‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 2)Chapitre 12 sur 55 · L APOTRE PAUL · texte numérisé non relu

L APOTRE PAUL

des chrétiens de Jérusalem. Ouoi de plus propie à cimenter le lien d'amour qu'il s'était eiïorcé de ToriMer et d'en- Iretenii- entre les deux grandes portions de la chrélienlé !

Déjà tous ses compagnons de voyage, les députés des églises de Grèce et d'Asie, étaient réunis à Corinlhe, afin de s'embarquer avec lui pour la Syrie (Act. XX, ."3. \), quand il apprit que des dangers menaçaient sur mer le navire frété et sa riche cargaison. Il prit donc le chemin (le terre, et après avoir célébré à Philippes les fêtes de Pâques, il accéléra son voyage de manière à arriver pour la Pentecôte à Jérusalem. Là il remit solennellement entre les mains des anciens de l'église, présidés par Jacques, le produit de la collecte. Dans l'entretien qui suivit, Jacques lui fit part des préventions dont il était l'objet de la part des milliers de Juifs croyants qui arrivaient chaque jour à Jérusalem {)our célébrer la fête. <ln leur avait représenté Paul comme un ennemi acharné de la loi, qui ne cherchait qu'à détruire le mosaïsme auprès des Juifs du inonde entier. « On leur a dit (pie tu enseignes à tous les Juifs répandus chez les Gentils à abandonner Moïse, en leur disant de ne plus l'aire circoncire leurs enfants...» Jacques lui proposa de démentir ces bruits en accomplissant dans le temple, au vu de tous, une cérémonie lévitique. Il s'agissait de se joindre à quelques Juifs qui s'ac- (piitlaiciil dans ces jours d'un vnni de na/iréat et de prendre sur lui la dépense commune.

M. Renan représente saint Paul comme ayant dû être Irés-embarrassé par cette proposition, car il ne pouvait se cacher (jue le luiiit répandu ((iiitre lui était parfaitement fondé. Consentir à la proposition de Jacques, c'él^iit donc donner un démenti à la réalité, « commeltrc une iiilidélilé eiivtMs Ghrist. >> dépendant cet écrivain pense que Paul, à force de charité, sut vaincre ses répugnances; —

comme si la cliarilû aiilorisait à tlissiiiiulcr ! M. lleuss semble hésiter entre deux points de vue : ou bien Luc, incapable de s'élever à la hauteur (hi pur spiritualisme de Paul, a présenté inexactement les laits, ou i)ien c'est Paul lui-même qu'il faut accuser : « Si les choses se sont passées comme le texte le niconte,... il faut avouer que l'apôtre s'est laissé aller à un mouvement de iaiblesse dont nous ne l'aurions guères cru capable,... car cet acte était ou une profession de judaïsme ou une comédie jouée ^ » Il n'y a rien de fondé dans ces assertions. C'était en toute sincérité que l'apôtre pouvait démentir le bruit répandu parmi les judéo-chrétiens de l'Orient. Il ne cachait pas sa conviction personnelle que les chrétiens étaient atîranchis de la loi ; mais jamais il n'avait engagé un seul Juif à s'affranchir de ce joug avant que la foi au Christ lui en ei^t donné le droit. Lui-même, dans bien des circonstances, ne consentait-il pas à se soumettre à l'observance légale? N'avons-nous pas cité déjà ce qu'il écrivait aux Corinthiens : « Je me suis mis sous la loi avec ceux qui sont sous la loi» (1 Cor. IX, :21)? Le rite extérieur étant pour lui chose indifférente, il pouvait en user au service de la charité. Puisqu'il s'y conformait parfois, comment aurait-il pu s'en faire jamais le fanatique adversaire? II remettait au temps l'affranchissement de la conscience de ses compatriotes, soit juifs, soit judéo-chrétiens, et ne songeait pas à devancer l'heure par une émancipation prématurée. Il pouvait donc en toute bonne foi, protester contre l'assertion qui faisait de lui en Orient l'ennemi acharné du mosaïsme au sein de la nation juive.

