‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 2)Chapitre 50 sur 55 · V.jA la .) L'STIFIC.VTION l'AH LA · texte numérisé non relu

V.jA la .) L'STIFIC.VTION l'AH LA

avec : nuu.s nous (/lorifions un riàr, vOv, dt'ja inainlenanl, comme le vOv qui se trouve dans la seconde partie du vei'set. Une autre consti'uction, adoptée par Meyer, Weiss, Hofmann et d'autres, consiste à suppléer, après non seulement, le partie. xaral'XaYevTa;, ciant rrconciliés, de telle sorte que ce partie, aussi bien que le y.Tr/yyrj.t^ry.^ uohh glorifiant, reposent tous deux sur le veibe Uni nous seiwis sauvés, du v. 10 : « Nous serons sauvés, et cela non seulement comme réconciliés, mais aussi comnîe nous f/lorifiant. )) La gradation va dans ce cas, non de l'avenir au présent, mais de la joie de la réconciliation à celle plus glorieuse du triomphe. L'objection à faire à cette construction est celle-ci : Le partie, étant reconciliés, au v. 10, n'était point une simple qualification du tait futur : nous serons sauvés. C'était un partie, d'argumentation, comme dit très-bien Oltramare (voir aussi Philippi). Comment donc le mettre logiquement en parallèle avec le partie, descriptif ><o<M' f/lori/i(nit? Si l'on ne veut pas revenir à la première construction, il ne reste, ce me semble, qu'à répéter après non seulement le verbe TcoGrcoiAeôa, en en tirant l'idée du partie. crwôsvTeç, sauvés. « Et non seulement nous le sei'ons [sauvés] comme simplement sauvés, mais encore connue pouvant nous glorifier en Dieu ; d ainsi à peu près Chrysostome, Fritzsche, etc. Le sens est le même que dans la construction précédente, seulement un peu plus précis : «Et quand viendra celte heure du salut, ce ne sera pas seulement connue les misérables réchappes d'un naufrage ou duii supplice mérilé, que nous franchirons le seuil du salut étei'uel ; ce sera dans Tattitude honorable d'hommes que le Fils de Uieu a couronnés do sa propre sainteté, renouvelés à sa glorieuse image, et que le Père a marqués du sceau de son adoption (VIII, 15. ^0). « On peut objecter sans doute (pi'en rapportant

cnAp. V, 11. -455

ce pai'lic. nous (/lori/iant au moinenl final, nous nous écartons du sens de ce uièinc verbe au v. ^, qui contient le thème de tout le passage. Mais Paul, en arrivant au terme de ce développement, peut bien sul)stituer au chant de l'espérance actuelle celui de la possession l'utuie.

— Se glorifie)' eu Dieu était le privilège des Juifs en vertu de leur révélation monothéiste (II, 17). Saint F^aul applique ici cette expression au chrétien sanctifié qui non seulement n'a plus rien à craindre de Dieu, mais qui, comme so)i enfant, est aussi son héritier (VIII, 17).

— Cependant, il prend soin, à l'inslant même, d'abattre ce qu'il pourrait y avoir, dans cette espérance du triomphe lutur, de contraire à l'humilité, en ajoutant : par notre Seif/neur J.-Clirist. Dans la possession même de la sainteté parfaite et sur le seuil de la gloire, le chrétien ne pourra point oublier que c'est à Christ qu'il doit tout, son éternel triomphe aussi bien que sa réconciliation passée qui en a été la condition. Les derniers mots : par lequel nous avons maintenant reçu la réconciliation, pourraient avoir pour but de rappeler au fidèle dans quel triste état il a été trouvé et par quel douloureux moyen il a dû en être tiré. Le mot maintenant opposerait son état présent à son état passé. Mais ce sens n'est pas le plus naturel à la suite de ce qui précède immédiatement. Paul oppose plutôt en terminant l'état présent à l'étal futur : a par lequel vous avez dès maintenant reçu la réconciliation, » ce gage assuré de la délivrance à venir. Celui qui nous a acquis par ses souffrances la première de ces grâces, la condition de toutes les autres, ne manquera pas de conduire l'œuvre à son terme, si nous lui restons attachés par une loi persévérante. Ces derniers mots sont le pal'allèle du par lequel aussi du v. 2. Ainsi le cycle ouvert v. 1 se ferme. II est maintenant démontré, par cette ar-

