I.")'i I.A SANC.TII-ICATION
Conrhisioti sur te inoix-ettc r . 1 l-'Jô. — A\aiit dV'iitrer dans l'étude de ce morceau, nous avions conclu du ionk'\te et de tout Tensendiie de la section que ce passajie ne pouvait se rapporter qu'à l'état de Saul phfirisiea. C'était la conséquence naturelle de l'identité du -ujet auquel se rapporte le morceau v. 7-1'^ et sur lequel tout le monde, ou à |)eu près, est d'accord, avec celui auquel se rapporte le passaize v. l'i-:^.*}. Cette manière de voir nous paraît avoir été confirmée par l'étude détaillée de tout le passade. Paul \ a évité, évidemment à dessein, toute e\- |)ression appartenant spécialement à la sphère chrétieime. en particulier le terme TTv^jaa. l'E.sp)-it. pour ne se servir que de termes désiiinant les facultés naturelles de l'àme humaine, comme celui de vojç. r entende ment. I.e contraste sur ce point avec Vin. 1-1 1 est saillant. Comparez aussi la description de la lutte entre l'Esprit et la chair chez le croyant, Cal. V. 17. Nous pouvons ainsi comprendre pourquoi ce passase est celui de toutes les épitres de saint Paul qu\ présente le plus de points de contact avec la littérature profane'. L'état du Juif pieux sous la loi ne diffère pas esenliellement de celui du pa'ien sincère cherchant à pratiquer le hien tel (|ue le lui rcxèlc la conscience til. l'i. lo"). — La principale objection (pie lOn peut élever contre cette in-
' ... AliiKJ.iiK' ciipido.
Mens aliiid siiadel.
( f.c désir me conseille tine chose, lu i-inso)i U7ie uvtrei. 0\ide. . . . Video rneliora prohotpie. Détériora seipior.
(Je vois hien le parti le ûieilleur et je l'appruurc ; mais je sais le plus mauvais). i-e même.
Scibam ut esse me decerel. f'acere non quibam, miser.
(Je savais bien comment je devais être. mais. ruaUieïo-euj- Que je suis, je ne pouvais le faire). Piaule.
Otiid est quod nos aliô tendenles aliù trahit?
(Qu'est-ce donc qui. lorsqrie nous tendons d'au côté, nous entrame de l'autre ?) Sén«''qiie.
'() à(jLao-âvf»v o aiv Oî'Xît. oj ~v.v.. /.x: o ;jl7; Oï'as'.. r.ry.v..
(Celui qui pèche ne fait pas ce qu'il veut, et fait ce qu'il ne veut pas.) Epiclète.
On connail la comparaison de Platon représenlani l'àme humaine seml)iai)l(' à un chariot attelé de deux chevaux qui le lirenl l'un en haut, l'autre en bas.
CHAI". Vil. '25.
terprétation. ce sont les verbes au présent. Mais le v. "Ik montre avec quelle vivacité Paul se replaçait, en traçant ces liirnes. dans le milieu de ses impressions dautrefois. Puis il faut se rappeler ce que Paul ne saurait oublier, cest que ce qui est un passé pour lui. est un présent pour tous ses compatriotes sincères dont il est le représentant normal et qui passent encore par la lutte intime quil décrit ici. Il veut dire : « Voilà hier, aujourd'hui et toujours l'état de l'àme placée entre la loi et la chair, tant qu'elle ne connaît pas le libérateur. « Enlin, il sent profondément que, dès qu'il viendrait à se séparer de Christ, il redeviendrait luimême ce .luif légal, luttant en vain avec le péché par ses [)ropres forces et bientôt vaincu par l'instinct charnel. Ce qu'il dépeint, c'est donc la nature humaine aux prises avec la loi sainte, où que ces deu '- adversaires se rencontrent sans que la eràce évaniiélique s'interpose entre eux. C'est là ce qui explique sans doute l'analoiiie entre ce tableau et tant d'expériences faites par les chrétiens, et ce qui a fait illusion à de si nombreux et excellents interprètes. Comment arrive-t-il si souvent au croyant de ne plus trouver dans l'Evaniiile qu'une loi, et une loi plus lourde enc(tre que celle du Siiiaï:' Car les exii:;ences de (îolij;otha vont infiniment plus profond que celles du Sinaï. Elles atteiiiuent. comme dit un écrivain sacré, u jusqu'à la division de l'àme et de l'esprit, jusqu'aux jointures et aux moelles. jus(|u'aux impulsions et aux pensées du ca^ur » (Hébr. IV. [t). Cela vient simplement de ce (]uil a laissé le lien entre Christ et son co'ur se relâcher et de ce qu'il se trouve ainsi seul en face des exiirences de l'Evaniiile, comme le Juif léiial en face de celles de la loi. Est-il étomiant ([ualors il fasse les mêmes expériences, et de [)lus poignantes encore, que ce dernier? On se représente ordinairement la foi en Christ comme un l'ail accompli une fois pour toutes, et qui doit déployer nécessairement et naturellement ses con.sé(iuences. comme un arbre produit ses fruits. On oublie que dans le domaine spirituel rien n'^.y^ fait qui ne doive se refaire incessamment, et que ce qui ne se refait pas aujourd'hui, commencera dès demain à se défaire. C est ainsi que le lien de l'àme avec Christ, par lequel nous .sommes devenus ses sarments, se relâche à l'instant même où nous ne le reformons et ne le resserrons pas activement. Il commence à se rompre à cha(|ue acte d'inlidélité non pardonné. Le sarment devient stérile, et pourtant la