I-'hS la SANCTiriC.VTKiN
l'cifaai (le Dieu. \w de nouveau. alVranchi |)ar la liràce et animé (le l'Esprit de Christ, mais de lliommedont la conscience. réveill<''e par la loi, a enjiaijé avec sincérité, avec crainte et trend)lement, mais encore a>-ec ses propres forces, la lutte désespérée contre le mal » ; — tout en ajoutant seulement (jue dans nos circonstances actuelles la loi qui réveille ainsi la conscience et l'appelle à la lutte contre le péché, c'est la loi sous la forme de l'Kvan.uile et de l'exemple de Jésus-(>lirist. dès qu'on l'isole (le la justification en lui et de la sanctification par lui.
TROISIÈME SECTION Mil. 1-17.
l.'oKI.VRE Dl" SAI.NT-KSPIIIT l)A.N< I.E CKuV.V.NT HSlMm-:.
Va\ arrivant à la lin du la section précédonlc, l'aiiùlrc avait opposé la rieiUcsse dr Icllre, lennc par luquel il désiiine l'obéissance du .luil' sincère sous la loi, à la noavenuié d'Esprit, par où il entend l'élat du chrétien ré|iénéré. H vient île di'ci'irr, d'après sa propre expérience, le premier de ces deux ('lais, alin de montrer combien peu le chrèlien doit rci^ielter rassujetlisseun-nt à un principe de moralité aussi extérieur et inefficace (pie l'es! la loi. 11 tourne maintenant la paiie de sa vie spirituelle (*l décrit l(î second de ces deux (!'tats, œuvre du Saint-Ksprit. (le principe divin n'imposi^ pas le bien du dehors; il l'inspire en l'aisaul |)tMi(''trer l'amour de Dieu, du L)ien vivant, dans la volonté elle-même. Les conséquences de celte Iranslbnualion inléiieure se déploient dès ce moment de dcinc en (]c<;:vô jus(|u'au paiiail accom|>lissement du dessein de Dieu en t'aveur de rhumauit('' rachetée. Tel est le sujet di'veloppi' dans ce chapitre, (pie l'on a (pialifif'' en deux mots (piand on a dit (pie c'est « ('(dui qui commence par plus ih; tondininidUtni ! cl ipii finit par plus de si'panilioii ! » Spenrr |)ensail ipie si rKcritiire sainte était nue ba^iie et (pu' l'i'pitre aux lloinains en lui la
ciiAi*. VII. -ir-viii. I. I-'»'*
pierre précieuse, le cli. Mil serait le sonimel élincelanl (lu joyau.
Celle seclioii coinpi'eiid deux morceaux :
Dans le premier, v. I-II, le Saint-Esprit est présenté comme le principe de la sanctification et de la résurrection corporelle du fidèle.
Dans le second, v. 12-17, l'état de sainteté dans lequel le Saint-Esprit place le fidèle^ est présenté comme un état (Vadoplion qui lui confère la divinité d'héritier de Dieu.
Quel est le rapport entre les cli. VI et VIII, qui paraissent Iraitei' le uirine sujet? Dans le premier l'apùtiv a montré comment l'objet même de la foi justifiante. Christ crucifié et, ressuscité, s'impose à la volonté de celui qui se l'approprie comme un |)rincipe de mort au péché et de vie pour Dieu. .Mais pour que cette volonté nouvelle et sainte se réalise dans la vie, il faut en même temps une force nouvelle qui lui communique l'efficacité créatrice et surmonte les obstacles intérieurs et extérieurs qui s'opposent à sa réalisation. Celte force, l'apolrr a prouvé au ch. VII qu'elle ne peut provenir de la loi, qui produit bien plutôt l'effet contraire; il montre maintenant au ch. VIII que cette force est le Sainl-Espril par lequel la sainteté que réclamait la loi, mais qu'elle ne pouvait produire, est accomplie dans le fidèle, ce ([ui prépare dè^ ici-bas son entrée dans la gloire.
XVll" MOIICEAU (Vin, 1-1 1).
La victoire du Saint-Esprit sur le péché et sur la nwrt^.
Dans les v.i-i est décrite la substitution de la sainteté au péché par le Saint-Esprit; les v. 5-11 montrent coui-
' On peiu inlilulcr iiiissi co morceau, conimc le fait ^Veiss : L'Esl>rit. principe de justice et de rie.