//-5(> l,.\ .ILSTIFICATIUN l'AK LA Fol

gmiicnlaliun suiiiiiiaire que, coiriine l'aul Ta du, icspérancc ne confond point, puisque dans la juslification par la loi sont renreiinées toutes les ressources nécessaires pour nous assurer la justilicalioii drfiiiilive, celle dont parlait il, \'3.

11 ne reste plus à l'apôtre, après avoir ainsi exposé dans une j)reniière section (1, l(S — 111, :2l)) la nmdinniwtion universelle, et dans la seconde (111, '1\ — V, 11) la fmlilimlion universelle, qu'à comparer ces deux vastes dispensations en rapprochant leurs deux yoinls de drparl. C'est le sujet de la troisième section qui coiu'onne celle partie fondamentale.

Hoftnann pense qu'après avoir tracé le tableau de la colère divine dans la section I, 17 — III, 4, l'apôtre y oppose, de III, l) — IV, ^o, celui (le l'état de justification dont jouissent, sans s'en s'»' ifitM-, les chrétiens : cet enseignement est entièrement conforme au monothéisme et afîermit la vie morale au lieu de lallaiblir (III, 131) ; il n'est nullement infirmé par l'exemple d'AhrahanK La conclusion serait tirée V. 1-11 : c'est d'engager les croyants à jouir, sans crainte et pleins d'espérance, de ce bienheureux état. Cette construction se heurte aux faits suivants : III, ri ne peut pas connnencer une section nouvelle: III. 9 ne peut pas être une (|uestion de la conscience chrétienne; III. '-W ne se rapporte pas à l'accomplissement moral de la loi: l'exemple d'Abraham ne saurait avoir une portée aussi réthiite (pie celle que Ilofmann est obligé de lui attribuer : Y, i n'est point une exhortation sous forme de conclusion. — La construction de Vollimar est toute ditl'érente. Selon lui. \'i:rpiist^ de la justification par la foi connnenceà III. W et se termine à III, 'M). Ici cimmence la confirmation de ce mode de justification par X \. T. Elle va de III, 31 — YIII, 36. Et d'abord : conlirmation par le livre de la loi, ch. lY (le te.rte de la Genèse relatif à Abraham >: puis confirmation par la loi elle-même idans le récit bibli(pi(' de la condanniation de l'honnneen Adam, connue pendant de l'enseignement de la justification de tous en Christ, ch. Y, l-"JI : enfin, confirmation de la justification par l'accord de >es conseipiences

ciiAi'. v. ii-i'i. ir)7

morales avec l'e^ssencc do la loi, cli. Vl-VIlI. .Mais, iii(l(''pt'ii(lainineiit (lu faux sons donné à III, 'M, comme titre t^énéral des cli. IV-VIII, comment placer le morceau V, 1-11 dans la même subdivision que le [larallèle d'Adam et Jésus-Christ, et comment ne voir dans ce dernier morceau (|u'une confirmation de la justilication par la foi, au moyen du récit de la chute dans l'A. T.? Kniin, cette distinction entre le livre de la loi, la loi elle-même, puis son essence morale, est certainement étranii;ère à l'esprit de l'apôtre. ITolsten dit avec raison : « Il n'est pas nécessaire de démontrer que ces pensées et cette marche appartiennent à Yolkmar, non à Paul. » Notre construction se rapproche beaucoup de celle qu'a récemment publiée Ilolsten lui-même (Jahrh. f'iXr protest. TheoL, 1879, n"^ 1 et t). La diderence essentielle ne commence qu'avec le morceau suivant sur Adam et Christ. Ce passage, quoique ayant un caractère de conclusion, appartient plutôt, selon Ilolsten. à la partie suivante, ch. YI-VIII, à laquelle il sert de fondement. Pour nous, nous y voyons, comme nous venons de le dire, le couronnement des deux sections précédentes, servant naturellement de transition à ce qui suit. C'est aussi comme une conclusion que l'envisage Lipsius, dans son travail sur lépître aux Romains ( Protestanten- Bihel) .

