OCCASION KT BUT
pleinent de réveiller et ilc vivifier sa syinpalhie pour l'œuvre de Paul, au moment où il va passer en Occident et où l'appui de celle é<ilise lui sera nécessaiie. — .Mais c'est bien alors que k; luxe des moyens devient étonnant. Quoi! Démontrer de front dans huit grands chapitres la vérité de Tévani^ile de Paul à une église paulinienne, dans le hul d'ohtenir sa sympathie et sa coopération missionnaire! Ne serait-ce pas là une peine bien supeillue?
11 est vrai rpie Schott cherche à remédier à cet inconvénient. 11 imagine une objection cpie l'on aurait l'Ievée contre la future mission de Paul en Occident. L'Orient, dit-il, était plein de communautés juives, de sorte qu'en travaillant dans ces contrées pour les païens, Paul travaillait pourtant toujours, jusqu'à un certain point, au milieu des Juifs et pour eux. 11 en était tout autrement en Occident, où les Juifs n'étaient pas si abondamment répandus. Ici l'œuvre de Paul allait infailliblement faire ilivorce complet avec le peuple juif, et Paul, pressentant les objections qui résulteraient de ce nouvel état de choses, écrit l'épitre aux Romains pour les prévenir. — Mais la différence que Schott établit sur ce point entre l'Orient et l'Occident, ne repose sur aucun témoignage historique. Et « quels étranges croyants, demande avec raison Beyschlag, que ces chrétiens de Rome, d'origine païenne, qui, tout en jouissant eux-mêmes des grâces du salut, s'imagineraient que ces grâces ne peuvent être offertes aux autres païens occidentaux qu'après qu'Israël aura été converti en entier ! » ■
IV. Une solution originale, qui appartient encore à ce groupe d'interprétations, a été présentée par p]\vald '. Sui-
' Die Sendschreiben des Apostels Patilus, \%'6~.
124 l'éimtre
vant lui, le cliristianisme était demeuré jusqu'ici comme enveloppé flans la religion juive; mais Paul commençai! à redouter les conséquences de celle solidarilé. Car il prévoyait le duel à outrance qui allait s'en<;ager entre l'empire romain et le peuple juif de plus en plus fanatisé. L'épilre aux Romains est écrite dans le but de rompre le lien trop étroit et compromettant qui unissait encore l'Eglise à la Synagogue, et qui menaçait irentrainer celle-ci dans de folles entreprises. Le but j)ralique de l'écrit apparaîtrait au chapitre XIII, dans l'exhortation adressée aux cluétiens ô'être soumis aux puissances supérieures établies de Dieu dans le domaine politique, et l'épilre entière serait destinée à démontrer l'incompatibilité profonde entre l'esprit juif et l'esprit chrétien, et à servir de base à celle application. On ne peut s'empêcher d'admirer dans cette construction l'originalité du génie d'E\vald. Mais on ne saurait se résoudre à donner une importance aussi décisive à l'avertissement du chapitre XIII; car ce passage n'est qu'une subdivision de l'enseignemenl moral, qui n'est lui-inème que la seconde partie de l'exposé didactique. La position subordonnée de ce passage ne permet pas d'y voir l'idée essentielle de l'épître.
