‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 11 sur 97 · C.ll.Vl'. vil. 17-ls · texte numérisé non relu

C.ll.Vl'. vil. 17-ls

cisémenl ce qui en lui l'cconnaîl la spiritualité de la loi et y rend hommage. La cliair e.sl à ses yeux la partie de son être exclusivement sensible à la jouissance ou à la soutTrance personnelle, d'où résulte le soin complaisant de lui-même, sous la forme de la sensualité ou même sous celle de l'orgueil (voir p. 81). — C'est là la puissance active qui détermine habituellement dans la {)ratique l'activité de l'homme irrégénéré. Mais ce penchant intéressé n'exclut point l'intelligence et même l'approbation intime du bien. Seulement elle rend le plus souvent cette noble faculté stérile dans la vie ordinaire en tenant le principe agissant, la volonté, asservie sous le pouvoir de l'égoïsme. La preuve de fait suit :

V. 18'' <'t 19 : (( Car le vouloir est bien là, mais l'accomplissement du bien, non'; 11' car le bien que je veux, je ne le fais pas; mais le mal que je ne veux pas, c'est là ce que je fais. » — Dans ce qui précède, Paul s'était déjà allribué un certain vouloir de ce qui est bien (v. 15 et 16); il affirme ici la même chose plus expressément. Ce vouloir est là; -apaxsî'^Ôai, être à côté de, et comme sous la main. Mais ce Oi'/.s-.v, vouloir, est un simple désir, une intention, plutôt qu'une décision arrêtée et réfléchie; coinp. ce même terme dans 1 Cor. Vil, 7; 2 Cor. V, i. Les bonnes intentions, elles sont là, et en abondance; mais l'exécution? Les byz. et grécolat. lisenl après -fjy.'j.Hv les iriots oV/ v'jziny.o), je ne truure pus, tandis que les quatre alex. lisent o'>, no)t, tout court : « .Mais l'accomplissement du bien, non ! » en sous-entendant évidemment -y.zy./.t'-y.'.. Celte Iccoii a sans doute (jiicifjuichose de dur qui peut la rendre suspecte, et il est ditlicile d'expliquer comment \i- mol c:pî':x.(->, je lionrr, a

' N* A H G lisent oj (non) au liL'U ûc vj-/ vjy.T/.('> (je ne t,-ra(ve pus) (pie lit T. K. avec tous les aiilre.-;. Syr . Vuiji.

I l!^ LA SANCTll -ICATIOX

élô njouté. Il esl prohahlc que ce lut (r.ihonl uikj i:lose m;ir<«innle qui, comme cola esl arrivé si souvenl, a été ensuite introduite dans le texte. La Ibi-me o'j, non, a un caractèie énergique et original qui la recommande. Le v. 10 prouve ce non par le fait. La seule diiïi'reiice avec le V. 15 est (ju'ici le verbe -ouîv, faire, accom|)lir, esl applipliqué au bien, tandis que le verbe TpaTcew, liavaiHer ii, l'est au niai; ce qui conduit à ce sens : « Je ne parviens pas à réaliser le bien que je veux, tandis que je me trouve truvaillunl à faire le mal que je ne voudi'ais pas. » — Les deux notions de bien et de mal doivent naturellement être prises dans leur sens le })lus profond, comprenant, avec l'acte extérieur, la disposition intime. Même en accomplissant la làclie extérieure, on peut se cberclier soimême et être dominé par im princi|)(' intéressé qui, aux yeux lie Dieu, gâte le faire tout entier. — La conclusion est l'uimulée au v. 20.

V. -20 : (L Or, si ce que je ne veux pas, moi ', c'est cela que je fais, ce n'est plus moi qui l'accomplis, mais c'est le péché qui habite en moi.« — Conclusion égale à celle qu'énonçaient déjà les v. lô cl 17 : .le ne suis pas mon maître; un étranger me retient captif, encore une fois, Paul ne dit point cela en guise d'excuse, mais comme expression de son état de profonde misère. .\ cliaque fois (pi'il répète cet aveu uniforme, c'est eonnne s'il sentait pbis donloureuse,meni (•ell(.' triste v(''i-it(\ Le iyw, moi (après : ce que je ne veux pas}, est retranclié par d'importantes autorités et condamné par Mei/er. Tisvheinlorf \ne parait avoir eu raison de le conserver. Il l'ait bien ressortir le eoniraste entre .so^/ vouloir et siai faire.