III'"« SECTION. — Xll" MORCEAU. — ;V,'I2-21).

L'UNIVERSALITÉ DE LA MORT EN ADAM, PREUVE DE L'UNIVERSALITÉ DU SALUT EN CHRIST.

La justification par la l'oi venait d'être exposée : le londement historique sur lequel elle reposait, son accord avecla révélation israélite, la certitude de son maintien jusque dans le jugement même, tous ces points avaient été mis en lumière ; et la plus grande partie du thème III^ 21 et 22, était ainsi épuisée. Une notion restait cependant, et la plus importante de toutes, celle qui était énoncée dans le thème par cette expression saillante : si; Travraç x.al e-rl -avta; to'j; ricTsuovTaç, pour lous et f^Hf luiis qui croient.

i58 LA .fL'STIFlCATlON PAR LA FOI

li'iiniviîisalistiio était le caractère propre de l'évani^ile (Je l'aul; la justification par la foi, exposée jusqu'ici, en était la condition nécessaire. Négliger de développer expressément ce trait décisif, c'eût été renoncer à cueillir le fruit après avoir laborieuseinent cultivé l'arbre. L'apôtre accomplit cette tâche finale dans ce morceau d'une nature toute particulière et dont l'importance a été de tous temps sentie.

Les interprètes ont compris de diverses manières l'idée et le but de ce passage. Selon Baur et son école, ainsi que selon plusieurs autres commentateurs, l'apùtre a en vue le judéo-christianisme régnant dans l'église de Rome. 11 a voulu tout à la fois le réfuter et le gagner, soit en exposant une conception de l'histoire dans laquelle la loi n'a plus de place (Baur), soit en démontrant que le salut, conime la condanmation, ne dépend nullement de la conduite des individus et de leurs œuvres, mais uniquement d'une nonne objective, de la dispensation de Dieu inconditionnelle et absolue (Jlol.slon. Mais ce morceau ni' rèjiund exactement ni à l'une ni à l'autre de ces deux manières de voir. L'observation faite au v. -li) sur le rôle secondaire de la loi ne saurait être la révélation de l'intention du morceau tout entier. Cette remarque, que rendait indispensable, dans ce coup d'œil d'ensemble, le rôle important de la loi mosaïque dans l'histoire religieuse de Ibumanitè, est jetée ti'op en passant pour qu'en elle ait pu se concentrer l'intérêt d'un exposé aussi vaste. Dans l'autre point de vue, celui de Jlolfifrit, qui attribue à Paul un déterminisme absolu, l'i'rreur de la justice des œuvres serait sans doute coupée par la racine; mais ce serait là un de ces remèdes qui détruisent le mal en tuant le malade. Car le déterminisme n'exclut le mérite humain qu'en supprimant la responsaltilitè, la liberté morale ^-t mènif la pers(Mma-

lilc. Cu n'csl point ainsi que piocôfle saint Paul. D'ailleurs, il est aisé de voir que le but direct de l'apotre dans ce morceau n'est point d'exclure la justice létiale ; il en a Uni avec cette idée. C'est l'universalité du salut chiétien, exposé jusqu'ici, qu'il veut mettre en relief dans un tableau inefTacable. Ewald, Dictzsc/i, Gcss font ressortir ici avec raison la différence frappante qu'il y a entre l'argumentation de l'épître aux Galates et celle de l'épitre aux Romains. Dans la première, où Paul attaque le judéo-christianisme, son argumentation part de l'histoire théocratique, d'Abraham; dans la seconde, qui expose le rapport de l'Evangile à la nature humaine, juive et païenne, l'argumenlation part de l'histoire générale, du père de toute l'humanité, Adam. Le point de départ de l'épître était également d'une portée universelle (les païens, ch. I; les Juifs, ch. II).

