‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 2)Chapitre 36 sur 55 · V. ^I-2.i : La Vérib!' retenue cajifire · texte numérisé non relu

V. ^I-2.i : La Vérib!' retenue cajifire

V. ::^ 1 cl "H : (( vu que, tout en connaissant Dieu, ils ne l'ont pas glorifié comme Dieu, ni ne lui ont rendu grâces; mais ils ont été frappés de vanité dans leurs raisonnements, et leur cœur inintelligent s'est obscurci. » — Le ru que poile sur le terme inexeu.satiles. Cette conjonction exprime de nouveau le sentiment d'indignation qui avait dicté le èv à^ixia, mal et niéelunnntent, du V. 18 : (c Oui, inexcusables en raison de ce que...» — Comment l'apôtre peul-il dire des païens (pi'ils ont connu Dieu? S'agit-il d'une simple possibilité? L'expression ne le permet pas, et le v. 10 a déclaré que la lumière s'était réelleiiirnl laite au-dcdaiis d'eux (oavssov inz:). Le paganisme (li'pose contre iui-iii(''m(', car tous ces cultes divers

CMXW I, -20. 21. ±\\

prouvcnl, parle l'ail du leur exislence, ((iie respi'il Imiiiain avait récllemenl couru la notion de Dieu. Mais voici ce qui est arrivé : cette connaissance naluielli' de Dieu n'a jias passé de l'étal passif à l'état actif. L'homme s'est borné à recevoir la révélation que Dieu lui donnait de lui-même. Il ne s'est pas empressé de la saisir et de la développer spontanément. 11 se fût élevé ainsi de lumière en lumière; c'eût été la voie i"oyale, celle de la sai/esse dont parle saint Paul 1 Cor. I, 21. Au lieu de cela, il a étoufïé cette lumière qui se produisait en lui; il a' soustrait à son influence son intelligence et son cœur. C'est dans les deux directions, inlell*'Cluelle et morale, que Paul poursuit dans les versets suivants le développement de cette infidélité première. — Les actes de culte et les hommages de reconnaissance adressés aux dieux ne manquaient pas sans doute dans le paganisuni. Mais c'est précisément pour cela qu'à ces mots : ils ne l'ont pas glorifié, l'apôtre a ajouté ceux-ci : comme Dieu. La noble lâche de Tintelligence humaine eût été de faire surgir de la contemplation de l'œuvre l'image vivante du divin ouvrier, d'orner cet Etre sublime, dans l'acte de l'adoration, de toutes les perfections qui resplendissaient dans la création, et de poser, comme Dieu, au-dedans Celui qui se posait si magnifiquement comme tel au dehors. C'eût été là le glorifier. — Que si cet acte de raison faisait défaut, le cœur au moins avait ici une tâche à remplir, celle de rendre grâces. Un enfant même ne dit-il pas : merci, à son bienfaiteur? Le mot r, OK, doit s'entendre ici, comme souvent, dans le sens de : au an moins. Bengel dit avec raison : le glorifier à cause de ses vertus ; lui rendre grâces, à cause de ses bienfaits. — Mais le cœ^u- ne s'est pas mieux acquitté de sa tâche que l'intelligence de la sienne. Or, l'homme ne pouvait rester stationnaire. N'avançant pas sur la voie de

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la religion ficiiue, il ne pouvait que se penJre dans une voie d'égarement, celle de VimjmHé (v. 18). N'ayant pas posé Dieu comme l'objet suprême de son activité, l'intelligence a été réduite à travailler dans le vide; elle s'est en quelque sorte fulilisée (èrj-aTaKoO-ziTav) ; elle a peuplé l'univers de fictions, de chimères. Paul appelle ainsi les vaines créations mythologiques. Le terme iii.oL-z'XKi'Mnx^ , ont été frappés de vanité, fait évidemment allusion à celui de [/.araia, rJioses vaines, qui était le nom que les Juifs donnaient aux idoles (comp. A.ct. XIV, 15; Lévit. XVll, 7; Jér. Il, 5; 2 Rois XVII, 15). — Le terme ^laVjyi-jao':, raisonnements, est toujours pris par les écrivains du .\. T. dans un sens défavorable; il désigne l'activité déréglée de y intelligence au service d'un cœur gâté. — Les mots suivants se rapportent à la corruption du cœur. Celle-ci a marché de pair avec l'égarement de la raison à l'égard duquel elle a été à la fois cause et effet. Le cœur, xap^ia, est, dans le N. comme dans l'A. T. ilcb), le siège central île la vie personnelle, ce que nous appelons le sentiment, celte puissance intime qui délermin); à la fois l'activité de Tintelligence et la direction de la volonté. Resté vide de son véritable objet, Dieu, par le refus de lui rendre grâces et de le bénir comme Dieu, le cœur des hommes s'est l'empli de ramuur égoïste des créatures el (hi moi, et îles convoitises honteuses qui en résultent. Ce sont là les ténèbres morales qui s'accroissent avec l'égarement de l'intelligence. L'épitliète àa'JveTo;, inintelligent, est souvent expliquée comme expression anticipée de ce que le canir allait devenir &uv ce chemin : « de manière à •'•lif iimkIu slupide. » Mais il y avait déjà quelque chose d'iuseiisi' dans l'ingratitude signalée au v. 21. L'inintelligence existait donc dès le début. — Dans l'aor. passif £<7y.oTi<j6r , a été obscurci, aussi bien qw dans le précèdent itxxTauôOr.Tav, s'exprime

CHAI'. I, '2i-'2;i. 2."3.'î

(If'jà le sunliiiieiil (riiiio dispciisalion divine, iiinis encore sous la loiMne de ruccon]i)lissenient d'une simple loi naturelle.

Ce premier degré de dégradalioii s'accomplissait à Tiiilérieur; il a été suivi d'un sccotid, plus exirricur.

V. 22 et 2.i : « Se prétendant sages, ils sont devenus fous, 2r» et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en la ressemblance de l'image de l'homme corruptible et des oiseaux et des quadrupèdes et des reptiles. )^ — La fuUlisatiou des peitsces a même pris le caractère de la folie. Qu'est-ce, en effet, que le polythéisme, sinon une sorte d'hallucination permanente, de déliie collectif, ou, comme l'a bien dit M. A. Nicolas, une possession en grand? El ce trouble mental s'est élevé à une sorte de perfection précisément chez les peuples qui, plus que tous les autres, prétendaient à la gloire de la sagesse, tels que les Egyptiens, les Grecs, les Romains. En disant : se prétendant sages, Paul ne veut pas stigmatiser la philosophie ancienne; il veut seulement dire que tout ce travail des sages n'a pas empêché les nations les plus civilisées d'être en même temps les plus idolâtres. L'imagination populaire, complaisamment servie par les prêtres et les poètes, n'a pas permis aux eff"orts de la sagesse de dissiper ce vertige.

V. 23. Au bien omis se substitue toujours un mal commis, et qui va croissant : sur la ligne de l'intelligence, ne pas glorilier, se fuliliser, puis devenir fou; sur celle du sentiment, ne pas rendre grâces, se corrompre et enfin dégrader la divinité en la transformant en son contraire. C'est ici le terme atteint, le monstrueux et avilissant fétichisme.

La gloire de Dieu est l'éclat que projettent dans le cœur des créatures intelligentes ses perfections manifestées. De

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