‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 2)Chapitre 35 sur 55 · i.A .irsTiricATiON i\\ii i..\ i<m · texte numérisé non relu

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festé; 2(1 car les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient spirituellement dès la création du monde dans ses ouvrages, afin qu'ils soient inexcusables; » — L;t v«irité est la connaissance d(i iiii que iJicu accoiJc aii\ hommes en se révélant. Car, comme l'a dit Nitzscli, « Dieu n'est connu qu'autant qu'il se donne à connaître. » Le «^toTi, vu que (pour ^tà to'jto ot'., à cau.sc de ce que), porte la pensée sur ce qui suit, non sur ce qui précède, à l'inverse de «î'-o, à cause de quoi (v. 24.), qui montre dans ce qui précède la raison de ce qui suivi'a. — Le sens de ce (Îiotl, ru que, est celui-ci : Ils ont étoufle la vérité, vu que la vérité leur avait été révélée (v. 19 et 20), mais qu'ils l'ont changée en mensonge, v. 21-23 (25). — Le terme -f^ori-'y/, proprement ce qui se peut cunnailre, signifie souvent dans le i\. T. ce qui est réellement connu {■'{vbi-rjç) ; c'est son sens probable Luc II, 4-4; Jean XVlll, 15; Act. I, 19; XVIf, 23. Cependant on peut appliquer aussi le premier sens dans quelques-uns de ces passages; et dans le grec classique, ce sens est le plus ordinaire (voir les nombreux exemples cités par Olinnnare). Ce qui (lécide ici en sa laveur, c'est la tautologie choquante qu'il y aurait à dire : « Ce qui est connu de l'être de Dieu, (\<.7 manifesté. » Paul veut dire : « Ce qui se [icut connu /tre de Dieu (sans le secours d'une révélation extraordinaire et iKirtieulière) est clairement manileslé au-dedans d'eux. » La lumière sur l'existence et le caractère de Dieu, dans la mesure où Dieu peut être connu pari lioinine au moyen de ses t'aeulté's naturelles, se fait jour dans leur intérieur. C'est là un lait actuel et constant ; de là le présent çavspov scti, /'.s7 manifesté. Cette révélation |ieiiiianente est expliquée ensuite ((■ar) par l'acte de r(''Vt''lati(iii inili.d (|ui en a été' le point de départ; soavc'pwrc, l'aoriste : ci 11 le leur a manifesté, d

CIIAP. I, 19. 20. 227

Le V. 20 imli(|ii<! If moyen par loqnol Dieu a opéré colle révélalion de lui-méiiie dans la conscience humaine. Il l'a lail i)ar le déploiement de ses œuvres dans la nature, œu- Yi'es (pii, il ne laul pas l'oublier, comprennent, Tliomme lui-même avec les l'acullés dont il est doué. — Par le terme rà àopara, les choses invisibles, l'apôtre désigne l'essence de Dieu et la multiplicité des attributs qui la constituent, et (jui, invisibles par leur nature, ne deviennent perceptibles aux sens que dans leurs produits matériels. 11 les résume en ces deux, qui renferment tout en effet quand il s'agit de la révélation naturelle : puissance et divinilc. La puissance est le Irait qui fra})pe le plus immédiatement l'homme quand il contemple le spectacle de la nature. En vertu du principe de causalité, qu'il expérimente à chaque instant dans sa propre aciivité producirico, il remonte aussit(M de l'immensité de l'effet à la toulepuissance de la cause. Mais cette toute-puissance se présente en même temps à lui comme revêtue de certains caractères moraux empreints dans ses produits euxmêmes. Dans l'enchaînement admirable des moyens et des buts, buis qui deviennent à leur tour moyens pour des buis nouveaux plus élevés et plus excellenis encore, l'homme, en vertu du principe de finalité, dont il fait également à chaque moment l'expérience dans sa propre activité ordonnatrice, découvre les attributs de la sagesse et de la bonté dont la cause suprême est revêtue, et que Paul réunit ici dans le terme divinité, ôsiottiç. Tandis que le mot BeoTviç, déité (Col. II, 9), désigne le fait (Vêtre Dieu, ce terme Ssiot-zi; indique la qualité en vertu de laquelle une chose appartient à l'être divin. Ce terme renferme donc ici les qualités morales (en opposition à la simple puissance) que doit posséder Dieu pour être l'auteur et l'organisateur d'un pareil monde, à savoir la sagesse et