Un grand nombre d'interpiètes pensent que l'apôtre se propose de remonter jusqu'à la source des deux courants, soit de condamnation et de mort, soit de justification et de vie, qui dominent la vie de l'humanité, ou, comme s'exprime Dietzsch, jusqu'aux puissances qui déterminent les faits actuels, le sort des individus. Le but pratique de cette investigation serait celui que Chrysostome indiquait déjà en ces termes : « Comme les meilleurs d'entre les médecins mettent tous leurs soins à rechercher la racine des maladies et arrivent ainsi à la source même du mal, ainsi en agit saint Paul. » Chaque lecteur serait donc invité par ce passage à rompre le lien de solidarité qui l'unit par le fait naturel de la naissance au chef de l'humanité perdue, et à contracter par la foi le lien salutaire par lequel il doit communiquer désormais avec le chef de l'humanité justifiée. Nous ne méconnaissons point ce que renferme de vrai ce point de vue, qui est le plus répandu. Mais deux difficultés nous arrèt(^nt quand nous essayons de faire de

'i(i(l LA JISTIFICATKJ.N l'AU LA FOI

colle idi'o la clclcJc louL ce passage. Il ressort évideriimcril (lu V. 14 que l'apôlre se préoccupe plutôt de l'ori,uine de la mort que de celle du péché, et qu'il ne mentionne celleci que pour arriver à celle-là. C'est également au lait de la mort qu'il revient le plus souvent dans le cours de ce morceau, comp. v. 15; 10; 17; 18; 21. En serait-il ainsi, si son but direct était de remonter à la souito du mal moral, du péché f Puis nous ne le voyons nullement insister sur la gravité du péché et sur la nécessité de la loi ))Our le salul. Aucune exhortation à s'attacher à la personne du nouvel Adiiiii ne révèle cette intention diretle'ineiil )ir;ilique (ju'attril)uent spécialement à ce morceau IlnjnKinii ri Tli. Scholt. 11 faut bien conclure de là que nous ne sommes pas encore sur la vraie trace.

Rolhc, part de l'idée que dés le commencemcnl du eh. V a conmiencé l'exposé de la sanclifimlion, conmn' Iruil de la justilicalion par la foi, exposé qui continue au ch. VI. Le passage v. 1:2-21 serait ainsi un épisode destiné à prouver que, comme les hommes sont devenus pécheurs en couunun et par le péché d'un seul, ils ne peuvent également devenir saints qu'en commun et par l'union à un seul. Ce morceau traiterait donc de Vassiniiluliuii morale par les individus humains, d'un côté, de la corruption, de l'autre, de la sainletc. C'est aussi là l'opinion de /.'///'//■ el de Schdlf, qui font de V, 12 le commencement de la p;irlie de l'épîlre qui traite de la i-égénération morale de lliumanité croyante (Vl-Vlll). Nous accordons qu'il est fait allusion dans le passage V, l-l I à la sanctilicalion (couq). v. 0. 10 : par hii : par sa rie) ; mais c'est, comme nous l'avons vu, à l'occasion de la jusliliration liuale, qui suppose en elVetraclion C()iiliuu(i du Christ vivant sur l'âme jusliliée, \H)uv la saiielilier. Mais cpiaiit au sujel de la sanclilicalion elk'-iiiènie, ainsi indiipK- à Tavanee, il u'e>l traité n'-elle-

iiioiil que (l('i)iiis le cli. VI. Assiiiémeiil les relations de <»' iiiuiceau V, lil-ill avec les cli. Vl-Vlll son! réelles et profondes. Lange les dénriontre parfaitement. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour détacher ce passage V, 12-21 de ce cpii précède, et pour en faire le préambule de renseignement sur la sanctification. Les idées qui y dominent ne sont point celles du péché et de la vie nouvelle; ce sont encore celles de la condamnation et de la justilication^ qui avaient été le sujet de toute la partie i)récédente. Ce morceau doit donc être envisagé plutôt comme la clôture de celle-ci, que comme l'introduction de la suivante.

