DOCUMENTS DU TEXTE
place (Tlioluck, .Meyer, Hot'mann, Oitramaie, etc.). 2. Tout esl (le Paul, mais il y a eu iiiélaii^c (réléiiienls appartenant à d'antres lettres (Semler, Eicliliorn, lîenss, Renan^ Schultz). 3. Quelques passages sont di' l*aiil; le reste est interpolé (Sclienkel, Scliollen, Ludil, Volkiiiar). 4. Le tout est inautlientique (Daur).
Nous aurons à examiner toutes ces opinions et à peser les laits qui y ont donné lieu (voir aux ch. XV et XVI).
III. Le lecteur d'un commentaire a le droit de connaître la provenance du texte qui va lui être expliqué.
Le texte d'après lequel ont été faites nos plus anciennes éditions et nos versions en langues modernes (depuis la Réformalion) est celui qui s'est conservé, d'une manière à peu près uniforme, dans les :250 exemplaires des épîtres de Paul en écriture courante ou minuscule, et par conséquent postérieurs au X^ siècle, qui se trouvent dispersés dans les différentes bibliothèques de l'Europe. C'est sur l'un de ces manuscrits, trouvé à Râle, qu'Erasme publia la première édition du texte grec; et c'est cette édition qui a formé pendant des siècles le fond des éditions subséquentes. On voit que l'origine du texte appelé si longtemps le Texte reçu, esl un fait pui'ement accidentel.
Le texte de notre épitre nous esl fourni par trois classes de documents : les manuscrits, les anciennes versions et les citations que nous rencontrons dans les œuvres des anciens écrivains ecclésiastiques.
1. Manuscrits. Ils sont de deux sortes : ceux qui sont écrits en lettres majuscules et qui sont antérieurs au X^ siècle; et ceux qui présentent l'écriture cursive et minuscule, employée depuis cette époque.
Les majuscules dans lesquels nous ont été conservées les épîtres de Paul sont au nombre de 11 :
2 du IVe s. : le Sinaiticus (X) et le Vidicanus [B);
i58 l'ki'îtrk
"1 (lu Vp s. : VAIi'xan(lri)ivs (A) el le Cod. (T Eiilnrtn {(^) ;
! ilii VI'' s. : le Claromonfanns {])};
:'> ilii IX'' s. : le Sanf/ennanoisis (E), simple copie du précédent; le Anf/ieiisis (F); le Bœmerianiis (G).
."» du I.V au X*" s. : le Mosfjuensis (K); VAiif/elicus (L), et le Porfirianus (P).
Nous omettons ici un certain ntunlire de Inif/mcnls en ■écrilure majuscule. Nous avons déjà mentionné les documents en caractères minuscules.
Dés qu'on étudie d'un peu plus pi'ès tous ces documents, on y discerne trois courants de texte plus ou moins prononcés, qui se relrouvenl aussi dans les évangiles : 1" le courant alexandrin, représenté par les quatre plus anciens majuscules (N A B C), et ainsi nommé, parce que ce texte était probablement la forme usitée dans les éirlises d'Egypte et d'Alexandrie; 2'^ le courant (jréay-lalin , représenté par les quatre manuscrits qui suivent, pour l'ordre alpliabétique comme pour celui de la date (DE F G); il est ainsi désigné parce que c'était le texte répandu dans les églises d'Occident, et parce que dans les manuscrits <\\n l'ont conservé il est accompagné d'une tradiicliou latine; et 3*^ le courant Iniiantiu, auquel appartiennent les trois plus jeunes majuscules [\\ L V) et la presque totalité des minuscules; c'est le texte qui s'était (ixé et comme stéréotypé dans les églises de rt'mjiire grec.
Nous n'ignorons pas que MM. lloil el ^Vestcolt ont apporté des modifications considérables à ce mode de groupement dans leur édition récente du N. T.. et nous ne méconnaissons point le poids di' leurs raisons. Nous croyons cependant jtouvoir iiersistei- à penser que le texte apostolique pi-imitif ses! modilit' de trois manières principales dans les trois grands districts ecclésiastiques 1" de J'Egypte, 2» de l'Occident, S^derAsie-MineureeldeiaSyrie,
noci'MKNTs i)V Tr:xTi:. l.V.I
cl i[ur les trois |;ioiipcs de Mss. »|Ul' nous avons indiqués rellùlonl d'une manière générale ces trois loimes de modifications '.
