‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 2)Chapitre 9 sur 55 · L'APi/rilK l'Ai I · texte numérisé non relu

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sa justice, se substitua sans peine à lui dans son cœur pour devenir sa vie. L'obéissance libre qu'il s'était en vain efforcé de réaliser sous le joug de la loi, devint par l'Kspiit (le Christ, dans son cœur transformé, une sainte réalité. 11 put mesurer désormais la distance qu'il y a entre l'état d'un esclave et celui d'un enfant de Dieu.

Cette expérience dut l'éclairer complètement sur la valeur des institutions légales. Il avait élé habitué à envisager la loi (le Moïse comme l'agent du salut des hommes; en devenant la norme de la vie de l'humanité, comme elle l'avait été de la vie d'Israël, elle devait régénérer le monde. Mais maintenant, après l'expérience qu'il venait de faire de l'iiiipuissancc du régime légal pour justifier et sanctifier l'homme, l'œuvre de Moïse lui appai'aissait (huis toute son insuffisance. H y reconnaissait une institution pédagogique, uniquemeni temporaire. Le Messie réalisait tout ce qu'il avait alleiidu de la loi ; avec sa venue la fin du régime mosaïque étail par conséquent arrivée. « Nous avons tout pleinement en Christ» (Col. 11, 10); à quoi pouvait servir désormais ce qui n'avait été que Xombre de l'économie du Christ (C(jl. Il, 10-17»?

Et quel était-il donc. Celui dans la personne et l'œuvre duquel lui était ainsi donnée la plénitude des dons de Dieu, sans le concours de la loi? In simple homme? Saul se r;q)|)elle alors (jue ce Jésus, qui a été condanmé à mort par le Sanhédrin, l'a été comme blasphémateur, pour s'être déclaré le Fils de Dieu. Cette affirma ti(Mi lui avait paru jus(|u'ici le comble de rinq)i(''té et de rimpii>ture. .Maintenant cette même affunialinn iiiar(iue (11111 sceau divin cet être cpi'il a reconnu pour le .Messie et lui fait lléchir le genou devant sa personne sacrée. Il voit en lui non plus seulement un (ils de David, mais le Fils de Dieu.

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A ce chan^eineiil dans sa coiiccpliod du Clirlsl sViii raltache un non moins dccisil' dans rintclligcnee de l'œuvre messianique. Tant que Vi\u\ n'avait vu dans le Messie que le Fils de David, il n'avait compris son ojuvre que connue l'extension du réti,ime léyal an monde entier, comme la glorification d'Israël. Mais dès (jue Dieu lui eut révélé dans la personne de ce fils de David selon la chair (Rom. I, ^-rî) l'apparition d'un être divin, de son propre Fils, l'intuition de l'œuvre du Messie s'agrandit avec celle de sa personne. Le fils de David pouvait appartenir à Israël seulement; mais le Fils de Dieu ne pouvait être venu icibas que pour être le Sauveur et le Seigneur de tout ce qui s'appelle homme. Toutes lesdifférences terrestres ne s'elTaçaienl-elles pas devant un semblable envoyé? C'est cette conséquence que Paul a indiquée lui-même dans cette parole saisissante de réj)itre aux Galates (I, lOj : (( Lorsqu'il plut à Dieu, qui m'avait mis à part dés le sein de ma mère et qui m'a appelé i)ar sa grâce, de révéler en moi^ son Fils, afin que je le préchasse parmi les Gentils...)) Son Fils, les Gentils, ces deux notions étaient nécessairement corrélatives ! La révélation de l'une devait accompagner celle de l'autre. Cette relation entre la divinité du Christ et l'universalité de son règne est la clef du préambule de l'épître aux Romains.

Impuissance du régime légal pour sauver l'homme, gratuité du salut, fin de l'économie mosaïque par l'avénemcnt du salut messianique, divinité du Messie, destination

' Baur et son école se sont servis de celle expression an moi pour ctiercher à écarter l'idée d'une révélation externe dans le fait de sa conversion. Bien à tort; car ce terme en moi désigne non le fait même de l'apparition, mais tout le travail intérieur qui s'y est rattaché et dont nous avons ctierché à rendre compte dans ces pages. La ré\-élation du Fils dans le cœur de Paul n'a pas été son apparition visible. Celle-ci n'en a été que le moyen.

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univ(Msol!c de son œuvre, — tous ces élémenls de la nouvellt3 conception religieuse de Paul, de son érangile, selon l'expression deux fois employée dans notre épilre (11, H»; XVI, 25)', étaient donc implicitement renfermés dans le fail qui opéra sa conversion et s'en dégagèrent graduellement |)Our sa conscience, dans l'évolution qui s'opéra chez lui sous le rayon de l'Esprit pendant les trois joui's qui suivirent ce fait décisif. A la suite de la contemplation du Jésus teri'cstre, dont les Douze avaient joui pendant trois années, la lumière de la Pentecôte leur révéla Jésus. L'illumination des trois jours de Damas, à la suite de la soudaine apparition du Seigneur glorifié, fut pour Saul une grâce analogue.

Tout se lie dans cette œuvre divine (1 Tini. I, Hl). Sans l'apparition externe, le long travail moral (pii avait précédé chez Saul, se fût épuisé en vains rllorts et n'eût ahouti (\nh un desséchant marasme. .Mais aussi, sans ce travail préparatoire et sans cette évolution spii-ituelle qui le continue, à la suite de l'apparition, il en eût été de ce miracle comme de cette résurrection d'un mort que demandait le mauvais ricin.', Luc XVI, ."51 : ^^ S'ils n'/'coulenl [)as Moïse el les prophètes, ils ne croiraient pas non plus, quand même (pudqu'un des morts ressusciterait. » La vue ui(''me du Seigueui' serait re?té(^ dans ce cas pour Saul et pour le monde nu cai»ital improdurlif. Il fallait le fail de l'apparition piuir clore le travail inli'i'ieui •; il fallait ce travail pour iV-couder l'aiipai^ilion.

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