‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 2)Chapitre 51 sur 55 · C.IIAl'. V · texte numérisé non relu

C.IIAl'. V

accuplci' riiy[)()llicsc d'iiiic cliulc atilcricurc à la vie Icrrcs- Iro. — Le mol x.oTiy.o;, le monde, ne désigne évidemment ici, ni l'univers oix !<; péché existait déjà dans une sphère surhumaine d'après saint Pau! et l'Ecriture, ni même la lei're comme d(;meure de l'honune, mais commeJean III, 16 et ailleurs, l'existence humaine. Aucune laule sul)sé(piente n'est comj);iial)l(' à (■clic du jti'emier homme. C'(3sl celleci qui crée ici-bas un iial de choses que chaque péché subséquent ne fait que confirmer. Si l'on demnnde comment un être créé bon a pu accomplir un pareil acte, nous répondons qu'une décision semblable ne suppose pas nécessairement l'existence du mal chez son auteur. Il y a, dans la vie moiale, conflit non seulement entre bien et mal, mais aussi entre bien et bien, bien inlérieur et bien supérieur. L'acte de manger du fruit de l'arbre sur lequel portait la dél'ense, n'avait l'ien d'illégitime en soi. Il ne devenait coupable que parla défense elle-même. L'homme se trouvait donc placé — et c'était bien là la condition nécessaire du développement moral qui devait s'opérer chez lui — entre le penchant à mangei', [)enchanl innocent en soi, mais destiné par le fait de la défense à être sacrifié, et l'ordre divin positivement bon. Sous l'action d'une puissance de révolte existant hors de lui, l'homme tira des profondeurs de sa liberté une décision par laquelle il acquiesya au penchant plutôt qu'à la volonté divine et créa ainsi, dans toute sa race encore identifiée avec sa personne, l'inclination permanente à préférer le penchant à l'obligation. Aussi bien toute l'espèce humaine aurait péri en lui, s'il eût péri à ce moment, aussi bien elle fut infectée tout entière de l'esprit de révolte auquel il s'était livré par cet acte. 11 ne nous est point dit cependant que ses descendants soient individuellemcnl responsables de cette inclination maladive. C'est dans la mesuie où

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chaque inflividu y adhère volontaireinent qu'il en devient personnelleiiienl responsable. — Mais élait-il cornpalilde avec la peifeclion divine de laisser venir au inonde celle succession de «fénéralions entachées d'un vice originel? Dieu pouvait sans doute anéantir l'espèce gâtée en son chef et la remplacer par une nouvelle; mais c'eût été s'avouer vaincu par l'adversaire. 11 accepta l'humanité, telle que le péché l'avait l'aile, et la laissa se développer, selon la voie naturelle, en se réservant de la guérir. .N'élait-il pas plus glorieux pour lui de remporter ainsi la victoire sur le chaïup de bataille même où il semblait avoir élé vaincu? La conscience et l'Ecriture s'accordent pour rendre hommage à la sagesse du plan de Dieu.

Mais le point de mire de Paul, dans cette déclaration, n'est pas l'origine du péché, c'est celle de la mort. C'est pourquoi il passe immédiatement, et en se servant du même verbe sous-entendu, à ce second fait : cl par le pcclié la morl. Il en eût été tout autrement s'il eût traité déjà le sujet de la sanclificalion ; il se serait arrêté bien plus longtemps dans ce cas au fait de l'introduction du péché. Le fait du péché n'est mentionné ici que comme transition à celui de la mort; car l'apôtre est encore dans le sujet de la jiislificatiun ; or le fait qui correspond proprement à celle-ci, est la condanmation, c'est-à-dire la moi t. La mort est le monument de la condamnation divine qui a frappé l'humanité. — Le terme de )iiorl a trois sens dans récriture. Il désigne 1" la movl fi/ii/^siquc, la séparation de l'àme et du corps, à la suite de laquelle le corps est livré à la dissolution ; 4" la morl spirituelle, l'étal moral de l'àme séparée de Dieu, tians lequel elle se corrom|)t par ses propres convoitises (^Eph. IV, "lH) \ ainsi dans notre épitre Vil, 10 et "lA ; comp. Eph. II, I et ."> ; S° la morl iienielle, ou morl seconde; comp. "2 Cor. 11, 10

