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celle à laquelle se rapporte v. 2-». Paul rappelle en effet encore une fois v. 2-^ tout ht fiéveloppernent précédent (III, 21 -IV, 25) loucliant rexjtialion par le sang de Christ; comp. aussi l'expression : par sa mort, v. 10.
Nous avons expliqué le v. 1 en pai'lant de la leçon £)(^o[y.ev, nous avons; mais la «pirande majorilé des Mjj., y compris les plus anciens, Sinall., Valic, Alex., Cantahr. et les deux versions//. Syr^^^^ s'accordent à lire: â'/tou.ev, ayons, 'possédons, leçon défendue par Hofmann, Grss, Volkmar, Beet, etc. Nous connaissons peu d'exemples d'une leçon des plus anciens Mjj. à la fois aussi unanime et aussi manifestement fautive. Elle fait de ce v. 1 une exhortation, ce qui va à l'encontre du contexte, puisque l'apôtre commence ici un nouveau sujet dont le développement purement didactique va continuer jusqu'au v. 11. D'ailleurs l'expression : avoir la paix avec Dieu, ne peut se mettre à l'impératif, puisque c'est de Dieu qu'une telle relation dépend, et non pas de nous. Enfin il faudrait faire aussi du scauytojAeôa, nous nous ylorifions, à la lin du v. 2, un impératif: «Et glorifions-nous... ! » ce qui ohligerait à continuer encore la même forme impérative au v. :]; choses absolument inadmissibles. On voit que les leçons fondées sur des documents de date postérieure, ne sont pas autant à mépriser que plusieurs le pensent.
V. 2. Par les mots: par lequel aussi...., l'apôtre revient évidemment en arrière, comme nous l'avons dit. 11 résume l'œuvre de justification précédemment exposée. Son but, en oj)posant ainsi l'aNfiiii' au jKissé, est df ninntrer que dans l'un comme dans Tau lie de ces deux domaines du salut nous devons absolument tout à Christ. C'est lui qui nous maintient dans la conmiunion île Dieu (v. 1), dans la(}Ui'lle il nous a déjà fait entrer (\. 2-»). D'apiés le v. 10, nous devons le second de ces bienfaits à
cil A p. V, 2. .433
sa vie, comme le premier à sa inort. Schotl dit parfaitement : (( Christ, qui nous assure la consommation du salut (v. 1), est aussi celui de qui nous avons reçu l'accès à la grâce (v, 2). » — Le parfait è'^y/fx.afy.ev désigne un acte de prise de possession déjà accompli, mais dont l'efifet demeure. — Le terme -po'7ay(oyrj, accès ^ signifie proprement: l'acte d'amener, d'introduire; il désigne, par exemple, la manœuvre par laquelle on approche les machines de guerre des murailles d'une ville assiégée (comp. Meyer). Et ce sens actif ne serait pas impossihle ici. Mais ce mot a aussi parfois le sens intransitif : la facnUé d'entrer, Vaccès. Il en est de même des autres subst. composés du même verbe : àvaycoy/f, le départ svr vier, Trepiaywyv;, le mouvement circulaire. Et ce sens intransitif est ici préférable. Le premier sens conviendrait s'il s'agissait de l'introduction auprès d'une personne, mais avec le régime impersonnel la grâce, le sens d'accès est certainement plus naturel; comp. Eph, II, 18 et III, 12. — Les mots T-fl TTtcTsi, par la foi, manquent dans le Vatic. et les grécolat. En tout cas, s'ils étaient authentiques, il ne faudrait pas en faire dépendre le rég. à cette grâce ; car la locution xiGTiç £i; /apiv serait sans exemple dans le N. T. — Cette grâce est celle dont il vient d'être parlé au v. 1 : la paix avec Dieu par la justification. — Le parfait ÏGiw-y. signifie : je me suis placé dans cet état et je m'y trouve; 'il nous ramène au présent £/o[a£v, nous atvns, du v. 1, et prépare ainsi la propos, suivante qui se rattache directement par le /.ai, et, à la propos, principale du v. 1 : «et (dans cet état de paix) nous nous glorifions. » On a parfois fait dépendre la dernière propos, du v. 2 du pron. relatif rfrt?i5 laquelle : d cette grâce dans laquelle nous nous trouvons et nous nous glorifions. » Mais cette construction a quelque chose de traînant. Le v. 2 étant déjà une
espèce de parenthèse, sous forme de propos, incidente, il est peu naturel de prolonger encore cet appendice. Enfin, pour peu que l'on saisisse la pensée de ce morceau, on comprend que celte proposition : « nous nous frlorifions dans l'espérance de la gloire, » est précisément le Iheme de tout le passage jusqu'au v. 11 et ne peut être une incidente. Les mots : et nous nous glorifions, se rattachent donc à l'idée du v. 1 : nous avons paix. C'est une gradation : «Nous entretenons avec Dieu une relation de paix, et en conséquence nous pouvons déjà triompher dans l'espérance assurée de la participation à la gloire. » Le terme : la gloire de Dieu, désigne l'état glorieux que Dieu possède lui-même et auquel il associera les fidèles ( III , :2.')); comp. pour ce sens Apoc. XXI, 11 (en rép. à Ollramare). Le /.au/àcOai, se glorifier, est le sentiment bienheureux et la profession triomphante, quoique toujours profondément humble (1 Cor. I, 31), de l'assurance du salut et de la gloire qui en est le couronnement. — Mîiis, peut-on demander à l'apôtre, et les tribulations de la vie, les comptez-vous pour rien? Ne menacent-elles point de vous faire baisser le ton ? Nullement; car ce sont précisément elles qui servent à raviver le flambeau de l'espérance. Cette réponse est énoncée et justifiée dans les v. suivants.