D'après Meyer et Weiss, ce serait Vohjeclivité du salut que Paul se proposerait de laire ressortir, afin de placer rindividu vis-à-vis de cette œuvre divine dans la même position d'absolue réceptivité dans laquelle il se trouve vis-à-vis de l'économie du péché et de la mort. — Oltramare croit plutôt à une intention spéculative. « L'apôtre éprouve le besoin de considérer les faits de ces hauteurs éternelles qui régissent le monde ; » il montre comment la grâce ressaisit graduellement l'humanité que le péché avait envahie le premier. — Philippi me paraît se rapprocher davantage de la pensée de ce morceau d'une portée si élevée et si vaste. L'apôtre voit l'histoire de l'humanité répartie en deux grandes époques : la période de la domination du péché et de la mort et celle de la domination de la justice et de la vie. A la tête de chacune d'elles est un sujet personnel qui la domine. Entre les deux survient une économie temporaire, celle de la loi qui a pour mission d'opérer le passage de l'une à l'autre. La tendance dominante du morceau est d'offrir un coup d'œil comparatif, propre à résumer et à clore ce qui précède.

Le parallèle que nous avon^; devant nous est certaine-

402 l,.\ .ICSTIFICATION l'Ai; LA l-OI

menl desliné à couronner tout le développeirienl précéflenl. Comment ne pas reconnaître dans le premier des deux tenries, Adam, le représentant de la colère el dr la condamnation (1"' section : I, IS-llI, 20), et dans le second, Christ, la personnification de la grâce et de la justification (Ile section: III, 21 -V, 41)? Mais cette juxtaposition des deux chefs de l'humanité n'épuise nullement le sens de cet imposant parallèle. L'apùtre ètahlil encore une relation lo(/ique entre l'un et l'autre, et c'est dans cette relation qu'est reniermée, si nous ne nous trompons, la vraie pensée du passage. Adam, par l'influence universelle de sa chute, est appelé à comparaître comme témoin en faveur de Christ et de la puissance universelle de sa justice réparatrice. Si une œuvre ne renfermant que des facteurs aussi faibles que celle du premier chef de riiumanité a étendu ses effets de mort sur tout le vaste champ de l'humanité, comment l'œuvre du second, qui renferme des principes d'action infiniment plus puissants, n'auraitelle pas étendu, à plus forte raison, ses effets de vie sur le même domaine tout entier? C'est ainsi que, par une argumentation de la plus inconcevable hardiesse, l'apùtre trouve dans l'énergie et l'universalité du règne même de la mort la démonstration sublime de la puissance et de l'universalité du règne de la vie. On voit que c'est la pleine confiance en la puissance justificatiice de l'œuvre de CliiisI que l'apùtre veut inspirer à tuxle.s les victimes de la chute par ce tableau incor-narable : Ta condamnation en .Vdam t'assure à plus l\)r -n de Ion salut en Christ !

Quatre paragi- ^it, comme d'eux-inèmes,

dans le morceau ^u

I" V. 12-1 i: la diffusion universelle île la mort par le f;iil d'un srui homme ;

2" V. 15-17 : la victoire de l'œuvre de (^.hiisl >ui' erlle

CIIAP. V, 12. M)i)

(l'Adam, proiivrc par la su|)(''rioiilc i\i's l'acteiiis iloiil dispose celle-là coinparaliv(3menl à Cfdle-ci ;

.> V. 18-1 !l : la diniisioii universelle de la jiisliee qui donne la vie, par le fait du seul Jésus-Clirisl.

