OCCASION KT DIT
réelleiiioiil le coiilciiu de celle révélaliuii personnelle qu'il avait reeue en raison de son mandai spécial d'apôlrc (\q>^ llcnlils'.' Du resie, les matières que l'on prétend élic omises ne le sont en aucune l'aeon. Les passaiics 1, S-A; Vill, â cl 8:2 et IX, 5, jettent sur la pensée de l'apôtre à l'égard de la personne de Christ tout le jour nécessiiire; et tout ce (pi'il iuq)oi'te pratiquement de connaître relativement à la iin des choses est trés-suffisamment énoncé dans les trois passades VllI, 18-^23; XI, 25-31 et XIll, 11- ÏA. Seulement ces points, qui ne se rattachent que suhsidiairement à sa lâche personnelle envers les païens et qui rentrent plutôt dans l'enseignement chrétien en général, ne sont point traités ici de front et comme ayant leur chapitre à part; car c'est une des particularités et l'un des mérites les plus frappants des é|)itres de saint I*aul, que jamais il ne dépasse d'tuK^ ligne ce qu'exige sli'ictement Tà-propos du sujet qu'il a à traiter.
On a allégué enfin contre notre explication la tendance évidemment anti-judaïsanle de certains passages relatifs à l'emploi de la loi dans l'Eglise. Mais ce que Paul comhat dans ces ])assages, ce n'est pas l'alliage de la loi avec l'Evangile, lel que l'enseignait le judéo-christianisme légal; c'est le salut, c'est-à-dire la jiistilicalion et la sanctilication par l'œuvre propre; c'est par conséquent le judaïsme lui-même conmie refusant de céder la place au salut chrétien. Que, dans un exposé de la grâce évangélique, tel que celui-ci, une place dût être accordée à la l'éfutalion du salut par les œuvres, c'est ce qui saute aux yeux. La loi n'était-elle pas, comme institution divine et par sa nature même, le seul moyen de salut qui pîit, avec quelque apparence de légitimité, être mis en concurrence avec le mode de salut présenté par l'apôtre? Exposer celui-ci ne pouvait se faire qu'en écartant celui-là. Voilà ce qui a
iiA L'ÉPJTRE
fait piendrc le change sur le but de noire (''pitre à un jiTand noinl)ie d'excellents critiques, tels que .Man^^old et Weizsàcker. Mais celte polémique de l'apôtre est toujours enliéremenl jzénéiale et, si l'on j^eut diie ainsi, Innnanilaire. Elle n'est pas motivée par l'élat particuliei' fie Télilise; elle est inhérente au sujet lui-même. Elle a en vue non une forme quelconque du judéo-cliiistianisme, mais le judaïsme envisagé, ainsi qu'il l'était j)ar le peuple juif et les nombreux prosélytes, comme une institution divine permanente, destinée à satisfaire définitivement les besoins religieux de l'humanité.
On a comparé parfois avec justesse la relation entre l'épilre aux E[)hésiens et celle aux Colossiens avec le rapport qui unit ré[)itre aux Fiomains à celle aux (jalales. En effet, soit dans les Ephésiens, soit dans les Komains, Paul expose sous une forme générale et didactique les mêmes vérités qu'il applique avec toute la vivacité de l'intention occasionnent' et polémique dans les Colossiens et dans les Galales. .Mais les deux épitres aux Romains et aux Ephésiens offrent à un autre égard encore un parallèle intéressant. Toutes deux sont adressées à des chrétiens que Paul lui-même n'avait point amenés à la foi et ne connaissait [tas même personnellement', et toutes deux lui sont inspirées par son mandat d'ajiùire des Gentils et par le désir de combler le vide qui lésullail pour ces églises de la privation de son enseignement personnel. l>e là le caractère très-général et tout à fait didaclicjue des instructions renfermées dans toutes deux; dans l'une, sur la perfection du sdhtl (fiù est eu Clirisl, dau> l'autre, sur la dignité suprême' de \' l'J(/li.se co)Hmc roijis tlit C/nisl.
' (]oinp. Epli. I, 2 omission de sv V.^hzm dans l) vl N : l'>; III. i ; IV, il Col. II, I).