passion, puisque cette Passion ou le Christ dans cet état n'existait pas encore.
L'rtd terlium explique en quel sens ce sacrement institué avant la Passion est déjà donné comme le mémorial de cette Passion. Ce n'est pas qu'à ce moment-là il eût la raison de mémorial; mais il devait l'avoir, et il l'avait déjà, sinon en lui-même ou dans l'ordre des faits, du moins dans la pensée et dans l'intention du Christ. « Ce sacrement fut institué à la Cène pour être, à l'avenir, le mémorial de la Passion du Seigneur, quand cette Passion », dès lors imminente, c( aurait été réalisée. Aussi bien le Seigneur dit intentionnellement : Toutes les fois que vous ferez ceci, parlant de l'avenir ».
Vad quartuni donne deux réponses. La première est formulée en acceptant le point de vue de l'objection; savoir que le baptême n'aurait été institué qu'après la Passion et la Résurrection du Christ, A se placer dans cette hypothèse, on dira que « l'institution répond à l'ordre d'intention. Or, le sacrement de l'Eucharistie, bien qu'il soit postérieur au baptême comme réception, lui est antérieur cependant comme intention » : car c'est en vue de l'Eucharistie et pour être à même de le recevoir qu'un sujet est baptisé. « Il devait donc être institué avant lui. — Ou bien », et c'est une seconde réponse, qui, pour nous, sera plus plausible, après ce que nous avons établi plus haut, q. GO, art. 2, u on peut dire que le baptême était déjà institué dans le baptême même du Christ » reçu de saint Jean-Baptiste. « Et aussi bien il en était i\\ù
3o SOMME THÉOLOGIQUË.
avaient déjà reçu le baptême du Christ » avant la Passion, « comme nous le lisons en saint Jean, cii. m (v. 22) ». En se plaçant à ce second point de vue, qui est le notre, l'objection ne porte plus; elle n'a plus d'objet.
Le sacrement de l'Eucharistie, dans sa raison propre de sacrement du corps et du sang de Jésus-Christ, rendant présents d'une présence sacramentelle, le corps et le sang de Jésus- Christ dans leur état de séparation ou d'immolation qui devait être et qui fut le leur sur le Calvaire, ne pouvait exister qu'après l'incarnation et devait être institué à la veille même de la Passion et de la mort du Christ. Mais, avant sa réalisation, il avait pu, il avait dû être figuré par d'autres rites sacramentels. De ces rites, il en est un dont le rapprochement avec l'Eucharistie s'impose à un titre spécial. C'est le rite de l'agneau pascal. Saint Thomas se demande si nous devons le tenir comme la figure par excellence du sacrement de l'Eucharistie. La question, nous Talions voir, présente un intérêt très vif. Elle va faire l'objet de l'article qui suit.
Article VL Si l'agneau pascal fut la principale figure de ce sacrement?
Trois objections veulent prouver que « l'agneau pascal ne fut point la principale figure de ce sacrement ». — La première en appelle à ce que « le Christ est dit (ps. cix, v. f\) prêlre selon Uordre de Melchisédech, parce que Melchisédech représenta le sacrifice du Christ, ojjrant le pain el le vin {Genèse, ch. XIV, V. 18). Or, l'expression de la similitude fait (ju'une chose prend le nom d'une autre. Pai- conséquent, il semble que l'oblation de Melchisédech fut la principale ligure de ce sacrement •>. — La seconde objection dit que « le passage de la mer Hougc fut la figure du baptême; selon cette parole de la première Epître aux Corinthiens, ch. x {\. 2) : Tous Jurent baptisés dans la nuée el dans la nier. Or, l'immolation de l'agneau
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pascal précéda le passage de la mer Rouge, que suivit la manne, comme l'Eucharistie suit le baptême. Donc la manne est plus expressément la figure de ce sacrement que ne l'est l'agneau pascal ». — La troisième objection déclare que k la principale vertu de ce sacrement consiste en ce qu'il nous introduit dans le Royaume des cieux, comme un certain viatique. Mais ceci fui surtout figuré dans le sacrement de l'expiation, quand le Pontife entrait une fois dans l'année avec le sang » des victimes « dans le Saint des Saints; comme le prouve l'Apôtre dans l'épître aux Hébreux, cli. ix. Donc il semble que ce sacrifice était une figure plus expresse de ce sacrement que ne l'était l'agneau pascal ».
