V. li
(Test depuis le v. 14 surtout qu'éclate le dissentimeiil entre les deux principales interprétations de ce morceau : celle qui l'applique à l'état de l'homme régénéré et celle qui y voit le tableau des luttes impuissantes d'un Israélite sincère placé sous le joug de la loi et sans connaissance de la délivrance par le Saint-Esprit.
F^es raisons principales alléguées en laveur de la première opinion sont les suivantes (au mieux peut-être développées par Ho(l(/e) : I . Le passage du temps passé des verbes, dans le morceau v. 7-1:», au temps présent dans celui-ci ; '2. l'impossibilité d'attribuer à l'homme irrégénéré des sentimenls d'une nature aussi élevée que ceux qui sont professés ici : l'assentiment cordial à la loi, v. |(i et '2:2, et la haine profonde du mal, v. IT). 19, etc.; .). bv. 25, oi^i l'apôtre paiait s'appliquer expressément, dans le moment même où il écrit, tout le tableau qu'il vient de tracer : autant d'objections dont il appartient à l'exégèse seule de reconnaître le bien ou le mal fondé. Pour le
irioiiienl, nous ne i)Oiivons que rendre lu lecteur allriiiir à lonl le contexte du passage auquel appartient ce morceau, l'aul vient de retracer l'action meurtrière que la loi avait exercée sur lui depuis qu'elle avait élahli sa souveraineté dans son l'or intime el durant tout le temps de sa vie pharisaïque. Serait-il convenable qu'il passât maintenant sans mentionner sa conversion et par un simple car au tableau de ses luttes intérieures en tant qu'bomme régénère? Hodgc et Pliilippi expliquent cette transition par un a fortiori. La loi estlellement impuissante à régénérer l'bomme naturel, qu'elle ne peut pas même relever le croyant lorsque, oubliant momentanément sa foi, il se retrouve en face d'elle. .Même avec la sympalbie profonde que son cœur reiiouvel(' éprouve maiiilenaiit pour elle, il ne trouve en elle aucune force de sanctification, (-elle tentative d'établir la relation entre ce qui précède et ce qui suit est ingénieuse, mais inadmissible. Ce qu'il y aurait de plus essentiel à dire dans ce cas, pour faire compremlre l'argumentation, serait précisément sous-entendu : « Même depuis que je suis devenu une nouvelle créature en Clirist, je ne puis trouver aucun secours dans la loi; au conli'aire, quand je me remets sous son joug, elle me rend piie. )^ Voilà comment il lallail pai'ler pourèii'e clair. Paul ne dit rien de seuiMablr eiiliv 1rs v. I.") el W. — La fin du tableau montre bien d'ailleurs qu'il s'agit d'un homme qui n'a pas encore fait l'expérience de la délivrance en Christ; ou si l'on prétendait rap|>orter ce cri du v. ^l't : «Misérable (jue jesuis! Oui me didivrera? )) au soii|)ir du fidèle après la mort du eor|»s, eounnenl expliquer la tiansitioM nu eh. VIII qui contient la description d'une di'liviance toute dilfèrente, celle du croyant par le Saiiil-Ksprit ? Philijijii pense (pie le eonlrasle entre la deseiiplion du eh. VII et celle du (h. VIII n'est pas celui du .liiil sous la loi et Au
cnAf. vil. w. 109
chrétien affranchi, mais celui He deux aspects différents de la vie chrétienne elle-rnème : le croyant en tant que dénué de l'Esprit et le croyant en tant qu'animé du souffle de l'Esprit. Mais en tout cas la grande crise de délivrance aurait dû être mentionnée, non à la fin, dans les V. 24 cl 25, mais à l'entrée, entre les v. 13 et 14; car le contraste entre les divers états dans lesquels peut se trouver le chrétien, est absolument secondaire par rapport au grand contraste entre chrétien et non chrétien.