' |{ f. t» !•: !■' C. 11. .^\r. oini'llt'nl ici r-,,,.

ClIAP. Vil. 18- -21. 1 10

Troisième cych; : v. 'J1--25.

(>e cycle, tout en relraçanl pour la troisième l'ois les mêmes expériences, en consigne le irsultat comme persistant et définitif (xpa, en conséquence). Nous y trou\ons d'abord, comme dans les autres, une lliése générale, v. -21 (parallèle à celle des v. 18 et 1-4); puis la preuve de lait, V. ^'1 et 2."], comme plus haut; enfin, la conclusion, v. 2-4 et 25, qui, tout en reproduisant celle des autres cycli's, la dépasse et forme la transition au tableau de l'étal nouveau qui, chez le ré'^énéré, a désormais rernplacf' celui-là ■ ch. Ml!,.

V. -21 : « Je trouve donc cette loi en moi qui veux faire le bien, que le mal est attaché à moi. » — Toujours les deux mêmes caractères de suii è'tat moia! : le désir sincère du bien; le mal renqiortant dans la pratique. — Nous avons vu plusieurs fois le terme de vôy.o;, loi, prendre le sens général de régime de vie : un mode d'être qui s'impose à la volonté (vôao; -ittcwç, la loi de la foi, et vôao: i'cyojv, la loi des œuvres, 111, 27; v:y/j: -vcjy.aTo:, tt; àaaiTix:, la loi de TKsprit, du j)r'cliè, Mil, 2, etc.). C'est certainement ici le sens de ce mot. l'aul résume dans ce verset le mode d'' existence dans lequel il s'est trouvé placé depuis que l'intervention de la loi dans sa vie morale a amené le divorce entre lui et Sf)n Dieu et par là l'état de moit spiriluelle. Ce sens abstrait du terme de loi résulte d'abord de l'expression : la lui de Dieu, dans le verset suivant, où par ce complément : <le Dieu, la loi mosaïque est opposée à la loi doiil il parle ici; puis du V. 2."», où Paul appliqr.e de nouveau l'idée générale tie /o/, en disant, en opposition à la loi de Dieu : une aulre loi. — Le mode d'existence ici décrit présente deux caractères opposés, la volonté' du bien : à moi (fui rciic fit ire le bien,

et raccomplissomenl du mal : le mal est ailaché à moi. Le datif Tw ÔiVjvTi, à moi gui veux, dépend du mol tov vôu.ov, la loi, qui a un sens très-aclif : « Celte loi s'impose à moi qui veux faire...» Le on, que, dépend également de TÔv vôjj.ov, la loi: la loi qui consiste en ceci, que... — Le verbe TTapaxei^ôai, ôlre auprès de, est pi'is ici dans le même sens qu'au v. 18 : se présenter immédiatement au moment do l'action : « F'our moi qui veux faire le bien, le mal se trouve le premier sous ma main. » — Les deux i[j.oi. à moi, servent à relever fortement l'uuitc de ce sujet qui a le mallieur de vouloir une cliose et d'en faire une autre contraire.

Plusieurs interprètes, ayant conmicncé par prendre le terme de loi dans le sens de loi mosaïque, se sont trouvés par Là embarrassés dans d'inextricables diflicultés. Qu'on en juge . I. Knapj) et Olshauseu font de tô /.xacv, le bien, l'apposition de tov voaov, la loi; puis de oti, que, l'objet ôe je trompe : «Moi qui veux faire la loi, c'est-à-dire le bien, je trouve que le mal m'est altacbé. » Mais cette apposition est très-étrange, et le partie, tw OAovti devi-ait être placé avant tov vÔ|7.ov. — 2. Clir>/sosto)ne et la Pescliito prennent les mots tw OiAovTi, à moi roulant, comme datii de faveur, et la conj. oti dans le sens de parce que : « Je trouve la loi venant à mon aide, à moi qui veux faire le bien, et cela parce que le mal est atlacbé à moi. » La loi venant au secours de Paid pour lutter contre le mal ! dette idée est l'antipode de ce que Paul enseigne dans tout ce cbapitre. — .j. Etvalil obtient un sens directement opposé, en faisant de tô xa/,ôv, le mal, une apposition de TOV voaov, la Idi : « Je trouve la loi, c'est-à-dire le mal, attacliée à moi (juand je veux faii-e le bien. )i Non seulement cette construction est forcée grammaticalement, mais surtout celle idenlilication de la loi et du mal serait

