‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 2)Chapitre 23 sur 55 · OCCASION ET I!UT · texte numérisé non relu

OCCASION ET I!UT

Nous avons ('té heureux de renconti'er dans le dernier ouvra|;e qui a paru sur notre épître, celui de Klostcrniaïui', une explication du but de cet écrit trés-semlilable à la nôtre: ((L'apôtre,» dit cet auteur (j). M), ((veut, dans cette lettre, offrir à l'ét^lise une compensation pour le l'ait qu'il ne l'a pas fondée lui-inème, et que lui, apôtre des païens, n'a pas encore pu recueillir une moisson à Rome... Il écrit, parce qu'il ne sait pas si et (puiiid il sera dans le cas d'atteindre ce but par un séjour personnel, si souvent empoché précédemment, au milieu d'eux. » Jusque-là je suis entièrement d'accord avec Klostermann. Mais quand il ajoute que les croyants de Rome s'étaient contentés jusqu'alors d'être chrétiens privatim, sans faire aucun effort pour répandre l'Evangile en dehors du cercle des pauvres et des petits auquel ils appartenaient eux-mêmes, et que l'apôtre s'est proposé de stimuler chez eux l'esprit missionnaire et de se préparer en eux des auxiliaires pour les conquêtes qu'il comptait faire à Rome parmi les païens, je ne saurais, quant à moi, trouver le moindre indice de cette intention dans le préambule, d'où cet auteur croit pouvoir la déduire.

Après tout cela, il est à peine besoin d'ajouter que comme conséquence de cet enseignement chrétien, Paul pouvait et devait certainement espérer un affermissement de l'église contre l'invasion inévitable des émissaires judaïsanls, l'éveil d'une sympathie plus chaude et plus réfléchie pour son œuvre future en Occident, un resplendissement plus vif de la lumière évangélique dans la capitale du monde. Mais tous ces buts secondaires, auxquels on s'est souvent arrêté, sont à eux seuls insuffisants pour motiver un enseignement aussi suivi et aussi complet.

* Ko/'recturen :nr bisherigen Erkliiriing des Rômerbriefs, 1881.

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Ce monument ne devait pas non |>Iiis, rian? l'intenlion de celui qui l'élevait, être seulement le troplit^e d'une récente victoire. Il devait devenir le moyen de triomphes nouveaux, riut'jiuisahle arsenal où l'Eglise pourrait trouver les annes nécessaires pour surmonter le judaïsme et le paganisme, non seulement de Jérusalem à rillyrie, mais de Rome jusqu'aux extrémités du monde.

Dégajier le régne de Dieu du judaïsme, qui lui avait servi de berceau, pour l'offrir au monde païen dans sa pure spiritualité, telle a été la mission de I*aul. Cette tâche, il l'a remplie simultanémenl dans les deux domaines de V action et de la pensée, <lans le premier }>ar ses voyages missionnaires, dans le second par ses épîlres, et particulièrement par celle aux Romains, qui est comme la théorie réfléchie du salut chrétien. .Nous allons voir que cet éciit possède bien le caractère systématique qui répondait à une pareille destination.

CHAlMTKi: IV

Marche et plan de TEpitre.

Ewald a lait observer que, dans la règle, les épîtres de Paul conuuenceni par un préambule renlermani l'adresse et une action de grâces pour l'œuvre de Dieu déjà accomplie chez les lecteurs, et qu'elles se termiueut par quelques commissions et détails personnels et par des salutations. Entre ce préambule et celle conclusion se trouve le corps de l'écrit, dans lequel le sujet de la lettre est traité. — Dans notre épitre, le jneanihulc t^i la rondiision se détachent facilement. Le premier va jusquà 1, 15, après

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