La marche de la pensée apostolique dans cette section relalive à la sanctification par l'Esprit, depuis le commencement du ch. VI, est celle-ci: Il y a dans la foi en Christ un affranchissement du péché (VI, 1-14), qui est un assujettissement à la justice (v. 15-23), et qu'accompagne, comme condition indispensable, ratïraiicliissement de la loi (VII, 1-6). En effet, sous la loi aucune sanctification réelle n'est possible. Car l'état dans lequel elle jette l'homme (Vil, 7-13) et le laisse plongé (v. li-23), ne peut aboutir, malgré ses plus sincères et persévérants efforts, qu'à ce cri désespéré : Qui me délivrera :' (2-4-25). — Celte série d'idées est en elle-même irréprochable ; il reste à voir si sur cette voie nous nous rendrons compte de lous les détails du passage suivant et parviendrons à surmonter les objections indiquées plus haut.
Ce morceau se divise en trois cycles qui se terminent chacun par une espèce de refrain. C'est une véritable complainte, l'élégie la plus douloureuse qui soit sortie d'un cœur d'homme.
Le premier cycle conq:)rend v. 14-17. Le second, qui commence et finit à peu près de la même manière que le premier, est renfeimé dans v. 18-20. Le troisième diffère des deux premiers dans la forme, mais il leur est iilentique au fond; il est contenu dans v. 21-23, et sa conclu-
Mo LA SANCTIFICATION
sion V. 2'i- et 25 est en même teinps celle du passage tout entier.
On a cherché à discerner une t^radation entre ces trois cvcles. Laïujc pense que le premier se rapporte plutôt à Vintellif/emce, le second au sentiment, le troisième à la conscience. Mais celte distinction est artificielle et, de plus, inutile. Car la puissance de ce morceau réside dans sa monotonie même. La répétition des mêmes pensées et des mêmes expressions est comme l'écho de la répétition désespérante des mêmes expériences dans cet état léyal où l'homme ne fait que secouer ses chaînes sans parvenir à les briser. Impuissant il se tourne et se retourne dans la prison où le péché et la loi l'ont enfermé, et ne peut, en fin de compte, que pousser ce cri de détresse par lequel, à bout de forces pour la lutte, il appelle le libérateur inconnu qu'il pressent, mais qu'il ne saurait nommer.
Premier cycle : v. 14-17.
V. U : «Car' je sais que la loi est spirituelle; mais moi je suis charner-, vendu au pouvoir du péché. » — Nous trouvons dans ce cycle : au v. \\, une affirmation : «Je reconnais que la loi est..., mais je suis captif» (v. li); puis la démonstration du fait affirmé (v. 15); enfin la conclusion à tirer du fait (v. 16-17), conclusion qui n'est autre que la réaffirmation de la thèse, posée en commençant et maintenant démontrée.
La leçon de quelques Mss. o'i'^au-ev Hi, or ou mais nous sitvons, n'a pas de sens. Il faut lire yzc, car, avec la majorité des Mjj. et des Versions. Ce ai)' ne signifie point
' A D E I. lisent ot5a[ji£v os for >kjus savons) au lieu de otôaiiev -j-ap (car nous sarons) que lil T. R. avec Ions les aulres Mjj. It. Syr.
* N A B C 0 E F (J lisent nxy/.r.o:. i,ii licii (le îap/.t/o; (|U(' lil T. R. avec K L P.
CHAI'. VII. n
(voir plus liant) que si la chose s'est passée ainsi (v. 7-13), ceh jirorenuit île la nature charnelle de Paul qui se trouvait en contlit avec la nature spirituelle de la loi. Le car porte sur les mots : opérant ta mort. « Oui, la mort; car voici ce qui s'est passé en moi et ce qui se passe dans tout homme sérieiix chez qui a eu liru l'intervention de la loi.» Suit le tahleau d'un état de choses qui est hien un état de mort puisqu'il ahoutit à un cri qui est comme la |)lainte d'un mourant. — .\insi nous pouvons déjà nous rendi'e compte des présents suivants employé.'^ pour décrire un état maintenant passé pour ï'aui. Cet état est et reste à jamais celui de tout Israélite qui, conuTie lui, Saul, a suhi l'action condamnatrice de la loi et n'a point encore trouvé le moyen de la réconciliation avec Dieu et de la victoire sur le péché.