une exagération évidente (comp. VII, 7). Marcion seul aurait pu s'exprimer de la sorte. — U. Meyer donne pour oltjet au participe Oc'aovti, roulant, le substantif la lui et prend Troieîv, faire, comme infinilil' de but : « Je trouve que, à moi qui veux la loi dans le but de faire le bien, le mal est attacbé.» Mais l'objet tov vôaov devrait être placé entre tw et OiVjvTi ; et l'expression vouloir la loi est sans exemple. Enfin, il est peu naturel de prendre l'infinilif ûcitgîv, faire, comme infinitif de but; c'est évidemment l'objet de Wko^-i, voulant. — 5. Le clief-d'œuvre entre ces explications est celle de Hofmann ; selon lui, le verbe ■KrjizXv, faire, n'a pas d'objet; il faut le prendre dans le sens d'agir; to /.aXov, le bien, est attribut de tov vov/jv, la loi, et oTi signifie parce que : « Je découvre que la loi est le bien pour moi qui veux agir, parce que le mal e^l attacbé à moi » ; ce.qui doit avoir ce sens : que le mal, en m'arrêlant dans mon empressement à agir en vue du bien, sert à me prouver par celte résistance que c'est bien la loi que j'ai l'intention de réaliser. Est-il possible de se figurer une pensée plus entortillée et une construction plus aitificielle que celle-là? Le verbe actif ttoisiv, faire, sans objet; l'attribut séparé de son substantif, etc. ! — Le vrai sens du mot vojxo:, toi, que nous avons établi, délivre ce pauvre verset de toutes ces toitures qu'on lui a lail .^ubir h qui mieux mieux. Notre sens se trouve cbez bon nond)re d'interprètes (Calvin, TlwtucI;, Phitippi, etc.). Si, api-ès cela, il avait besoin d'iuie coiilirmaiion, elle résulterait des deux V. suivants, dont l'un, v. 2:2, démonlnî le : che: moi qui veux faire le bien, et l'autre, v. 2.'», le : le niul est attaché à moi.

V. 22 et 23 : « Car j'applaudis à la loi de Dieu selon l'homme intérieur; 2.) mais je vois une autre loi dans mes membres, qui lutte contre la loi de mon enten-

dément et qui me rend captif de ' la loi du péché qui est dans mes membres.»^ — !>'■ verbe '7v/r/^vy.'/■. <i,^iiilie proprement je me réjouis avec. Serait-ce, comme l'entend >'((>( Henijcl, avec (Vautres personnes qui, tout comme moi, prennent plaisir à la loi? Ou bien, comme le pense Mei/er, avec la loi elle-même qui, ainsi que moi, prend plaisir an bien qu'elle prescrit? La première idée n'est point motivée par le contexte, et la seconde n'est pas naturelle; car ce n'est pas la loi qui peut éprouver le sentiment de joie dont parle l'apôtre; elle en est l'objet. Il faut donc appliquer le T'jv, avec, à l'intimilé du sentiment éprouvé : .le me réjouis en et avec moi-même, c'est-à-dire dans le for le plus intime de mon élre. Ce terme est plus fort cpie le terme G'rj.or,'j^, s'accorder avec, au v. 16, qui exprimait un simple accord de conviction, tandis qu'il s'agit ici d'une adhésion enipressée, joyeuse même. Ce mot rappelle les jouissances infinies qu'avait lait éprouver à Paul l'étude des beautés morales de la loi. — Le complément de Dieu justifie l'assentiment joyeux indiqué par l'expression ,/"<'/'jilaadis. — Les derniers mots : selon l'homme intérieur, rappellent positivement que ce n'est qu'à une partie de son être qu'il faut a|)pliquer ce que Paul dit ici de lui-même. Lltomme intérieur ne doit pas être confondu avec le nourri liotnme,y..y.i'/o; xv(jaw-o:, qui est l'œuvre du Saint-Esprit, tandis que, comme le dit IW/.w, le |tremier est l'oriiane qui nous rend capables de rec(.'Voir rKspril. Paul veut |iarler de ce qu'il appelle, v. :2.'3 et :2r>, l'entendement, le Wjz, la faculté dont est douée l'âme bumaine di^ percevoir le vrai et le bon, (,'! de les distiiii^uei' du faux (ît du mauvais. C'est spécialement ici la conscience morale, mais coumie n'ayant en quelque sorte qu'un caractère tbéorique, et

