‹ Commentaire sur l'épitre aux Romains (volume 3)Chapitre 14 sur 33 · V. Une solution originale, qui appartient encore à ce · texte numérisé non relu

V. Une solution originale, qui appartient encore à ce

l'épItre. H7

groupe d'interprétations, a été présentée par Ewald *. Suivant lui, le christianisme était demeuré jusqu'ici comme enveloppé dans la religion juive; mais Paul commençait à redouter les conséquences de cette solidarité. Car il prévoyait le duel à outrance qui allait s'engager entre l'empire romain et le peuple juif de plus en plus fanatisé. L'épitre aux Romains est écrite dans le but de rompre le lien trop étroit et compromettant qui unissait encore la Synagogue et l'Eglise, et qui menaçait d'entraîner celle-ci dans de folles entreprises. Le but pratique de cet écrit apparaîtrait ainsi au chapitre XllI, dans l'exhortation adressée aux chrétiens d'é/re soumis aux puissances supérieures^ établies de Dieu dans le domaine politique ; l'épitre entière serait destinée à démontrer l'incompatibiUté profonde entre l'esprit juif et l'esprit chrétien, et à fonder ainsi cette application. On ne peut s'empêcher d'admirer dans cette construction l'originalité du génie d'Ewald. Mais on ne saurait se résoudre à donner une importance aussi décisive à l'avertissement du chapitre XIII; car ce passage n'est qu'une subdivision de l'enseignement moral, qui n'est lui- même que la seconde partie de l'exposé didactique. Un passage si subordonné ne peut être l'expression du but de l'épitre.

Nous sommes au bout des solutions tirées du danger qu'aurait fait courir à l'église romaine le principe légal, soit comme ennemi présent, soit comme danger menaçant. Et nous sommes ainsi conduits à la troisième classe d'explications, composée de toutes celles qui renoncent à assigner un but local et temporaire à l'œuvre de Paul.

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