La plupart des interprèles lisent o-.'^ay.cv en un seul mot: <( nous savons ...mais moi...» L'essence spirituelle de la loi serait désiiinée comme une connaissance commune à Paul, à ses lecteurs, aux fidèles en général et même aux .luil> sérieux et sincères, et le iyco Si, mais moi, qui suit, indiquerait chacun des individus qui rentrent dans ce nous. Cependant, ce pluriel apparaissant ainsi tout à coup au milieu d'un passage autohiographique, ferait un effet assez étrange, et il me paraît qu'il vaut mieux lire, avec Jérôme, Hofmann, Th. Scitott et d'autres, ol(^a yiv, je sais sans doale. L'ohjection de plusieurs (Mej/er, Weiss, P/'iilijijii, etc.), que le iyôj Si, mais moi, qui suit, ne se justifie plus suffisamment comme antithèse i\e je sais, n'est pas fondée. Paul veut dire : Mon intelligence comprend la spiritualité de la loi et la sainteté qu'elle réclame de moi; mais mon tnoi, ma personnalité vivante el active, qui est dominée par la chair, n'est jjoint changée par l'intelligence que j'ai de 1,1 nalurt; de la loi. Malgré cette connaissance, je l'estr,
\\'2 LA S.VNCTH'IC.VTION
moi, co que je suis. I.a preuve en est donnée <lans le v. suivant.
L'épitliète fie -vEj^j.aT'./.o;, .spirilHclle, donnée à la loi, est entendue par plusieurs, Hèze, par ex., dans ce sens que la loi est contbrme à la nature s[)iiiluelle de riionime (le -v£jaa, l'esprit, chez Tliomme) ; d'oîi il résulte qu'elle exige, non pas seulement l'observation extérieure, mais aussi l'obéissance du cœur. Cependant le terme -vsjaaTix-o';, spirituel, est ordinairement en relation avec l'idée de l'Esprit divin, et, comme au cli. Vlll, 4-, Paul dit luimême que ce qui est exigé i)ar la loi est accompli chez ceux qui marchent selon l'Esprit (évidemment l'Ksprit de Dieu), il est plus juste d'entendre ici \n\r spirituelle: contbrme à l'impulsion, à la volonti' de l'Esprit divin. Ce que commande la loi, n'est pas autre chose que ce que le Saint-Esprit accomplit dans le cœur où i! habile. Il y a complète identité entre la prescription extérieure de la loi et le mouvement intérieur de l'Esprit. L'iflée trouvée ici |)ar Calvin, que la loi nr peut (Mre accomplie que par l'Espril, rt'sulle bien de l'expression eiriployée par F'aul, mais n'en exprime pas 1(3 vrai sens. )fei/er, W'eiss, Gess entendent ce mot dans le sens de : pi'océdant de l'Esprit divin. Mais il me parait que dans ce contexte il s'agit iiDU dt3 l'origine, mais dt3 la nature de la loi, en opposition à la nature du moi.
A r(Mte connaissance qu'il a de l'excellence et du vrai sens de la loi, Paul oppose l'étal churnel de son moi. La leeon iy.z/.:y,it ^cs byz. et du T. li. désigne VucUvitè cliarnrlle; celle des .Mjj. des deux autres l'amilles 'raçx.'.vo:, la substance et de là métonymicpienn'iii la iialurr morale. — (^omme l'opposé de la spiritualilt' de la loi est, non pas seulement l'adivilé pécheresse, mais la nature gâtée de l'houjme, la seenndc leeon est eertainement préférable.
CIIAl». VII. 14-15. 1 13
— La notion de chair désiiine — nous avons vn plus liant (p. SI) par quelle série de transitions — la complaisance en soi-même, la propension à rechercher en tout sa propre satisfaction, disposition qui est le caractère de l'homme naturel et qui devient par là le principe déterminant de son activité intérieure et extérieure. 11 y a donc incompatibilité entre la tendance naturelle de l'iiomme et l'essence de la loi qui réclame l'absolue consécration du moi. — Les mots : rendu au pouroir du péché, liltér.: (( vendu sous le péché, » livré au péché par acte de vente, indiquent l'effet produit par cet élat charnel; Paul dislinliue ici clairement trois choses : le moi ou la personnalité humaine en soi, la chair qui domine ce moi, et le péché auquel elle le livre. 11 y a eu comme un contrat fatal passé sur nous et en vertu duquel la chair a fait de notre volonté l'agent servile du péché. C'est un honteux état de servitude auquel nous nous trouvons réduils.