En cas de variante, on voit ces trois courants tantôt se dessiner chacun à paît, tantôt se réunir deux contre un. l'arlois aussi les mend)res de l'un se séparent pour s'unir à ceux ou à quelques-uns de ceux de l'autre. Et il n'est pas aisé de décidei* à laquelle de ces formes du texte il faut donner la préférence.
(lonime les deux plus anciens majuscules ne remonleni que jusqu'au IV'' s., il reste un intervalle de oOO ans entre eux et l'aulooraphe apostolique. Mais heureusement, nous possédons dans les deux autres classes de documents les moyens de combler jusqu'à un certain point cette lacune considérable.
2. Les rersions. H existe deux iraduclions du N. T. qui remontent jusqu'à la fin du II*^ s., et par lesquelles nous constatons l'état du texte à une époque déjà beaucoup plus rapprochée de celle des autographes. Ce sont l'ancienne vei'sion latine que l'on s'accorde à désigner du nom (VTtaJii, et dont la Vulsate ou version reçue dans l'Eulise catholique est une révision; et la veision syriaque, appelée Pcsrhilo. Non seulement ces deux antiques documents concordent en général pour le fond du texte; mais leur conformité ordinaire avec le texte de nos manuscrits grecs garantit dans l'ensemble la pureté de celui-ci. De ces deux versions, l'Itala présente plutôt le type gréco-latin, la Peschito le type byzantin-. Un troisième groupe de versions un peu plus récent, les versions égyptiennes, reproduisent en général la forme alexandrine.
' Voir mes observations sur le travail des deux critiques anglais Revue théologique ÛQ Montauban, 1882.
* Il est vrai que MM. Hort et Westcott pensent qu'elle a été remaniée d'après le texte syrien byzantin . dans le \\\^ siècle.
ICO l'épItre
F^nfin nous possédons un moyen de icnionler plus haut encore et de franchir une honne partie (hj rinlervah».' (jui nous sépare encore du texie aposlohque; ce sont :
S. Les citations du X. T. chez les écrirains du 11*^. siècle. — Tertullien (100-210) offre une centaine de citations de notre épiire. — Vers 18."), Irénée en elfe 8î- versets environ. — Vers 15(1, Justin en reproduit textuellement un lonj; passage (111, 11-17\ — Vers I iO, Marcioti puhliait son édition des épîtres de Paul. Tertullien, dans son ouvrage contre cet hérétique, a reproduit une foule de passages de son texte des épitres et particulièrement de celui de l'épitre aux Uomains, en les citant évidemment tels qu'il les lisait dans l'édition de Marciou'. Nous possédions dans cette série continue île citations, qui comprennent 38 versets environ, le plus ancien témoin connu d'une partie du texte de noti-e épiti'e.
Un écrivain nous permet de remonter, au moins pour quelques versets, jusqu'au siècle de l'apôtre : c'est Clément de Rome qui, vers l'an 9r>, adresse aux Coiinthiens (uie ('pitre dans laquelle il reproduit textuellement (c. 35) tout le passage Rom. I, 28-32.
La lidélilé généiale de notre texte est ainsi solidement élahlie.
Ouant aux variantes, je ne pense pas qu'il soit possible d'accorder a iindrl une préférence à l'un des trois textes mentionnes plus haut, (l'est, je le ci'ains, l'un des grands torts de Tischendorf, exagéré encore par .M.M. Ilorl et Westcolt, d'avoir admis comme ivf/le la préférence à donner au texte des jdus anciens .Mss. grecs, l'.ii piddiant sa
• II (iil liii-niérae : « Quelles que soient les fos?o? tiuo .Maiciuii ail creiist'es, même dans celte épHre la plus oonsidéraltle, en snp[>rimant ce cpi'i! a voulu, les ctio>c> qu'il a con>cr\éc> me sufllsi-nt ..» Adv. Mure. V, 13.