V. 3 et 4 : « Et non seulement cela, mais nous nous glorifions' même des afÏÏictions, sachant que l'affliction produit la constance, i et la constance l'épreuve, et l'épreuve l'espérance. '* — Le partie. x.aj/to;j.£voi, t7 nicnw nous glorifiant, qui se lit dans B C, provient évidemment d'un emprunt à la forme du v. 11. — Le rég. du verbe nous nous glorifions: èv Taî; OXiys'?'., dans les afflictioits, ne signifie pas seulement que nous nous glorifions même au
* B C lisonl y.ayycDUEvoi au lieu do xau/coaiOa.
milieu des afflictions ; le èv, dans, flésigne avec ce verbe l'ohjet (le l'acte : « Nous nous glorifions des trihulalions elles-mêmes»; comp. 2 Cor. XII, 9 (tirer gloire de ses épreuves). Le monde se laisse abattre par les souff'rances. Chez nous, elles ne l'ont que donner plus d'énergie à la profession de l'espérance qui remplit nos cœurs. — Cette pensée étrange est expliquée par ce qui suit. Les mots : sachant que, annoncent l'exposé de la série des expériences par lesquelles l'affliction devient chez le fidèle l'aliment de l'espérance. L'affliction fait apparaître la constance, ÙToiKoWt-^. Ce mot grec, venant de ûtto et jyivsiv, littér. : tenir bon sous (le fardeau, les coups, etc.), devrait se traduire par l'endurance. Ce mot étant peu usité, nous disons : la constanœ. — V. 4. La constance, à son tour, produit répreuve, ^oy,i^.r,v, c'est-à-dire la vertu, la force éprouvée; le subst. ^oxip,/]' désigne l'état d'une force qui a fait ses preuves. Cette force est sans doute celle de la foi, après que par la lutte la foi a revêtu le caractère glorieux de la constance. Le mot ^oy.i[7.oç désigne fréquemment le chrétien éprouvé, celui qui a montré ce qu'il était: comp. XIV, 18, et le contraire 1 Cor. IX, 27. Nous trouvons dans le N. T. deux paroles analogues, mais pourtant un peu différentes : Jacq. I, 3, où le subst, neutre ^o/.tatov désigne, non, comme ici ^o-/.ijx-/], l'état de la chose éprouvée, mais le moyen de l'épreuve, la tribulation elle-même/ et 1 Pier. I, 7, où le même subst. ^o/.iaiov nous parait désigner ce qui dans la foi du fidèle se montre réel et valable, l'or tel qu'il sort intact et purifié de la fournaise. — Et quand enfin le fidèle a fait ainsi l'expérience de la force divine de la foi pour le soutenir dans une lutte douloureuse, dans quelque sacrifice poignant, alors il connaît le prix de son arme, et il sent son espérance s'exalter. Rien de ce qui pourra se présenter dans l'avenir ne l'effraie
pins. La perspective de la gloire se découvre à lui plus brillante et plus rapprochée. Combien de chrétiens ont déclaré n'avoir obtenu l'allégresse de la foi, l'espérance vive, que par le moyen de la tribulation? « Iléjonissez-vous, a dit Jésus, et tressaillez de joie, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car on a ainsi persécuté les prophètes qui ont été avant vous » (Matth. V, 12). Avec ces mots : produit l'espérance, l'apùtre a achevé de prouver l'assertion du v. 3 ; et il revient maintenant à Taffirmalion du v. ^J, en ajoutant que cette espérance si joyeusement professée ne risque pas d'aboutir, comme tant d'autres, à une déception. Rien ne peut nous enlever le bien qui en est l'objet.
