‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 2)Chapitre 37 sur 55 · ii LA .USTIFICATION l'AIi LA l"(Jl · texte numérisé non relu

ii LA .USTIFICATION l'AIi LA l"(Jl

celle irianireslalion tloil su dé^agi-r une image respleiidissanle qui est pour l'hornine l'idéal de tout ce qui est bien. Celle image de Dieu dans leur conscience, (ju'est-elle devenue? Qu'en ont-ils fait? Tout en maintenant la pei'sonne divine, ils l'ont travestie et comme enveloppée dans /(/ ressemblance de son contraire. La prépos. èv (qui répond ici au z liéhieu) peut certainement être traduite dans le sens de par (Meijer) ; comp. Ps. CVI, ïiO dans les LXX. .Mais le sens de (huis ou eu n'est pas impossible. La préji. hi nous parait décrire l'espèce d'emprisonnement (Unis une l'orme ignoble et grotesque, ([ue l'idolalric lait subir à rid'''e de l'être divin. Ce sens parait plus simple. 11 est plus naturel de dire « changer en » que « changer par. ï» L'épilhète incorruptible renferme une protestation contre la dégradation (pi'a intligée à Dieu l'idolâtrie, en l'assimilant à des êtres assujettis à la corruption, l'aul vl-uI dire que la gloire de Dieu n'a point été atteinte par ce ti'ailement indigne. L'expression : la ressemblance de l'inunje, a été expli({uée de bien des manières. Grotias : une ligure qui apparait d;ms un simulacre. Selon Ollriniiare, le substantil' serait mis pour l'adjcctir : une image ressemblante. Il me parait plutôt que le premier des deux termes s'applique au simulacre matériel, le second à l'image présente à l'esprit de l'arlislr iorscpril coiicdi! le type du dieu cpi'il veut représenter. — Le culte de V/tonmie caractérise surtout le polythéisme grec et romain; celui des uilTérenti-s classes d'^///////r///.r, le |)aganisme égyptien et barbare. Qu'on se rap[tell(' le culte du buMil Apis, de ribi>, du clial, du crocodile, etc., chez b'S Lgyptieus.

L'orif/ine de l'idohUric. — L'idolAti ic ii est ddiic point, d'après saint Paul, un [)r(tL:rcs ipii se M'iail i)|)t'rê (lan> la pcnx-»' religieuse do l'Iuunanift'. |)arti<' du IV'tifliisnu' primitif. Hion toin (1 être un pii'niiiT pas vers le nionotliéisnie liiial. le [)()lytlu'isme

CIIAI'. I. 'J:!-2'k -.S5

est au coiitrairo le lésiilfal d'uiu' iléyéiiéresceiicc, (iii ahaiidoii (lu motiotlic'isiiK' orii^iiiaire, un ohscurcissemcnt de 1 iiilolligence et du cœur (jui a litii par atioulir au j)lus i^rossicr f('titliistiie. L'Iiistoire des relii^ions, sé\èrenitMit étudiée comuie elle lest aujourd'hui, donne pleinement raison à la conception de l'apètre. Elle démontre (jue les païens actuels de llnde et de l'Afrique, l)ien loin de s'élever par eux-mêmes à un état relii^ieux supérieur, n'ont l'ait ([ue déchoir depuis des siècles et suhir une dégradation croissante. Elle [)rou\e (|u'au fond de toutes les reliiiions et de toutes les m\tholoi;ies païennes se trouve un monothéisme originaire qui est le point de départ historicpic de l'état religieux de l'humanité i.

Ou a vu dans l'exposé de l'apôtre une réminiscence de celui du livre de la Sapience (conip.. p. ex., les passages Sap. Xlil, 1-8 et XIV, 11-20). Mais quelle dilVérence entre l'explication plate et superficielle de l'idolâtrie que donne à ses lecteurs l'auteur alexandrin, et la profonde analyse psycliologi(iue renfermée dans ces versets de saint Paul! ('ette comparaison fait précisément éclater la ditlérence entre le coup d'œil de l'auteur éclairé deiihaut et celui {\u Juif ordinaire ([ui cherche à reconstruire par ses propres lumières le grand lait hisloii(iue de l'idolâtrie.

Remarquons enlin la divergence apparente des deux explications de l'origine du paganisme données ici et 1 Cor. X, iO (« Ce que les Gentils sacrifient, ils le sacrifient aux démons et non pas à Dieu »). Dans l'épître aux Romains, pas question de l'inlluence diabolique. Supposons que la critique eût intérêt à nier que les deux écrits soient du même auteur, quel parti ne tirerait-elle pas de ce fait? Et cependant il ne prouve qu'une chose que la critique oublie ou méconnaît à chaque instant : c'est que le même écrivain peut, selon les cas. présenter le même phénomène sous deux aspects ditrérents et également vrais.

V. 'lA-o'l : L(( iiuniifcsladon de la ruirre de Dieu sur le péehé de r humanité.

V. M et :25 : * A cause de quoi aussi- Dieu les a livrés par les convoitises de leur cœur à l'impureté,

' Voir le travail de Pfleiderer, Jahrbucher f. prot. Theol. 1867. - N A B C omettent le /.ai après 5'.o qui se lit dans le T. R. avec D E G K L P et la plupart des Mnn.

S."^!) I.A .IlSTiriC.ATIOX r.\l; I.A li'l

pour déshonorer en eux-mêmes' leur corps; -•'> eux qui ont travesti la vérité de Dieu en mensonge et ont révéré et servi la créature au lieu du Créateur qui est béni éternellement, amen. » — il y a dans ces versets qiu'hjiie chose Ac ci; -apo^'jTij.o:, de ce cœur outre, dont paile railleur des Actes (XVII, 10) en décrivant les impiessions de F^aul pendant son séjour à Athènes. Ce sentiment s'exprime avec énergie dans les deux conj. ^vj /.ai, à cause de (jiioi missi. La première se rapporte iiVdjuslic*^ du châtiment; la seconde fait ressortir plus spécialement la conformité entre le mode du châtiment et la nature de hi l'aute. lis ont péché, c'est pourquoi Dieu les a punis; ils ont péché en dégradant Dieu, c'est pourquoi aussi Dieu les a dégradés. Ce /.ai, aussi, est omis chez les alex., mais à tort, comme on le voit; car il exprime l'idée la plus profonde de tout le morceau. — Le terme a livrés ne signifie pas que Dieu les a poussés au mal en punition du mal qu'ils avaient commis. L'idée de la sainteté de Dieu s'oppose à un pareil sens, et livrer n'est pas pousser. D'autre pari, il est impossible de se contentei" de l'idée d'une simple permission : <c Dieu les a laissés se livrer au mal. » Dieu n'a pas été purement passif dans le développement épouvantable de la corruption païenne. ¥a\ quoi a consisti' son action? 11 a positivement relire sa main; il a cessé de retenir le bateau qu'entraînait le courant du fleuve. C'est ce qu'exprime le terme dont se sert l'apotre Act. XIV, H) : ((. 11 a laissé les Ijenlils nunrher dans leurs voies, » en ne faisant pas pour eux ce qu'il n'a cessé de faire pour le peuple juif. Ce n'est donc point la simple abslenticui; c'est le retrait posilil" d'une foi'ce salutaire, connue dans cette parole, Cien. VI, o ; c( Mon Kspril ne

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