' N l{ I» Iv I" (1 K t* il. lisent :•/ devanl ■:(•) vo;j.(o : ce v/ v<{ omis par f. R. a..c A C I. Svr.

CHAI». VII. -l-l'-li.

HS

dans la pratique ii'exeiviinl |>as sur la volonté un empire sul'tîsanl pour l'entraîner à l'aii'o ce ({u'elle-nit'me approuve. L'houime extérieur, la personnalité phénoménale, aiiissanle, est entraînée par une autre puissance dans le sens opposé (v. 23). Nous i-etrouvons, il Cor. IV, 16, l'opposition entre l'iiomnie intérieur et l'homme extérieur, mais dans un sens un peu différent indiqué par le contexte : l'homme intérieur désignant là l'homme moral tout entier, volonté et entendement, et le second l'homme physique uniquement. — Nous avons déjà fait voir, au V. 10, que tout ce que Paul affirme dans ce passage et les autres semhlahles ne dépasse en rien ce <pie .lésus-Chiist lui-même a attribué à l'homme inconverti et pourtant désireux du bien, surtout quand il a été placé, comme le .luif, sous l'influence de la loi divine et de la grâce prévenante (pii l'accompagne toujours, l'ail rail ou Fenseit/nemeut du Père, dont parle Jésus (Jean VI).

V. H:]. Ce V. est le développement de '2\ ^> : Le mal est attaché à moi. Toutes les expressions de ce v. se rapportent à la même image et font tahleau. .Au moment où celui qui parle s'élance pour suivre la loi de Dieu ({ui l'attire, il contemple (pli-oi, je vois) un adversaire armé qui s'avance à sa rencontre pour lui barrer le chemin; c'est là ce qu'e\|)rime littf'îralemenl le ferme y.v-'.'7-oy-vk':^y.'., sr mettre en Ijutaille cunire. Cet ennemi, c'est une loi opposée à celle de Dieu, habilanl dans ses propres meinhres. l'ar là Paul désigne les instincts sensuels et égoïstes attachés aux membres du corps et qui chei'chent à se satisfaire par leur moyen, malgré l'assenliment (pie l'enteiidement accorde à la loi qui pousse à les réprimer. Ainsi se trouvent en face, comme deux adversaires, la loi de l'entendement et celle qui habite dans les membres. Le prix de la lutte, c'est le moi(\\\e toutes deux ré'clamcnt; cl son résul-

124 LA SANCTiriCATloN

tal ordinaire, la prise de possession du nrioi par la seconde. Les mois : qui me rend captif de la loi du péché, représentent le moi, au moment où il est entraîné captif (a<>/- [xyOM-CÇv.y , faire prisonnier) par la loi des membres et livré au pouvoir du péché. Saint Paul appelle ce maître la loi du péché qui est dans mes membres. Ces derniers mots paraissent au premier coup d'œil une répétition. Mais ils sont ajoutés pour montrer dans ces membres, qui luttent si fidèlement contre la loi de rentendcmenl pour lui arracher le moi, l'armée équipée en quelque soi te par le péché pour combattre à son service et à sa solde.