4" V. 20-21 : le vrai rôle de la loi entre ces d(,'ux périodes de mort et de justice universelles.

L'exégèse a de plus en plus été conduite au groupement que nous venons d'indiquer (voir Dielzscli et surloiil Hodgc), quoique l'idée de ces quatre iiaragraplies cl l'uir relation logique soient encore diversement comprises.

V. 12 : « C'est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort ' a passé à tous les hommes en raison de ce que tous ont péché ; » — La liaison logique qui unit ce morceau à ce qui précède, est exprimée par èicc toOto, c'est pourquoi. Les uns, comme Meyer, rapportent ce terme uniquement aux derniers mots du v. il : nous avons reçu la réconciliation. Mais nous avons vu que cette propos, incidente, que le contexte en lui-même n'exigeait point, avait été ajoutée là dans le but de récapituler toute la section précédente, avant et afin de passer au morceau suivant. Le terme même de xaTa'XXay/], réconciliation, qui fait allusion à celui d'dpy/i, colère, est choisi de manière à résumer non seulement la seconde section (celle de la justification), mais aussi la première (celle de la condamnation) ; de sorte qu'en réalité dire que le : c'est pourquoi, se l'apporte à la dernière propos, du v. 11, c'est reconnaître, avec Tlioluck, Rûckert, Holsten, etc., qu'il porte sur tout ce qui a pré-

' D E F G II. omettent K's mots o Oavato; (la mort).

M')i I,.\ .ICSTiriCATION PAR LA FOI

cédé depuis 1, 17 : a l'uisque, condamnés, comme nous l'étions tous, nous avons trouvé la réconciliation en Christ, voici comment il faut envisager notre double relation avec ce médiateur et avec le chef de l'humanité déchue. » Hofmann et Scholl rapportent le c'est pourquoi au morceau V, \-\\ seulement: «En raison de cette assurance du salul final que nous possédons en Christ... » Le verbe manquant après c'est pourquoi devail, d'après Hofmann, reni'ermer une exhortation à réaliser la sainteté (le contenu du ch. Vlll, 1 et suiv.), exhorlation censée correspondre à celle du prétendu £/wj;.£v, ayons, de V, 1. Tout cela est un pur roman, Scliott tire un peu plus naturellement le verbe de ce qui précède: «C'est pourquoi nous serons sauvés par lui seul (v. 9. 10), tout comme nous avons péri par Adam... » (Mais voir plus bas.)

Le coGrep, de même que, a été construit grammaticalement d'une foule de manières : !« On a supposé que la proposition principale commencée avec les mots c'est pourquoi n'avait pas été achevée, l'apôtre ayant été distrait par la foule des pensées qui se sont présentées successivement à son esprit (Ri'ickert et Hofmann, par ex.). J'espère que nos lecteurs sont convaincus de l'impossibilité d'une telle explication, ou plutôt d'une telle absence d'explication. Nous avons suflisamment reconnu jusqu'ici que l'apôtre ne composait pas sans s'être bien rendu compte de ce qu'il voulait dire. Ce morceau en particulier, comme on l'a souvent fait observer, porte les traces de la méditation la plus sévère. — '1'^ D'après d'autres, l'idée de la propos, principale devrait se tirer de ce qui précède. De VW/Zt' allègue dans ce sens Matth. X\V, \\ où nous liouvons un : de même que, auquel ne coiiespond aucune priiieipale, et (jui repose uiilipieuieul sur la phrase précédente. Laaijr ti'ouve aussi le verbe sous-eulendu dans