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cl Vil, 10. C'est la bépaialiuii complote cl linalc ciiLic riiofiiine cl Dieu, sans doute par la séparation de l'àine d'avec resjiril, l'ori^ane pour le divin donl l'ànie a clé douée el donl elle peul élre privée, aussi bien que le corps pcul cire privé de l'un de ses sens. L'âme devient alors la proie du rcr (jiù ne meurt point (Marc IX, '48). — Les commcnlalours ne sont pas d'accord sur celui de ces trois sens qu'il laul adopter ici. Chnjsostonie, AïK/Kslin, van Jfru(/cl, Mei/cr, Wciss, etc., pensent qu'il s'a^il de la morl physique uniquement; Erasme el d'autres, de la mort spirituelle ou morale; PéUuje, Crcll, Oltramare, de la condamnation éternelle. D'autres, tels que Semler, Ruckert, Olshausen, combinent les deux premiers sens; Rems, le premier el le Iroisième ; la plupart lendent à combiner les trois ; ainsi Mélanchlon, Thohick, de Wette, Philipjn, Lange, Hofmann. Le v. 14 me parait ne laisser aucun doute sui' la pensée de l'apôtre; il y parle du rétine de la morl uniquement dans le sens physique. 11 en est de même dans les v. 45 et 17 où l'apôtre ne veut certainement pas enseigner que i)ar le péché d'un seul tous sont condamnés éternellement. Par là est exclu le troisième sens. Quant au second, celui de mort spirituelle, il est incompatible avec l'antithèse, dans notre passage même, des deux termes : mort et péché. La mort spirituelle, en effet, n'est autre chose que le péché même. Le sens de mort physique est confirmé par le rapport manifeste du v. 12 au l'écit de la Genèse, en particulier à ces mots II, 17 : « Au jour que tu en mangeras, tu mourras de mort, » paroles expliquées III, 19 par celles-ci : « Tu es poudre et tu retourneras en poudre. » De cette dernière parole, on a conclu, comme le fait Oltramare, que la Genèse fait provenir la mort corporelle, non du péché de l'homme, mais de l'origine terrestre de son corps. Mais l'homme, tout en

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élanl inoi'tel par la nalure de son corps, j)ouvait «Mnj altraiiclii un la dissolution par la participation à une vie supérieure, dont l'arbre de vie était soit le symbole, soit l'organe. La Genèse elle-même fait clairement entendre que, si l'homme n'eût pas péché, la mort eût été leinplacée pour lui par une iilorieuse transformation, telle que sera celle des fidèles qui vivront au retour du Seigneur (i Cor. XV, 51-5:2). Une fois la communion cnli'c Dieu et l'homme rompue par le péché, le corps fut abandonné à la dissolution à laquelle il n'eût pu être soustrait que par une action surnaturelle. Cette paiole de la Genèse ne s'oppose donc point à l'enseignement de l'apôtie sur la relation entre le péché et la mort physique. II la confirme plutôt. Mais il importe d'ajouter que, même pris uniquement au sens litt/ral, le terme de mort implique nécessairement un état moral anormal de l'âme par rapport à Dieu, état qui, s'il persiste et se développe indéfiniment, doit conduire à la mort éternelle.

Oltnniiarc fait encore quelques objections à ce sens de mort physique, parmi lesquelles deux seulement mérilent d'être relevées. Au v. 17 et '1\, le mot la rie est jtris dans le sens spirituel et éternel; il doit donc en être de même à\x moi mort. Mais la de, v. 17 et 21, résulte de l'union avec Christ; or celle union est un acte de liberté, et voilà [inurqnoi elle peut et doit avoir des etTets qui appartiennent au domaine de la vie spirituelle et éternelle; tandis que l'union avec Adam est un fait dans lequel l'action personnelle n'entre pour rien ; voilà pourquoi elle ne peut avoir que des effets soit physiques et |>uremenl provisoires, soit moraux mais qui ou bien seront abolis par la puissance salutaire de la foi ou ne deviendront déjlnilifs qu'en verlu de la libie adhésion des individus au prineijie qui les a produits. La mort lésultanl de la relation avec Adam

