‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 15 sur 97 · V. 3 et 4 : « Car — chose impossible à la loi en ce · texte numérisé non relu

V. 3 et 4 : « Car — chose impossible à la loi en ce

A SANCTIIICATIOX

qu'elle était faible par l'effet de la chair - Dieu, ayant envoyé son propre Fils dans la ressemblance d'une chair de péché et pour le péché, a condamné le péché dans la chair, i afin que la justice prescrite par la loi soit accomplie en nous qui marchons non selon la chair, mais selon l'Esprit. » — l.e mr ihi \ . :> (Meiul son intliiciicc jusqu'à la lin du v. \. — L'cxpivssion To àf^Jvarov toO voao'j doit s'expliquer conunij celle de Xén(3plion : to <^jvaTov -yj; TrôT^ecoç, ce que la ville peut l'aire on donner iMei/cr). Ainsi : l'œuvre impossible à la loi. — Notre traduction l'ait voir à quelle construcliun nous nous rattachons. Le to à^ovaTov est un noniin. absolu, Ici (jue nous en Irouvons Luc XXI, (3 el lléhr. VIII, I, qui a pour apposition l'acte suivant indiqué par ■/.y.Téy.z'.^e^u conikninié: « Ce qui était hors de la puissance de la loi, Dieu a condauiné,)) c'est-à-dire : « Dieu l'a l'ail en condauuiani,» sans qu'il soit nécessaire de sous-enlendre i-oir.^e toOto, a fait cel((, dans ce qui suit. Cette construction est simple et lucide et prélei'ahle aux construclions conq)liquées proposées pai' Sc/iotl el Hofinann. Le iv ^ peut être envisaiié comme pronom relalil" à àr^jvaTov : l'œuvre impossible dans (à l'égard de) laquelle échouait la loi (Ilolst., Wriss); ou bien comme conjonclion : en ce que, parce que ; ce second sens me parait plus siuq)le. — r.elte faiblesse de la loi ne provenait pas de cpiekpie iuqjerrection qui lui l'ùl inlii'iviiie, mais d'une résistance qu'elb» rencontrait dans riionnue, et qu'elle n'avait pas l(>s moyens de vaincre : fî'.à T7,ç Tap/toç, par un elj'el de lu iludr. La chair s'oppose à l'action de la loi parce que l'amour de la jouissance et la crainl(; de la soulTrance, (pii sont l'elVel iunii(''dial de la chaii-, voilent à l'inlelliiience la vui' de l'obliiialiou morale et entraînent instinctivement la volonté de leur C('ilé. La loi a beau condanuicr les actes (pii résultent de

CIIAl'. VIII. 3. I <•">

cette inclination héréditaire, elle ne peut extirper celle-ci et la remplacer par le mouvement saint de l'amour. Elle condamne le péché par écrit, elle Lirave sa sentence de moil sur la pierre: mais c'est tout. Elle ne réussit point à elïectuer cette sentence dans la vie humaine réelle.

t>:lte faihlesse de la loi une lois constatée par la Ionique expérience du judaïsme, Dieu s'est mis à l'oHivre; le ô Oeô; est énergique : Dieu lui-même, de sa propre iiiilialive, et par un moyen dû à sa propre sagesse. — La relation du partie, aor. -c'y.iaç avec le verbe /.aTcV.pive n'est ni celle de l'antériorité, ni celle de la simultanéité; ce n'est point ici la relation du temps, c'est celle du mode: « en faisant l'acte d'envoyer. » Comp. Act. 1, ^A : rpoTe'j^àv.evoi ei-ov, ils dirent en faisant l'acte de prier; Platon (Pliœd. p. (30) : eJ i-rAr,r:oLç àvay.v/ica: txe : « tu as Lieu agi en te souvenant de moi. » — L'expression : son propre /Us, liltér. (c le fils de lui-même, » ne désigne Jésus ni comme le roi théocratique, ni comme le Messie, ni comme l'Elu divin, ni comme le Hieii-Aiuié de Dieu; il s'agit d'une ve\i\\\on personnelle {-cfjy éau-oO, de luiinéme) ; c'est en quelque sorte de son propre moi que Dieu a donné une partie. Il tire de lui-même celui qu'il envoie pour faire ce que la loi ne pouvait faire; comp. Jean 1, 18. La notion de la préexistence de l'envoyé ne résulterait point néce-ssairement de l'expression envoyer ; Jean I, (3 monire que ce terme peut s'appliquer à l'apparition d'un simple homme revêtu d'une mission divine. Mais l'idée de la préexistence résulte dans notre passage de l'expression : « dans la re^semhlance d'une chair de péché, » qui indique un mode d'existence particulier que cet envoyé a dû prendre, et qui différait de son mode d'existence avant l'envoi. Oite iiiênie notion est exprimée d'une manière plus accentuée par le terme i^y-Tzi^xeCht^, il a envoyé hors

I if' LA SAM;T11I(.ATI(>N

(/c (rvidfiiiiiK.'iil hors ilu cieh. Gai. IV. A: elle csl pleiiiriiient expliquée par Philip. Il, ('» : « liMjiiel étaiil en roniie (le Dieu a pris la forme de serviteur, ayanl paru clans la ressemblance des hommes. » C-es derniers mois (=v ôao'.oj- [j.y.-'. àvOowrcov -^'zviij.'cvrj;) l'appellenl lont |)arlicidièrement noli-e passade.

La locution assez complexe iv c.|7.o>.f)(;.y.Ti '7a:/.o: v.<yj.z-'vj.i, (l<(iis la ressemhhtnce crime chair de péché, a élé ('■vidcmment formulée par l'apnlre avec un soin particulier. S'il eût dit : iv Tac/.'. àv-acTia;, « eu chaii" de péché, » il rùl paru attribuer à Jésus un minimum de péché, comme l'ont fait Mi'uJ.i'n, Irriiuj. Holslen, etc., ce qui sérail conlradictoii'e avec 2 (lor. V, '21. S'il eût écrit : iv ôaouôaaT-. '7ac/.o;, « en ressemblance de chair, » il n'eût alîi'ibué à Jésus ((u'une apparence corporelle et eût enseii:né le doc('lisme, comme le croit réellement Pfeiderer, assurément liien à toit; car il ressort de tous les écrits de Paul, pai"liculiérement de ce qu'il dit de la filiation davidique de Jésus et de sa résurrection corporelle, qu'il lui altribuail un corps réel et matériel comme le nôtre. Paul a évité ces deux écueils par l'expression qu'il a employée, expression dans l.iqiK'lle le terme de ressemblance porte, non sui' le mot ch(dr isrdément, mais sur la locution entière : chair de /ifihé. Jésus a été réellement reviMu de chair, tout comme nous; la sulislanee île sou corps a élé matérielle et sensible connue celle du nôtre; mais sa chair n'a pas ét('. comme la nôtre, une chair de pèche, c'est-à-dire à laquelle le péché sesoit attaché, t^ette expression rappelle celle de lorps dn péché, VI, 0, dont le sens était, non que le corjis est par sa nature uK^nie eulachi' de p(''clié, mais que, dans rr-lal de riiiimanit»'' acluelje, il est p;ir ses convoitises l'aiit-nl liajiiiiiel du pt'clié. l/e\pression de (hair de prrhr va cependani plus loin encore. La chair désii^ne.

r.iiAi'. VIII. :{. 147

<-omme nous l'avons vu, au scn> lilléial les parties molles i\u corps, sensibles à la jouissance el à la douleur, puis au sens neutre (moralcnieni parlant) celte sensibilité ellemême qui n'est en soi ni bonne ni mauvaise, el enfin, dans II' sens défavorable, la domination liérédilaire el instinctive qu'exerce sur la volonté de l'bomme décliu la reclierclie du plaisir et la crainte de la souffrance, ('/est cette domination qui constitue la citair dépêché. Jésus a possédé In cliair dans les deux premiers sens; dans le troisième il n'en a eu que Ui resseinhlance, les debors. Il a eu les mêmes sensations et les mêmes besoins que nous; mais il n'a pas laissé un moment l'attrait de la jouissance el l'effroi de la douleur dominer sa volonti'; il les a constamment lenues en échec par la vue distincte de robli^ation morale et la reconnaissance de son autorité absolue. El c'est ainsi qu'en lui la libellé d'adbésion soit à l'atlraii sensible, soit à la sollicitation morale est toujours restée intacte, tandis que la nôtre est originairement affaiblie, (|uoi(|iie non entièrement siq)|»rim<''e, p;ii' rinclinnliun naturelle à se laisser déterminer par la sensation espt*rée ou redoutée. \ous n'avons donc pas besoin, pour écbapper à la conséquence que Hulslen a tirée de notre passape (l'existence du pécbé originaire dans la personne <le (Ibrisl), de l'ecourii' au sens que Wcmll donne ici au mot cliair: la personne humaine tout entière, comme dans les ex|)ressions mille rliair, tonte chair, employées ()Our dire : nul hoinme^ tout lioinmei.

