‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 3)Chapitre 11 sur 33 · L'auteur · texte numérisé non relu

L'auteur

L'auteur déclare lui-même être Paul, l'apôtre des GentilnU-7; XI, 13; XV, 15-20). L'envoi de cette lettre ï*6ntre, selon lui, dans l'accomplissement du mandat qu'il ^ ^6ÇU, « d'amener tous les païens à l'obéissance de la foi ï> ^J. 5).

La tradition unanime de l'Eglise est d'accord avec cette ^ffii'mation de l'auteur.

Entre les années 90 et 100 de notre ère, Clément y pres-

ÉP. AUX ROM. — Tome I. 7

bytre de l'église de Rome, reproduit, au ch. 35 de son épître aux Corinthiens, le tableau des vices des païens, tel qu'il est tracé Rom. 1; il applique dans le ch. 38 aux circonstances de son temps les exhortations qui sont adressées aux forts et aux faibles, ch. XIV de notre épitre. Notre lettre était donc conservée dans les archives de l'église de Rome et reconnue comme un écrit de l'apôtre dont elle porte le nom.

Il est indubitable qu'en écrivant le ch. 3 de Yépître dite de Barnabas (écrite probablement en Egypte vers 96), l'auteur avait présent à l'esprit Rom. IV, 11 et suiv. : « Je t'ai placé comme père des peuples croyant au Seigneur en état d'incirconcision *. »

Les lettres d'Ignace reproduisent plusieurs fois l'anlithése des deux origines de Jésus, comme fils de David et comme Fils de Dieu, Rom. I, 3. 4.

Dans le Dialogue avec Tryphon, ch. 27, Justin, vers le miHeu du 11*^ siècle, répète l'énumération des nombreux passages bibliques par lesquels saint Paul démontre, Rom. III, la corruption naturelle de l'homme.

Vépître à Diognète dit, ch. 9, non sans allusion à Rom. V, 18 et 19 : «Afin que l'iniquité de plusieurs soit couverte en un seul juste et que la justice d'un seul justifie plusieurs pécheurs. y>

Les églises de Lyon et de Vienne, dans leur lettre aux églises du Pont (vers 177), disent de leurs martyrs (Eus. V, 1) : « Démontrant réellement que les souffrances du temps présent, i> etc. (Rom. VIII, 18.)

Plusieurs traits du tableau des infamies païennes, Rom. I, reparaissent dans les Apologies d* Athénagore et de

^ Comme dans les Rom. : Tûv :tiaTÊuov"rtuv ot* àxpopuai^aç (rien de semblable dans le passage de la Genèse, XVII, 5).

l'épître. 99

Théophile, peu après le milieu du 11*^ siècle. Le second cite lextuellement Rom. 11, 6-9 et XIII, 7 et 8.

Le Canon dit de Muratori (entre 170 et 180) place l'épitre aux Romains parmi les écrits que reçoit l'Eglise et qui doivent être lus publiquement.

Les citations d'Irénée {56 fois), de Clément d* Alexandrie et de Tertullien sont très-nombreuses. C'est dès ce moment seulement que Paul est expressément nommé dans ces citations comme auteur.

Au UI^ siècle, Origène et au IV^ Eusèbe ne font mention d'aucun doute émis au sujet de l'authenticité.

Le témoignage des hérétiques n'est pas moins unanime que celui des Pères. Basilide^ Ptolémée et tout particulièrement Marciony dès la première moitié du 11^ siècle, font usage de notre épître, comme d'un document apostolique incontesté.

Dans toute la suite des siècles, deux seuls théologiens se sont élevés contre ce témoignage unanime de l'Eglise et des sectes. Ce sont l'Anglais Evanson, dans un écrit sur les Evangiles, au siècle passé, et de nos jours, en Allemagne, Bruno Bauer. Ils demandent : 1. Pourquoi l'auteur des Actes des apôtre& ne dit-il pas un mot d'un écrit de cette importance? — Comme si le livre des Actes était une biographie de l'apôtre Paul! 2: Comment concevoir les nombreuses salutations du ch. XVI adressées à une église dans laquelle Paul n'avait jamais vécu? — Comme si (étant admis que cette feuille de salutations appartient vraiment à notre épître) l'apôtre ne pouvait pas avoir connu en Grèce et en Orient toutes ces personnes qui actuellement habitaient Rome ; ainsi que nous le constaterons pour Aquilas et Priscille, par exemple. 3. Comment admettre l'existence à Rome d'une ^église aussi considérable que le suppose notre épître, avant l'arrivée de tout apôtre dans

cette ville? — Gomme si la fondation de l'église d'Antioche ne nous offrait pas un précédent suffisant pour résoudre cette question !

Rien ne nous empêche donc d'accepter le témoignage de l'Eglise, que confirme d'ailleurs la grandeur magistrale et la puissance vraiment apostolique de l'œuvre elle-même, ainsi que la conformité complète de pensée et de style qui l'unit aux autres écrits reconnus pour être de l'apôtre.

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