‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 16 sur 97 · C.IIAP. VIII · texte numérisé non relu

C.IIAP. VIII

ment propre à nous faire comprendre la sublimité d'un tel étal : co/iéritiers de Christ. L'idée si élevée du titre d'heri- (iers (le Dieu pourrait l'acilemenl se perdre pour nous dans le vague, si, pour donner du corps à celte idée abstraite, l'apùtre n'ajoutait ce lait concret : bériter en commun avec Cbrist; non pas bériter de lui, mais partager avec lui le divin avoir. Pour entrevoii- ce que signifie le liln- (Vliéritiers de Dieu, contemplons la relation de l-brist luimême avec Dieu durant son séjour sur la terre, et nous aurons une idée de ce que nous fait espérer le litre de (ils-héntiers ; comp. le v. 20. — Seulement , pour parvenir à la possession de l'bérilage, il y a encore une condition à remplir : si nous souffrons avec lui. Paul sait bien qu'autant nous sommes avides de la gloire, autant nous reculons lacilemenl devant la souffrance. Or, c'est précisément dans la souffrance que se resserre étroitement le lien entre (Jlhrist et nous, en verlu duquel nous <levenons ses cobéritiers (2 Tim. 11, 11-12). La lidélilé au service de Cbrist ne peut pas ne pas attirer des souffrances, soit e.xtérieuresdc laparl du monde (v. ri")), soit intérieures par la lulte contre le pécbé (v. \:]). On n'entre en possession de l'béritage commun de la gloire qu'en acceplaul sa part de cet bérilage commun de souffrance. Le eh.-io, si réellement, exprime non un doute sur l'accomplissemenl de cette condition par les lecteurs, comme le ferait sr-e, mais la nécessité absolue de cet accomplissement. «Si, dites-vous le bien...» Le l'va, afin que, exprime, comme dit Weiss, le but dirin, auquel le fidèle souffrant doit s'associer avec foi. — Ces derniers mots : Si nous souffrons avec lui, afin que nous soi/ons (/lorifirs..., sont la transition au morceau suivant.

La gloire finale, terme assuré des souffrances présentes.

VIII, 18-.i'.i.

L'apôtre a di'veloppé depuis le cliap. VI le grand fait de la sanclificalion clirélieiiiie sous ses différftnls aspects. Poui- achever l'exposé du saint, il ne lui reste plus qu'à démontrer la certitude de la ^iloire liilur'' tjui doit en étr<' la consomma lion.

Ainsi : après \ti Justi/icution, base de l'éditlce (I, IN-V, lin), et la sanctification, qui est l'édilice lui-même (VI, l-VIII, 17), la (/lorificalion, qui rn est le l'ait*' (VIII, i7-lin) '.

L'aftéiire ne vivait pas dans une béatitude factice. Ijuoique lils et héritier, il se trouvait chaque jour aux prises avec les misères de la vie présente. Il venait de le faire entendre par ces mots sii^nificatifs : « Si nous souffrons avec lui. )> l'/esl en face de cette carrière de souffrances à traverser encore qu'il sent le besoin rralfirmer en terminant ce but de la «gloire auquel Dieu a prédestiné cl conduit infailliblement les croyants.

La marche de la pensée apostolique, dans celle courte Iruisiéiuc pai'lie, me paraît avoir éli' liénéralemcnl bien mal

' .le ne pui.> concevoir que Wciss méconnaisse ce pas dëcisil (lan> ICxposé apostolique au point de réunir v. 12-27 en un seul morceau sfius le litre : « L'Esprit comme principe de la certitude du salut. Qu'a donc à faire avec l'action de l'Esprit le soupir de la nature v. 20-23 ou l'action de la Providence par laquelle Dieu lait tourner toutes choses au bien des fidèles v. il ? Le progrès sii,Mialé. de la juslificalioii à la sanctification et de la sanctification à la glorification, ne donnc-l-il pas une idée [dus nette et plus complète de la conception apiisloli(pie?