Kl (|uelle a été la raison pour laquelle Dieu a envoyison Fils sous cette forme, tandis qu'il eùl pu i)araître dans sa forme de Dieu (son état divin)? Cette raison est indiquée par les mots : -/.al ttscI -xu.az-îy.;, et pour le jicchr.

• Die Refiriff)' Fleisrli muj (ieisf. p. |'.i(».

I iS LA SANirni-ICATION

Si riiuiiiiiir eût ciHui'c été dans Tf-lal normal, ra|)|i;iiili(in (In Fils n'anrail pas dû prendre ce caraclèrc anormal. .Mais il y avail nn fail conlre-nature à délrnire, le péché. Kl c'est là ce (|ui a riuidn n(''cessaii"e la \enne dn Fils dans nne chair seml)lahle à notre chair pécheresse. L'expression : fnnir le péché, est prise parfois dans TA. T. (version lies L.\.\) comme suhstantif, dans \e sens (\e sacnfice puur le flèche (Ps. XL, 6, p. ex.), et elle a passé dans ce sens dans le N. T. (Héhr. X, G. 18); anssi quelques interprètes ont-ils pensé que Paul s'appropriait ici c(;tle locution alexandrine. l^lais ce sens si spécial, qui pouvait se piésenter naturellement à l'espril des lecteurs d'un livre tel que l'épitre aux Hébreux, tout rempli d allusions aux cérémonies du culle lévitique, eût difllcilement été compris sans explication dans une letlre comme la nôtre et par les chrétiens de P»ome, païens pour la plupart. Puis le contexte n'appelle point l'idée de sac.rillce, parce qu'il n'est pas question de faute à expier, mais uniquement de l'inclination mauvaise à déraciner. .Non que l'on doive exclure complètement du contenu de cette expression la notion d'expiation; mais ce n'est pas ici l'idée dominante. Paul veut dire, dans un sens lar^e, que c'est le lait du pèche et l'intention de le iléhnire (par tous les moyens, ïe-ipiiition, la saudiliadion), <pii ont motivé l'envoi de Cihiisl ici-has sous cette lornie si opposée à sa iilorieuse nature.

(let envoi était le moyen du moyen, c'est-à-dire la condition de l'acte décisif exprimé par les mois : // a cu)tdunine le pèche, (londanmer, c'est déclarer mauvais el vouera la ruine; el nous ne croyons pas qu'il y ail lieu de s'éloijiuer de ce sens simple el ordinaire. La pliqiarl des interprètes l'ont ju-^é inapplicable i-i y ont sulislitiK' celui de i'iii)icn\ ulnithr, dclniire : Chri/s.: ivîx.r.TSv y.u.y.:-

CHAP. VIII. y,

Uît

-riav; T/téocL: y.y.-ù:j^ev ; Bèze : abolevit ; Calvin : ahrofiaril ret/num ; Grot.: interfecil ; Beug.: virlutc privavil ; Meijer, Wt'iss : il lui a ôU' son pouvoir; Beet : il l'a (leslituc : ainsi encore ThoL, Fritzî!., de W., elc. Mais Paul a un inol consacré pour celle idée; c'est le tciine x.y-acysîv, abolir, annuler: comp. VI, 6; I Cor. XV, :24, elc. 11 y a dans le mol /^aTax.oîvsiv, condamner, la notion de sentence jmidique, que ne contient pas le sens indiqué par ces auleui"s. Baiir, Holsten, P/leiderer trouvent dans ce mot l'idée que Dieu, en tuant sur la croix la chair de Jésus, a tué le péché lui-même. .Mais condamner ne signifie pas tuer; et comment la destruction du péché en la chair de Jésus le détruirait-elle chez nous? D'ailleurs, celle idée implique celle de l'existence du péché en Jésus, idée contraire non seulement à "2 Cor. V, 21, mais encore au témoignage de la conscience de Jésus lui-même. D'autres interprètes retrouvent ici l'idée de Vexjdalion, développée au chap. III : Dieu a condamné le péché en la personne A\\ Christ immolé sur la croix comme représenlanl du péché (Bùck., Olslt., Philip., Hofm.), idée à laquelle plusieurs joignent celle de la destrucUon du péché par ce moyen; ainsi Philippi : a. détruire en expiant )■>; Gess : « la destruction de la puissance du péché par le Saint- Ksprit fondée sur une senlence juridique, c'esl-à-dire suila mort expiatoire di' Jésus.» Mais la loi aussi condamnail le péché et le menaçait de cliàlimenl; seulement elle était impuissante à le détruire, à rendre l'homme victorieux de son pouvoir. Kt ne sérail -il pas étonnant que Paul, après avoir développé le sujel de l'expiation en son lieu, au ch. III, y revint ici et en termes si ditTérents'.' .Nous sommes donc conduits par le contexte el par la relation étroite entre le verbe a condamné et le participe -vv^xç, ai/ant envoyé, à })enser à toute la vie terrestre de Christ, comme

l"»l' l.\ SANCTinCATloN

ayaril éh' l;i cniiilaiiiii.ilinii \i\;iiii(' ilii |)i''clit'. La chair t'Iait là chez hii citiniiK! chez ikmis, (illraiil iiicessaiiiiiKMiI accçs à loules les leiilaliuiis qui i(\siillenl de la jouissance ou (le la douleur en perspeclive; néanmoins il a conslaminent l(;nu hon, refnsanl lonle enlréiî an péché dans sa vulonlé et dans Sun aelivil»'. Uans inie chair de nif-ine iiatur(i que la noire, il a Ic'nn le [m'cIic' l'iraniier à sa |icrsonne, el par celle exclusion persévi-ranle, ahsolne, il l'a déclaré mauvais, indiiine d'exislei' dans l'humanilé. Ce que la loi avait l'ait en quelque sorte sin- le pa[)ier, il l'a fait, lui, dans ht c/iiiir, celle chair pai' le moyen de la(jnelle le pi-clu" eniraine la voloiih- el la pousse à la désohéissani^e. Ce sens esl (non >aus nue dilYérence Lirave) celui auquel a été conduit Mrnlicn: c'est celui de' Wentll ; c'était certainement rid(''e de Thfop/ii/h/rte (piand il disait : << Il a sanclilié la chair el l'a couronn(''e en condaninanl le péclu' dans la chair qu'il s'était appropri('e, el en monlranl que la chair u'esl pas pécheresse |tar nature» (voir le passage cih' |iar <!<■ UW/eiy. l'eiil-ètre JrriH'c Im-ne'nie avait-il la même pensi'e, ipiand il s'exprimait ainsi : (Itindemnucit pctaihiiu (dans son lor inti'rieur'?! (7 /^/jh (jiiiisi coudemmilum ejecit l'.rtrK cnruciit. — Le n-L^iiiie suivant iv -■}, ny.z'/À^ dans la ihair, di'pend non du suhsi. -ry yy.y.^-iy.^/ (« le péché fjiii e,s7 dans la chair »), mais du vcrlie /.aTix.pvvs, a condantm'. Non seulement dans le premier cas l'article Tr,v serait urc.essaire après âaxcT-.av. mais ce rf'gime serait oiseux, rappoi'lé au mol ju'ilu'. C'est dans la iclation de ce régime avec II' vcrhe a cnndaninc que se concentre tout le nerlde

' l.os trois lli('oloi;iens citt's iiiliii;liiisenl ici l'idce i|in' (ilin-t par !>ii saink' \io dexail juslilier la ctiair. c'est-à-dire riuiiiianilé du reproche d'èlre pc^clieresse par essence, et cela en montrant qu un pouvait à la fois être rf'ellement homme et |)arfailement saint. On >i' demande.' aux yeux de ipii une telle ju-^lilioation était nécessaire: en tout ca<. pii-; aux \eiix de Dieu.

CHAI'. VIII. ;i. I-"»!

la pensée : (îlirisL a dû apparailre dans lacluiir [>uuv i-ow- (lainner le péché tluns la dmiy. Il laiil bien se liarclcr de traduire avec plusieurs : « dans sa chair. » Dans ce sens, le pronom ajToO ne pourrait manquer, et par là la pensée se trouve même faussée. Car l'expression : dans sa chair, n'indiquerait qu'un fait individuel, tandis qu'en disant : dans la cliaii% Paul lait ressortir la notion généi'ale qui est reufermé dans le l'ail particulier. Semblable au héros dont parle la Cable, il a dû, si l'on ose s'exprimer de la sorte, descendre lui-même dans l'étable infecte (|u'il avait la mission de nettoyer.

De cette vie parlailomenl sainte (h; Jésus, émane la condamnation éclatante du péché. Et c'est ce grand fait moral, le plus prodigieux des m.iracles qui ont signalé celte vie, que le Saint-Esprit va désormais r(;produire dans la vie de chaque croyant et piopager dans toute l'humanité. Ce sera là la victoire remportée sur la loi du péchr IV. 2). On comprend ainsi le lapport entre le : a condamné, du v. .j, et le : aiœune condamnalion, du v. I : Il a condamne dans sa vie le péché qui, en conlimianl à dominer dans la ni")tr<', eût ramené sur elle la condanmalio)i.