CIIAI'. V. 12. A{')î^}

le V. 11 : c(<i't'sl pourquoi nous tirons In récondUdliiin jKir Clirisl, (1(3 MitMuc qu<; par un S(miI I(.' p(''(,li('' cl la niori sont venus sui- tous; » i'tnhirit cl SclioU, dans le v. 10 : « Nous serons sauvrs pur Christ, coinuie nous avons péri en Adam ; » ran Henijel sous-cntend siinpleiiicnl le verlx,' : (c // en est en Christ, connue il en a été en Adam.» Dietzsch tire le verbe principal de ce qui suit : ce C'est pourquoi la rie est veuve par nu homme, de la même manière que par un homme sont venus le péché et la uiorl.» L'exemple cité par de Wette ne prouve rien, vu le c'est pourquoi qui distingue notre passage du passage cité. Dans les autres sens, on se demande comment, dans un morceau didactique si soigneusement rédigé, l'apôtre, au lieu de tenir ainsi l'esprit du lecteur en suspens, n'aurait pas écrit tout simplement une courte phrase comme celleci : SCx -rr/j-o r;c'v£To iv XfioTw cocttso... (( C'est pourquoi il en est en Christ de même qu'en Adam...» — 3° L'on a cherché le verbe principal, d'où dépend cocttêû, dans les mots suivants ; Erasme et Bèze, dans la phrase : « et par le péché la mort, » en donnant à xai le sens de : aussi. A toute rigueur la construction serait admissible, quoiqu'il eût été plus correct d'écrire : o-jtw: -/.ai, ou de placer le xai après le régime (ainsi aussi ou par le péché aussi); mais ce qui exclut positivement ce sens, c'est le fait incontestable que Paul ne pense pas à comparer l'entrée du péché avec celle de la mort. En écrivant ce de même que, il avait certainement en vue, comme terme de comparaison, la venue de la justification et de la vie par Christ. Une raison semblable s'oppose aussi à l'explication de ceux qui, comme Wolf, placent la principale dans la phrase plus éloignée : (( ainsi aussi la mort a passé à tous.» Paul ne pense pas davantage à comparer le mode d'entrée de la mort avec celui de sa diffusion. D'ailleurs il eût fallu

406 LA .lUSTIl-l CATION PAR LA RU

dans ce cas o'jtcj: /.al, cl non /.ai vjtco;. — h^ Une explication plus généralement admise est celle de Calvin, Tholucli, PliUippi, Moijer, Weiss, Holslm, qui trouvent la principale indiquée, du nnoins pour le sens, à la fin du V. '14, dans ces mots : « qui est un type de celui (pii devait venir. » On peut en effet tirer de ces mots l'idée qui compléliî la comparaison : « De même que..., ainsi un autre Adam, dont le premier était un tyjie, a apporté la justification à riiumanité. » L'explication intervenue dans les v. 13 et l^ aurait fait abandonner à F^aul la forme de comparaison commencée au v. 12. Mais ce serait un tour de style bien étrange que de donner la seconde partie du parallèle, attendue par le lecteur, sous la forme d'une \nopos. incidente telle que celle-ci : qui est un type de celui qui devait venir. De plus, dans ce qui suit immédiatement, v. 15, Paul, bien loin d'exposer l'idée de l'égalité enliv Adam et Christ, annoncée par le : de même que, du v. 1-2, développe la différence entre les deux termes de la comparaison, de sorte qu'il ne relèverait (tin 14) l'idée île l'égalité que pour l'abandonner à l'instant même (v. 15- 17); quel procédé contre nature ! — 5° Nous passons rapidement sur les hypothèses de Mehriny et de Winei\ ipii cherchent la principale, l'un dans la première propos, du v. 15, en la prenant inten'0(jalivcment, l'autre dans la seconde propos, du même v.; deux essais également impossibles, puisque v. 15=* ne peut être une interrogation (voir plus bas), et que v. 15'' ne peut correspondre qu'à la propos, subordonnée qui précède tians le même v. : ic cm .si, etc. »

