AVANT SA CONVERSION. ITJ
tenue par des raisons qui ne sont pas sans valeur'. Kt M. Farrai' la défend avec beaucoup de force, en s'appuyant sur les usages juifs dans ce milieu et à cette époque-. Les passages 1 Cor. Vil, 7 : « Je voudrais (pie lous les hommes fussent comme moi » (non maries), et v. 8 : a ,Ie dis aux non mariés et aux veuves qu'il leur est bon de rester comme moi, y> ne décident pas la question, puisque Paul pouvait tenir ce langage comme veuf aussi bien que comme célibataire. Mais la manière dont l'apôtre parle, v. 7, du don qui lui est accordé et qu'il ne voudrait pas sacrifier, de vivre comme homme non marié, convient mieux à un célibataire qu'à un veuf.
Saul, durant son séjour à Jérusalem, a-l-il eu l'occasion de voir et d'entendre le Seigneur Jésus? S'il étudiait à cette époque dans la capitale, il serait difficile qu'il ne l'eût pas rencontré dans le temple. On a parfois allégué en faveur de cette supposition la parole i Cor. V, 10: « Si même nous cwons connu Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus de cette manière, » Mais cette expression peut faire allusion aux prétentions de ceux qui se glorifiaient de leurs relations personnelles avec le Seigneur; ou bien aussi au caractère charnel de l'espérance messianique répandue chez les Juifs. Comme il n'y a dans les épîtres de Paul aucune autre parole propre à faire supposer qu'il ait vu lui-même le Seigneur durant sa vie terrestre, il faut sans doute conclure de là, avec MM. Renan et Mangold, qu'il était absent de Jérusalem à celte époque et qu'il n'y est revenu que quelques années plus tard, vers le temps du martyre d'Etienne. M. Farrar pense qu'il accomplissait une œuvre de prosélytisme chez les
* Bibellex., art. Pauhis.
2 I, 82 : « Certainement s'il vivait comme pharisien non marié à Jérusalem, c'était un cas entièrement exceptionnel. «
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païens. .Mais la jticiivc qu'il lin' de (lai. V, 1 1 en faveur de celle suj)posilion (I, }). 78), est sans valeur.
Saul était sans doute parvenu à l'âge où l'on devenait apte à revêtir des fonctions publiques, à sa trentième année. Distingué entre tous ses condisciples par son zèle pour la religion juive sous la forme pharisaïque et par sa haine contre la doctrine nouvelle, qui lui paraissait n'être qu'une colossale imposture, il fut charge par les autorités de sa nation d»- poursuivre les adhérents de la secte nazaréenne et, si })Ossible, de l'extirper. .Vprès avoir joué un rôle dans le meurtre d'Etienne et persécuté les croyants à Jérusalem, il partit pour Damas, la capitale de la Syrie, avec des lettres du Sanhédrin (jui l'autorisaient à accomplir le même office d'incjuisileui' dans les synagogues de cette ville. Nous arrivons au fait de sa conversion.