1 '<*• LA SANCTinr.ATIOX
iii'Mil (le la disparition du prrln'' ivsnilera celle de la »tort. Ainsi sont enlevés les deux obstacles à notre salut qui reslaienl encore debout après notre réconciliation oi>érée.
V. I cl"! : (( Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ ' ; "2 car la loi de l'Esprit de vie en Christ- Jésus m'a affranchi de la loi du péché et de la mort, )^ — Le y.zy., donc,, porte, d'après Bèze, Philip., Oltram., sur rcxclamalion du v. 35 : « Je rends grâces à Dieu...; ainsi ilimc. » Mais celte parole de délivrance n'a été que jetée en passant et par anticipation; elle n'appartenait pas au tissu de l'exposition. Selon Rïick., de TT'., Maj., Weiss, Ole, le donc porterait sur la seconde partie du v. :25 : <L Moi-même donc..., » dans ce sens : « Laissé à moimême, je sers par l'entendement la loi de Dieu, par la cliair la loi du péché ; il résulte de là, par conséquent, que lorsque je ne suis plus laissé à moi-même cet état de condannialion a cessé. » Cette relation logique est peu naturelle. Je crois plus vrai d'envisagci' tout le morceau Vil, 7-45, comme un épisode, un retour en arriére qui a interrompu l'exposition progressive de la sainteté du croyant, connnencée au cli. VI. Kt maintenant I*aul renoue le lil interrompu depuis Vil, (i, et revient à ces mots : iv ■/.«'.voTr,T'. 77v£'j[7.aTo:, en nouvcautc d'esjirit, pour les déveloftper, conmie il v(>nait de développer ceux-ci : àv -t-
' T. li. ajoute ici avec E K l> P : ;//, /aTa -rav/.a -îs'.-xtojT'.v. aXXa v.%-.x -vEjaa (qui riii marchent pas selox la t-hair. mais selon l'Esjji'it) : A S\ r<'' n'ajoutent que les mots : ;j.r, y.aTa aapzx ::£p'.j:aT0U7tv /f/i'i ne marchent p(ts selon la chair i : la leçon suivie dans la traducllon se trouve dans n* B C D F G.
- X B i" (î Svr^"'' lisent a: Itoii au lieu de [xi ^mni i.
r.HAP. VIII. I--2.
AaioTr,-'. Ypày.y.aToç, en vieillesse de lettre, dans le nioi'a'.'iii VU, 7-25. C'est donc sur celle idée : que le croynnl esl afTi'anclji du péché et libéré de la loi, développée VI, I- VII, G (et rappelée seulement en passant VII, 25), que porte le dvuc de VIII, I. — >0v, itKuiiteitant : après que la loi au Christ mort et ressuscité nous a trans|iortés dans un état de justification et de sanctification. — L'expression : aucune condamnation, ne peut s'appli(juer, comme le veut Ollraniare, à la peine du châtiment éternel ; que siiinifierait le oOà^sv, aucune? Paul veut parler de l'enlèvement de toute espèce de condamnation : il'ahord de la Liràce de la justification qui nous a déchargés de la conljn: qui pesait sur notre vie antérieure à la loi; puis de celle de la sanctification qui fait graduellement disparaître le péché lui-même; enfin la pensée de Paul s'élend sans doute à une troisième condamnation, celle de la niûji du corps, dont il va montrer aussi l'abolition par l'œuvre de l'Esprit, V. II. — Les mots : ren.r gui so}it eu Clnisl- Jésiis, ionl opposition à l'expression aO-ô; lyw, ntoi, tel que je suis en nwi-mème, VU, 25. — Nos traductions présentent d'aj)rés le T. FL, à la fin du v., cette adjonction : qtii marchent, iton selon la chair, mais selon l' Esprit. Ces mots sont, d'après de nombreuses autorités et d'après le contexte lui-même, une inferpolation tirée par anticipation du V. A : « Lue glose de précaution contre la gratuité du salut,» dit très-heureusement Bonnet. — Les v. 2-i exposent les moyens divins par lesquels la délivrance, annoncée Vil, 25 et proclamée au v. l, est accomplie L'expression : la loi de l'Esprit, a quelque chose d'étrange. L'Esprit n'est-il pas la liberté même? .Mais il faut se rappeler ce que nous avons dit (lll, 27; Vil, 21, l'ic.) du sens général que pi'cnd souvent le terme de loi che/ Paul: un régime qui s'impose à la volonté ou qui, comme dans