Il n'y a, selon nous, qu'une explication admissible, celle de G}vtius, Ih'ntjcl, Fiait, au mieux défendue par Uodijc, (ra|)rès laqmdle la |»rineipale se trouve grammatiealeuRMit et logiquement au v. IS. (l'est là, en etïet, que nous

rencontrons enfin le second terme de la comparaison commencée au v. 1-2. Les v. 13 et \A présenleni une explication cxii^ée par une assertion du v. H; c'est l'une de ces digressions indispensables que, dans nos formes modernes, nous mettons en note. Les v. 15-17 sont amenés par l'expression de type (fin 14), qui, prise trop à la lettre, aurait pu nuire à la force du raisonnement et qui devait être expliquée de manière à rendre l'argumentation plus irrésistible encore; de sorte que ce n'est qu'au v. 18 que l'apôtre est libre d'achever triomphalement la comparaison commencée. Ce qui prouve qu'au v. 18 Paul renoue réellement avec le v. 1:2, ce sont ces deux traits caractéristiques : a) le àpa oJv, ainsi donc, qui signale la reprise d'une idée antérieurement énoncée ; b) la réapparition de l'opposition de un et tous (si; et -ocvts;), qui était celle du v. 12, mais qui avait été abandonnée, dans l'intervalle, poui" celle de un et les plusieurs (si; et oî tto'X'Xoi, V. 15-17). Logiquement, il est évident que la seconde partie du V, 18 offre la proposition complémentaire du v. 12. La première partie du v. : Comme par une seule chute la condamnation est venue sur tous les hommes, reproduit l'idée du V. 12 tout entier; et la seconde : ainsi aussi par une seule justice la justification de vie est venue sur tous, énonce enfin le second terme de la comparaison si longtemps attendu. Quant à l'incidente à la fin du v. 14, dans laquelle tant d'interprètes ont trouvé l'indication de l'idée principale, elle sert simplement à annoncer celle seconde partie de la comparaison que devaient encore préparer les V. 15-17.

Le V. 12 décrit l'entrée de la mort dans le monde. L'accent est sur les mots : par un seul homme. Adam est caractérisé ici, non point seulement comme le premier d'entre les pécheurs, mais comme celui qui a ouvert à la puis-

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sance du péché la vie humaine. Si Vnu\ ne parle pas d'Eve, comme 2 Coi'. XI, .'î et. ailleurs, c'est que la chute de la race n'était pas nécessairement liée à celle de la femme. Adam seul était le viai représentant de rimmanité, à ce moment encore renfermée en lui. — Le terme de péché doit être pris ici dans sa plus L>rande fiénéralilé. 11 ne s'ai;it spécialement du péché ni comme penchant ni comme acte, ni comme acte individuel ni comme fait collectif; c'(.'st le principe de révolte j);ii' Iimjikj! la vdloiitf' huniaiiie se soulève contre la volonté divine, sous toutes ses Ibrrnes et avec ses manifestations diverses. Hulslen voit dans Apéché une puissance objective dominant l'existence humaine, même chez Adam. Mais, au point de vue biblique, le péché n'existe que dans la volonté. Il n'a pas de j)lace dans l'existence objective et en dehors de la volonté de la créature. Jiilius Millier arrive à un résultat à peu près pal'eil en partant d'un point d(i vue opposé; selon lui, la volonté des individus humains a été corrompue par une faute libre, antérieurement à leur existence tei'restre. Dans l'un et dans l'autre de ces points de vue, l'apôtre devait dire : le péché csl apparu arec ou dans le premier homme; mais non : le péché est entré par lai. Il en est de même tians l'iiilerprèlation iVOlIraniare qui, renouvelant rancicnne explication rationaliste, ne voit dans le péché d'Adam (jue le premier ôe tous les péchés. Mais le mot entré indique nécessairement l'introduction (ruiii' puissance qui a dès ce moment dominé le développement de l'humanité. Autreirient le péché ne serait pas entré dans le monde et venu sur tous les hommes; il ne serait entré que dans le premier lioiiuiie; puis, d'entre les autres hommes les uns auraient fait d'une manière, les autres d'une autre. Si I >ltramarc veut être conséquent, il doit ou admettre (|ue le péché est attaché à la nature humaine comme telle, ou

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