V. 15-16 : «En effet, je ne sais pas ce que j'accomplis; car ce que je veux, n'est pas ce que je fais; mais ce que je hais, c'est là ce que je fais; H» or si ce que je ne veux pas, c'est là ce que je fais, je m'accorde avec la loi pour déclarer qu'elle est bonne. » — C'est ici la preuve de l'état d'esclavage affirmé au v. \A. L'esclave ne sait pas ce qu'il accomplit, puisqu'il fait la volonté d'un autre. Ainsi Paul dans cet état ne comprend pas sa propre œuvre; (,'lle n'est pas le produit de son intelligence, de son ym-k/ceiv ; elle n'est point due à une intuition distincte par laquelle il aurait discerné et en quelque sorte possédé à l'avance comme sien ce qu'il allait faire; elle procède de l'instinct aveugle qui l'entraîne comme à son insu, tellement que quand il voit l'acte accompli, il ne le reconnaît pas comme un acte qu'il aurait voulu; c'est au contraire ce qu'il détestait. On voit (ju'il
Él'. AUX ROM. — TOME II. >i
I I I 1,A SANCTIIICA'IKlN
n'csl pas nécessaire de prendre ici le terme y.vojo'.c'.v dans le sens d'approuver, qui est arbitraire; ce mot rappelle le fJ.Sy., je sais liien, du v. 11. Schlatler dit parrailemeni : « Il y a une toute autn- manière de pécher, que celle que Paul décrit ici; c'est celle d'un homme qui, en péchant, sait ce qu'il fait et fait ce qu'il veut. » « Bienheureux, ajoute-l-il, l'homme qui peut dire, après avoir fait le mal: Je ne sais pas ce que fais; je ne fais pas ce que je veux.» — (^e Oc").£iv, ruuloir, que Paul n'exécute pas, est naturellement celui du hien, qui est d'accord avec la loi ; et ce qu'il hait et pourtant exécute, c'est le mal qu'a réclamé le penchant èi:oïs!e. La portion de volonté qui s'est mise du enté de la loi, n'était qu'une inefficace velléité; le vouloir effectif a été celui de la chair. — Le terme rpà-r- 'TS'.v, pratiquer, a le st-ns d'a<iir, travailler à, tandis que -o'.cîv impliquf la réalisation. — M'.Tctv, //(///•, désigne la léjirohaliou morale; -o-.cîv oppo^■.e à ce sentiment de répulsion le produit de l'activité qui se trouve eu être le contraire. Le sens de cette seconde partie du v. est donc: <L (Juand j'agis, je ne travaille pas dans le sens de mon vouloir; et quand l'œuvie est faite, elle se trouve être ce dont j'ai horreur. » Nous demandons si F^aul régénéré pourrait s'attrihurr un tel état d'impuissance à réaliser le hien ; comp. Vlll, îlW On nous demande sans doute en retour s'il pouiiail s'allriliucr à hii-rnème, avant la iég(''nèration, le vouloir du hii-n et la haine du mal, dont il parle ici. .Mais il suffit di' compaii'i' (\r> paroles de Jésus connue Jean III, il\ : « Celui qui fait fa vérité, vient à la lumière, » ou Luc Vlll, 15 : «La semence semée dans anr hoane terre, ce sont cmix ipii retiennent la parole dans na ai'ur Ii0)niêtr et /in)i, )i pour couqirf'udre (piil n'y a rien dans ce que dit ici l'apriiie de son (Mat anléi imr à la n'gènèi-ation, (|iii (•(Hiii'eiljse le vrai enselL^nenien! hihlique
suf l'état de riiuinrne naturel placé sous la loi de Moïse el même sous celle de la sim[)le conscience; comp. Act. X, 3i-.j5; Rom. 11, 11-15. Il va sans dire que celte disposition au bien émane déjà du Dieu seul (wn. Mais il y a une manière de comprendre la corruption de la nature humaine qui est contraii'e à l'Evangile et qui, à y regar- <ler de prés, se détruit elle-même.
