II. La conversion de Saul
Au milieu de son fanatisme pharisaïqu(\ Saul ne possédait pas la paix. 11 nous a dévoilé, au ch. Vil de l'épître aux Ilomains, le secret de sa vie intime à cette époque. Si sincères que fussent ses cllorts pour n'-aliscr lid/al de justice tracé par la loi, cette loi même lui Hiisait discerner au-dedansde lui im ennemi qui se jouait df^ ses meilleures n'solutions. la convoitise. « Je n'ai connu If péché que ]»ar la loi; car je n'eusse pas connu la convoitise si la lui ne m'eùl dit : Tu nr convoilcias point. >> Kt c'osl ainsi qu'il lit l'cxpiMMence inqioitanli' qu'il a fornndée dans ce mot de l'épitre aux Uomains (III, îHh : u Parla loi vient la connaissance du péché. » Ce stMiliiui'ul douloureux de son impuissance à n'-aliser le bien l'ut le premiei- moyen dont Dieu se servit pour i)r(''parcr la crise (pii transforma son existence. Son âme allamée et altér(''c de juslici^ avait
beau se nourrir do sa propre œuvre; elle ne pai'vcnail pas à se rassasier.
Un événement saisissant exerç^a sans doute sur lui une inllucnce de nature plus posilive. Saul lui li- li'iuoin inactir du martyre d'Etienne. Il put, durant cette scène sanjilante, contempler la sérénité et l'éclat célestes qui rayi)nnaient sur le Iront du martyr; il entendit son invocation au Fils de l'homme glorifié, dans laquelle se révélait le secret de sa charité et de sa triomphante espérance. Peut-être un aii^uillon s'enlbnça-t-il alors dans son cœur.* Le redoublement de violence auquel il se livra à la suite de ce moment ne l'ut probablement pour lui qu'un moyen de cicatriser cette plaie. « L'heure viendi'a, avait dit Jésus à ses apôtres, oîi quiconque vous tuera, croira rendre un culte à Dieu. » C'était sans doute dans cette pensée que le jeune persécuteur sévissait contre les chrétiens. Une intervention directe de celui qu'il poursuivait de la sorte, pouvait seule arrêter ce coursier lancé à toute bride et que l'aiguillon dont il se sentait pressé ne faisait • qu'irriter davantage.
On a cherché, dans les temps modernes, à expliquer d'une manière purement naturelle la lévolution subite qui s'opéra dans les sentiments, les convictions et la vie de Saul.
Les uns l'ont présentée comme une crise d'un caractère exclusivement interne et d'origine toute morale. Holsten, dans son écrit sur Y Evangile de Pierre et de Paul (1868), a mis au service de cette explication toutes les ressources d'une remarquable sagacité. Le tout se réduit à ces deux points : Saul a cru voir Jésus glorifié, et de cette apparition (imaginaire) il a conclu que Jésus était le Messie. Mais le maître de Holsten, Baur, tout en présentant aussi l'apparition de Jésus comme (c le reflet extérieur d'un tra-
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vail spirituel, » dans l'àrne de Saul, n'a pu s'enripècher, en fin de compte, de reconnaître qu'il reste dans ce fait quelque chose de mystérieux et d'insondable : « On ne pai vient, par aucune analyse, ni psychologique, ni dialectique, à sonder le mystère de l'acte par lequel Dieu révéla en Saul son VWsK »
C'est que plus on suppose longuement et profondément préparée la crise morale qui détermina cette révolution sans exemple, plus son caractère brusque et subit devient inexplicable. Et moins on envisage au contraire cette transformation comme moralement préparée, plus l'intenenlion d'un aident extérieur et suinaturel parait nécessaire. On se rappelle ici le tableau, tracé par Jésus, de « l'homme fort, » dompté par « riiomnie plus fort. » Saul avait tellement ressenti à ce moment l'intervention d'une puissance extérieure et souveraine, que dans le ch. IX de la 1"- aux Corinthiens il présente son apostolat, comme le résultJU de la contrainte, tandis que celui des Douze s'était formé d'une manière entièrement libre (v. 10-18, comp. avec v. 5 et 0). Il s'est senti, lui, Paul, pris de force. On ne lui a pas demandé : Veux-tu? 11 lui a été dit : Mallieur à toi, si tu ne te rends! Voilà la raison pour laipii-Ilc il sentait le besoin d'introduire mn-i's coup dans son ministère cet élément de la franche volonté, qui avait si complètement fait défaut à son origine, en renonçant volontaiivment à tout salaire de la jtait des églises et en s'inqtosant la charge de subvenir à son propre entretien et à celui de ses aides (comp. Act. XX, l\A). Ce trait atteste le sentiment de son entière passivité au moment où celle soudaine révolution s'opéra chez lui.