nie Groupe,
Avant et après toutes les solutions que nous venons d'indiquer, on a proposé de n'expliquer l'épitie aux llomaius ni par les besoins d'une église judaïsanle, ni par ceux d'une église pauliuienne; l'on s'est plutôt représenté la communaulé romaine comme mélangée des deux éléments, juif et païen, en proportions à peu près égales. .\ ce poini de vue. il était naturel d'attribuer à l'épitre un but de conciliation, (l'est ce que faisaient di'jà saint .!•'-
OCCASION KT ItlJT, 125
rôrne e\ sainl Au^uslin (djins leurs commentaires sur l'cpilrc aux Galales). Au moyen-àf;e, Raban-Maure et Abélard suivent leurs traces. Dans les temps modernes, plusieurs s'approprient cette solution. Hug ' suppose qu'après l'exil inflijié aux Juifs par Claude, ce nouveau lien fut nécessaire pour réunir en un seul corps les chrétiens d'origine juive qui venaient de rentier à Rome et ceux d'oritiine païenne. D'après Flatt-, rajxHre veut travailler à resserrer l'unité de l'éulise, en montrant comment l'Evannile satisfait également et les besoins des Juifs et ceux des païens. C'est à peu près dans le même sens que Bertholdl, Scholt, Klee, Hemsen décident la question (voir Grale); les trois premiers dans leurs Introductions ou Commentaires (1819 et 1830), le dernier dans sa vie de l'apôtre Paul (1830). Delitzscli^ pense que Paul a voulu apaiser les frottements pénibles qui se produisaient entre croyants juifs et croyants païens. Hodge^ le célèbre commentateur américain, suppose aussi qu'il s'élevait parfois entre les croyants des deux origines, soit sur la doctrine, soit sur la discipline, des conflits que Paul a voulu calmer. D'après Baumgarten- Crusius^, Paul veut unir les croyants des deux origines au service de l'œuvre commune.
Chose singulière ! Ce sont quelques-uns des disciples de Baur qui se font à cette heure les défenseurs de cette solution, comme s'ils ne pouvaient ni méconnaître l'erreur de leur maître, ni rompre complètement avec la ligne tracée par lui. Nous avons déjà cité quelques expressions
* Einleititng in die Schriften des N. T., i826.
' Commenta/- ùber d. Rômerbrief, publié en 1823 après sa mort M 821).
3 Zeitschr. f. Inther. Theol., 1849.
* Commentaire sur l'épUre aux Romains (1833 ;, traduit en 1840. ' Commentar, 1844.
120 i.'i'ir'irnE
(le Volkiii.ir (|iii lenIVMiiiciit celle idée. Mais nous voulons surloul parler He Hil^îenCelil cl de Pfleirlerei'. Le premier' trouve dans r(''pilre iiirine la preuve (pie, quant au nombre, les deux partis étaient à [)eu près égaux. .Mais les Juifs y dominaient par leur richesse et la conscience de leurs préroti;atives; et l'intention de Paul a été de rapprocher cette riche aristocratie judéo-chrétienne de la nombieuse plehs d'origine païenne. Le dernier travail publié sur la question est celui de Pfleiderer-. Tout en admettant, comme llilgenfeld, la j)arilé des deux partis, il renverse la idalion établie entre eux par celui-ci. Ce sont bien i)lutùl les croyants païens qui, remplis du sentiment de leur force spirituelle et fiers de leur nondu'e toujours croissant, menacent d'oppprimer et même d'exclure le parti juif. Celui-ci, se voyant méprisé, et de plus, scandalisé souvent par les écarts moraux des crovants païens, ne se sent plus un avec une telle église et commence à regarder en arriére vers la synagogue, il faut les apaiser, les réconcilier avec les païens et en même temps rappeler ceux-ci à riiumilité et à la sévérilt- moiale de l'Evangile : tel est le but de l'épitre. On voit que l'apotre a constamment « un œil dirigé vers les judéo chrétiens, l'autre vers les croyants d'entre les païens. » S'il présente l'Evangile de la grâce connue raccomplissement de la loi et des prophètes, c'est pour pouvoir l'édever comme la bannière propre à réconcilier les deux jtarlis en lutte. Dans les parties dogmatiques il cherche surtout à l'assurei* la conscience des judéo-chn'tit'us, et dans les parties morales à stimuler celle des pagano-chrétiens. Tout en se tenant constamment au-dessus du C(Mitraste, l'épitre ne le perd
' Iu)ileitu>ii/ i)i dus \. T.. IST-l.
* Ucbor Adresse Zweck iind (iliedorunir tlo.< IJr. \\ ;ni d R(>m. Jaln-h. f. prof. 77» fo/., 188*, III.