Dans les versets 22 et 23, nous trouvons donc mentionnées quatre lois particulières dans lesquelles se lésume la loi f/énérale ou le mode de vivre complet de l'homme non régénéré. Deux de ces lois sont objectives et s'imposent en quel([ue sorte du dehors à la volonté. L'une est la loi de Dieu, la loi morale, écrite ou non éci'ile ; l'autre est la loi du péché, cet instinct égoïste de l'âme humaine qui la domine héréditairement depuis la chnle. .\ ces deux lois objectives en correspondent deux subjccfires qui sont comme les représentantes des deux premières dans l'individu : l(( loi de V entendement, qui n'est autre que le sens moral chez l'homme, s'appropriant la loi de Dieu et y reconnaissant la vraie rèj^lc de la vie; et la loi des membres qui est l'organe subjectif par lequel l'individu ressent et subit la loi du péché. Ces quatre lois réunies, en y ajoutant h' fait habituel de la victoire que les deux dernières remportent sur les deux premières, constituent le mode général di' noire existence morale avant la n'-gi-nération, le régiiiir de vie sous lequel Paul se trotiv.iii jadis, le vôao: du v. 21. — Si l'apùlre n'était qu'un froid moraliste, disséquant au scalpel de l'analyse psychologique n(tlre élal l'e niisèri' morale, il fût passé direrlfiiicnt du

r.HAP. vil. i3--2V.

V. 2.') à la seconde partie du v. -lo, où il résume encore une fois, dans une antithèse précise, le résultat de toute celte élude. Mais il écrit en apôtre, non en philosophe. En retraçant le tahleau de cet état, il sent peser sur son cœur la lirave question du salut. L'ans^oisse le saisit coMinie s'il était encore au Ibrl de cette lutle. Il pousse le cri de détresse (v. 2i), immédiatement suivi d'une action de grâces, parce qu'au moment où il écrit il connaît déjà la délivrance (25'^); après quoi il reprend et résume encore une fois toute l'exposition précédente dans la seconde partie du v. 25.

V. -24 et 25 : « 0 homme misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort? 25 Je rends grâces à Dieu ' par Jésus-Christ, notre Seigneur ! Je sers donc moi-même par l'entendement- la loi de Dieu, par la chair la loi du péché. >■> — Les deux exclamations qui commencent ce verset, sont celles de l'homme intérieur, qui, se sentant emmené captif sous la loi du péché, pousse un gémissement, puis crie au secours. Le terme xvOpoj-o;, homme, est propre à rappeler à chaque lecteur que l'état décrit est hien le sien, tant que le lihérateur n'est pas apparu pour lui. — Pourquoi Paul se dit-il ici misérahie, c'est-à-dire malheureux, phitiM que coupahie? Parce qu'il ne s'ai;it pas en ce moment de la condamnation, résultant de la culpahililé; ce sujet a été traité dans la prennère partie, ch. 1-V. La puissance innée du mal, dont la loi n'a \)n l'aHranchir, est une maladie héréditaire, un malheur qui ne devient une faute que dans la mesure où nous y acquiesçons personnellement

• Trois le(;ons : T. R. avec x A t: L l' Syr. : fj/xy.n-o to Oko (je rends (jràces à Dieu) ; B Or. : /ao;; tw 6cw (grâces à Dieu.'); D E F G : rj /ap'.? -ou Osou [F G : toj v:jy.o-j\ (la grâce de Dieu).

