‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 19 sur 97 · IN · texte numérisé non relu

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I A (II.OI'.IFICATION

ilin''li(^ii>;, m'usI-cc pjis toiile consience clii-iMicniiL' (jiii interroge de la sorle? — Le premier soupir qui arrive à Toi-eille Je l'apùlre est. celui de la création. Le ternie i:r<M- (pie nous avons rendu par ruUenle, est un de ces mois admirahles que la langue grecque permet de former. Il esl composé de trois éléments : /.aca, lu Irtc ; ^^y/.io), 'î'j/.ao), ^oy.£j(-j, s'attendre à, cfiier ; el à-ô, de, de loin: ainsi : « allendre la léte levée, le regard fixé vers le point de l'horizon d'où doit venir l'cdijet attendu. » (Juelle représentation plasti(pje ! Iii artiste ferait une statu(- de l'espérance sur ce terme grec. Le verbe à-s/.r^r/sTai, (jue nous avons traduit par aspire à, n'est pas moins remar- (juahle; il se compose du verbe simple <^i/oaa'., recevoir, et de deux prépositions : i/., des moins de, et à-o, de, de /o//t ; ainsi : « recevoir quelque chose des mains de quel- (ju'un qui vous le tend de loin. » (le substantif et ce verbe réunis décrivent avec vivacité l'altitude de la création soulfranle qui tout niiiére tourne en quelque sorte un regard impatient vers l'avenir attendu. — (jue faut-il mtendre ici pai' In création :' La variété des réponses faites à cetle question par les interprètes esl étonnante. Le mol lui-même, r, /ctiti:, peut désigner soit l'acte créateur, soit le résultat de cet* acte, rensend)le des choses créées. .Mais bien souvent aussi il prend un sens plus restreint ipii t'Sl indiqué par l'ensemble du passage. Ainsi dans ce contexte nous devons counnencer par exclure de la créalion les rroyanls. Cju an v. '1:\ ils S(jnt mentionnés connue appai-tcnant à une classe différente. Nous devons également en n-tranclier les hommes non croyants, soit Juifs, soit païens, liar Paul ne dirait pas d'eux sans doule que c'est sans leur faute (ju'ils sont assujettis à la vaniti' (comp. eh. h, ni non plus (pi'ils soupirent après l'alVranchissi'menl des enfants dr Hii-u. Kniln, s'ils se convi-rlissent

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lin jour, ils seroiil enx-mènies parmi ces enfaiils de Dieu atfraneliis à la Parousie; sinon, ils ne parliciperonl pas, comme il est dit de la création (v. :2I), aux etTeis de ce i:lorieux atïranchissement. On a aussi pensé aux tuujes ; mais, quant aux démons, cela n'aurait aucim sens, et quant aux bons anges, comment ilire qu'ils sont assujettis à la corruption (v. 21)? Il ne reste donc qu'à appliquer ce terme : la création, aux êtres inintelligents que nous compi'enons ordinairement dans l'expression : la nature, en 0|)position à f humanité. (7est le sens dans lequel est employé ce mot dans la Sap. de Salornon, XVI, 24 el XIX, 6. Ainsi se trouvent exclues rinterprétatiou (VOriç/ène, suivie par Oltramare et d'autres : les créatures humaines en général, chrétiens, Juifs et païens; celle QVAu(/uslin, de Schleierm.: l'humanité universelle non convertie; celles de Lvcle >'l t\e HiJhme, l'un: les Juils; l'autre : K'S païens: l'explication socinienne et arminienne, qui prend ici le mot création dans le sens de la nouvelle création, c'est-àdire les chrétiens, celle de Zijro enhn, qui propose d'entendre, par /.TiTi;, la chair chez les régénérés, etc. L'explication que nous avons donm'e est la plus généralement adoptée {Calv., Met., GroL, Benij., ThoL, de Welle, Me»/., Philip., Jhfni., Weiss, etc.). Elle est contîrmée par les parallèles suivants : Matth. XIX, "28, où Jésus parle de la palinç/énésie, ou renouvellement universel, qui doit arriver; Act. III, 21, où Pieire ;mnonce la m restauralion de toutes choses, » et Apoc. XXI, 1, où ce renouvellement est décrit comme la substitution d'un nouveau ciel et d'une nouvelle terre aux cieux el à la terre actuels. La même perspective de rénovation universelle dans les derniers temps est déjà ouverte dans l'A. T. (Ks. XI, 1 et suiv.; LXV, 17; Ps. CM, 26. 27; Ps. CIV, :55); elle résulte du t'ait de la chute de l'homme dans laquelle a été ('nvelop[»ée