Sur le verset VIII, 3. — Ce [)a>sHue iriipliciue un cert.iin eiiseml)le de pensées christoloi-'iques dans le.sprit de Paul, que nous devons faire lirièvement ressortir : I" Lapôtre part de l'idée de la préexistence de Christ (quoi qu'en dise Oltramare i : i' Il admet sa complète liumanité. lexistence corporelle comprise ((luoi qu'en ait dit autrefois Marcionj : '.\" Il lt'n\i>aize comme parfaitement exempt de péché, maliiré sa vie dans la <liair (Contrairement à l'opinion de Holsteaj; 'i ' Il \\\\ tlmic pu lui attribuer la liiiafion liumaine ordinaire d'où provit'iil I lieredité du péché; o** Il n'y a pas lieu de conclure, comme le l'ait Meyer, du xat -spt à;/.apTiaç, et pour le prché. (jue l'iiicarnation n'aurait pas eu lieu, selon Paul, sans la ( hutc : ce (pie Paul

LA hiANCTll ICATION

(lit seulement cest que la forme de rincarnatioii a été déterminée par la nécessité d'enlever un obstacle, le péclié. L apparition iilorieuse de Christ a dû être précédée et préparée par son apparition en chair de péché, c'est-à-dire dans la bassesse et la soull'rance: voila ce <|iii n'aurait pas eu lieu sans le pt-clii''.

V. '(. Si l'on iiilerpri'le le v. o coiiiine nous l'avdiis l'ail, sa relalioii avec le v. \ est aisée à comprendre : La con- (laiiination dn péché en la personne de Cdirist a élé le moyen voulu de Dieu ('iva, afin que, v. 4-) pour que la sainleté, réclamée par la loi, fût réalisée en notre personne. Le mol ^'//.awoy.a si^^nifie ici : ce que lu loi shUne juste; m\]- \eu\enl la sentence crahsolulion. co\unh' le veulent jdusieurs, Pltilippi, par exemple. Il n'est plus question de coiilpe à enlever; d'ailleurs, pour exprimer l'idée qu'en vertu de l'œuvre de Christ la loi elle-même peut maintenant nous déclarer justes, le terme de ttXy.go/Jt.vx'., être arcoiupti , ne conviendrait point. Il s'at^it, d'après le contexte et les termes employés, de ce que la loi exifjeait de l'homme. Tous les postulats renleruK'S dans la justice réclamée par la loi (comp. le sermon sur la montagne, p. ex.) sont accomplis en nous, qui, une lois que nous avons voeu rKs|)ril, marchons sous son impulsion el non plus sous celle de la chair. En effet, connue nous l'avons vu, la loi est spirituelle (VII, l/i); elle doil donc coïncider de tous points dans ses statuts avec les inqiulsions de l'Esprit. Le parlici|ie -zz'-y.-f/jniv, qui marchons, indique la condition en veilii de la(pi(dle Paul peut aflirmer des croyants ce qu'il dil ici : que la justice de la loi se trouvei'a acconqdie en eux. — Les inlerpiéles diflereni sur le sens du mol Trvsjy.y, esprit. D'après Luni/c, il s'agirait ici de la rie spirilufllc pioiluile chez les lidéles. .Mais serail-ce là une nonne hien sûre, et le v. -2 permet-il ce sens suhjeclir? La plupart enlendenl donc par celle expression : le S(rinl-hJsprit. Ce

CHAI'. VIII. ;i-'i. 13r»

>ens lie nous parait p.ls floutfux (comp. aussi v. 9 et II). Seulement, de l'emploi du mot esprit rlans ce qui suit (v. ~yS}, il résulte que l'apotre ne parle pas du Sainl- Kspril indépendamment de son union avec le -vcOaa Imiii.iin, mais du premier comme liahilanl dans le second ou du second comme dirigé entièrement par le iiremier. Voilà pourquoi, dans le pas.sage suivant, domine tantôt l'idée de ri-'.spril Ini-iiKMiie. tantôt celle de la vie nouvelle produite p.ir lui. — Mais que signifie le mot si important afin qiw'l [•ji d'autres termes, comment l'accomplissement de la loi chez les fi<lèles "résulte-l-il du fait exposé au v. 3, la condamnation du péché opérée en la personne du Christ? Dans cette question est renfermée celle de la vraie notion de la sanctification chez Paul. Gess, qui applique le terme: « a condamné le péché, » v. 8, à la mort de Christ, pense que le rùle de la mort de Christ dans notre sanctification a été de rendre possible le don de l'Esprit qui seul a la vertu de sanctifier (coinp. Gai. III, 13. \A). .Mais l*aul ne dit point au v. i : u afin que l'Esprit [lùl être donné » (comme il le l'ail (lai. 111, 14 : d/bi que nous reçussions l'Esprit). Il montre l'accomplissement de la justice de la loi résultant directement chez les fidèles de la condamnalion du péché en C.hrist ;v. :>). La relation entre les deux laits est hieii plutôt celle-ci : la sainteté du croyant n'est autre que celle que Jésus a réalisée lui-même durant son exislcnce lerreslre. « Je me sanctifie moi-même pour eux, ;iliii qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés en vérilé » (Jean XVll, l'.l). Ea sainte vie terrestre du Seigneur est le type que le Saint -Esprit a mission de reproduire en nous, le trésor auquel il puise le renouvellement de notre vie (Col. m, III; 2 Cor. 111, 17. IS). Notre sainteté à tous ei ;"i chacun est cette sainteté unique, réalisée par Christ, dont l'Esprit lait la nôtre : // est notre sanctification, aussi hien

l'>'l- LA SANC.TIIICATION

que notre justice (I Cor. 1, 30) : ccNe-ci p;ir sa inuii (dont la loi lail noire morO, celle-là par sa rie sainle (donl rKspril l'ail noire vio. (Jiie l'on se ra|»|>('lle les deux ^ly., p(u\ de V, I. '1, el le niyslérieux par sa rie, iv -■?. 'Iw. ajToO, de V, Kl. Tel est le sens riche el profond du n/in que, V. i. — L'expression iv r,y.îv, m nous, convienl parl'aiternenl à ce sens. Elle dil d'ahord ipie nous sonunes en cela réceplils; puis elle lenlenne aussi le : jKir nous. — Le ternie de TrepiTra-siv, niarilicr, es! riinaiie ordinaire chez Paul de la conduite moiale. — La négation sulijeelive y/ri provient de ce (|ue l'aiil parle non du l'ait en liiiuièine, fuais du l'ait connue coiidiliou reconnu(.' .'I ailniiside raflirniation précédenle.

Ainsi a été démontrée la première thèse de ce morceau ; notre affranchissement de la toi du péché. Sans doute la [)uissance du péclif' n'est pas ani'anlie, mais elle ne douune plus en nous le -izi-y.-zhi, tu niurclte. Reste la seconde idée : rairranchisseuKînl de la diM'nière condanuiation, celle de lu mort : de la luoi't spirituettc, v. 5-10. et par là enlin (h; la mort co/y/o/c/Zc ell<Mnèuie, v. II.

V. 5 et 0 : « Car ceux qui sont selon la chair, aspirent aux choses de la chair; mais ceux qui sont selon l'Esprit, aspirent aux choses de l'Esprit. 0 Car l'aspiration de la chair est la mort; mais l'aspiration de l'Esprit est vie et paix; >> — Voiei le lien entre le v. .'» ei le pn''cédent : l'aul vient d'al'lirmer (pie la justice exiiiée par la loi ne peut manquei* d'èlre pleineuienl r(''alis(''e chez c(dui (p]i est iinidi'' dans sa condiulc UdU |iai' la chair, mais, connue c'est le cas chez les croyanis, jtar rLspiil. Il le prouve (car) en en ap|ielaul à laclidu d<''lerniinanle qu'ont l'étal intérieur chaiiiel ei l'élal inh'Tieiir spirihnd sur les aspirations et les pn-occupalinns de Ihounne d par là m^'uie aussi sur sa couduile. \ulanl l'homme (pu-

CHAI'. VIII. ',-(i. I.">r»

la chair conduit à aspiiei" aux choses de la ci»air, csl poussé par là à transiiiesser la loi qui y est contraire, autant celui que l'Esprit conduil à aspirer aux choses de l'Esprit, est poussé par là à conloruier sa conduite à la loi de l'Esprit dont ces hiens sont le v(''ritahl(' hut. — Elvai •/tarx, être sous Timpulsion de : il s'agit ici du fond iiiènie de la vie morale, d'où procède avec une sorte de nécessité le opovaîv. Beriyel : Sensus slalu fluens. «hpovetv est un lerme qui en tirée renfeime et le penser el le vouloir; c'est l'aspiralion à quelque chose avec la préoccupalion (jui l'accoiripatine. Comp. les locutions y.eyacppovsîv, j<\i-Ojjocoveîv, penser grandement de soi-même, viser haut. Le opoveîv est déterminé par le elvai, rèlrc, et détermine à son tour le TepiraTsiv, Ui condaile. — Les choses de lu chair, (le l'Esprit, son! les choses conformes aux aspirations de la chair, de l'Esprit, les biens propres à les satisfaire. Donc: tel état moral, tidie aspiration; (elle aspiration, telle conduite.