la Ijonlé; conip. le beau passage Acl. XIV, 17. — L'épithète ài<^'.o;, tHcrndle (de àeij, poui rail être rapportée uniquemenl au premier des deux attribuls, la puissance. Elle opposerait la permanence et l'indépendance absolue de la cause première à la dépendance des causes secondes, qui reposent toujours sur une cause antérieure à elles. Mais l'art, r, et le pronom aO-oO, qui sont communs aux deux subsl. et qui les lient étroitement, forcent à rapporter l'épithète étenielle à tous les deux. Elle sert ainsi à opposer la permanence de l'être divin à l'existence passagère et fragile de tout ce qui est visible. — Ces attributs invisibles 56 iw'en/ néanmoins, dit Tapi^itre, mais non au moyen des yeux du corps seulement. Le participe voo-Ju.sva ajoute une seconde notion à celle de la perception sensible, celle de l'intuition intelleclnelle. Il faut, pour que la révélation interne se produise effectivement, que l'œil de l'intelligence, du voOc, regarde en quelque sorte par celui du corps. L'animal voit aussi bien et parfois mieux que l'bonune; mais aucune révélation de Dieu ne s'opère en lui. Le S(M1S inlei'nii fait défaut. Pour percevoir l'ouvrier dans l'œuvre, il faut être soi-même un ouvrier intelligent doué de la faculté d'unir en un seul et même acte de conlcmplation intelledueUc les deux vues corporelle et rationnelle. Cet acte unique est admirablement caractérisé par la locution que crée Paul : voo-Jacvx /.a6opàTai. — Le datif toi: TO'.yiaaT!. est instrniMt'iital : nur les œuvres, en quelque sorte par tous ces divins poèmes dont se compose la nature. — La prép. ûctto no peut signifier ici (|ue depuis. C'est dès l'acte créateur que cette révélation a commencé *.

' Lo ineillour oommcnlaire de ces belles paroles est peiil-èire ii-liii (lue nous fournit le passage suivant des Memorabilia (IV. 3 . Socrale vient de rappeler à Eutliydème le soin que les dieux prennent de

Un voil quelle élail l;i huiieur de cœur et d'cspril de l'apôlre. Il ne inéconnail point, comme le faisaient les Juifs, comuie l'a même l'ail quelquefois la science chrétienne, la valeur de ce que l'on appelle la théologie naturelle. Et ce n'est certainement pas sans raison que limir (Pdulîis, t. 11, p. 2G0j a envisagé ce passage coirinie i)0sant la première base de l'iiniversalisme de saint Paul. Celte même idée d'une révélation universelle se retrouve dans les discours de Paul à Lystre et à Athènes (Act. XIV, 17; XVI 1, 27. 28); ainsi encore I Cor. I, 21, et dans notre épître même, 111, 2U : « Dieu n'est-il pas aussi le Dieu des païens?» parole qui se rattache étroitenjcnt à l'idée d'une révélation i)rimordiale adressée à tous les hommes.

Les derniers mots du v. indiquent le Iml de cette révélation universelle : afin quils soient inexcusables. Ces paroles étonnent : Dieu ne se serait-il révélé aux païens que pour justifier la condamnation dont il comptait les frapper? Cette idée a paru si révoltante qu'on a cru devoir atténuer le sens de la locution ei; to.... et traduire île sorte que (Osterv.), ou : « ils sont donc inexcusables » fOltran).). C'est un grand mérite des commentaires de Meyer d'avoir

l'iiomine. Il ajoute : « Tu reconnaitras la vérité de ce que je te dis si tu n'attends pas de voir les dieu.x sous des formes [sensibles], mais si la vue de leurs ouvrages te suffit pour les adorer, réfléchis bien que' c'est ainsi qu'ils se montrent à nous. Car les dieux en général qui nous donnent les biens, ne le font pas en apparaissant d'une manière visible, et Celui qui dispose et maintient l'univers entier, oîi se trouvent toutes les choses bonnes et belles, se fait voir sans doute dans l'accomplissement des œuvres suprêmes, mais il reste invisible en les administrant. Celui qui comprend bien cela [ici exemples tirés des vents, de la foudre) ne doit pas mépriser les êtres invisibles; mais, reconnaissant leur puissance, il révère la divinité. » Ainsi parlait un païen dans le Ye siècle avant Jésus-Christ. Le çavsoo'v èattv h aù-ot; ne ressort-il pas avec éclat de telles paroles dont plusieurs expressions coïncident avec les termes apostoliques iô,îàv et io'paTa, ^avepo'v, ojvap.-;, xaTavodîVj?

vi^ollrcuse^le^t léagi contre celle inélhode fl'explicalioa qui affaiblit arbitrairement le sens de certaines prépositions et particules chez saint l'aiil. Je ne saurais accorder la moindre valeur à aucun des nombreux exemples cités par OUramcue et d'autres en laveur du sens : ita ut. Weiss dit avec raison : « La prép. ei;, suivie de Tinlinit. avec l'art., n'est employée nulle part, spécialement dans l'ép. aux r^om., dans un autre sens que celui de afin (ji(e.i> Si Paul eût voulu dire de sorte que, il avait pour cela l'expression i'é«;uliére : wcrTe elvat,. El sa pensée, si on la comprend bien, n'a rien de repoussant : afin, veut-il dire, que si, ajnès avoir reçu une telle révélation, ils viennent à méconnaître l'existence et le caractère de Dieu, ils soient inexcusables de leur aveuglement. Le premier but du Créateur a été de se l'aire connaître à sa créature. Mais si, par sa propre l'aute, l'homme vient à éteindre celle lumière, il ne doit pas pouvoir accuser Dieu des ténèbres dans lesquelles il se trouve ensuite plongé.

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