i:ii.\i'. V. 1-2. i7J

nu peut donc .ippailcnii- (ju';"i une sphère passn|i,on3 cl inl'criouro; tandis (pie la vie piocédanl de Cliiisl apparlifuil au domaine de l'existence délinilive. OllninHtre objecte encore qne la i^ràce ne répare rien quant à la mort physique, puis([ue celle-ci demeure même pour le lidèle. Mais l'apôtre lait lui-même ressortir ce maintien provisoire de la mort corporelle et en indique la laison VIII, 10 : « Le corps est bien moi'l à caus(^ du péché ; » (voii' à ce verset ; cette parole, vu le ternie de co/yw, ne peimet aucun doute sur sa pensée; elle confirme donc pleinement le sens physique du mot jnort dans notre passage). Puis dans le v. suivant, il montre que la grâce déploiei'a sa puissance chez les fidèles même dans ce domaine corporel, mais plus tard seulement, lorsqu'à la résurrection « leur corps mortel sera vivifié, comme celui de Jésus, en raison de rEsjtiit de Dieu qui luihite en eux. » Alors la mort physique sera absorbée par la vie. En échange, combien n'est-il pas Ibrcé d'appliquer, comme le lait Olhamarc, le terme de mort à la condanmalion éternelle, quand ce mot est lié à des verbes au passé, comme est entre, v. 12, et surtout (( n'(/iir, v. \i\ Dans ce dernier verset en particulier, comment croire que Paul ait voulu dire que (( la coudantnatioH éternelle a régné d'Adam jusqu'à Moïse ! » La mort dont il veut parler ici est évidennnent un fait de nature historique, et non un état éternel. — La relation que l'apùtre établit entre le péché et la mort physique par la prépos. ^loc, par, dans les mots : et par le péché la mort, lire son explication du récit de la Genèse que l'apôtre sait connu de tous ses lecteurs. Dieu est la source de la vie morale et physique; une fois le lien rompu par le péché entre lui et l'homme, celui-ci ne peut plus que végéter et mourir.

Du lait primordial, Fenlrée du péché par un seul

MA LA .lUSTIKICATION l'AK LA t(Jl

honiiiie, I*aul a passé à un sucond lait, l'enlrée (1(3 la mort par l(j p(!;cli('' iin(j l'ois inlrodiiit. — MainWjnanl il arrive au lroisièm(3 l'ail qu'il a en vue, celui qui est le vrai but de celle déduction et aufjuel il ne cessera de revenir dans tout le dévelopfxjMienl suivant : la dilfusiun de la moit et son rhjne sur l'innuanilé tout entière; comp. v. 1-4 : « La mort a régné;» v. 15: «Si parla chute d'un seul les plusieurs sont nioils; » v, 17 : « Si par la cliiile d'un seul la mort a régné i)ar ce seul ; » v. ^1 : « Alin que comme le péché a régné par la mort... » On le voit: c'est bien la domination de la mort, non celle du péché, que l'aul l'ail ressortii' et qu'il veut expliquer. Cela tient à ce que nous sommes encore dans le sujet de la justilication. L'opposé de la justification n'est pas le péché, mais la condamnalion; et c'est la mort qui est la preuve palpable de celle dernière.

La particule: cl (ju ainsi, -/.al ojtok, indique que l'on arrive au ternie de la déduction. Les mots : sur Ions les hotiwics, reproduisent l'idée : daiis le monde. Ollmmare prétend que ce mol tous ne désigne pas « la totalité absolue, » mais «la grande généralité)); rien de plus aibi- Iraire que celte limitation du sens du mot tous. La sentence de mort a frappé la race tout entière comme telle. Quelques exceptions tout à lait extraordinaires (Enoch, Elie) ne s'y opposent point. Méiue dans ces cas, il a fallu une intervention exceptionnelle pour relever de cette peine ceux sur qui elle avait été décrétée comme sur tous les autres. — Le verl)e, ^ir,).0£v, a jtassc, lait contraste avec le précédent, swr.lOs, est oitrr ; après avdir |»èiièlrè. If jtiincipe meurtrier n'est pas resté oisil'; il s'est l'èpandu du pèr(3 aux descendants. Aia (dans la composition du verbe) indicpie la dilfusion, la propagation; comme le poison avalé pénètre inniiédiatemenl toutes les parties du corps, ainsi