V. 6. Le V. 5 disait : la chair et l'Esprit poussent tous deux à chercher ce qui les satisfait. Le v. H jusiilie cette grande loi, ce que Paul a appelé, v. il, la loi du péché el de la mort, d'une part, el la loi de l'Esprit, de l'autre. Eu effet (car) il y a dans la chair et dans l'Esprit une as[tiration à atteindre tous deux leur terme, terme qui pour la chair est la mort, pour l'Esprit la vie. Il est clair que si l'apôtre appelle le hut de l'aspiralion clianielle la mort, il le désigne ainsi non au point de vue de l'intention de rhomme! (pii vit selon la chair, mais en se niellant au point de vue de la l'éalité et en appelant, si je puis ainsi dire, la chose par son nom. Il en est autremeni du côh' de l'Espril : ici le hut alleini se confond avec l'intenlion de celui qui y arrive. — Le car s'explique donc lout naturellement, sans qu'il soil hesoin de recourir avec Tho-

liirl:, Mcyer, à quelque emploi exceptionnel de celle parlicnle (l.'ins le grec prol'ane. — TTcm prend le mol cpoôvr.y.a dans le sens non de l'aspirnlion, mais de ce qui en esl le hnt : l'objet reclierciié; c'esl-à-dire ce que Paul vient d'appeler : les choses de la chair, les choses de l'Esprit. Mais ce sens ne peut se soutenir dans le v. 7; et les lexiques (Passow, Scldeiissner, etc.) ne cilenl [las un <'xeniple qui y soil favorable; ozWcg'.ç est la l'acullé de ocovîîv et opov/iy.a le mode du «ppoveîv; comp. les nombreuses expressions -'jpaw./'.ôv, OTripToT^pjv , yewaîov, Trxxpiov, èlvjhe^'jv opôvraa. Ce terme désigne donc non Tobjêt du opovsîv, V. 5, mais le opoveiv lui-mèrne, avec son caractère moral, soit charnel, soit spirituel. — La mort est le terme auquel la chair aspire et conduit ses esclaves. 11 lui i'aut en efTet la séparation d'avec Dieu, c'esl-à-dire la mort toujours croissante, pour se satisfaire elle-même toujours plus complètement. F.a perle absolue de Dieu est ainsi le but final, conscient ou inconscient, de la vie dans la chair et pour la chair. Le but de l'aspiration de l'Esprit est au contraire (a rie, la complète union avec Dieu, et dans celle union, le plein essoi- el le conq)let déploiement de louies les facultés de l'àme. L'iq)ùlre ajoute la paix; c'est la quiétude intérieui'e qui accompagne en nous le .dévelo|)pement de la vie : elle esl opposée au malaise et au trouble |irofond qui acconqiagne la marche à la mort. 11 esl clair que ces deux termes de moit el de vie sont pris ici au sens spirituel, mais non sans laisser entrevoir les (Conséquences finales de ces étals moraux. — Un n'arrête ni ne diMourne le cours de la premiérr- de ces deux marches vers son terme; pour échap[>er à ce terme fatal, il n'y a qu'un moyen : c'est de passer de celle voie à l'aulie en se plaçant sons la loi de l'Esprit pour élre alTranchi de c'elle de la chair.

CIIAI'. VIII. C-S

Les «leiix thèses Ju v. (j sont justifiées ihins les v. siiiv;inls; la première clans les v. 7 et S, la seconde dans les V. ll-II.

V. 7 ri <s : M vu que l'aspiration de la chair est haine contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu; car elle ne le peut pas non plus; -"^ et ceux qui sont dans la chair, ne peuvent plaire à Dieu. " — Le '^'-oTi, ru que, annonce une explication qui suit en eftel. Si la chair, la vie par et pour le moi, tend à la mort, c'est-àdire à la séparation complète d'avec Dieu, c'est qu'elle est dans son essence haine de Dieu. Elle sent bien que tout ce qu'elle donne à son idole, elle l'ùte à Dieu, et que tout ce qu'elle accoi'derait à Dieu, elle en priverait son idole. L'inimitié contre Dieu est donc le l'evers de l'attachement au moi; elle appartient à l'essence de la chaii'. C'est là l'explication du fanatisme athée d'une partie de la génération actuelh;. Cette inimitié est ()rouvée par deux faits, dont l'un est l'acte de l'hamme à l'éiiard de Dieu (v. 7 ^), laulre celui de Dieu à l'égard de l'homme (v. 8). Le preiriier est la révolte de la chair contie la volonté divine qui ne cesse de la contrai-ier cl de la gêner. - \ moins de renoncer à sa nature, la chair ne jieut faire autiemenl que de liair la loi et celui qui l'a donnée. Ies(piels ne peuvent changer.

V. S. D'autre part, comment Dieu prendrait-il plaisir à MU tel état de révolte? 11 ne peut pas plus clie ami de la chair que la chair ne peut l'être de lui. Le contlit est donc sans issue; c'est bien le chemin de la mort. Le U ne peut signifier donc, comme le pensent Calvin, Flall, etc. Il indique la corrélation : et d'autre part, luette inimitié est réciproque. — .\u princiiic abslr.iit, ta chair, Paul substitue les individus charnels; il se rapproche par là de l'application dii'ecte à ses lecteurs qui suit au v. !). —

ir)(S l,\ SANCTIIICATION

FJit' en hi (hoir esl une expression plus l'orle encore que rhr scluH la chair, v. T». [l'iiprès celle dernière, la chair est la itoniie de l'existence nioivde; d'après la première, file en esl \c principe, la source. Or, commenl Dieu pren- (Irail-il plaisir en des êtres qui ont pour principe de vie la recInMclic du moi? N'est-ce |)as le principe opposé à son essence ? — Par conséquent, les èlres cliarnels, déjà ploni:és dans la mort spirituelle, s'y enfoncent toujours davantage; tandis que les hommes spirituels s'élèvent sur les deiirés de la vie jusqu'à l'existence parfaite où le dernier vestige de la condamnation, la mort physique elle-même, disparaîtra; c'esl là la loi de l'Kspril de vie qui est développée v. 9-11 ; et ainsi sera épuisé le contenu de la paroli* (pii sert de texte à ce morceau : plus de (cniihniiiiah'dK ! (v. \).

V. il : (( Mais vous, vous n'êtes pas sous l'empire de la chair, mais sous celui de l'Esprit, si réellement l'Esprit de Dieu habite en vous; mais si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il n'est point à lui. » — La nature et les conS(''quences t\u ooôvry.a tt,; Tap/.o; (sens charnel) oui éh' développées sous forme ahsiraite. Kn passant au développement du opor/;aa toô -veufAaxo; (sens s|)iiitur'h, l'apùti-e s'adresse directement à ses lecteurs, parce ipTil voit eu eux les représentants de la vie de l'Kspril. Il commence par exprimer le senlimenl de confiance (pi'il ('piouve à leur égai'd, toutefois en ajoutant iuunédi.ileiiK'iil une restriction par iaipieile il les invite à se S(»nilei' eux-UK'Mues pour savoir si leur t'-iat réel répond vi'.iimeul à cette supposilidii : î'v-sp, \/ réellement. Ce mol exprime, non pas positivement un doute, connue le ferait î'tyc, si (In moins (l'ol. I, "l:)), mais une es|)érance dont la V('rili'' a hi'Sdin iTé-lri' coiiti-('i|(''e : elle repose sur leur pr(tl'osiou clirf'lieniie ; mais (^ncore laiil-il (pie celle proji's-

CHAI', VIII. 8-10. lô!)

sion soil sérieuse. A eux de vérifier le l'jiii. Dans Texpre.';sion TTveOaaTt sivat, <'/rg en esprit, le mol esprit parait pluti'il ilésitiMor la vie spirituelle, coiunie effet de la présence <lii Saint-tlspril, que le Saiul-Espril lui-même. C'est ce qui résulte aussi des mots suivants : « Si réellement C Esprit de Dieu est en vous, » dans lesquels l'expression : l'Ksprit r/f3 /><>?«, diffère iulenlionnellernent de la précédente :• èlrc en esprit. — Le terme ot/.sîv, demeioer, étant simplejiient l'opposé du oO/. r/c-.v, dans le verset suivant, exprime uniquement l'idée île la présence de TKsprit, sans y ajouter (comme je le disais dans l'éd. précédente i celle (Tune habitation permanente (voir Weiss/. — Le terme l' Esprit de Christ remplace évidemment dans la dei'nière propos, celui de l'Esprit de Dieu, dans la propos, précédente. Jésus s'est absolument assimilé l'Esprit de Dieu ; il en a fait sa vie personnelle; el c'est ainsi qu'il le coimnuniqne à l'Ejilise comme son Esprit. Par conséfpienlj là où ce lieu vital n'existe pas entre une âme et lui, celle ;"uiie est étrangère à sa communion el à son salut; quelle que soit sa profession, elle n'est pas au nombre des siens. Après cet avertissement sérieux, qui rappelle le passage VI, -20- :23, l'exposé des conséquences de la vie de l'Esprit recommence en se rattachant à la supposition l'avorabliénoncée v. !)•».