2 N F G It. oiiietlent ;j.:v cnlrc to el vo-..

l-f> LA SANCTIFICATION

on lie liillanl pas contre elle avec les secours fournis par l'économie où nous vivons. Le terme ps-rOai, délivrer, est employé pour désigner l'acte du soldat qui accourt au cri de son camarade prisonnier afin de l'arracher des mains de l'ennemi, il appartient donc encore au même ordi'e (limages rpie les deux verbes y.'i~'.n-^y-v'jii'^iy.<. ft y.l/'j.y'i.oi- Ti^i'-v, dans le v. précédent. — L'ennemi qui tient lié le prisonnier est appelé ici le corjis de celte mort. On a voulu voir dans ce terme le corps une expression figurée, signifianl uniquement lu masse, le fardeau, .\insi Calvin dit : Corinis rnortis vocal massam peccati vel congeriem, cr (jtni lotus homo cou/la lus est. Mais il vient d'être question au v. '2S des tj.ilr., membres du corps, dans le sens propre; el une i)areille figure est peu naturelle. Chri/sostome, suivi par plusieurs, prend le corps au sens littéral et voit dans ce cri le soupir après la mort. « Jusques à quand serai-je ohligé de vivre dans ce misérable corps? » C'est à ce sens que conduit aussi une autre remarque de Calvin : « Il nous apprend à demander la mort comme l'unique remède du mal; et c'est là, en ellet, le seul but légitime du désir de la mort. » On ne saurait méconnaître plus complètement le sens de cette parole. L'apôtre ne i-end-il pas grâce dans la phrase suivante pour la délivrance obtenue? Kt cette délivi'ance n'est pas la mort. S'il s'agit ici du corps, c'est dans le sens dans lequel il était appelé VI, 6 le corjKS du péché, (''est le corps envisagé comme l'instrument principal don! le péché se S(!rl pour assujettir l'ànii' rt se salisfaire lui-même en plongeant toujours plus prorondément l'homme dans la mort; le corps comme siège et instrument de celte mortqu'il décrit ici; comp. l'expression V. T) : fructifier à la mort. Le corps demeure chez le chrétien, mais iiour être à r.'niie un insliiiiiienl de juslice, pour frucli/icr à Ihvn (v. (»); ediiip. Vl, l-J. \:\.

CHAP. VII. ii-'lo. 1-'

Un compreml que ceux qui rapporlcnt loul ce passage. Vil, 1^-23, au fidèle réiiénéré, ont dû être amenés aux explications de Chrysostome et de Calvin. — L'adjectil TooTo-j doit- il être rapporté à 'îwy.a-ro:, le corps (ce corps de mort), ou à OavaTou, la mort (le corps de cette mort)? La phrase grecque donnerait lieu à un malentendu presque inévitable si la première construction était la vraie. D'ailleurs l'opposition entre le corps actuel et le corps ressuscité ne serait pas motivée par le contexte, tandis que l'expression i( celle mort » rappelle ce qui a été dit V. 10, Il et 13 de l'étal de mort spirituelle où la loi a plongé l'âme. — Ce n'est évidemment pas le chrétien régénéré qui poui'rail pousser ce cri ; car il sait quel est ce Tiç, (lui? dont celui qui Liémit ainsi ignore encore le nom. C'est tout à l'ail en vain que Philippi essaie de faire rentrer ces mots dans son explication en disant: «Le racheté demande pour ainsi dire (!) toujours un nouveau (?) libérateur de la puissance du péché existant encore chez lui.)) Pour le croyant il y a une délivrance, accomplie une fois pour toutes, qui est à la hase de toutes les délivrances particulières qu'il peut demander encore.

V. :25. D'entre les trois leçons que pi'ésenlent les documents dans la première partie de ce v.. nous «levons écarter sans hésiter la gréco-latine : r. /a:-.: toO (/eoO, la grâce de Dieu. (> serait la réponse au ti:, dans la question précédente : « Oui me délivrera? » Fîép.: <( La grâce de Dieu.i) 11 eût fallu, ou: le Seigneur .lésus Christ, ou pinliM : l'Esprit du Seigneur. Cette leçon provient évideuunenl de ce que l'on a cherché la réponse <à la question posée dans les mots qui la suivaient immédiatement. La leçon du Valic. et (VOrir/èiie : yy.z'.ç-Ci (kC},yrâces à Dieu ! est un<' exclamation triomphante, en réponse au cri de douleur précédenl. C'est la leçon aujdui-d'liui préféri'C Klli^ paiail

l'-^8 I.A SANCTII-ICATION

liien répondre à l'cmolion qui a dicté les questions précédentes, .le ne puis m'empèclier cependant d'accorder une plus grande vraisemblance à la leron reçue, qui a pour elle le SinaUicus, V Alexandrinm et la Pescinto : (( Je i-ends grâces à Dieu. » Par son cnraclère calme, elle me paraît mieux répondre au seiiliment de paix de l'àme délivrée; et elle fait ainsi contraste avec l'agitation pleine d'angoisse qui s'exprimait dans les deux questions précédentes. — La médiation de Jt'sus-C/irist, rappelée dans les mots suivants, se rapporle-t elle à l'action de grâces ellemême, dont Jésus est auprès de Dieu l'intermédiaire, ou bien à la délivrance qui est l'objet sous-entendu de l'action de grâces et dont il a été l'instrument? Le premier sens est défendu par Hofnuinn ; mais il n'est point motivé par l'idée générale du morceau, tandis que le second est exigé par le contexte; comp. I Cor. XV, 57. — Si Pau! ne développe pas ici le mode de la délivrance, c'est que ce devait être le sujet du morceau suivant.