OCCASION ET HLT. 1:^7
jamais de vuu. — Mais ces explications (Je la lelUe aux Romains, sous l'une ou l'autre de ces formes, ne peuveni se rattacher direclemenl (ju'aii passade XIV, 1-XV, 1;). Or ce morceau nous parait occuper une place beaucoup trop subordonnée pour qu'il soit possible de lui accorder une importance aussi capitale. En particulier, de toute la consti'uction si habilement esquissée j)ar l'ileiitcrer, il ne ressort absolument rien dans l'épitrc elle-même. 11 y aurait là comme un constant dessous de cartes que le lecteur devrait deviner. Cela est-il bien naturel? D'après noli'e impression, l'épître aux llomains n'a point été écrite en vue d'une question QVé(jl.ise; c'est l'œuvre du salut, du salut pour Juifs et païens, qu'elle a en vue et veut traiter de front, sans intention accessoire. Son but n'est pas d'expliquer comment les croyants juifs et païens se rapproclieront les uns des autres pour ne former qu'un même corps, mais Cv mment les uns et les autres peuvent être réconciliés avec Dieu et vivre en lui pour être un jour glorifiés avec Christ. Il n'est possible de comprendre ni le chapitre I (le tableau des abominations de la vie païenne), ni le ch. V (le parallèle entre les chefs des deux humanités), ni le ch. VI II (l'élection et la glorification éternelle des fidèles), ni le ch. XI (le plan de Dieu à l'égard des Juifs et des païens) à un autre point de vue que celui du salut et de son histoire ici-bas. — Mais, s'il en est ainsi, celte épitre s'applique à toutes les églises aussi bien qu'à une seule, et il paraît impossible de justifier la composition de la lettre par les besoins particuliers des chrétiens de Rome. Aussi quelques théologiens distingués de nos jours ont-ils complètement renoncé à le faire, et en sontils venus à chercher l'explication de l'épître uniquement dans les besoins personnels et l'initiative propre de l'apôtre.
128 LKï'niiE
IV*' Groupe.
I. Sflun llolinann ', r.-ijM'ilre aurait (*prouvé le l)t3<oin de se justifier des longs lelards qu'avait éprouvés son arrivée à [{orne. Ce sérail là le but de sa lettre. On le soupçonnait d'éprouver quelque crainte de se présenter à Home et de risquer sa réputation de prédicateur en venant élever l'étetidaid de l'Evangile dans un milieu si considérable et si cultivé. Nullement, répond saint F'aul. « Je n'ai i)as honte de l'Evangile du Clirist » ^1, 10). L'exposé de l'Evangile qui suit cette déclaration, serait destiné à prouver que le message du salut est trop grand et trop glorieux pour que celui qui en est chargé puisse jamais en rougir devant les liommes. En donnant une pareille explication de l'ensemble de notre épitre, Hol'mann a évidemment confondu la pensée qui a servi à Paul d'entrée en matière, avec le but qu'il s'est proposé dans la composition de la lettre. Le seul enseignement complet et systématique de l'Evangile qu'il ait donné, ne peut avoir été au service de sa défense personnelle.
II. M. Ollramare- pense que l'apôtre n'a pas voulu « tomber chez les Romains comme à l'improviste » et sans s'être annoncé auprès d'eux d, p. AS). « Il a l'intention de prendre Cf'tte église pour son point «l'appui dans sa grande entreprise de l'i-vangélisation de l'Occident. Impossible de se pntenrer un meilleur accueil de la part des chrétiens de Home qu'en leur adiessaul un sendjiable manitèste, témoignage éclatant de riulérèt qu'il leur porte » (p. 77 et 78). Mais d'autre |»ail, M. Oltramare ne peut s'empêcher d'ap[)elei" notre épitre mw lurdiration iViijnicl et d'ajouter
> De- Brie f P. an die Hœmcr, 1868.