V. 10 : « Or, si Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l'Esprit est vie à cause de la justice. >' — (iunune Tapittrc avait sidistitué /7s.sj)rit de (llnist à l'Esprit de Bien, il sid)slitue maintenant à l'Esprit de (Ihrist sa personne elle-même : (h-, si Christ est en vous. « Là oii est l'Esprit de Christ, dit Ifofintinn. il est aussi lui-même. » Eu (,'llèt, l^euvre de l'Esprit (jui procède de Christ, est de faire vivre CJirisl en nous. « Je reviendrai à vous, )^ dit Jésus Jean \IV, 17. US, en (b'cri-

vaut l'œuvre «le rKspi'il. Celle noiiveilfi expression lait ressortir plus énertiiquenienl que la précéflenle la solitlarilé entre la personne de Jésus et la noin' cl prépare ainsi le V. Il, dans lequel la résuri'ection de Jésus est présentée eomme le i:aiie de la noire. — Le fidèle doit partager la résurrection corpoi-elle de Christ. Celle espérance repose précisément sur ce que la vie de Christ a déjà pénétré la partie spirituelle de son être, lors même que son corps est encore condamné à mourir. Nous connaissons par V, hi. I.") et 17 la pensée de l'api'itre touchant la cause de la mort : « Par la faute d'im seul, les jdusieurs sont morts.» Le (ait de la mort universelle ne provient donc pas dfs péchés des individus, mais de la laule primordiale. Le sens de ces mots : à couse du péché, est ainsi fixé; il s'ayi.\[ du péché d'Adam. On demande parfois pourquoi les croyants incureiil encore, si réellemenl Christ est moi't pour eux; et l'on lire de là un argument contre la doctrine de l'expiation. Mais on oublie que la mort, n'étant point un chàlimenl imlividiiel, il n'y a aucune relation entre ce l'ail et I.' pai'don des péchés accoi'dé aux individus croyants. La iiioil, eu lanl que jugemenl humanitaire, s'applique à respèce, comme telle, et demeure par conséquent jus- (pi'à la consommation générale de l'œuvre de Christ; comp. I (^or. XV, :2l>. (Hlmniare appelle l'explicalion (|iii prend ici le mol de niorl au sens propre, « un non sens » parce que, comme qu'il en soit, « que ChrisI soit ou ne soit pas en nous, le corps est toujours sujet à la mort, •> et il entend le mot inoH au sens figuré : la privation de touli' énergie productrici' pour commetire désormais des actes charnels. Les mots : à cause du péclir, signilieraiiMit : à cause des péchés que fait commettre le corps par l'entraînernenl des sens. Celle explication se réfuli' d'elleniénie. Plusieurs interprètes (Cliri/s., Kr., Grol., Ilidsl.,

CIlAl*. Vlll. Iii. loi

l'tc), enli'ndenl ce lernie île luorl de la moti ita péché (VI, :1 et suiv.). M le : à cause du pcdié, ni le v. suivant on est développée l'idée de la résniieclion coipoielle. ni l'ensemble du contexte ne peimelteni ce sens. Le non-sens que trouve OItramare dans le sens nalurel du mot mort, vient de ce qu'il ne conqjiend pas que celle iilée est une simple concession (uiv). Sans doule la vie nouvelle n'a pas encore pénétré ce corps Trappe de moil ; mais déjà l'esprit est vivant, et le corps suivra (v. I I). Le mol vsx.pov, mort, est employé ici au point de vue du lésullat inévitable (Weissj, ou en raison de la condamnation irn-vocable dont le corps a été frappé et du piincipe de mort qui ne cesse d'agir en lui durant toute la vie. — Si la mort résine encore sur le corps du croyant, il y a déjà chez lui un domaine où la vie déploie sa puissance, celui de Vesjitit. Hofinann insiste lortement pour que ce terme soit ici rapporté à l'Esprit divin. H faudrait dans ce cas entendre ces mots ": resjnil est rie, dans ce sens : l'Esprit produit et entivtienl la vie. .Mais le contraste entre re.s/irit et le corps coniluit |ilul(^il à appliquer le premier de ces termes à l'élément spiiiluel dans la personne même du lidele. Dans le passage I Tbess. \\ :2:}, f^aul dislingue dans l'hounne ces trois éléments : le coips, Vdme et V esprit. Par ce troisième terme il désigne l'organe dont est douée l'âme de l'bomme, et de l'homme seul entre tous les êtres animés, |)our percevoir le divin et se l'approprier; c'est par cette faculté spirituelle que l'Esprit de Dieu peut pénétrer dans Tàme et par elle dominer le corps. La pensée de Paul est non seulement que l'esprit chez le fidèle participe à la vie, mais que, par l'union du Saint-Esprit avec lui, il devient lui-même foyer de vie. Cette idée forme la transition à celle dti la résurrection physique, au v. 11. — Les mots : à cause de la justice, ne peuvent se rapporter au rétablisse-

Il»"-i l..\ SAXCTiriCATIOX

iiiciil (le la saiiilrlé, coiniiie le vciilmi A'/.. Tlml., Iiec},\ \Vri><s, elc; l'esprit in.' vil pas à cause de la jiislice morale ; d'après Paul, la jusiice ainsi comprise est au contraire le IVnit (le TespriL devenu vivant. Il s'aiiit donc de la juslice dans le sens de la justilication accordée au croyant (ch. 1-V) et en vertu de laquelle il reçoit l'Esprit ilivin (pii, en s'unissanl à son esprit, rend celui-ci vivant et aclii'. C'est à ce sens que conduit éi>alement le mendtre de phrase parallèle dans la |)reniière propos. : à cmisf <h( jicchc. Comme le corps meurt à cause d'un pèclié (|ui n'est pas le nôtre individuellement, ainsi l'esprit vil en raison d'une jusiice qui nous est gialuilemenl accordée. — Mais ce corps, condanmé à la moit, lui sera-t-il abandonné à toujours? Non; celte dei'nière trace de la rond.iinualidii duil aussi être enacée.

V. Il : <( Or, si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus' des morts, habite en vous, Celui qui a ressuscité Christ-Jésus- des morts, vivifiera aussi' vos corps mortels, à cause de son Esprit qui habite * en vous. » — Le si f^£, or si, indi(jue la gradation de la vie de l'esprit, déjà reçue, à la lésurrectiou du corps encore attendue. Dans la première proposition l'apôlre emploie le nom Jrsus, parce qu'il s'agil d'un lait historique concernant s'^ personne: le tov, ajouté parles alex., accentue l'iilée de celte personnalité connue. Dans la seconde propos, l'apôlre emploie le terme de Chrisl, alin de qualifier

' N A ii lisent Tov desaiit lr,:;ojv.

- Trois le(.-ons principales : T. K. avec K L P : tov \y.i-.o/ : B K l'' G : XpiîTOv; X A I) : \y.-7-v^ Ir.aojv C S\ r--'' : Ir.sojv X.v.îtov .

^ N B oincUent /.a..

' l.a .r éd. d'El. a\cc B 1) E \- (i k I. P Ki Mnn. II. Ssr'i' h. Or. lil : ô'.a -rj îvoiy.ùjv xjtoj -vijjjia (à lau.ie de rEsjnif...); T. R. a\cc X A 0 heaiicuiip de Mnn. Cop. ("-léni. Atlian. Kpipli. etc. lit : o-.a toj £/oi- /'/j/TO; xj-fjj r.vrjuaTO; (/l'cr l'Esprit...).