I 'l'I LA SANCTIFICATION
le cas îiclLiL'l, (levif'iii la volonlé elle-incMiie. Toute vie a sa loi (le naissance el de (Jéveloppenienl. L'KsjJi'il a aussi en lui-même sa loi, comme tout ce qui vient de Dieu iScIdaUcr) ; et il l'impose à la volonlé qui s'ouvre à lui. — Le Ltén. -•?,; 'C<o-?,ç. de la rie, est à la lois complément d'essence el d'efl'el : l'I^sprit ipii est el qui produit la vie. Le souflle saint émanant de Jésus glorifie pénètre et vivifie le fidèle; comp. Jean XX, 22. — Le régime en Clnist- ■Ji'sus, est rapporté par plusieurs au verbe a alj'ranclii : L'Kspril de vie nous a alTranchis en Chrisl-Jésus, c'est-àdire |)ar le fait que nous sommes en communion avec lui. .Mais dans ce sens-là Paul n'aurait-il pas tlit plus simplement sv aùxw, en lui, de manière à rappeler le : en Jésus-Christ, du v. |)récédent? 11 est plus naturel de faire dépendre ce régime de la locution qui précède immédiatement : la loi de l'Esprit de vie, ou de l'un des termes qui la composent. Les uns le font dépendre de voij-o;, /(/ loi; d'autres de rva'jfxaxoç, l'Esprit; d'autres de tzvvj- [j.y-'jz -■},; Cw?,;, l'Esprit de vie, ou enfin de Çorl;, la vie, seul. Je crois préférable de le faire dépendre de la locution entière : /(/ loi de l'Esprit de vie. Cette relation est confoi'me à l'esprit du conicxie (pii oppose loi à loi, loi de l'Esprit à loi de pécbé et de mort. — Au lieu du pronom y.s, inni, que lit le T. \\. avec la majorité des .Mss., on lit dans le Sinait. el le Vatic, ainsi qne dans deux gréco-lal. ts, toi : « /'a affrancbi. >> Celte leçon doit •Mi-e ti'ès-aiitiipu' ; car elle se trouve dans les plus anciennes versions et cliez T(;rlullien. Tischendorf l'a admise dans la builième édition. Klle n'en est pas moins Ibit inq)robable. Pourquoi Tapparilion subite de la ^f" personne au terme de toute cette exposition à la l'*" personne, el dans cette unique plirase? Ce ni est probablement provenu du redoublement de la dernière svllabe de r.^.su'k'ctoTS
(Meyer). Le ;/.i, inoi\ est la conlinualion loute simple de la forme d'expressiuii employée dans le passage précédent. 11 est naturel que le malheureux captif qui s'est écrié : « Oui me délivi'era? » soit aussi celui qui ajoute maintenant : « La loi de l'Esprit de vie m';\ délivré. »
(Jn a appliqué l'expression : la loi du jiéché cl de la morl à la loi mosaïque; comp. VU, '-L 1'* et '1 Cor. ill, 7. .Mais Paul vient d'appeler la loi : sainte, et l'a désignée comme la loi de Dieu. Pourrait-il l'appeU-r une loi dépêché? Le mot de loi doit se prendre ici dans le sens généi'al dans lequel nous l'avons rencontré si souvent. Le péché a un mode de faire qui s'impose. « Celui qui fait le péché est esclave du péché )^ (Jean \\\\, 34-). Paul o|»pose régime à régime, la puissance de l'Esprit à celle du péché qui pousse toujours plus loin dans le mal, et à celle de la mort, qui engloutit, comme un abîme, les captifs du péché. — La morl désigne ici la séparation d'avec Dieu qui, après avoir abouti à la mort physique, laisse le pécheur tomber dans la mort éternelle. L'affi'anchissement de ces deux puissances, la loi du péché et celle de la mort, est le sujet du développement suivant, jusqu'au v. 11.
Et d'abord, v. ."î-i, l'affranchissement de la lui du |»éché. Le Saint-Esprit n'agit pas magiquement. Son action se rattache toujours à un fait liistorique que la foi saisit et qui devient chez le croyant la matière que féconde l'Esprit; comp. Jean XVI, li : a L'Esprit prendi'a de ce qui est à moi. » Paul expose ici l'acte historique d'où l'Esprit tire la sanctification des croyants. C'est l'œuvre de sanctification ([ue Dieu a accomplie en la propre personne de Jésus-Christ homme; conq). Jean XVII, 19 : (c Je me sanctifie moi-même pour eux, afin (pi'eux aussi soient sanctifiés en vérité. »