* Cuiioncntaire sur VEp. aux Romains, par Hiii:iies Ollramare,
OCCASION ET ItUT. 129
que le l»iil itnmcdidl d'une semhlnhle prédication est cerlaineinent de ce convertii' les lecteurs à la loi ou de les y alTerinir » (p. 7(5). Gomment accorder ce nouveau but avec le premier? Saint l'anl n'a pourtant pas fait une prédication d'appel ihms le but de se procurer à lui-même un meilleur accueil de la part de ré<;lise de Rome? L'Evangile ne peut être que but, jamais moyen, pas même en vue de la plus excellente œuvre. Le l'ait est qu'un simple billet confié à F^bébé eût suffi à l'apôtre pour se mettre en relation avec les Romains et se reconnnander à leur afiectueux accueil.
III. Meyer avait exprimé l'idée que Paul, parvenu au terme de sa grande lutte avec les judaïsanl.s, avait éprouvé le besoin d'exposer par écrit l'Evangile, tel qu'il le concevait à la suite de cette profonde crise et comme il l'aurait précbé à Rome, s'il eût {)u s'y rendre en ce moment personnellement. Weiss, dans la sixième édition du commentaire de Meyer qu'il vient de publier, non sans remanier profondément cet ouviagc, se ratlacbe ù l'idée de son devancier et la développe. Les dons particuliers de l'apôtre devaient lui faire sentir le besoin de se rendre à lui-même un compte précis du gain spirituel qui résultait pour lui de la lutte de ces dernières années et de le fixer par écrit. Ce n'est nullement un besoin polémique ou apologétique, provenant de la situation de l'église de Rome, qui imprime parfois à cet exposé une foi'me polémique ou apologétique. Il faut plutôt chercber la cause de ce fait dans la manière dont s'étaient développées ses propres intuitions. Que s'il adresse cette lettre à l'église de Rome, ce n'est pas seulement parce qu'il avait pour cela une occasion extérieure; c'est surtout à cause de la grande importance qu'il attribuait à cette église. Son regard perçant discernait le rôle qu'elle devait jouer, comme centre
1;{() l'épître
luliir (les églises de la genlilité, rôle .semhlaMt.' ;'i celui de .lérusaleiu dans le passé, comme centre du judéo-clui-tianisme. C'est ainsi qu'il écrivit à l'église de la capitale du monde cette lettre destinée à établir l'accord de la nouvelle doctrine du salut gratuit avec la révélation de lAncien Testament et les prérogatives d'Israël. — Un ne iteut mieux dire à ce ]»oint de vue. Mais ce point de vue luimême peut-il satisfaire? Il s'agit j)Our l'apôtre de se rendre compte à lui-même pour lui-même de ses acquisitionspirituelles durant le temps de la lutte. Ne peut-il le l'aire qu'en prenant la plume? Et, d'autre part, c'est pourtant de l'église de lîome qu'il s'agit à ses veux, à cause de sa grande importance futui'e. (juelle est exactement la relation entre ce second motif et le prenner? L'apôtre n'a pouitant pas fait de l'église de lîome un moyen ou une occasion de se mettre au clair avec lui-même ! Cette juxtaposition peu nette des deux motifs ne prouvet-elle pas rinsuflisance et de l'un et de l'autre".'
Nous avons épuisé toutes les solutions aj)partenanl à la première classe, c'est-à-dire (jui clierelifiil à justitier la composition de l'épître par un besoin particulier suit de l'église, soit de l'auteur, et aucune n'a répondu complètement à la grandeur de l'œuvre à expliquer. Ce résultat est conforme à rim])ression qu'a produite dès le commencement l'épître aux Ilomains sur la plupart de ceux (jui l'ont étudiée. En face il'un enseignement si évideumient systématique, il ne leur est pas venu à l'idée de voir dans cette lettri.' autre chose (pi'un t'crit destiné à mettre en lumière aux yeux des chrétiens de Rome le vrai chemin ilu saltil. Nous arrivons ainsi à la seconde classe d'explications.