CHAI'. VIII. l(t-ll. 1<»3

<:<: Jésus coiiime médiateur el de l'aire lessorlir son rôle par rappoi't à nous, ('oinnie le remanjiie Hdfmaun, la résurieclion personnelle de Jésus nous liaranlil que Dieu pi'iil nous l'essusciler; mais sa résurrection, envisaiiée CDmiiie celle du Christ, nous gai-antit qu'il le féru réelh'menl. (In voit encore ici combien Paul pèse chacun de ses tenues. Faut-il maintenir d'après plusieurs Mjj. le nom 'Ir,- TO'Jv dans la seconde propos.? La question est douteuse. — Les deux termes i-'etcsiv, réveiller (appliqué à Jésus), et *Cc>o770'.£Îv, ririfier (appliqué aux fidèles), sont également choisis à dessein. La mort de Jésus avait été un sommeil qu'aucun commencement de dissolution du corps n'aecompaenait; il sulTisait de le réveiller. Chez nous, le corps, ayaii! été livré à la destruction, doit passer par une reconstitution totale; c'est ce qu'indique bien le mot 'CwoTroieîv, virifier. — Le mol y.y.î, aussi, qu'omettent le Sinail. cl le \<Uir., convient au contexte : une fois que l'esprit à été vivifié, le corps doit l'être aussi. — L'apôtre avait dit du corps au V. Kl qu'il est mort, ve/.oov. Pourquoi suhstilue-t-il ici à ce terme celui de mortel, OvtiTÔv? (In a supposé qu'il employait ce terme, dont le sens est plus étendu, dans le but <le comprendre ceux qui vivront à l'avènement du Seigneur el dont le corps sera non re-suscité, inais transformé. La vi'aie explication de ce ti-rme me parait plus simple : au V. Kl Paul veut parler du (ail (morlj; au v. 1 1 de la qualité (mortel). La résurrection changera non seulement le fait de la mort en celui de la vie, mais elle Iranslormera la nature même du corps, qui de mortel deviendra incorruptihle (1 l^or. XV, il. ii).

Les derniers mots de ce v. ont joué un rôle dogmatique assez considérable dans les piemiers siècles de l'Eglisi'. deux (pii soutenaient la diviniir' el l;i |)ersonnalilé du Sainl-Lspril lisaient plus volonlieis, comim; le lunl quel-

I<>'^ l,A SANCTII'IC.MION

({iit's anciens Mjj. alex., Hiol toO viv:/,'/j^i-rjz y.-j-'/j -wju.y.- To;..., a par le Saint-Esprit qui liahile en vous. » En etlet, |)ar celle manière <le s'expiiiner l'apitln' altrihuerait l'opélalion divine de ressusciter (Jean V, 'il) an Saint-Kspi il. ce qui impliquerait, avec sa lilii'c causalité, sa divinih'. Les adversaires de ce dogme alléguaient l'anlre leçon, qui esl celle d'Elienne el qui diffère ici de la leçon reçue : ^CoL To £voi/,o'>; a'jToO TTveO^aa..., « à cmise de l'Esprit qui habile en vous.» Cette leçon se trouve dans des autoi'ités ilus trois familles, l'égyptienne (Vutic, Sah., Or.), l'occidentale 'li'én., lt.),la syi-ienne el la byzantine (Pesch., Iv L l', .Mnn.), tandis que la leçon reçue ne se Irouve que dans trois alex. et un Père de la même contrée (Clément). Dans cet étal de choses, on ne peut ipi 'altrihue.r à la |)rr'flileclion lâcheuse de Tischeudoif pour le Sinail. l'adoption de la première leçon dans sa huitième édition. Le sens décide également en faveur de la leçon la mieux appuyée. Le ^ix aviu: l'accus., à cause de, se raliachc tout naturellement aux deux r^.x semblables du v. Kl : à cause du péché, la mort; à cause de la justice, la vie de l'Esprit; et enfin : à cause de la vie de l'Esprit, la résurrection du corps. Toute la marche de la |»ensée se résume dans ces trois à cause de. l'an! ne tient point d'ailleurs à expliquer ici par quel agent a lieu la résurrection, (le (pii lui impitrte, d'après toute la suite des idées de|)uis le v. r>, c'est de dire en vertu de quel étal iiioraf elle pourra étic accordée. Ce à quoi Dieu l'egardera, c'est l'habitation de son propre Esprit chez lifidèle; c'est l'usage saint (pi'il ama fait de son corps pour le glorifier; c'est la digniti' de leiaplc de Dieu que cet Esprit aura conférée au corps (1 Cor. Vi, 10). Un semblable corps, il le traitera comme il a traité celui de son propre Eils. Voilà la pensée glorieuse par la({uelle l'apôtre termine ci; mcirc(;au et achévt: le dt'veloppemenl de ce

CHAP. VIII. Il-l-i.

mot : Pins de condmnnnlioii ! — Celte clinérence de leçon est la seule, dans toute Tépitre aux Romains, qui soit propre à exercer quelque inlluence sur l'enseignement chrétien. Et encore ne croyons-nous pas que la question (le savoir si la résurrection des corps a lieu par l'opération du Saint-Esprit ou à cause de son habitation en nous, ait élé bien souvent discutée dans nos dogmatiques ou traitée dans nos (Catéchismes.

L'apôtre ne parle point du sort réservé aux corps des non croyants ou des croyants non sanctifiés. Il en agit de même dans le passage 1 Cor. XV, 20-28. Ce silence s'explique par son but qui est d'exposer l'œuvi-e du salul jusqu'à son terme, sans traiter ce qui concerne ceux qui n'y participent pas.

-Nous ne pensons pas qu'après tout cela il soit encore Itesoin de réfuter l'opinion de ceux qui, comme de Welle, Philippi, Holsten, croient devoir appliquer ici (soit exclusivement, soit en réunissant le sens propre et le sens tiguré) l'expression : nvifœr le corps, v. Il, à la snnclifi- C'ilion du corps chez le chrétien dans le sens de VI, 12. I.l. Paul ne mêle pas ainsi les questions : il a parlé, v. 2, de deux lois à détruire, celle du péché et celle de la mor/, et il suit rigoureusement l'ordre qu'il s'est tracé.

.Wllb' MOliCE.Vr VIII, 12-17).

Allrtimlii du pechc et de la mort, le chrrtioi i:sl jih et derinil par là héritier.

Ce morceau n'est pas, coi ■ i)lii>ieuis l'ont pensé

d'après la forme îles v. 12 et 1.'), une appliratinn [natiqui' (lu morceau précédent. La pensée de l'apùtre est plut('»t de montrer comment aux divers maux enlevés par le Christ

ItHi I \ SANCTIIICATION

ni son E<|)ril onl siicclmIc cliez le fidèle les plus glorieux privilèges, nu pécliè la sainteté, à la cundanmation l'étal d'adoplidn, à la niuit la vie. (!e morceau est ainsi la transition à la section suivante qui a poui' sujiit la cijnsomination llnale du salut pa«- la i^loir".

\/,\ vie du Saint.-Ks[)rit ne se rè'alise pas chez h' lidtic sans son concours et par le seul lait (pu- l'Kspril la lui communique. Il l'aul de la j)ail de riioiunie une docilité énei'gique et persévérante à se tenir sous l'action de l'Esprit et à déti'uire par ce moyen l'activité de la chair. Car l'Kspiil tend à l'unniolation de la chair, et celle-ri n'a pas lieu sans soidTrance; r'est une moil.

V. \'l-\'i : « Ainsi donc, frères, nous sommes redevables, non à la chair pour vivre selon la chair; 1 . > car si vous vivez selon la chair, vous devez mourir; mais si par l'esprit vous mortifiez les œuvres du corps ', vous vivrez, l 'i Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont enfants de Dieu-.

— Apr'ès avoir reçu l'Espiit, il laiil marcher selon l'Esprit, [j' iiiiisi donc se ia[)porl(.' à la jieuséc du morceau précé(l(;nt : « Puiscpn; vous avez été allVauchis par l'Esprit de la loi du péché et de la mort, ne vous re|»lacez pas en marchant selon la chaii' sous cette malédiction. »

— L'allocution : fivrrs, se retrouve clia(pie lois (|ue l'apéi- Ire veut se rapprocher de ses lecleiiis en vm? d'un avertissement prali(pie et personnel. — (juand il écrivait : nous sonniies rrdrni/th's, littéialemenl ilthilciirs, Paul se |H"oposait de continuer en disant : à l'esprit, pour vivre selon lui. Mais il s'inlerrompi, parce (pi'd sent le hesoin

' I) K !•" (; It. Ir. Or. li.-^eiU : -.r,; n^y/.'j: ide la rh„iri, au lieu de -.'ij ■î'ovaTo; idii corjjs).

» T. R. avec K L P lit : z'.aiv -jw Ocv. : n .4 C D K : j'-o- O30J e-.t.v: B F (i : j'.o'. f.'zi Oaoj.

CHAI', viii. 1-2-13. 107

d'écjirler expresséiiieiil l;i m;iiiii'ic d'agir contraiie, luujours prèle à reparaître dans la |)ralique, et il s'empresse d'ajouter : non à la c/iair. « L'homme naturel, oljserve Jhftnaiin, se fiiiure (levoir à sa chair de la satisfaire. » Le soin de sa personne, la salisfaelion de ses lioùts cl de sa vanité, la réalisation de ses plans terrestres, lui |)arait la priiuiière el la plus impoi'lante de ses obligations. .Mais c'est là une dette qu'il ne faut ni reconnaître, ni payer. L'apnlre dit pourquoi dans le v. suivant.