V. 5 : « Or l'espérance ne confond point, parce que l'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. » — L'espérance qui fait battre le cœur du fidèle et ouvre ses lèvres à un joyeux témoignage n'est point une de ces vaines jaclances auxquelles le jugement de Dieu mettra fin. — Le terme confondre se rapporte à la non- réalisation de l'espérance, quand l'heure de l'accomplissement est arrivée. Le présent confond est le présent de l'idée. — Et pourquoi ce démenti, infligé par les faits aux espérances de la foi, estil une chose impossible? Parce que la source de cette espérance est une révélation directe que le fidèle a reçue de Dieu et par laquelle un agent divin, le SainI -Esprit, lui a appris l'amour dont il est l'objet. — Vanionr de Dieu ne peut désigner dans cette parole noire amour pour Dieu, comme le veut Ilofmann, d'abord parce que les v. suivants (6-8), liés par car avec le v. 5, développent l'idée de l'amour de Dieu pour nous, non celle de notre amour pour Dieu ; puis parce que le syllogisme, qui s'achève dans les v. 0 et 10, exige, comme nous le verrous, (pie le
fait de l'amour de Dieu pour nous ait été établi dans ce qui précède. Lammir de Dieu est donc l'amoui' dont Dieu nous aime. Le verbe traduit par est répandu signifie littér. : être, versé hors de. Paul veut dire : versé du cœur de Dieu, où cet amour a sa source, dans le nôtre. Le verbe au parlait indique qu'il y a eu un moment où cette transfusion s'est produite et que dés lors l'eflet est demeuré. C'est ce sens du parlait qui explique l'emploi de la prépos. de repos èv (dans, sans mouvement), au lieu de eiç (dans, avec mouvement). L'effusion a eu lieu et demeure dans le cœur comme état permanent. L'agent de cette révélation intérieure a été le Saint-Espit. Nous voyons 1 Cor. 11, 10-12 que cet agent divin mystérieux sonde les profondeurs de Dieu, et puis les révèle cà l'homme auquel il se communique. Par lui nous devenons conscients de ce qui se passe en Dieu envers nous, absolument comme nous le serions d'un sentiment que nous éprouverions nous-mêmes pour un autre. En général, l'Esprit a la vertu d'abattre la barrière qui sépare les êtres spirituels et de les placer dans un milieu lumineux commun, tellement que chacun sent battre en lui le cœur de l'autre, comme si c'était le sien propre. Cette relation que l'Esprit établit entre homme et homme, il l'établit également entre l'homme et Dieu ; comp. Jean XIV, 19 et 20. Le partie, aor. ^oOévto;, qui nous a été donné, désigne deux choses : le moment où le ciel de l'amour divin s'est ouvert pour nous et le caractère absolument certain de cette révélation. Ce n'est pas le sentiment qui s'est exalté, l'imagination qui a été surexcitée; c'est Dieu qui s'est communiqué; comp. Jean XIV, 21 et 23. — Et de là découle la certitude de l'espérance fondée sur une telle expérience. Voilà ce que montre l'apôtre dans le passage suivant. On lie ordinairement les versets 6-10 au v. 5, en
disant que le v. 5 parle de la preuve inUrieure et les v. 6 et suiv. de la preuve extérieure de l'amour de Dieu pour nous. 11 nous j)arait plutijt que Tapôtre développe le contenu de l'expression : a été répandu dans nos cœurs, en exposant de quelle manière celle révélation a eu lieu. Il reproduit en quelque sorte le divin syllofiisme par lequel le Saint-Esprit convainc le fidèle justifié de la certitude inébranlable de son salut : « Dieu t'a aimé tel que lu étais avant que de croire ; comment cesserait-il de t'aimer après que lu es devenu tel que t'a l'ail la Toi? ))
V. 6-8 : (( Car ' Christ, lorsque nous étions encore infirmes -, est mort à temps pour des impies. 7 En efifet, à peine quelqu'un mourra-t-il pour un juste '; car pour le bien peut-être quelqu'un se déciderait encore à mourir; <^ mais Dieu manifeste son propre amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » — Ce n'est point ici, comme le disent Meijer, Weiss, OUramarc, Lipsius, etc., la preuve de fait, la preuve objective, confirmant la déclaration du v. 5 : que le Saint-Esprit a répandu l'amour de Dieu dans nos coeurs. Comment le fait extérieur de la mort de Christ pourrail-il servir à établir la réalité d'un fait interne, comme la communication de l'Esprit? C'est ici le commencement d'une aiiAumonlation qui se continuera jusqu'au v. 10 el par laquelle l'apôtre démontre ce qu'il a affirmé dès l'abord au v. îl, puis répété au V, 5 : Nous nous glorifions de la certitude du salul dans
' Trois leçons principales : T. R. avec N .V C D E K P les Mon. Marc. Or. (trad. lai.) Syr. lisent eti yap ; F G It. ; î-.; ti yap ; B : i.-^t.