L'argument sed contra cite le texle de u l'Apôtre », où il est (i dit, dans la première Epîlre aux Corinthiens, ch. v, (V. 7, 8) : Notre pâque », notre agneau pascal, « le Christ a été immolé. C'est pourquoi prenons part au repas dans les a:ymes de la sincérité et de la vérité » .
Au corps de l'article, saint Thomas répond que « dans ce sacrement, nous pouvons considérer trois choses; savoir : ce qui est sacrement seulement, le pain et le vin; ce qui est chose et sacrement, le corps vrai du Christ; ce qui est chose seulement, l'effet de ce sacrement. — Pour cela donc qui est du sacrement seulement, la principale figure de ce sacrement fut l'oblation de Melchisédech, qui ojfrit le pain et le vin. — Pour ce qui est du Christ Lui-même dans sa mort, que ce sacrement contient, ses figures furent tous les sacrifices de l'Ancien Testament; surtout, le sacrifice de l'expiation, qui était de tous le plus solennel {Lévitique, ch. xxiii, v. 27). — Pour ce qui est de l'effet, la principale figure fut la- manne, qui avait en elle le goût de toutes les saveurs, comme il est dit au livre de la Sagesse, ch. xvi (v. 20); de même que la grâce de ce sacrement refait l'esprit en toutes choses, sicut et gratia hujus sacramenti quantum ad omnia reficit menlem. — Mais », reprend saint Thomas, « l'agneau pascal était la figure de ce sacrement, quant aux trois choses qui viennent d'être signalées. — Pour la première, d'abord; parce qu'il élait mangé avec des pains azymes : selon ceUe paiole de VExode,
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cil. XII, (v. 8) : Ils mangeront les chairs et les pains azymes. — Pour la seconde, aussi; parce qu'il était immolé par toute la multitude des enfants d'Israël, au quatorzième jour de la lune : et c'était la figure de la Passion du Christ, qui, en raison de son innocence, est appelé du nom d'agneau (S. Jean, ch. i, V. 36; Apocalypse, ch. v, v. 6). — Pareillement, quant à l'effet; parce que le sang de l'agneau pascal protégea les enfants d'Israël contre l'ange dévastateur et les fit sortir de la servitude d'Egypte {Exode, ch. xii), — A cause de cela, l'agneau pascal est donné comme la figure principale de ce sacrement, parce qu'il le représente quant à tout ce qui est de lui.
« Et, du même coup » ajoute saint Thomas, (( les objections se trouvent résolues ».
Le cardinal Billot, parlant de cet article, dit que saint Thomas y expose eleganlissime ce qui a trait aux figures de l'Eucharistie. Le saint Docteur devait y appuyer encore, dans la prose du Lauda Sion pour la fête du Très Saint Sacrement, quand il chanterait cette strophe : — u In figuris praesighatur, Cuni Isaac immolatur, Agnus paschae depulatur, Dalam manna patribus : — Les figures l'annonçaient : on l'immole avec Isaac; l'agneau pascal le représente; il est la manne donnée aux anciens pères ».
« Après » cette première question oii nous devions traiter, d'une façon générale, du sacrement de l'Eucharistie en luimême, « il nous faut » maintenant « considérer ce qui a trait » à ses parties essentielles, c'est-à-dire ci à sa matière » et à sa forme. Ce sera l'objet des questions 7/1-78. — Au sujet de la matière, nous avons déjà vu, dans l'article premier de la question précédente, ad ,7"'", que ce sacrement avait pour particularité distinctive, qu'il consistait, non pas dans une simple application de sa matière, mais dans la consécration même de cette matière. 11 nous faudra donc étudier, en traifanl de la malière du sacrement de l'Eucharistie, cette matière piise en elle-même et son étal on tant que consacrée. La considération de la matière prise en elle-même formera l'objet de la question 7/1; la considération de son étal en tant que consacrée
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occupera les trois questions suivantes : d'abord, quant au fait de sa mutation (q. 76); puis, quant à l'état de Celui qui vient dans cette matière ainsi changée (q. 76); et, enfin, quant à ce qui reste de cette matière elle-même, après sa mutation (*ï- 77)- — C'est ce que saint Thomas nous annonce, en nous disant qu'il va traiter : « d'abord, de l'espèce » ou de la nature « de la matière » ; secondement, du changement du pain et du vin au corps » et au sang « du Christ; troisièmement, du mode d'être du corps du Christ dans ce sacrement; quatrièmement, des accidents du pain et du vin, qui demeurent dans ce sacrement »>. — Venons tout de suite au premier point, qui forme l'objet de la question suivante.
WIII. — Les Sacremenls : L'Eucharistie.