ISi I.A (;LnR|| ICATION

la naliiiv. A la solidarité dans la cliule se rallache la solidaril»' qiianl à la resta lira lion. OUramare objecle qu'on lie peiil altrihuer un soupir, une allenle à des èlres inintrlliuents: mais il est clair que c'est ici une manière liliuréc de désii:iier le malaise dont souflVeiil les èlres de la nature capaldcs de sentir et les fléaux dont sonl si souvent alleinis les êtres inanimés eux-mêmes. Dans ce morceau propliélico-poélique, la destination de la nature est présentée comme sa propre aspiration. — L'heure de la transformation est appelée le momeiil de hi munifeslalinii (les fils de Dieu. Cotte expression s'explique par Col. III, \ : (( Ouand Christ, notre vie, sera manifesté, alors V(Mis aussi serez manifestés avec lui en gloire. « L'apparition des (ils de Dieu dans leur vraie nature sanctifiée rompra les liens de malédiction qui enchaînent encore aujourd'hui la eiéalion à la vanité et à la moil ; comp. Mallh. Xill, i)-, I Jean 111,^2. La nature elle-même est impatiente de voir arriver ses nouveaux hahitanls, parce qu'elle sait qu'elle revêtira pour les recevoir sa plus helle parure. — Dans les versets suivants, Paul développe d'iiiie manière plus complète ce caractère anormal de de l'état actuel qu'il vient d'afliiiner v. l'.l.

V. 20-:22 : a Car la création a été assujettie à la vanité, non volontairement, mais à cause de celui qui l'y a assujettie, avec espérance, -I parce que ' la création elle-même sera aussi délivrée de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. '1-1 Car nous savons que toute la création soupire ensemble et qu'elle est comme en travail jusqu'à maintenant. » — La ranilé à laquelle es! maiiilciiant assujettie la nature, est l'état de

' N 1) F (i lisL'nl fj-.'j-: ICI) rai.fi» île <e qitei. au lieu (le ot; (ijne ou liKi-rr ipi.-i i|iii> lit |(> T. I{. avec lou> !(•> aulns Mij.

CHAI'. VIII. 'lo-±2. I^">

ciiilucilé .auquel sont réduits tous les êtres terrestres. « Partout, dit Bcuss, nous îivons sous les yeux des images de mort et de dépérissement ; le fléau de la slérililé, la iiireur des éléments, les instincts destructeurs des lièle.s, les lois mêmes qui régissent la végétation, tout donne unr teinte sombre à la nature... » Ce règne de mort qui |ilane sur tout ce qui naît, ne peut être l'étal normal d'un inond».' créé par Dieu. D'autre part ce ne peut être la nature (lui l'a attiré sur elle-même, puisqu'elle n'est pas moralemrni libre. Aussi l'apôtre dit-il que ce n'est pas dr scni plein .'//>' qu'elle se trouve dans cet état, mais à cause de celui qui rfl a a.ssujelti>'. De qui veut-il parler? D'après la plupart des interprètes modernes : de Dieu. N'est-ce pas lui (pii a pi'ononcé la sentence de malédiction : « La terre sera maudite à cause de toi » (Gen. III, 17)? ('.e|tendaut, si c'était bien là la pensée de l'apôtre, il serait étrange qu'il employât Vexpvess'ion à cause de (f^-à avec l'accus.); car Dieu n'est pas la cause morale, mais l'auteur efTectil' de la malédiction de la natiuv. Puis, si l'expression : no)i de sou itteiu (/ré, signifie : non par sa propre taute, il est naturel de chercher dans le terme opposé (niais à cause de...) l'indication de celui sur lequel péie la responsabilité morale de cette calaslro}ihe; aussi ne peut-on s'élonnei' de l'explication de Cliri/soslonie, Sdtueckenlninier, Tholucl;. (pii appliquent le terme ô JTïOTx^a;, celui qui a assajelti, au premier homme ; com\). V, 14 et l'expression Gen. 111, 17 : ft La terre sera maudite à cause de lui. » Touteroi> dans ces deux sens on se demande ce qui a engagé l'apôtre à se servir de cette expression un peu mystérieuse : rfhii qui. Il lui eût été si facile de dire : [)ar la volonté de Dieu, ou : par la faute de l'homme. Et, quant au second sens, le terme : celui qui a assujelli, s'appliquerail-il bien à l'homme, qui a joué dans cet événement, en ce qui cou-