OCCASION KT nUT. 131
Deuxième Classe.
Ni riiistoire, ni l't''|)îlri' elle-même n'ayant f'ail ressorlir, dans la situation de l'église de Rome ou dans la position personnelle de rapùtre, un besoin spécial propre à justifier d'une manière satisfaisante Tenvoi d'une j)areille lettre à cette église, nous allons })asser en revue les opinions des nomhieux ci'itiques qui, de tous temps, ont vu dans l;i lettre aux Romains un exposé didactique de la doctrine évangélique, n'ayant d'autre but que d'alïermir la foi des chrétiens de Rome, et cela dans le simple intérêt de leur salut.
Remarquons d'ajjord que l'auteur de la lettre semble •se ranger lui-même à ce point de vue, quand il termine son écrit par ces mots (XVI, 35) : « A celui qui peut vous fortifier selon ïnon ériitif/ile et selon la prédication de Jé- .sus-Cbrist, » parole d'autant plus significative qu'elle correspond fidèlement à cette expression du préambule (1, 11): «Car je désire ardemment vous voir, afin de vous communiquer quelque don spirituel, pour que vous sovez ■affermis. » Comment cette lettre, qui devait précéder de si peu le séjour de l'apôtre à Rome et en tenir lieu momentanément, n'aurait-elle pas eu un but analogue à celui qu'il attribuait à cette visite elle-même?
L'auteur de l'antique Fragment de Muralori s'exprime dans le même sens : <s. L'apôtre expose aux Romains le plan des Ecritures, en leur inculquant Christ comme le principe de celles-ci. »
Les anciens interprètes grecs, Origène, Cbrysostome, Théodoret, ceux du moyen-àge, tels que Jean Damascène, Œcuménius, Théophylacte, pensent aussi que l'intention de notre épîlre est de conduire les hommes à Christ. S'ils
132 l'éimtre
viennent à parler d'un but {dus spécial, ce serait celui de mettre en <iarde les croyants d'entre les païens contre les erreurs antinomiennes. Sans doute l'on se demande pourquoi c'est à l'église de Rome que l'apôtre adresse spécialement cet exposé généial de l'Evangile? Théophylacte lépond que « ce qui l'ait du bien à la tète en l'ait par là même à tout le corps. » Cette explication appartient à un temps où Rome occupait déjà dans l'Eglise la place centrale.
Nos réformateurs et leurs successeurs se l'ont de notre épitre une idée analogue. Luther', Calvin, .Mélanchton (introduction aux I.oci communes de ir):2l), Heidegger-, pensent que l'apôtre des Gentils veut exposer les éléments de la connaissance chrétienne. « Cette épitre tout entière est disposée metltodiquemeut, » dit Calvin, a il y donne, * dit .Mélanchton, « le sonunaire de la doctrine chrétienne (dodrinœ, chrisUanœ compeiuliitmj, lors même qu'il ne philosophe ni sur les mystères de la trinité, ni sur le mode de l'incarnation, ni sur la création active et passive. N'est-ce pas en effet de la loi, du péclié et de la grâce que résulte la connaissance de Christ?»
Grotius s'exprime ainsi : n Quoique adressée proprement aux Romains, cette lettre contenait tout ce qui sert à appuyer (munimenia) la religion chrétieime, de sorte qu'elle méritait bien que des exemplaii-es en fussent envoyés à d'autres églises, d 11 croyait devoir expliquer par celte deiniére supposition l'emploi (pi'avait fait l'apôtre de la langue grecque, au lieu de la latine: il préludait ainsi à une hypothèse récente dont nous parlei'ons bientôt.
ïholuck^ présenta, dans ses premières éditions, notre
' Dans sa Profact' oonmio.
* Enchiritiiun.
'Commentai-, l'eéd., |8*4.