La circonstance que nous venons de rappeler fut, comme on le sait, l'occasion de son arrestation. Ici commence la dernière période de sa vie, celle des captivités.

1 Hist. apostol., p. 208, 209.

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Après son emprisonnement et un semblant de procès à Jérusalem, Paul lut Iransl'érè à Césarée. 11 passa dans celle ville deux années enlîéres, attendant en vain du p:ouverneur Félix sa libération. En Tan 00, celui-ci fut rajipelé, et, soit cette année, soit plus probablement la suivante, arriva son successeur Festus. C'est ici la seconde date principale qu'à l'aide des historiens romains nous pouvons fixer avec une espèce de certitude dans la vie de l'apôtre. En l'an 61 (selon plusieurs, 6U), Paul comparut devant Festus; puis, pour mettre fin aux tergiversations de l'autorité provinciale, il en appela au tribunal impérial. C'était un droit que lui donnait sa qualité de citoyen romain. De là son départ pour Home dans l'automne qui suivit l'arrivée de Festus. On connaît les circonstances de son voyage et le naufrage qui le retint à .Malle pendant l'hiver. Il n'arriva à Rome qu'au printemps suivant (l'an 62). Nous apprenons par les deux derniers versets des Actes des apôtres qu'il y resta deux ans comme prisonnier, mais jouissant d'une grande liberté d'action. Il pouvait recevoir ses compagnons d'œuvre qui parcouraient l'Europe el l'Asie, qui lui apportaient des nouvelles des églises el qui leur portaient en retour ses lettres (Colossiens, Epbésiens, Philémon, Philippiens).

Ici linil brusquement le récit de Luc. Dès ce moment nous n'avons ])our nous guidei' que des ti'adilions palrisliques remarquablement confuses ou des suppositions incertaines. Les uns admeitt'nt que Paul périt, ainsi que Pierre, dans la persécution de Néron, en août de Tannée 64; d'autre part, certaines paroles des Pères porteraient à penser qui' Paul l'ut lib/Ti' à la suite des deux

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ans dont parlent los Actes, qu'il put encore remplir la promesse qu'il avait faite à Pliilémon et aux l'hilippiens d'allei' les visiter en Orient (Philéinon v. 22; Philip. 11, 24), et même réaliser son dessein suprême, celui de poi'ter l'Evanfiile jusqu'en Espagne. Si les épîtres pastorales sont, bien de l'apôtre, comme nous ne pouvons nous empêcher de le penser, elles sont le monument de cette dernière période de son activité. Car il ne nous pai'ait pas possible de les placer k une époque quelconque du ministère de Paul antérieure à sa première captivité romaine '.

Comme aucune église d'Espagne ne s'attribue l'honneur d'avoir été fondée par l'apotre, il faut admettre, dans cette supposition, qu'il fut saisi peu après son arrivée sur le sol ibérique et ramené {)risonnier dans la capitale pour y être jugé. La 2^ à Timothée serait le témoin de cette dernière captivité; et le martyre de Paul qui, d'après le témoignage du presbytre romain Caïus (11^ siècle), eut lieu sur le chemin d'Ostie, devrait être placé vers l'an 66 ou 67. C'est la date qu'indique Eusèbe-.

Nous possédons, en conséquence, pour établir la chronologie de la vie de l'apùtre, deux dates certaines, celle de son voyage à Jérusalem avec Barnabas lors de la mort d'IIérode-Agrippa (Act. Xll), en -4i, et celle de sa comparution devant Feslus à l'arrivée de celui-ci en Palestine (Act. XXV), en 6i (ou 00). 11 nous reste à indiquer, au moyen de ces deux points fixes, la date approximative des principaux événements de la vie de l'apùtre.

* Weiss envisage la question d'une délivrance de Paul et d'une seconde captivité comme une question encore ouverte à la discussion. Il parait appli([uer le même jugement à l'autlienticité des épitres pastorales p. 18. 19 . Nous ne pouvons discuter ici ces questions.