ISf» LA CI.OlllllCATIo.N

ct'iiie l.i iiiiliire, un vnh' |iiiiL'iii(Mit passif? C'e<l ainsi (jnini inlerprèle, Haininoiid, a élé comluil à rapporter ce lernie à Salan, le prince de ce monde (comme s'exprime Jésns), (pii, (Ml faisant pécher l'Iioinnit!, a enli'aîné la créalinn dans IV'Ial niiséi'alde conslalé ici. La vraisemhlancc est, mh' parait-il, pour ce dernier sens. 11 est en ions cas impossible de comhiner les deux derniers, connue Gess sérail disposé à le faire (p. ."):2I).— Le régime: avec espérance, ne poui'rait se rapporter au terme : cflui (pri a tissujcUi, (pi'aulanl qu'on appliipierait celui-ci à DiiMi. Il dépend donc |ihil(^it du verhe [trincipal a été iisfiuiclli à lu vanitr, i-l siiiuifie que dés l'abord, quand ce châtiment a elé inlli^é, il ne l'a été que dans la perspective d'une restauration lulure. l-etle espérance, tout comme rullcnlc v. 10, est altrilim-e à la nature elle-même; elle possède dans le senliment de sa soulfrance imméritée connue un pressentiment de sa restauration future.

V. -21. On peut faire de ce versel soit le contenu «le res|)érance, en lisant oti et en l'entendant dans le sens de ijue; soit h; motif de celle espérance, en lisant f^.oTi, à ciiii.se de ce (jiic, ou en donnant à oti le sens de fxDce <jiie. Le second sens est jtlus naturel ; car il rend mii.'ux compte de la répétilion In c.clrnsu du sujet de la plii'asc : .y.'jTr, r, /.^ii'.z, lu rrcdtinn cUc-ninne. Aucun écrivain ne dira : La nature a été assujellie dans l'espéranc;.' que la nature elle-même serait alTranchie. .Mais il es! ton! sim|de di; dire que la nature a rir assujellie, mais non sans espérance, puis(pie 1,1 naliire l'Ile-mr'me i^et non pas seulemeiil l'Kiilise) doit l'Ire alViaiicliie. (!e cllc-mnnc suii^ére l'idi'c (|u'oii n'atlendiait lien de semhlalde eu faveur d'un tout compose!; d'êtres iiiinlelliiienls. — Le /.y.:, diissi, incntc, se rap|)orle à cette même pen.sée : la cn-alion inintelligente aussi liieil (pie les eiifaiils de Didi. — Haiis l'expression :