OCCASION ET lîlT. 133
épiire comme un traité dojimalique destiné à faire ressortir toute l'importance de la leligion nouvelle, en prouvant qu'elle répondait seule à ce besoin de salut de toute âme humaine, que ni le paganisme ni le judaïsme ne peuvent satisfaire. OIshausen, dans son beau commentaire (1835), Glockler (1834), Kollner (1834), Fritzsche (1836), Baumgarten-Crusius^ Benecke (1831), Heiche-, s'expriment à peu près dans le même sens. Ce dernier voit dans notre épitre un exposé populaire, approprié aux besoins du temps, de l'excellence du salut chrétien, exposé que l'apôtre a terminé par une esquisse de la vraie conduite chrétienne. De Wette (1835), tout en se rattachant à ce point de vue, cherche à établir un rapport entre le contenu de l'épître (l'universalisme de l'Evangile) et la position de Rome comirie centre de l'empire du monde. Ainsi pensent également lluther^, J.-A. Beet*, qui formule ainsi son opinion : « L'apôtre veut affirmer et développer logiquement les nouvelles doctrines, montrer leur harmonie avec les déclarations et la conduite de Dieu dans l'Ancien Testament, et les appliquer à la vie terrestre et ecclésiastique. » De même Wieseler^, qui attribue à l'église de Rome, composée de chrétiens des deux origines, une croyance et une vie saines, et pense que l'apôtre n'a voulu autre chose que lui exposer la vérité évangélique, tout en ayant égard dans quelques passages aux préjugés judaisants.
* Com-mentaire, publié après sa niorl, en I8i4.
* Versuch einer ausfùhrlicher Erklàrimg des Briefs Pauli av die Rômer, 1834.
3 Zweck und Inhalt der iiien Capitel des Rômerbr., 1846.
* A Commentari/ on St. Pan.l's Epistle to the Rrymans, I'*-' éd. 4880; 2«éd. 1881.
^ Zur Geschichte der nev.testamentlichen Schriff, 1830.
^SA l'épître
Fay, (lan< le (Commentaire de Lange (1865), et Scliall, dans la reproduction américaine de cet oiivra«:e', admettent que, comme apùtre des (jentils, l'apùlre se sentait en relation toute spéciale avec le lait nouveau de l'existence d'une église à Home. Comme cette église, composée de Juifs et de Gentils, habitait le grand centre où pouvait trèsnaturellement se consommer l'œuvre df^ la lusion de ces deux classes de croyants, l'apôtre se préoccupe de ce grand intérêt ecclésiastique. Le premier stage dans le développement de l'Eglise avait été marqué par l'église judéochrétienne de Jérusalem, le second par léglise jiaganochrétienne d'Antioche; l'heure de la troisième phase avait sonné : Jérusalem et Antioche devaient s'unir à Kome. Voilà pour(iuoi l'apôtre travaille avec tant de soin dans son épître à montrer combien l'Evangile est éminemment apte à réunir dans un même salut et les Juifs et les Gentils, également perdus hors de lui, et comment en lui se concilient harmoniquement et l'universaiisme du jdan divin et la fidélité de Dieu à son œuvi-e théocratique. — Nous n'avons jusqu'ici rencontré aucune solution qui nous paraisse aussi satisfaisante, et nous serions prêt à lailopter telle quelle, si l'envoi d'un pareil écrit à cette église que Paul ne connaissait pas encore, était plus clairement justilié. La relation de succession de Rome avec les deux foyers antérieurs d'évangélisation, ainsi que le rôle futur de cette église, sont d(;s laits très-intéressants sans doute, que l'histoire confirme })leinement, maiscpii paraissent trop étrangers à la biographie de Taul hii-nirinc pour pouvoir motiver un acte ti'l (pu- la composition de cet l'-crit didactique.
l'hilippi, dans sa doruién' t'diiuiu JStKtK s'e\|>rime
' The Epistle of Paul ta (lie Runurus, N\\v-Vork. iST.i.