* N A B C D E F G lisent txi après aaOdveov par conséquent n A C D E lisent ce mol à (iouhle\
* Au lieu de o'.y.atoj que lisent tous les documents, la Irad. S\r. parait a\oir lu a3ix<.)v.
le sentiment d'une pleine espérance qui ne saurait être déçue. Et il explique comment se produit cette certitude sous l'action du Saint-Esprit. — L'authenticité du yap, car, est suffisamment garantie 1" parla leçon des alex. et des byz. : exi ystp; 2° par celle des gréco-lat. : ei; xi yap; 3» par celle du Valic. lui-même qui lit e'iye; car ce y parait être un reste du yap primitii'. La leçon des Mss. alex. et byz. qui placent le sti, encore, en tête de la phrase, est également authentique. Car au poids des autorités s'ajoute l'importance décisive de ce mot encore dans lequel est concentré tout le sens des v. suivants : « Dieu nous a témoigné son amour quand nous étions encore dans un état qui nous en rendait complètement indignes... Combien plus après le changement opéré en nous ! » La leçon gréco-lat. Ei; Ti yap, en vue de quoi? est une corruption de ce exi non compris. Une question relative au but de l'amour divin serait déplacée dans cette argumentation où il s'agit, non du but, mais du caractère particulier de cet amour. Il en est tout autrement de la leçon du Yalic. : eïye, si du moins, qui convient bien au sens du passage, soit que l'on fasse du si une dépendance de la propos. : « l'espérance ne confond point, si du moins Christ...;» — c'est à quoi conduirait le du moins, — soit que l'on commence avec la conjonction si un nouveau paragraphe : « Si Christ est mort..., à bien plus forte raison... (v, 9).)) Cette dernière construction, admise par Ewald, est excellente; seulement elle force à faire des v. 7 et 8 une parenthèse; ce qui est compliqué et inutile. La leçon tzi, encore, donne sous une forme plus simple exactement le même sens : & Quand nous étions encore sans force, Christ est mort — ; à bien plus
forte raison (,v.9.) » Ce ê'-r-. oppose le moment où Dieu
est venu à notre secours à l'époque subséquente du salut déjà accompli et reçu. Il ne faut donc pas le lier au verbe
440 LA .lUSTIUCATION PAR LA FOI
â-TTéOave, est mort {Ilofmann) , mais à ovtojv àcôsvôjv, a quand nous étions encore sans force»; comp. v. 8. — Ce v. 6 décrit l'état misérable dans lequel nous nous trouvions au moment où l'amour divin s'est étendu sur nous; nous étions faibles, àcOeveTç. Ce mot signifie souvent malades (1 Cor. XI, ,"30). 11 indique ici l'incapacité totale pour le bien, le manque de toute vie morale saine et féconde en bons fruits. Ce n'était certes pas un état propre à nous concilier la sympathie de la sainteté divine. C'était, au contraire, un spectacle dégoûtant pour elle, qu'une race plongée dans une si honteuse imj)uissance pour le bien. Sept Mjj. placent après à^îôevôjv le mot en, encore; parmi eux cinq qui le lisaient déj<à en tète du v. Si l'on admet la leçon de ces derniers un peu étrange, il ne faut pas, avec Tischendorf (8'"<^ édit.), placer la virgule après ce e-i, mais avant, pour le rattacher au mot suivant y.y-x /.x'.sov, encore à temps. Ce qui a conduit Tischcndorf à cette construction, c'est qu'il a faussement rapporté le premier sti, en tête du v., au verbe : Christ est mort, ce que nous avons reconnu faux. Mais d'autre part, si on lie ce second exi à y.a-à x.aipov, encore à temps, il y a insistance trop marquée sur une idée qui en tout cas n'est que secondaire. Nous pensons donc que le second en doit être retranché du texte. C'est, comme le dit Mcj/cr, nue inlrrpdjalion provenant de ce que ce petit mot ne paraissait pas convenir ])lacé en tête du verset, surtout si une lecture liturgique commençait avec le v. 0. On l'a donc d'abord transposé après le àcGevwv, et ensuite doublt' en coiubinanl les deux leçons. — UV/w, avec Erasair, Liilhcr, iMc. lie xarà /.aipo'v à ce qui j)récètle : c( quand imus ('lions encore sans force, conforuiément au caractère de cette époque antérieure au salut. » Mais cet étal de choses durait depuis le coMunoncenieul du inoiidi' ; à quiti bua le meutiiunier