* Mais en plaçant par erreur en cette année-là la persécution de Néron.

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Festus nioiirul l'année même de son arrivée en Palestine, ainsi avant Pâques i'rl.

Paul ne peut, par conséquent, avoir été envoyé par lui à Rome plus tard que dans l'automne de l'an 01. L'airestalion de saint Paul à Jérusalem avait eu lieu deux ans plus lût, à la Pentecôte, par conséquent, au piiiilrrii|i> de l'an 59.

Le troisième voyai;e de mission, qui précéda cette arrestation, et qui comprend, outre le séjour d'Epliése //r<)/.sannées, Act. XIX, 8 et 10; XX, 31), diverses courses en Grèce, peut-être plus considérables et plus nombreuses qu'on ne le croit d'ordinaire, le séjour en Achai'e (Act. XX. 3), enfin le dernier voyage à Jérusalem, ne peut avoir commencé avant l'automne de l'an ô^.

La seconde mission, celle de Grèce, dont Corinthe a été le centre, doit avoir duré au moins deux ans (dix-lniil et quelques mois pour le seul séjour à Corinthe, Act. XVJII, 11 et 18). Nous pouvons donc attribuer à ce second voyag*:* missionnaire les deux années qui vont de l'automne 5:î à l'automne 54.

La conférence de Jérusalem a précédé immédiatement ce voyage; elle doit en consécpience se placer au commencement de 52 ou vers la lin de 51.

Le premier voyage de mission, celui de Paul et île l!arnabas en Asie-Mineure, ainsi que les deux séjours à Aiitioche avant et après ce voyage, ont rempli les quelques années précédentes.

En reculant ainsi pas à pas, nous louclions à l'auli'.' dat-' <pii doit nous servit' de [»oiut d'orientation, ielli> de la mort d'IIérode-Agrippa en AA. Et en t'Ib't, le moment où nous sommes arrivés, en rétrogradant dans la carrière de Paul, est bien celui où Harnabas vint le cbtMTber à Tarse pour le conduin" à Aiitioclie, et où ils luient délégués tous

deux à Jérusalem en vue de la famine imniin(Mile, à l'époque Je la morl d'IIérode-Af^rippa.

La durée du séjour de i'aul à Tarse, avant que liarna- ])as vînt l'y chercher, n'est pas exactement indiquée, mais elle parait avoir été assez considérable. Nous pouvons la iixer à trois ou quatre années, et nous arrivons à l'année 40 comme à celle dans laquelle eut lieu la première visite de Paul à Jérusalem api'és sa conversion.

Cette visite fut précédée du voyage de Paul en Arabie (Gai. I, 18) et de ses deux séjours à Damas, avant et après ce voyage; il évalue lui-même cette période à trois ans (Gai. I, 18]. La conversion de Paul se trouverait ainsi fixée à l'an 37 environ.

Paul devait être alors Agé de 30 ans au moins. Nous pouvons donc placer sa naissance vers l'an 7, et, s'il est morl en 67,*assiiiner à son existence terrestre la durée d'ime soixantaine d'années.

Tout cet ensemble de dates nous parait en lui-même clair et conséquent. Mais il y a plus : l'histoire en général nous offre un assez grand nombre de points de contrôle qui confirment d'une manière intéressante cette esquisse biographique. Nous en mentionnerons six.

If Nous savons que Pilate fut rappelé de son gouvernement en l'an 36. Cette circonstance peut faciliter l'explication du martyre d'Etienne, étroitement lié à la conversion de Saul. En elïet, le droit de prononcer la peine capitale ayant été retiré aux Juifs par l'administration romaine dés avant la mort de Jésus, il n'est pas probable qu'ils se fussent permis un empiétement aussi téméraire sur le pouvoir des maîtres du pays^ que celui de mettre à mort Etienne, si le représentant du pouvoir romain eût alors été présent en Palestine. Un fait du même genre se passa, d'après Josèphe, vers l'an 6:2, lorsque le grand-prêtre

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Ananias lil mourir Jacques, le frère de Jésus, pendant rintérim qui sépara la mort de Festus et rariivée d'Albinus son successeur. 11 y a donc lieu de supposer que le meurtre d'Etienne doit se placer vers Tan ."36.