• Dus Christcutht(m und die chri'itlichf Kirchc dcr drci t-rstcn JahrhitH'lcrte, 3« édit., p. 4o.
SA co.\vi:i;si().N. i"]
Le récit des Actes s'accorde avec celle affirmation de la conscience de l'apùlre. Les nuances irièiiies que l'on remaïqiie entre les trois narrations du fait que donne ce livre, prouvent qu'un phénomène mystérieux fut perçu par ceux qui accompagnaient Saul, et que l'apparition apparlcnail par conséquent en quelque manière au monde des sens. Ils ne discernèrent pas la personne qui lui parlait, est-il dit Act. IX, 7, mais ils furent frappés d'un éclat supérieur à celui de la liiinièro ordinaire (XXII, 9; XXVI, 1.3); ils ne comprirent pas distinctement les paroles qui lui furent adressées (Act. XXII, 9), mais ils entendirent le son d'une voix (Act. IX, 7). On ne saurait voir des contradictions dans ces détails frappants; car l'unité d'auteur et de composition de ce livre a été mise hors de contestation par Zeller lui-même. Dans ces conditions, comment une contradiction de fait serait-elle possible? Il faut donc admettre que, tandis que Saul seul a ru le Seigneur et compris ses paroles, ses compagnons de voyage ont remarqué et entendu quelque chose d'extraordinaire; s'il en est ainsi, l'objectivité de l'apparition est garantie.
Paul lui-même était si feimement convaincu à cet ésard, qu'il en appelle sans hésiter, 1 Cor. IX, 1, pour prouver la réalité de son apostolat, au fait qu'il a vu le Seigneur, ce qui ne peut s'appliquer dans sa pensée à une simple vision; car on n'a jamais imaginé qu'une vision suffise pour conférer l'apostolat. Au ch. XV de la même épître, v. 8, Paul clôt rénumération des apparitions de Jésus ressuscité aux apôtres par celle qui lui a été accordée à lui-même; il lui attribue donc la même réalité qu'à celleslà, et la distingue par là d'une manière tranchée de toutes les visions dont il fut plus tard honoré et que mentionnent le livre des Actes et les épitres. Du reste, le but de
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l'enseignemonl renfermé dans ce cliy pitre |)iouve bien qu'il ne peut s'ngir clans sa pensée que triine ;ip|)arition corporelle et extérieure de Jésus-Cliii^t ; l'au! veut par l'énuinération de ces apparitions du ressuscité démontrer la réalité de sa résurrection corporelle, afin de conclure de ce fait à la réalité de la résurrection de nos lorfis, en général. Or toutes les visions du monde ne pourraient jamais démontrer la résurrection de Jésus, ni par consé- ([ueiil la noire. Remarquons enliu que, lorsque les apùlres s'expriment sur des laits de cet ordre, ils sont loin de procéder sans réflexion. On le voit par les passages Acl. XII, 9, où Pierre se demande si l'apparition de l'ange est réelle ou si ce n'est qu'une vision, et 2 Cor. XII, I et suivants, où Paul a soin de poser aussi une question semblable. Or autant il s'exprime catégoriquement au sujet de l'apparition de Damas, autant dans le cas mentionné il se garde de se prononcer sur le caractère réel du phénomène : ((Je ne sais; Dieu le sait. » — Enfin Gai. 1, 1 repose évidemment sur la conviction de l'objectivité de la manifestation du Christ, lorsqu'il lui apparut, comme rcsstisdU' , pour l'appeler à l'apostolat.
.M. Pienan a bien senti que, pour rendre compte d'un changement aussi brusque et aussi complet, il fallait avoir recours à quelque facteur extérieur qui aurait agi puissamment sur la vie morale de Saul. Il hésite enlie un orage qui auiail éclaté sur le Liban, un éelair (|ui anr.iil répandu une lueur soudaine, ou un accès de liévri' (iphtli;!!mique qui aurait provoqué chez Saul une violente hallucination. Mais des causes si superficielles n'auraient pu déteniiiner un elTel moral aussi profond <'t aussi (hn.ilile que celui dont témoigne toute la vie sid»sèquente de Paid. Voici comment Itaur lui-même, dans son écrit lier Ajioshl
Pdulus^, se pronoïK-e sur une su})position du même geni'e : a Nous ne nous y aii'èlerons point, puiscpic ce n'est là qu'une pure hypothèse, cpii non seulement n'a rien pour elle dans le texte, mais qui a contre elle son sens évident.» M. Heuss- s'exprime ainsi : « La conversion de r;nil, ;iprès tout, ce qui a été dit de notre temps, reste toujours, si ce n'est un miracle absolu, dans le sens traditionnel de ce mol (un effet sans autre cause que l'intervention arbitraire et immédiate de Dieu), du moins un problème psychologique aujourd'hui insoluble. »
Keim aussi ne peut s'empêcher de reconnaître un fait réel dans cette apparition du Christ qui a déterminé une si profonde révolution. M.'iis il croit pouvoir transporter ce fait du monde des sens dans celui de .l'esprit, sans lui ôter rien de sa réalité. Il pense que le Seigneur glorifié s'est vraiment manifesté à F^uil en vertu d'une action spiriluelle qu'il a exercée sur son Ame. — Celte explication résulte, d'un côté, de la nécessité reconnue d'attribuer une cause objective au phénomène, de l'autre, de la volonté, arrêtée d'avance, de ne pas accorder créance au miracle de la résurrection du Seigneur. Mais nous appliquerons ici le mot de Baur : « Non seulement cette hypothèse n'a rien pour elle dans le texte, mais elle a contre elle son sens évident. » Elle transforme les trois récits des Actes en tableaux fictifs, puisque dans cette explication les compagnons de voyage n'eussent rien pu percevoir du tout.