rniNCIPAUX COMMENTAIRES. 161
7f édition, Tisch(3n(lorf avait reconnu jusqu'à un certain point l'erreur de celte métlio<le. Mais la découverte du Sinaïticus l'y a ramené. L'engouement pour ces . antiques documents provient de plusieurs causes : leur ancienneté, la supériorité réelle de leur texte dans la phpurt des cas^ enlin la réaction naturelle contre la lon<;ue domination usurpée du texte byzantin (dans l'ancien texte reçu). Mais quiconque a pratiqué lonj^temps l'exégèse du X. T. devra, ce me semble, reconnaître trois choses : 'l*^que toute prélërence a priori, accordée à l'un des trois textes, repose sur un préjugé (comp. dans notre épître V, \); 2" que le seul motif externe un peu probable de préférence en faveur d'une leçon, est l'accord entre un certain nombre de documents de types différents; 3» que le seul moyen de décision parfaitement assuré se trouve dans l'intelligence du contexte.
Au reste, il faut le dire, les variantes sont aussi insignifiantes qu'elles sont nombreuses. Je n'en connais qu'une dans l'épitre aux Romains, cette œuvre si éminemment dogmatique, qui puisse exercer quelque influence sur l'enseignement chrétien, celle de VIII, 11. Et le point auquel elle se rapporte (la question de savoir si le corps est ressuscité par ou à cause de l'Esprit qui habite en nous) est un sujet qu'aucun pasteur n'a probablement jamais traité ni dans son instruction catéchétique, ni dans une prédication.
Principaux commentateurs.
Nous ne donnons ici qu'une indication abrégée. Pour rénumération plus complète, nous renvoyons à T/wluck (p. 26-33) et à Oltramare{^. 1-12).
Ancienne église : Origène (III*' s.), en traduction latine.
— Chri/sostome (IV'' s.), 32 homélies. — Théodoret (Ves.).
— Amhrosiastcr , proljablcment le diacre romain Hilaire (Ille ou I-Ve s.). — Œcuménim (X^ s.). — Tliéopliylacte, évêque de Bulgarie (XK* s.). — Erasme (XVI'' s.), Annotdtiones in JS. T.
Depuis la Uéformation : Calvin et Tlu'odore de JJize. — Luther (sa célèbre préfaee) ; Mélanchton, Annotationes (1522) et Commentnrii (1532). — Bucer, Euarratioues (1536). — Grolius, Annotationes (16-45). — Calov, BUdia iUnslrata (1672). — Benr/el, Gnomon (1742).
Temps modernes : Tholurk (1824, 5^ éd. 1856). — Bïœkert (1831 ; 2^ éd. 1839). — Stuart, théologien américain (1832).— 0/^/«fr«5en (1835).— De Wette 1835; -4^ éd. 1847). — Hofige, de Princeton (1835, publié en IVançais 1840). — Fritzsche (1836). — Mener y\m\\ :r éd. 1872).
— Oltramare, cli. I-V, 11 (1843). — Philippi (1848; 3e éd. 1866).— Nielsen, Danois (1856.. — l'nibreit (1856).
— Eirald, die Se))dsrlireil>en des Apostel.'< Panljis (\Sôl).
— Tlieod. Schott (1858). — Fag, dans le Bibelaerk de Lange (1865; 3« éd. 1868). — Hofmann (1868). — Ph. Schaff, travail publié en anglais d'après le commentaire de Lange (1873). — Volkmar (\Slô). — Bonnet, le Ao</veav Testament, 2^ éd.. Epi très de Paul (1875). — B>*ms, La Bible, Epitres j>anli)n'ennes (1878). — Mentionnons encore trois monographies remarquables; deux sur le passage V, 12-21 : Holbe, Neuer Versuch einer Ausl. der paul. Stelle V, ll-t>l (1836); Dietzseh, Adam and Christits (1871); la troisième de M. Morison, de Glasgow, Critical exposition of thr tliinl Chapter of Pauls Eidslle to tlie Bomans (1866).
A cette liste nous devons ajouter les commentaires récents : Lipsius . dans la Proteslanten-Bi/>rl (1S72); /?. Wriss, C)^ éd. du Comm. d,' Mefjer (^1881); •/. A. fieet,