V. 1:1. Sur cette voie, le régénéré lui-même irait à la mort. Or on n'est pas déinteur envers son meurtrier. MÉAASTc : « vous ne manquerez pas de..., c'est là l'avenir qui vous attend infailliblement. » — .Vprès cela, c'eût été le moment de reprendre la phrase commencée : « Vous êtes redevaldes... à V esprit. )) .Mais l'apôtre pense que cetie idée résulte assez clairement du contraste énoncé : non II In chair, el il continue, comme s'il l'avait expi'imée, (;n disant : « .]/^//.s' si par l'fsprif^ etc. » Ce principe, dont l'impulsion se substitue à celle de la chair, oii nous conduit-il? A une mort aussi; mais à une mori (pii est le cheujin de la vie : « Si vous faites mourir.... vans rirrc:. » Le rhylhme de ce v. est celui que faisait remarquer Calvin, à l'occasion de Vil, 0 et 10 : \^\ la vie de la cliair est la moi't de l'homme; \:V\ la niorl de la chair est la vie de ''homme. L'apôtre dit ici : les œuvres ou plus exactement (( les jtraticpies <in corps, « cl non « de la chair. » (le changement d'expression a déjà fi.ippé certains copistes grécojat., (pii ont essay('' dt; coii-iger le texte en lisant tt,: rrac/.ô:, au lieu de to-j TwaaTo;. Mais cela n'est point nécessaire. Le corps est envisagé ici comme l'instrument dont la chair se sert pour se satisfaire. Il lui laul le jeu organique des membres du cor])S |)our réaliser ses desseins. Le corps est opposé non à la chair, niais à res|)rit. —

KiS

LA SANC'liriCATIoN

Le leiine -zvSi; esl souvent employé dans le sens défavol'alile d'inlriiiue, de Irahison, comme noire mol itratiquc : il en esl évidemment ainsi dans ce cas. Il s'agit des opéralions criminelles du corps, (pie fomente la chair. — Le -ve-JaaT'., par respril, op[)Osé connue' il Tesl à r;o)iJ.7.7o;, désigne non l'Ksprit. divin f H^cm'),mais l'esprit conimc élément rie la personne humaine, toutel'ois en taiil <jiu' pénétré de rKspi'il divin. Ce sens est confirmé par l'expression -vvj'j.u 6êoO dans I3 verset suivant. Tout acte d'inuriolation par lequel l'indépendance du corps est niée, et sa soumission à l'esprit éneriiiquement allirmée, aménr? chez l'homme un accroissement de vie spirilutdle. ('.'est à mesure qu'un vide se prodint dans le domaine de la chair, que la puissance de l'esprit se déploie en nous avec une lorce nouvelle. Ainsi s'explique le : mus l'irrez. Ce terme, t(Mit en s'appliquant déjà à cliaipu} moment de l'existence du fidèle, emhrasse ici tout son développement jusqu'à réia! parfait, (l'est le thème des versets suivants, v. I 'j- 17: (( Vous vivrez: car vous êtes fils de Dieu (v. I i-IO) l'I par conséquent ses lirrilirrs (v. 17) ».

V. 11. L;i liaison du v. M au v. I;') est aisée à comprendre : Vous vivrez: car, étant c(tuduits par rKsjirit, vous êtes lils de l)i(,Mi; ov être lils de Dieu, c'est la condition de la vie. "on^j'., Iitl(''ralemenl : « tiuhnit (iii'll 1/ cil II (jin sont idikIhIIs. )i Ou hien l'aul veut dire (ainsi dans la 1"' éd.i: « Le l;iit (pie V(mis êtes coudiiils par l'Ksprit de Dieu vous élève ,in rani: de lils de Dieu, » ce qui ferait d(''pendre ht (pi.ilih' de lils de Dieu de la possession de rLs|)iil et de la docilih' à ses iuqudsious. W'riss pense (jue ce sens Serait conir.iire à la llii-oloL^ie de l'aul; mais je crois (pi'il pourrai! >'e\pli(pier d'une manière couqialihle avec elle. Cet interprète ohjecte di' plus, et avec raison, les expressions TTve-Jaa 'jîoOsTÎa;,

CIIAC. VIII. I.i-li.

<^o'jWaç dans le v. suivanl, dans lesquelles le Liénilif peut (lil'licilemenl se prendre comme iiénitil" de cause (l'esprit produisant l'adoplion, la servitude) et doil plutôt s'entendre dans le sens d'un gén. de qualité : l'esprit qui est en rapport avec la position de fils, d'esclave, sens qui suppose Cèlal de fds ou d'esclave déjà existant et l'esprit filial ou servile accompagnant simplement celte position. La raison principale en faveur de ce second sens, c'est le passage parallèle Gai. IV, 6 : « l*iirce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de son Fils. » L'on devient d'abord fils par la foi en Christ et par la justification accordée à la foi; après cela le justifié l'eçoit, comme sceau de sa dignité filiale, l'Esprit du Fils. A la position Dieu ajoute l'esprit de la position. S'il en est ainsi, le sens du v. 14- est celui-ci : «Vous vivrez; car, le fait que vous êtes conduits par l'Esprit, prouve (|ue vous possédez la position de fils.» "Vys'iOai, vivre sous l'impulsion de.

— Ojto'. : ceux-ci ; non, connue le dit Weiss, ceux-ci seiilenirnt ; mais : ceux-ci cerlainement. Le sujet est répété en vue d'une forte affirmation. — Le mot GeoO, de Dieu, est répété également avec intention dans les deux propos, de ce V. (resl lui qui étaldit le lien entre les deux idées : être fils et être conduit jiar l'Esprit. Le fils obéit à l'impulsion de son père. — Le terme de wk, (Us, implique, avec la communauté de nature, tous les privilèges qui en découlent ; et (piand c'est Dieu qui est le père, ce titre renferme l'idée de la participation cà sa vie, qui est ht rie.

— Des trois leçons indiquées en note, celle du T. II. : « ils sont fils de Dieu, » convient bien au contexte. Cependant celle tlu.SV/<^//7. et de r.l/e./v/»f//-. : « (Us de Dieu ils sont, » y convient encore mieux; elle justifie plus énergiquement le : vous vivrez. Celle du Viitic. ne me paraît pas convenir : « (ils ils sont de Dieu. » Ce mot (ils, ainsi isolé de

son ((tiiiiilt-iiu'iil, implique un conlrasle qui ne pourrail t'Iro ((Ml' l'élal (rcsclave. Mais celle anlilhèse n'était pir. j)aiée en rien parles v. 1:^-14; elle appartient au v. IT».— La dignité de fiis de Dieu est si élevée que l'apôtre sent le Itesoin iVen démontrer la réalité, il le lail. par les deux preuves suivantes : la première, lii'ée du caractère même de TKspi'it qu'ils ont reçu : un esprit filial (v. 15); la seconde, tirée du lémoi<fiiiatie que rend cet Kspril au fidèle (pii l'a l'ecu (\ . 10).

V. ITi ; << Car vous n'avez pas reçu un esprit de servitude pour retomber dans la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d'adoption par lequel nous nous écrions : Abba, Père! -» — l>i's aucims ont conclu t\t'< mots : Vous tùive: pas reçu un esprit de scrrikuh', qu'un esprit sei'vile devait avoir été donné précédemment aux lecteurs |)ar Dieu lui-même; de là l'explication d(! (^Jni/sostonic, <pii appliquait l'expression d'espril de servitude à la loi )nosin<iiie. Ce sens n'est pas admissible. Il l'audrait pliili'il penser dans ce cas à l'esprit mercenaire et craintif (pii ai-couqiagnait l'ohéissance légale. Mais comment Daid attriltuei ait-il cet espiil à une comniunicalion divine? Si l'on rap|iorle, connue on doit le faire, l'adverbe -àliv, th^ non l'ai II , non au verbe iX«[ieT£, roiis avez reçu, mais uni- (piemenl au n'aime : v.: oo[iov, duns la cntinle, rien daii> l'expression n'oblige à admettre que Paul |)ense à une communication divine antérieure; carie sens est celuici . '< L'Ksprit (|ue vous ave/ reçu de Dieu n'est point un es|)ril servile (pii vous replouLie dans la crainte dans laquelle vous viviez autrfd'ois. » ('.om|). 'J 'fine I, 7. Le caractère des relifiions païennes est en elfet le sentiment de la crainte {Hv.n>AyLvj.'my., Ad. .WJI, -24). Et n'en èiait-il pas à certains éj^ards de mê-me des .luils, (iiioi(pic la crainte de .b'bova eût pris cIm'z eux un cai'actère plus (Mevé (jue la