• Si Paul n'eût fait personnellement l'expérience de la présence corporelle du Seigneur, il n'eût pas osé formuler ce paradoxe, choquant surtout pour un théologien juif (Col. II, 9) : (( Toute la plénitude de la divinité habite en
lui CORPORELLEMENT. ))
• 2e édit.. I. p. 7S.
^ Les Epiir^s paiiliniennes, I, p. II.
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Avec la conversion de Saul, une heure décisive a sonné dans l'histoire de rhumanilé. M. Renan a dit qu'avec la naissance de Jésus élait arrivé le moment où allait s'accoinplir a l'événement capital de l'histoire du monde, la révolution par laquelle les plus nobles portions de l'hiimanité devaient passer du paganisme à une reliirion fondée sur l'unité divine'. » La conversion de Paul fut le moyen par lequel Dieu s'empara de l'homme qui devait opérer cette révolution sans pareille.
Avec Abraham, l'universalisme qui avait présidé aux àpes primordiaux de riiumanité, avait fait place au particularisme théocratiquc, à l'alliance de Dieu avec une famille, puis avec un peuple unique. Mais l'universalisme devait reparaître au terme sous une forme plus élevée et avec des puissances nouvelles, capables de subjuguer le monde païen. Ce résultai avait été promis dès l'abord. a En Abraham seront bénies toutes les familles de In terre ï> (Gen. XII, 3). 11 lallait un agent exceptionnel pour cette œuvre extiaordinaire que Jésus avait préparée, non accomplie. Les douze apôtres palestiniens n'étaient pas aptes à une semblable tâche. Nous avons reconnu, en étudiant l'origine elle caractère de F^aul, les circonstances qui faisaient de lui, en quelque sorte dès le berceau, l'homme élu à l'avance pour cette tâche. Et à moins d'envisager l'œuvre qu'il a accomplie, celle que M. Henan appelle « l'événement capital de l'histoire du monde, )> comme purement accidentelle, nous devons considérer l'acte par lequel il fut em'ôlé au service de Christ comme voulu directement de Ditni et digne d'être opéré par son inlerventjnii iinmi'diate. Ce fut Christ lui-même qui, à l'heure marquée, saisit à main forte et à bras étendu l'instru-
' Vie (le Jcsus, p. I .
ment que le Père lui avait choisi. Toul cet ensemble de pensées forme précisément le contenu du préambule de l'épîlre que nous nous proposons d'étudier (Rom. I, 1-5). Que se passa-t-il dans l'àiuf; d(; Saul duraiil les trois jours qui suiviient cette violente commotion? Lui-même nous le lait entendre au commencement du rh. VI de l'épitre aux Romains. Ce passage, flans lequel on sent le contre-coup inmiédiat de l'expérience de Damas, répond ainsi à cette question : une mort et une résurrection. Saul mourut à lui-même, c'est-à-dire à sa propre justice et, ce qui revient au même, à la loi. A quoi l'avait conduit son zèle fougueux pour l'accomplissement de la loi? A faire la guerre à Dieu, à persécuter le Messie et son vrai peuple ! Un vice caché devait immanquablement être attaché à cette justice propre qu'il avait cultivée avec tant de soin et qui le conduisait cependant à un résultat si monstrueux. Et ce vice, il le discernait clairement à cette heure. En voulant établir sa justice propre, ce n'était pas Dieu, c'était lui-même qu'il cherchait à glorifier. L'objet <le son adoration, c'était son moi, que par ses efforts et ses victoires il espérait élever à la perfection morale, afin de pouvoir dire ensuite : Voyez la grande Babylone que j'ai bâtie! Le malaise qui l'avait accompagné constamment sur celte voie et poussé à un aveugle et sanglant fanatisme, n'était plus pour lui un mystère. 11 touchait maintenant du doigt la vérité de celle déclaration de l'Ecriture qu'il avait appliquée jusqu'ici aux païens seulement : (( Il n'y a pas un juste, non pas même un seul. » (Rom. III, 10.) Le grand fait de la corruption et de la condamnation de l'humanité, même dans ses meilleurs représentants, était maintenant pour lui une expérience personnelle ; il l'a décrite plus tard en ces termes : «Par la loi je suis mort à la loi » (Gai. II, 19).
