L'auteur
L'auteur déclare lui-même être Paul, l'apùlre des (jen-
\[\s (\, 1-7; XI, lo; XV, 15--20.). L'envoi de cette lettre
rentre, selon lui, dans l'acconiplissement du mandai qu'il
^ reçu, «d'amener tous les païens à l'obéissance de la
foi )•> (I, 5).
La tradition unanim.' de l'Eglise est d'accord avec cette affirmation de l'auteur.
Kntie les années *..HI et lOi» d,- notre ère, CU'inenl, presbytre de l'église de Rome, reproduit, au ch. .15 de son épitre aux Corintliiens, le tableau des vices des païens, tel qu'il est tracé Ilom. 1 ; il apjiliquc dans le ch. 38 aux circonstances (le son temps les exlioiialions qui sont adressées aux lorts et aux faibles dans le ch. XIV de notre épitre. Xotre lettre était donc déposée dans les archives de l'église de Home et reconnue comme écrit de l'apôtre dont elle porte en tèti^ le nom.
l'authi'r. 105
11 est indiihitahlc qu'on rcrivanl le cli. 3 de VéjHlre dite de Diirunhits (l'crilc pi'uhahlt'iiieiil en Ejiyple veis 90), l'aulcur avait i)résent à respril Roin. IV, Il et suiv. : a Je t'ai placé comme père des peuples croyant au Seigneur en étal d'incirconcision. » 11 n'y a dans la Genèse (XVll, 5) rien de sendjiable à cette expression des Romains et de Barnabas : tô)v TCicTeuovrwv ài' àx.po^u'jTiaç.
Les lettres d' h/ndcf re|)i'odius(!nt plusieurs l'ois l'anlitlièse des deux origines de Jésus, comme fils de David et comme Fils de Dieu, Rom. I, 8. 4.
Dans le Diahxjuc avec Tr}iphun, ch. 27, Justin, vers le milieu du ll'^ siècle, répète l'énuméralion des nombreux passages bibliques par lesquels saint Paul démontre, Rom. 111, la corruption naturelle de l'homme.
Vépltre à Dm/nrlc dil, cb. !), non sans allusion à Rom. V, 18 et 10 : (( Afin que Tiniquilè de plusieurs soit couverte par un seul juste et que la justice d'un seul justifie plusieui's pècbeurs. »
Les églises de Lyon et de Vienne, dans leur lettre aux églises du Pont (vers 177), disent de leurs majtyrs (Eus. V, 1): «Démontrant réellement que les souffrances du temps présent, » etc. (Rom. Vlll, 18.)
Plusieurs traits du tableau des infamies païennes, Rom. I. reparaissent dans les Apologies (ÏAtlu'na</ore et de Tliéophile, peu après le milieu du Ib' siècle. Le second cite textuellement Rom. II, 6-9 et XIII, 7 et 8.
Le Canon dit de Muratori (entre 170 et 180) place l'épitre aux Romains parmi les écrits de l'apôtre Paul, que reçoit l'Eglise et qui doivent être lus publiquement.
Les citations d'Irénée (50 t'ois), de Clément d'Alexandrie et de Teriullien sont très-nombreuses. C'est chez li-énée que Paul est pour la première fois désigné nommément comme l'auteur (Ade. Hœres. III, 10, S.).
106 l'kimtre
Au III<= siècle, OiitjhiP et au IV'' Eusi'br ne l'ont nicnlion d'aucun cloute existant sur rauthenticité.
Le témoignage des hérétiques n'est pas moins unanime que celui des Pères. DasUide, Plolémée et tout particulièremenl Marcion, dès la première moitié du 11'^ siècle^ l'ont tisage de notre épitre, couime d'un document apostolicjue incontesté.
Dans tout*' la suite des siècles, deux seuls théologiens se sont élevés contre ce témoignage unanime de l'Eglise et des secles. Ce sont l'Anglais Ecuuson, dans un écrit suiles évangiles, au siècle passé, et de nos jours, en Allemagne, Bruno Bauer. Ils demandent: I. fViurqurii l'auleur des Actes des apôtres ne dit pas un mot d'un écrit de celte importance? — Mais le livre des Actes n'était la hiographie ni de Paul, ni d'aucun apôtre, il. Comment concevoir les nomhrcuses salutations du ch. XVI, adressées à une église dans laquelle Paul n'avail jamais vécu?
— Mais, étant admis qjie celle feuille de salulatiuns appartient vraiment à notre épitre, l'apôlre ne pouvait-il pas avoir connu en Grèce et en Orient toutes ces personnes qui actuellement habrtaienl Rome? Nous constatons Ir fait pour Aquilas et Priscille. :\. Comment admettre l'existence à Home d'une église aussi considérable que le suppose notre épitre, avant l'arrivée de tout apôtre dans cette ville?
— La fondation de l'église d'Anlioche nous a olTerl un précédent suffisant pour résoudre cette objection.
Le témoignage unanime de l'Eglise est pleinement conlirmé par la grandeur magistrale et par la puissance vraiment apostolique de l'œuvie elle-même, ainsi que par sein entière conformité de pensée et de style avec les autres écrits reconnus de l'ajx'itre.