L'apntre a terminé le tableau de son état précédent en se transportant en pensée au moment où, à bout de forces, il a poussé le cri de détresse auquel Dieu a miséricordieusement répondu. Il revient maintenant en arriére afin de conclure. Il formule dans deux propositions brèves et frap|)antes les deux côtés de son état passé.

Le x:a o>;, ainsi donc, a la doid)le propriété de renouer le lil interrompu {^p) et d'annoncer la conclusion (o3v). Ce donc résulterait-il, comme le vent Mci/er, du : .le rends (/rares par Jésus-Christ, en ce S(.'ns que sans Clirist Paul s»;rait encore dans l'élat misérable dont il a parlé? O.'lle liaison a le grand inconvénient de faire dominer une idée qui n'a été énoncée que d'un mol et en passant, sur la pensée générale de tout If morceau. 11 faut pluti''t ratlacber, avec Rïickerl, le ilonc au riior(^eau tout entier, (|ui

CHAI'. VII. -r.. I-J'.i

va èlnj récapiliilé. — Nous avons déj'à trouvé plus d'une lois, au terme d'un développement, une anlilliî?be nettement formulée, destinée à le résumer en rappelant les deux côtés de la question; comp. V, 21 et VI, -IS. — Les deux particules yiv et ^£, dont la première n'est pas l'réquemment employée dans le X. T., ibnt énergiquement ressortir l'opposition formulée. Le retranelieinent du yiv dans le Sinaïl. et deux gréco-lat. ne provient que d'une néi;ligence. Celte forme (y,-v et èi) indique que la première des deux pensées est mentionnée en passant seulement, atlii de rcscrver un C('>té de la vérité qui ne doit pas être oublié, mais que le lecteur doit s'arrêter surtout à la seconde. — On a compi'is de plusieurs manières le pronom a-jTÔç i'-o), mui-rnàne. Ouelques-uns (Bèze, Er., Riïck., Holsl.) l'ont entendu dans le sens de : moi, lo même homme {v;li ô aùrj;), ego idem: ^( Moi, un seul et même homme, je suis comme partagé en deux. » Ce sens conviendrait Ijien au contexte, quoi qu'en dise Mei/er ; mais les exemples cités pour le justiiier ne sont tirés que du langage poétique^. D'autres (Grot., Thol., Pkilii)., etc.) entendent : moi, moi-même, ego ipse : « .Moi, cet /tomme même qui viens de déplorer ainsi ma miséi'e. » Ce sens pourrait convenir si ce que Paul va dire de lui formait une opposition (ou du moins une gradation) avec le tableau précédent. .Mais il n'en est rien ; ce qui suit est un simple résumé destiné à conclure. On a expliqué aussi ce pronom dans le sens de )noi seul, ego i;oius, c'est-à-dire : en isolant ma personne de toute autre. Ce sens est le vrai, pourvu qu'on ne substitue pas une notion numérique (loi seul) à l'idée du pronom qui est qualitative. (]omme le dit Hofmaun, « le aO-oç, même, sert à restreindre le moi à lui-mèrne » ; c'est-à-dire à ce que Paul est en et par luimême, et abstraction faite de ce qu'il est devenu par l'in-