CHAI". VIN. \s. 177

comprise, et cela jiiS([ue dans les coniinenlaires les plus récents. Les uns ont vu dans le morceau suivant une séiie de motifs de consolation offerts par l'api'ilre aux lidèles souffrants. Ce seraient les trois suivants selon Mt'i/er : 1" la supériorité de la gloire i'uture sur les souffrances présentes (v. 18-25); 2° l'assistance du Saint-Esprit (v. -2(1 et 27); .> la coopération de toutes choses au bien de ceux qui aiment Dieu [\. -28-80). Heus.s dit en arrivant au V. 28 : Après Vespérance (v. 18-25) et VEspril (v. 2(» et 27), l'apôtre mentionne encore un troisième lait qui est de natui-e à nous soutenir, c'est que « tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu.» In peu plus loin il continue en disant : u A ce propos Paul récapitule la série des actes par lesquels Dieu intervient dans le salut de l'individu. » Vu troisième fait..., à ce propos ! De telles expressions ne conviennent guère au mode de composition de l'apôtre; quand on est obligé d'y recourir, cela prouve simplement qu'on n'a pas compris la marche de ses idées. Philippi compte quatre motifs d'encouragement : |o la grandeur de la gloire future; 2° l'ordre divin qui veut que cette gloire soit un objet d'aticnfe persévérante; •> l'assistance du Saint-Esprit; 4"^ la coopélation de toutes choses à notre bien. Selon Holsfen, l'espérance chrétienne est ici fondée : 1'^ sur l'état de la ci'éation; 2° sur le soupir des fidèles; o" sur le soupir de l'Esprit; i» sur la conscience qu'ont les tidèles que leurs souffrances même doivent leur tourner en bien, ("-onmieut peut-on se llaller d'avoir compris saint Paul quand on le lacère de la sorte? Il ne juxtapose pas ainsi trois, quatre points, comme on le fait d'ordinaire dans les sei'uions. Le procédé de sa pensée est plus organique. Sc/datter seul a senti le besoin de comprendre d'une manière plus profonde l'exposé de l'apôtre dans cette partie, il saisit net-

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tt'inciil ro|)|»ositi(tn iiiarqur'f? p;ii' le r^i, iimis. du v. 28, et divise d'après cela ce passade en deux seclions, deslinées loiiles deux à prouver la cerlilude de respérauce olnélienne : I" par un lait venant d'en l»as, le soupir qui monte de la lerrr au ciel, v. 18-27; ri -2" par un lail venant d'en haut, le décret çlivin (|ui a déciil»' la consuuunalion du salut, v. 28-.'}0. C'est à la l'ois i;ranil et inLit'uieux, trop iniiénieux peut-être. J'ai exprimé dans la i''^' (''d. la conviction que le fit, mais, du v. 28 indique une loi'te antithèse, celle qui domine tout ce passa;^e ; mais dans un sens plus simple que celui de Schiatter. Après (ji:e dans v. 18-27 l'apôtre a décrit l'étal de souftrance universelle qui appelle un renouvellement exlcrienr, prfipre à consommer rienvrc du salut fondée spirituellemenl par les deux grands laits de la justification et de la sanctification, dès le V. 28 il nmntre le décret divin de Lilorification finale (pii correspond à ce sou])ir et <pii assure rachévemenl de la rédemption en Christ. Toute cette partie était donc contenue en germe dans les derniers mots de la i>aitie précédente : « Si nou>> souH'rous arec lui, — c'est l'idée développée v. J8-27; — afin d'être t/lorifiés avec lui ^^ — c'est l'idée développée v. 28-r»0; conq». spécialement pour le arec lui le v. 29. — Oue le lecteur se rappelle la manière dont l'aul avait aimoncé tout le passage VII, 7-Vlli, 11 dans les derniers mots du morceau qui précédait : en nonveanlè (Cespril (Vlll, 1-11) el non en rieillesse (le h'Ure (Vil, 8-2.")), et il comprendra comment tiavaillail l'apôtre.

CHAI'. VIII. is. '170

Xl.V- MUUCK.M ^VIIL IS-.^O).

Le jildti (lu sailli s'iicniniji/issanl ii travers les sonlfrarurs présentes.

Le llièiiie Lirm'i'al, v. IN, loriniile ncltemcnl les deux iflées à développer : I" les soiifj'rances du temps ]iréseat, et '2'^ la gloire qui doit les suivre; le g'j'j.t: xg/ v.v et le Tuvf^o-

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