CHAI'. VIII. li-i:.. 1^1

crainte des dii-iix chez les p.iiens? Le senliineiil dont l'Kspril de Dieu remplit au contraire le cœur du tidèle (;sl la confiance et la lilieité d'un liomine élevé à la [josilion de fils. On pourrait envisa<:er ici le mol csiirit comme désignant unirpiemoiil iim' disiinsilioii snlijeclive, de même que dans cette parole de TEterufl au sujet de Sanciiéril» (Es. XXXVII, 7) : "Je vais mettre en lui un tel esprit qii'il relourncia eu son pays;» comp. aussi I (lor. IV, 21 : un e'.spril df thiucetir ; Kom. XI. S : ifn csp)-if tVclenrdissi'inenl. Ce serai! le .senlintcut jUinl du fidèle par rapport à Dieu. Ce qui pourrait appuyer ce sens, c'est le contraste qui existe eiilie ce verset et le suivant oîi le sens ohjeclirdu mot A\///// est forlemeiil accentué : « L'Esprit hii-uièiin: rend témoin na';e... » ^éanmoins il est impossible, si l'on considère la liaison entre le v. 15 et le v. précédent, de ne pas reconnalli'e dans r Esprit d'ndoplion dont il est parlé au v. 15, l'Espril de Dieu lui-même; comp. suiloul dal. IV, H, passai^r 1res semblable au nêitie l'I oii l'incertitude n'est pas possible. La difiérence entre le V. 15 et le v Kî, quant au sens du mot esprit, n'est donc pas celle qu'il y a l'Ulie um- disposilion intérieure et rEs[)rit de Dieu qui en est la source, mais plutôt, comme nous le verrons, celle qui dislini^ne deux manières d'aiiir différentes du même Esprit saint. — \.' Esprit d'adoption désigne l'Esprit de Dieu en lant que proiiiiisant chez le fidèle l't'lal qui rt'pond à la glorieuse position rie fils. On peut dire que c'(;sl l'Esprit du Fils lui-même, (ial. iV, (3, et que nous sommes placés par lui à l'égard de Dieu dans la mêtue relation que Jésus, ([uaml il disait : Père ! Le terme de 'r.'jHzi'.y., odoption, i'a[)pe||r ].■ lait que Jésus seul e>l Fils pai- t»ssence {'r.'jç v/jvo-'cvr,:, /ils uni(/uci. Pour devenir fils, nous flevons avoir ("té incorporés en lui |)ar la foi (Eph. I, 5). — Le pronom iv <o, dans Icf/nel, indique que

c'est SOUS l'inspiiaiiun du sentiment filial produit en nous par cet Esprit, que nous pouvons prier de la sorte, et le terme s'écrier lait comprendre l'émolion profonde avec laquelle ce cri d'adoration sort du cœur du fidèle icconnaissant. — Abhii est la forme qu'avait prise le mot liéhrcu nb, père, dans la langue araméenne que l'on parlait en Palestine au temps de Jésus. C'était sous cette l'orme que Jésus jiarlail à Dieu quand il l'appelait Prre ; comp. .Marc XiV, 8(). I >ii ;i pensé queTaul avait employé ici celle forme, parce <|u'il s'en servait hahituellement dans ses propres priér(,'s. Puis il aurait ajouté la traduction tirecque o -a-:r,c, }irr<\ en écrivant aux Romains et au.\ Galates, parce que le terme aiaméen eût été inintelligible pour eux comme anciens païens. .Mais pourquoi ne pas dire dans ce cas toOt' zr;r<y, c'psi-à-flirc, comme il le fait ailleurs? L'emploi de cette expression (qui se trouve dans trois t'critsdu N. T.) doit reposer sur un usage déjà devenu général, (lomnie les termes Amet), Husnnnn, AUcluhi, ce mot Ah/xi avait passé sans doute de la langue liturgique de l'Eglise primitive judéo-chrétienne dans la langue ecclésiastique générale. En adaptant au culte des chrétiens ce terme saint, (jui avait passé par la bouche de Jésus lui-mérne, non seulement ou obéissait à cet ordre : « Ouand vous priez dites : .\olre Ahlm ( itohr Prrci, (|ui es aux cieux ; i> mais l'Eglise s'élevait à la hauteur du senlimeiil de son grandsacrilicateur, (pii s'était exprimé ainsi en |)riant pour luimême et pour ses frères. Puis, en vue des chrétiens parlant grec, des néophytes en particulier, on prit probablement riiabilude de jii\la|)Oser simplement la Iraduclion gicccpie ô -a-r'.z, père, comme Ir fait di'jà .Marc. .\ui/iisli)i et Cttlrin ont supposi' que par ces deux formes juxtaposi-es on avait voulu exprimer l'union en un seul corps spirilurl des chrétiens d'origine juive .'i >](• miN d'origim' païenne.

(.IIAI-. VIII. ir.-i6. 1 /•»

V. 16 : « L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. •> — L'asyndeion (absence de partinilc de liaison) entre le v. 15 et le v. I(> esl ici, comme toujours, l'indice (Tune émotion qui rompt la trame logique du discours; celle forme annonce la n'alllrmation plus énergique du même fait, mais pi-ésenté sous un aspect nouveau. L'expression aOro tô TrveOaa ne signifie |)oinl : le même Esprit (tô aOrô TTvsOij-a), mais VEspril lui-même, comme organe immédiat de Dieu. L'apôtre avait fait l'expérience de la difïérence eiilre un état formé en nous par l'Esprit divin et qui s'exprime sous forme de prière (v. 15), el le langage dans lequel Dieu nous répond lui-même par le moyen de l'Esprit (V. ]()). l'ne dilTérence analogue ressort dans le morceau suivant où Paul dislingue expressément le soupir de ceux qui ont reçu les prémices de l'Esprit (v. :2.S) du soupir de l'Esprit [)rianl en eux (v. :^6). Dans la vie de Jésus ce n'est point la même chose quand c'est lui qui dit de Dieu : mon Pi-re (Luc 11, 49 et aill.), ou lorsque c'est Dieu (jiii dit . Tu es mon Fils (^Luc III, "i'!). Ainsi, l'apôtre lire ici une seconde preuve de notre étal filial, du fait que ce n'est pas seulement notre cœur qui est filialement disposé envers Dieu et dit : mon Piire, mais que c'est le cœur de Dieu lui-même qui par la voix du Saint-Esprit nous donne cette l'éponse : mon enfunt. Coiup. la gradation Gai. IV, il. En même temps que nos hras s'étendent pour saisir le Dieu qui se donne à nous en Jésus-Christ, les siens aussi nous entourent el nous attirent sur son sein. OUrumare iu^e celU' distinction arbitraire. Weiss lui-même, se séparant ici de .Meyer, ne trouve dans les versets 15 et II» qu'un seul el même témoignage intérieur, qu'il oppose au témoignage objectif, exprimé j)ar le xysTOai, èlre poussé, v. 14; comme si la

17'(- LA SANCTinCA I l(t.\

;:i'ii(lati(tti (lu V. IT) au v. I(> u'élail pas évidcule. — l.e Tov, avuc, clans 1(3 vei'be 'T'jiv.y.apx'jçeîv, conserve sou sens naturel de làmuir/ner avec ; l'Espril de Dieu lémoiiine avec nuire cspril, doni le senlinienl filial s'expriniail comme il esl dil au v. \'\. Néanmoins ledatil': tw TTveôaaTi r.aôjv, à nuire csjml, n'est pas pour cela le réiiime de ce '7'Jv, avec; il est le régime du verbe tout enliei' : (« rend témoit>nat!e à noire esprit »); noire espiil, tout en exprimant son sentiment filial (v. 1.")), reçoit le lémoii^nage du sentiment paternel de Dieu parle lémoi|ina<ie de l'Esprit divin. — Le terme tsxvov, enfant, difTére de celui de 'jÎo;, fils, V. \h, en ce que celui-ci fait ressortir davantage la dignité et l'indépendance personnelles, la qualité olficielle de représentant de la lamille, taudis que le premier a un sens plus intime et se rapporte plul()t à la communauté de vie. Dans l'un ressort la position d'honneur, dans l'autre la relation de naluie.

V. 17 : c( Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers; héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ ; si vraiment nous souffrons avec lui, afin d'être aussi glorifiés avec lui. >» — Les mots : (h\ si hok.s sommes enfants, montrent clairement où tendait rariiumeutalion de l'apôtre. Il voulait en venir à la qualiti' (Vhrrilirrs, qui dépendait de celle d'('///on/.s et achevait de justiliei' le : roas vivre:, du v. 18. — Sans doute Dieu ne meurt pas, comme le père qui laisse après lui un héiitage; c'est i\u sein de sa tiloii'e cpi'il enrichit ses lils en la leur comnumicpiant, c'est-à-dire en se communiquant lui-même à l'iix. Car. à le bien prendre, son héritage, c'est Luimême, lie qu'il peut ilouner de mieux à ses enfants, c'est son habitation eu eux. Saint l'aul l'exprime quand il fornmle l'étal pai-|'ait en ces mots (1 Cor. XV, :28) : Dien liml en Ions. — Il ajoute ici une expression particulière-

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