\l}\ Ro.M. — ro.ME II

I8l> LA SANC.TIIICATION

k'ivi'nlion supérieure, rappelée v. "Ib-'. I.'anlilliése sousenlendue esl : Moi, loi que je suis sans Christ (v. -24) et lel que je suis f// Christ iVIII, 1). Dès que Paul relrauclie (le sa vie luorale l'œuvre du libéraleui', il ne voit plus en lui-même que deux ciioscs, celles qui vout suivre. D'un C('ilé, un homme qui par Vtnitinnhnncnt sert lu loi ilf Dieu. Le terme voO;, V entendement, est étran^emenl torturé par Hodfje, qui l'explique ainsi : « le cœîui' en tant que régénéré, » et par Cnirin et Olshansen, qui y voient, l'un : « réiément rationnel de l'âme illuminée par l'Ksprit (If l>i(Mi » ; l'autre : « i'intelliiience affranchie [par la réiiénéralion] pour acconqtlir la loi. ï> Mais où est-il question dans ce passage de l'Esprit de Dieu et de Y acxom plissement (le la loi? Ne relrouvous-nous pas ici la même expression qu'au V. 'i:\ : lit loi de mon entendement, (Vjuivalenle au terme : l'homme intérieur, v. -iH'] VA si le mot scrrir est employé, n'est-ce pas uni((uement à l'entendement qu'il est appliqué, de manière à désigner une soumission essentiellement théorique? tle qui sul'llt à écaiter le sens spécialement chrétien que l'on veut donner à cette proposition, c'est que, coinme lobserve Met/er, s'il était question ici du régénéré, l'ordre des deux propositions devrait être interverti. Paul aurait dû dire : «Je sers sans doule par la chair l;i loi du péché, mais par l'enleudement la loi de iMeu )^ \ car c'est à ce second ci^té (pie reste la vicloii'e dans la vit^ chrétienne; comp. Gai. V, H»- 17. L'entendement, le voO:, di-signe simplement ici cet organe iialurel de rame humaine par lequel elle contemple et discerne le hieii et lui donne son adhésion ( l(^ i-j'j.- <p-/;y.'., V. iO; le i'jW/^ou.v.'., v. 4:2; le vôi/,0: roO vooç y.o'j, V. 23). Si cet organe n'existait pas che/ l'homme nalurel, il n'y aurait plus ch.'z lui de responsahilité uiorale, et sa coiid.uunation lomherait par là même. — L'expression

r.HAP. VII. '25. l."!l

pjiraîl exlrnordiiiniicmeiil l'orle : « scrrir la loi de Dieu. » .Mais comp. VII, (i : i( servir en vieillesse de Icllre, » el Pliil. III, G : « quant à la justice de la loi, élanl sans reproche.» L'IsratMile sincère se reconnaîl el se déclare même avec joie — c'est ce que faisait aulrelois Saul liii-nit'me — serviteur de la loi de son Dieu (II, 17-20); il y applaudit et ne demande qu\à en propager le rè<ine dans le monde entier. C'est là le vo'i ^vjIvjv.v. Il y a une •iradation de la simple ronuaissance (v. \A) à rasseiitijimit (v. 1(5), de celui-ci à l'apjnobalion joyeuse (v. 22), entin de celle-ci à l'effort sincère de mettre en pratique, à ce que Paul appelle servir (v. 25). Ce sont là les degrés de la relation sympathique que Paul déclare avoir existé ;iutrefois entre son être intime et la loi divine

Voilà le joyeux i/Av; mais à ce [j.vj s'oppose un douloureux ^é. Oui, sans doute, serviteur de la loi de Dieu par l'entendement ; mais en même temps serviteur du péché par la puissance de la chair, par cette complaisance du moi en lui-même qui piocède de la loi des memhres (v. 22). Et c'est à cela qu'en serait restée indéfiniment la vie morale de Saul s'il n'y eût eu pour lui nne réponse du ciel au cri désespéré du v. 24.

Olshcmsen et Scliotl ont cru devoir conunencer déjà la nouvelle section, la description de l'état du régénéré, au v. 25. Maison est ainsi ohligé, soit d'admettre une interruption (le cette description dés la soconile partie de ce verset, soit de donner au terme de vo-jç, V entendement, le sens forcé que lui ont donné Calvin et Olshausen. Hofmann ne réussit pas mieux dans sa tentative de conuTicn- CQV la section nouvelle avec le i'pa o-jv, ainsi donc (25''). Gomment un second ioa, donc, Vlli, I, suivrait-il de si prés le premier, surtout puisqm; VIII, 1-2 décrivent un ■(îtat ahsoluiiient opposé à celui du \. 25".*

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