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la mort, apivs avoir péïKîliô dans lo torps do riiiiiiianilô, en la ]»orsonii(3 d'Adairi, son cliel", on a onvalii Ions los iriembros. Comment cola s'osl-il l'ail ? li'apùiro roxj)lique do donx manières: d'abord par les mots, /.al o-jto);, cl qu'ainsi; j)nis par loule la propos, snivanto : en raison de ce (jiie tuas ont péché. L'uno dos i)lus t^i'andos difficultcs de ce passage résulte précisément de ce que ces deux explications semblent se contredire. Il parait résulter en clïot do la première que la mort do tous est provonue du péclié d'un seul, et de la seconde qu'elle est Vell'cl des pécliés do cliacun. — On peut entendre la liaison logique exprimée par : et qu'ainsi, de trois manières. Dietzsch et Ho/mann l'ont porter le ainsi uniquement sur l'idée : j>ar un seul homme. « Comme la mort est entrée par un seul, elle s'est aussi propagée par un seul. » Le mode contraire serait : la dil- IVision de la mort au moyen de points de départ multiples. Mais, comme le fait observer Weiss, le mot ainsi ne peut s'appliquer à une idée seulement dans ce qui précède, il doit porter sur la totalité de la relation qui vient d'clro décrite; comp. XI, 26; 1 Cor. XIV, 25; 1 Thess. IV, 17. On peut encore expliquer le ainsi parla relation entre les deux voi'bos : ce Et une lois entrée, elle a ainsi (par cotte entrée) acquis le pouvoir de se répandre. » Après avoir ])énétré par la porte de la maison, l'ennemi a pu en tuer tous les babitants. Le mode opposé serait l'arrivée do la mort pour chaque individu directement. Ce sens est certainement plus rapproché de la vérité ; seulement le ainsi (\o\{. renfermer aussi l'idée importante : par le péché, d'autant plus que cette idée est expressément relevée dans l'explication suivante : en raison de ce que tous ont péché. Il faut donc, comme le pensent Meyer, Weiss, PJiilippi, rapporter le et qu'ainsi à la connexion morale établie par Dieu d'après la Genèse entre le péché et la mort. Paul suppose

17r> LA .IISTII|(;.\TI(».\ l'Ali LA HM

colle relation bien connue par le récil biblique, el il la rappelle par ces mois : et qu'ainsi : « Le péché, enlré par un seul, a inlroduil la mort et par là celle-ci, entrée à la suite (lu péché, s'est attachée à tous. » Le mode opposé aurait été que la mort eût rraj)pé les hommes indépendaiumenl du péché. Otlramarc a jusqu'à un certain point senti que le fdnsi ne pouvait avoir que ce sens, à la suite des deux pi'opos. pi't''céden[es. Mais ii s'ellorce fie prouvei' que cette particule ne désigne qu'une conséquence de [uil. C'est, dit-il, « une suite qui a eu lieu en fait, et rien de plus; » un fait a suivi l'autre, mais il n'y a eu enlie eux aucune connexion nécessaire. La mort de tous est un lail indépendant ^\\\ péché et de la iiiorl du premiei" (pii a péché el ((iii est mort. Il n'y a de liaison nécessaire qu'entre la mort (la condamnation) de chacun el le péché de chacun. Comment, après cela, Ollrumare essaie de rentier dans le courant des idées de l'aul, en ajoulanl : « Le péché se [)ropaLie ciiez tous les hommes...; ils sont tous unis par un jirincipe commun, le péché...; l'humanilé se trouve ainsi dans un état de déchéance » (p. iC)!!), c'est ce que nous ne parvenons pas à comprendn'. Aurait-il sulii, pour produire ce résultai colossal, l'universalité du rè<ine du j)éché et de celui de la moit, de l'intluence de Texemplc? Mais qui peut méconnaître déjà chez renlaul rinclinalioii au mal en iiénéral, à certains vices en particulier? El ne découvre-l-on pas bien vile chez lui, à C(Ué des synqMômes du mal moral, ceux du mal pliysi(pie el de la mort? Dans tous les cas, les expressions de l'api'itn' dans les v. 15 el 17 ne permetlfut pas ib' p.'User (pi'il envisageât ces faits, le pi'iln- et la iiiuit de ruii, puis le péché el la moi'l de tous, comme s'élanl simpleiiKMil .sidris. (,( La iikmI, dil-il, a régné /w^y l<i ftnitc d'un .seul y » eldans I Cor. .W, -J-J : ^^ Car comme (uiu> meurent en

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Adam, ainsi tous seront, vivifiés en Christ. » OUramare mt réussira jamais à rainonor de telles expressions à sa théorie at(tiiiisli(jue. Kiiliii el surtout, si tous péchaient et luouraient i'ticllcnii'ut |)t)ur leur propi'e coiuj)le, que deviendrait le parallèle entre Adain et Christ en (jiii tous sont sauvés el vivifiés? Le parallèle enti'e ces deux clids de l'huiuanité, au lieu d'être une comparaison, deviendrait une antithèse. Paul eiit dû l'introduire, non par : de même que, mais par : contrairement à ce que...