'1" Le voyage de Paul et de Darnabas à JérusaliMii, Act. XI, .'iO et XII, :25, fjui ]ir(''cé<la la famine annoncée par Aiiahus, doit avoir eu lieu, d'après notre chronologie, en l'an 44 (mort d'IIérode-ALirippa). Or, nous savons par les historiens que la grande famine atlcignil la Palestine sous le règne de Claude, en i5 ou 40; ce qui convient à la date assignée à ce voyage.

3" Saint Paul déclare, Gai. II, 1, que ce fut quatorze ans après sa conversion (c'est là le sens le plus probable (lu passage) qu'il se rendit avec Barnabas à Jérusalem pour la conférence avec les apôtres (Act. XV). Si, cuumie nous l'avons vu, cette conférence a eu lieu- en 51, elle tombe en effet sur la quatorzième année après l'an 37, date de la conversion de l'aptjtre.

•4" Nous avons été conduits à admettre que l'apùtre était arrivé à Corinthe vers la lin de l'an 5:2, Or il est dit, Act. XVIII, I, que Paul, en arrivant dans celte ville, y fit la connaissance d'une famille d'origine juive, celle d'Aquilas et de Priscille, qui était récemment arrivée d'Italie à la suite du décret de l'empereur Claude, qui avait ordonné l'expulsion des Juifs de Home. « Claude, dit Suétone, expulsa de Rome les Juifs qui ne cessaient de se soulever. » It'ajirès divers renseignements fournis par les historiens rouiains, ce décret doit app.irlriiir aux ijeiiiicrs tenqts île la vie de Claude. Or cet empereur mourut en 5i-; la date du décret d'expulsion coïncide donc à peu près avec celle de l'arrivée de Paul à Corinthe.

.5^' Vers la lin de son séjour à Corinthe, Paul fui accusé devant le proconsul d'Achaïe, nommé Callion. Ce procon-

sul n'est point un pcisonn.ipo inconnu. C'«''tait le livre du philosophe Sénèque, un homme fort distingué qui joue un rôle dans la correspondance de son frère. 11 fut consul en l'an 51 ; son proconsulat doit avoir suivi immédiatement. Gallion était donc réellement, au moment indiqué par les Actes, proconsul d'.Vchaïe.

0" Josèphe i-aconte que pendant le gouvernement de Félix en Judée, un Egyptien souleva plusieurs milliers de Juifs et vint donner l'assaut à Jérusalem. Cette bande fut détruite par P'élix, mais le chef échappa. Or, l'on se souvient que, d'après les Actes, vers la fin du gouvernement de Félix, le tribun romain qui commandait à Jérusalem soupçonna Paul d'être un Egyptien qui avait ameuté le peuple (Act. XXI, 38). Toutes les circonstances s'accordent. C'était bien le moment où le réchappé fanatique pouvait tenter un nouveau soulèvement.

Si nous récapitulons les dates principales auxquelles nous avons été conduits, nous trouvons que la vie de l'apôtre se divise comme suit :

De 7-37 : Sa vie de Juif et de pharisien. De 37-67 : Son apostolat.

Cette seconde partie se répartit de la manière suivante : 37--4-4 (7 ans) : Sa préparation à l'apostolat. 45-59 (14 ans) : Les trois voyages de mission, à

savoir :

4-5-51 : Premier voyage avec les séjours à Antioche, avant et après, puis la conférence de Jérusalem. 52-54 : Second voyage : la fondation des églises de

Grèce (les deux épi très aux Thessaloniciens). 54-59 : Troisième voyage : le séjour à Ephèse et la visite en Grèce et à Jérusalem (les quatre principales épîtres, Galates, 1 et :l Corinthiens, Piomains).

82 l'apôtre PAUL.