Le V. 16 constate par cette expérience (v. 15) le conilit 4iilîrmé au v. I t entre l'être de l'aul et son savoir (olrîa jjic'v... i-'w (^£ s'-ai). La prépos. cjv dans '7'Jy.o-/;ai, je rends témoiLinage avec, ne peut avoir pour régime que tw voy.w, la lui. La loi par son ton impératif affirme sa propre ■excellence; et le vouloir intellectuel de Paul applaudit à €etle affirmation, lors même que son faire la contredit.
— Le résultat total de ce conilit est formulé au v. 17.
V. 17 : « Or maintenant, ce n'est plus moi qui accomplis cela, mais c'est le péché qui habite ' en moi.D
— Kn achevant de la sorte ce premier tableau, Paul ne ■cherche point à se disculper lui-même. Il veut au contraire faiie 'ouclier au doigt l'étal de misérable servitude auquel il est réduit (vendu au péché, v. li). Il n'est pas même maître chez lui ; il rencontre dans sa propre maison un tyran qui le force à agir contrairement à son désir meilleur. Quelle humiliation! (Juelle misère! C'est l'état de péché au point de vue de ce qu'il a de douloureux plut(M ■que de condamnable, et tel qu'il est devenu le sien à la suite de l'expérience décrite v. 7-1 ri. Les adverbes : ))i(ii)iteniiul, v'jvi, et : plus, o-kiTi, ne peuvent avoir ici qu'un sens logique. Paul ne veut pas opposer cet étal à un état pi'écédenl et différent; mais il oppose cet l'tat di' l'ail à l'état de droit, ((ui se pi-(''senle à l'espril eoiniiir une m'.i-
• N i{ li-i'iil o-./.fjjix. iiii licMi do ^voi-z.oj-ja (iiic liscMil Ions Ic.^; iiiilrc;*.
I 10 I.A rSANCTlFICATlON
lité perdue. — Sur l'emploi des verhes au présenl pour désigner un étal uiainlenant passé pour l'apùlrc, voir encore à la fin du morceau (v. 25).
Deuxii'me cycle : v. 18-20.
Li\ première partie du v. 18 contient de nouveau une thèse, parallèle à celle i\u v. li. Cette thèse est démontrée par rexpériencc dans la seconde j)ailie du v. et dans le V. 19, qui correspondent ainsi au v. 15 du premier cycle. Enfin, dans le v. 21) nous trouvons, comme au V. 17, la réarfirmalion de la thèse en forme de conclusion.
V. I8'' : u Car je sais qu'en moi, c'est-à-dire dans ma chair, n'habite pas de bien.» — Cette thèse, qui reproduit le: )ii(ii,je suis rhunu'l, du v. 1 i, se rattache, par le choix des termes, aux derniers mots du v. 17; comp. l'expression : « le péché hahitant en moi,» avec le : « aucun bien n'habite en moi.» Le car est explicatif plutôt que démonstratif: c'est la même expérience qui est exposée de nouveau d'une manière plus précise. — Lorsque Paul disait V. li : moi, je suis churui'l, on pouvait conclure de là qu'il ne laissait rien suhsister dans le moi qui ne fût chair. Sans doute le contraire résultait déjà du : je sais ou lions savons, qui précédait; car celui qui reconnaît que la loi est spirituelle, doit posséder en lui un sens spii'itu(d. Mais cette distinction cuire le aïoi et la chair s'accentue encori' plus nettemenl dans le v. 18. Car il est manifeste que la locution c'est-à-dire a un sens restrictif et que Paul veut dire : (( en moi, du moins pour autant que ma pei'sonne est chair et dominée par la chair.»
II laisse par là entendre (pi'il y a en lui quehjue chose en dehors de la chair. Ce quehjue chose, c'est pré-