Les Mss. gréco-lat. ont omis le mot Oavaxoç, sujet de ^lïilOev. Dans ce cas, le verbe peut être pris dans le sens impei'sonncl : « et qu'il est ainsi arrivé à tous (que la mort soit venue à eux par le péclié); » ou bien, l'on peut donner au verbe pour sujet, comme l'a proposé Ewald, la proposition suivante : a et qu'ainsi a passé sur tous ce (l'esprit de révolte) par qnoi tous ont péché. » Mais l'une et l'auli'e lie ces constructions sont extrêmement Ibrcées et les autorités en faveur du maintien de GavaTo; sont décisives. il est probable^ comme le suppose van Hengcl, que le sujet 6avaTo;, la awi't, a été retranché, parce que l'on l'apportait tout ce verset à l'origine du péché, et non à celle de la mort. On faisait donc de la propos, précédente : et par le péché la murt, une simple parenthèse, et l'on pensait que dans la propos, suivante c'était -h âaap-ia, le 'péché, qui était le sujet.

iNous tavons déjcà fait enti'evoir la raison pour laquelle l'apùtre ajoute les derniers mots : en raison de ce que Ions ontpécJie. Ils sont en effet indispensables pour expliquer la raison par laquelle la mort, punition du péché, a pu venii' d'y/?; seid sur tous : c'est que lous ont participé à ce péché. Cette proposition est donc à proprement parliîr l'explication épexégétique du el qu'ainsi qui précédait. Mais cette explication a été comprise elle-même trés-di-

47H i.A .irsTii'icATioN i'.\n i,.\ foi

versemenl. D'après les uns, ello lendr.iil à l'aire de la inorl (les individus la conséquence de leur péché jirojm', idée qu'on a dans ce cas la lâche d'accorder avec l'exposé précédent qui senrible dire tout le contraire. D'autres supposent que r^aul, tout en attribuant le fait de la mort au péché (VAdatn, veut pourtant réserver aussi la part des individus et que c'est là le luit de cet appendice. Des troisièmes pensent (pi'il veut dans cette propos, même faire dériver la mort de tous du péché du seul Adam. Quelquesuns enfin échappent à ces diftérentes alternatives en donnant à i'^\ù un autre sens que : en raison de ce que, et en éloifinant ainsi de cette expression toute notion de causalité. Commençons par l'étude de celte locution dans le N. T. ^ On la rencontre dans le sens local ; Luc V, :25 : « le [•rabat sur lequel il était couché. » Dans le sens moral, elle se trouve appliquée, soit au but : ic^\} -apsi, « ////;/.v quel hul es-tu ici? » soit à la cause déterminante de l'aclion ou du sentiment : en raison de ce que ou vu que : ainsi certainement 2 Cor. V, 4 : iç'to o-j Oslou.ev r/.^'J-TaofJa'., * eu raison de ce que nous ne désirons pas nous dépouiller, mais revêtir par-dessus; t> probablement aussi IMiili|i. III, 12 : i(p'(ô xat îcaT£>.r;(p6riv, « je cherche à saisir en raison de ce ryw'aussi j'ai été saisi; » peut-être aussi Philip. IV, 10 : srp'f;) /.al £(ppov£ÎT£, (( (je dis cela) en raison de ce ^»/ 'aussi vous y pensiez ; y> mais l'on peut aussi rapporter ce mol

' '1]-'! avec le datif di^sii^ne : l'^ dans le sens primitif (local): l'objel xin- lecjuel ou p/\'s duquel se trouve placide une chose; c'est le sens ordinaire; t'^ dans un sens temporel: le fait ou la personne qui sert à dëlerminer le moment où une chose a eu lieu ; Act. XI, 49 : Èri ^tscpâvti), ail ietnps cV Etienne ; Hébr. IX, 15 : « «i/ temps de la première alliance; » 3" dans le sens moral: sur le fondement de, c'esl-à-dire e)i l'aison de, ou à la condition de, ou en vue de; 4'

dans le sens loijique : comnw o» peut le reconnaître à ce que

Tous ces (lidt'riMits sens peuvent s'appliquer à la locution £'5'<ô.

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