De 59 à 66 ou 67 (7 ans) : Arrestation à Jérusalem et captivité de Césarée; voyage sur mer; arrivée à Rome (printemps 62); captivité à Rome (printemps 6'2 à printemps 64; Colossiens, Ephésiens, Philémon, Philippiens); libération; seconde captivité, martyre (64-67; épiirt'S i»;i>toralt,'s>.

Comiiiont peut-on se rendre compte t\r rin>litiilioii ihcet apostolat extraordinaire à côté de l'aposlulai priinilil des Douze?

Le temps était venu, dans la marche du rèpne de Dieu, où l'œuvre particulière fondée en Abraham devait rentivi enfin dans le giand courant universaliste, qui n'avait pas cessé un moment d'être la vraie pensée de Dieu. Le mode normal de cette révolution religieuse décisive eût été celui-ci : Israël, accueillant l'œuvre du Messie et jji'oclamant lui-même librement et joyeusement daii> le moud.' entier l'accomplissement du salut et la fin de l'économie théocralique. C'était pour préparer Isi'aël à ce glorieux couronnement de son histoire, qu'avaient été choisis les Douze. Apôtres auprès du peuple élu, ils dt'vai»'iit lairr de lui l'apôtre du monde.

Mais les choses se passent rarement dans i'hisloire d'une manière conforme à la marche normale. Au lieu d'accepter ce relie d'amour, dans riiiiiiiiliti' dmiuel il rùi trouvtsa réelle grandeur, Israël voulut obstiuèiiieni maintenir sa prérogative théocralique. Il rejeta le rédempieur ilii monde, plut(M que d'abandonner sa position jM'ivilègièe. En voulant sauver sa vie, il la jieidil.

Dieu dut alors, poui' le reuqilacei', appi'lei- un instrument exrepliomiel et fonder un apostolat spécial, i'aul n'a été ni le substitut de Judas que les Douze auraient prématurément remplacé (Act. Il), comme on l'a cru, ni

celui (le Jacques, fils de Zébédée, dont le martyre est lapporlé Ad. XII. 11 est le substitut d'un Israël converti, l'homme à qui a été dévolue la tâche destinée à tout son peuple. Aussi l'heure de son appel ful-ellc précisément, comme nous l'avons vu, celle où le sang des deux martyrs, Etienne et Jacques, scella rendurcissement d'Israël et décida de sa réjection.

La vocation de Paul répond à celle d'Abraham dans l'histoire du règne de Dieu.

Les qualités dont Paul était doué pour cette mission étaient aussi exceptionnelles que la tâche elle-même. Dans son œuvre apostolique, il réunit à la puissance du recueillement et de la concentration méditative tous les dons de l'activité pratique. Son esprit descend aux détails les plus minutieux de l'administration ecclésiastique (1 Cor. XIV, 20-37, par ex.), aussi i'acilement qu'il gravit les degrés de l'échelle mystique dont le sommet touche au trône divin (i Cor. XII, \-A, par ex.).

Une réunion non moins remarquable de facultés opposées et ordinairement exclusives les unes des autres, nous frappe également dans son œuvre littéraire. Nous voulons parler, d'un côté, de la rigueur dialectique qui n'abandonne un sujet qu'après l'avoir complètement analysé, et un adversaire qu'après l'avoir transpercé de sa propre épée ; de l'autre, de cette sensibilité délicate et profonde, de cette chaleur de cœur concentrée, dont la flamme éclate souvent sous les formes mêmes de l'argumentation la plus sévère. L'épître aux Romains nous en fournira plus (l'un exemple.

Il fallait cet homme unique pour la tâche unique qu'il y avait à remplir.

84 l'église de ROME.

CHAPITKi: II

L'Eglise de Rome

Trois questions se posent : 1. Comment l'église de Rome avait-elle été fondée? -2. La majorité de ses membres était-elle d'origine juive ou païenne? 3. Sa tendance générale était-elle légale et judaïsante ou pauliiiienne?

Ces trois sujets peuvent être étudiés séparément. Pour éviter les répétitions, nous réunirons les deux derniers dans une discussion commune.

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