^'1 L'AlM)ÏIiK r'AlL
Mais, siimillanémonl avec celte mort, s'opérait en lui une résurrection. Par la justification dans le san^ <le Christ et par l'action de l'Esprit, Saul devenait une nauveUe créature. C'est par cette expression énergique qu'il a luinnènie exprimé plus tard le changement radical qui s'accomplit alors dans son intérieur (2 Cor. V, 17).
Habitué, comme il l'était, aux sacrifices que réclamait la loi pour chaque violation de l'ordonnance lévitique, Saul n'eut pas plus lot constaté en lui le péché dans toute sa gravité et avec toutes ses conséquences de condamnation et de mort, qu'il dut ressentir aussi le besoin d'une expiation tout autre que celle que pouvait procurer le sang des victimes aniiuales. La mort sanglante de .lésus^ de celui-là même qui venait de se manifester à lui dans sa gloire, comme le Christ, se présenta alors à ses yeux sous son vrai jour. .Vu lieu d'y voir, comme jusqu'ici, le supplice, justement mérité, d'un faux Christ, il y reconnut le grand sacrifice expiatoire offert par Dieu mrme pour effacer le péché du monde et le sien propre. L»; tableau du serviteur de Jéhova tracé par Esaïe, de cet Unique sur lequel Dieu lait venir l'iniquité de tous.... il comprit maintenant à (|ui il iji.'vait r;i|)pliquer. Déjà les interprétations en laniïuc vuluaire, dont on accomnaunait dans les svnagogues la lecture de l'Ancien Testament et qui ont été plus tard consignées dans nos Ttirfjoutus, rapportaient de tels passages au Mf.'ssie. Pour Saul, le voile se déciiira : la croix lut transfigurée à ses yeux en Tinstrument du salut du monde, et la résurrection de Jésus, qui était devenue pour lui un fait palpable sur le chemin d<' Damas, lui apparut comme la jU'oclaniatiou dr la justificaliitu dr l'humanité, le mouuMiriii de l'aumislie accordée au momie jiécheur. « Mon serviteur jiisic en jiistifh'ni plusieurs, » avait dit Esaïe, après avoir décrit la résurrection ilu ser-
vilL'ur (le Jrliova ;i la suite de son imiiiolatioii voloiilaiio. Saul conleni[)lait avec étonnemcnl et adoration i'accoiiiplissemenl de cette promesse. La justice nouvelle était là devant lui, conuiie un don gratuit de Dieu en .Ii'sus-Cluisl. Il n'y avait rien à y ajouter. Il sulfisail de l'accepter et de se reposer sur elle pour posséder l(i bien qu'il avait poursuivi par tant de labeurs et de sacrifices, la paix avec Dieu. Après s'être contemplé mort, condanuié dans la mort du Messie, il revivait justifié dans sa personne ressuscitée. C'est de celte révélation intérieure du Messie et de son œuvre durant les trois jours qui suivirent l'apparition ext(''rieure de Jésus, que Saul a vécu jusqu'à son dernif^r soupir.
On comprend ce que fut pour lui, dans cet état d'.àme et à la suite de cette illumination intéri(Hire, le baptême au nom de Jésus que lui apporta Ananias. Si dans le VI*' cbapitre des Romains il a présenté cette cérémonie sous l'imaiie d'une mort, d'un ensevelissement et d'une résurrection par la participation à la mort, à l'ensevelissement et à la résurrection de Jésus, il n'a fait, en s'exprimant de la sorte, qu'appliquer à tous les croyants son expérience propre à ce moment-là.
A la grâce de la justification dont cette cérémonie fut pour lui le sceau assuré, se joignit l'action créatrice de l'Esprit, qui transforma son cœur justifié et y produisit une vie nouvelle. Toute l'énergie de son amour se porta sur ce Christ qui s'était substitué à lui, coupable, pour devenir l'auteur de sa justice, et sur le Dieu qui lui avait accordé ce don inetTable. Ainsi fut posé en lui le principe d'une sainteté véritable. Ce qui lui avait été impossible jusqu'alors, se dépouiller de lui-même et se donner à Dieu, s'accomplit dans son cœur humilié et reconnaissant. Jésus qui s'était substitué à lui sur la croix, pour devenir