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la serrilmte de la conuplion, le coinpléineiil peul signilier: « la serviliule qui consislr dans la corniplioii. » Uu Itien le complément peut èlre le lién. île l'objel : l'assujetlissemenl à la corruption, comme jou;^. Ce second sens vaiil mieux, car l'idée d'assecvissemenl est ainsi plus accenluée, en opposition à celle de la liherlé dans ce qui suil. — Le terme de oOoca, rorriiptiiin, ponrritine, est plus énergique que celui de vanité, et sert à le préciser. Dés que la mort a fait son œuvre, la corruption commence la sienne. — Paul dit que la nature aura part, non point à la t/luire, mais seulement à la liberté de la fjloiivî des enlanls de Dieu. La liberté est un des éléments de cet état glorieux, et c'est le seul auquel puisse participer la nature. II faut entendre par là le développement sans eutiavrs, !•:• lihiv épanouissement de toutes les puissances de vie, de lieauté, de peiicclioii dont sera douée cette nature nouvelle, et par la iiloire la splendeur de la vie céleste de l'humanité sanctiliée, vie dont cette nature afl'ranchie sera le tliéàtr»-. liien n'indique que l'apôtre pense au retour à la vie des êtres particuliers dont se compose la nature actuelle. L'individu n'est, dans les domaines inféi'ieurs à riiomme,que l'apparition temporaire de l'espèce. Nous devons donc penser ici uniquement h. une nature nouvelle dans son ensemide, différant de l'ancienne par sa constitution et par ses lois. V. 'H. Ç.a verset renferme la confirmation de respérance exprimée au v. 21. i'ar le mol : nous savons, Paul en appelle, non, comme l'a supposé Eivald, à un aiieieii livre perdu, mais à un livre constamment ouvert aux yeux de ceux qui savent y liie, la nature elle-même, don! le spectacle journalier proclame assez haut tout ce que dit ici l'apôtre. Un cri de souffrance universelle, un soupir doulomeux ne se déi:age-t-il pas incessamment de toute la vie de la nature? L'oreille des poètes a recueilli ce

ISN I A (il.OUirRlATION

v;istii gémissement il;iii> Ions les temps; leur voix s'en esl liiil l'oriiane. Cunimc le disait Sc/iclliii;/ : Dans le |)lu> hi'aii jimi' (le |irintem[)s, an moinfiil même oii la nature étale tous ses charmes, le cœur, en s'ahreiivanl d'admiialion, y suce un venin de cuisante mélancolie. — La prépos. -T-iv, anr, qui entre dans la composition des deux vérités, ne peut se rapporter (piau concours de tous les êtres dont se compose la nature à ce coimuun soupir. .Mais il y a là plus qu'ini soupir; il y a effort, il y a travail. C'est cifpi'expi'ime avec force le second verlie. '^•r/co^ivc'.v, littér. l'In' t'u hdivil d'eiijdnlcrncnl . 11 seud)le (|ue la vieille nature porte en son sein le ^erme d'une nature plus parfaite et, comme dit le [loète, « sente hondir eu elle un nouvel univers. )i — (ju'on se ijarde de donner au mot jiisijii'ti huiinteittoit l'un des sens que de Welle et Mei/er lui attrihuent : de loitl letn/is ou saus internijdion. Cette observation serait oiseuse. Le contexte l'ail comprendre ce que Paul veut dire : jusqu'à maintenant, même après que la rédemption esl déjà accomplie dans la sphère spirituelle. Le principe rénovateur a transformé le domaine intérieur où la l'entec(~ile l'a lait pénétrer. Mais le domaine extérieur esl resté jusqu'à maintenant en dehors de son action, l^omp. le ii'K iz7'., I Coi'. IV, 13. Il en est à cet é^ard de reuseiidile connue de rindividu ; comp. v. 1(1.

Sur le jxiM.saf/i' \\\\, IH-'H. — Kn pourMii\;uit l'exposé de r<euvre(iu saluf. l'apôtre en est venu à eflleurer un doiuaiiie, eelui de la iiatiay. où il se trouve en contact avec le travail de la science. V a-t-il harmonie ou désaccord entre son enselirnenient et les résultats de l'étude scienfiliipie .' il est un premier point sur lecpiel l'accord est complet. I)e|)uis un sit^le. l'étude de notre irlohe a pr(»uvé que la condition actuelle de la terre nest (pie le résultat dune série de transformations profondes et irraduelles; ce qui nous conduit naturellement a la conclusion cpie cet étal n"e>| point (ir-liiiilif t't (pi'il ne doit être envisagé (jue coiinne nue

ClIAl». VIII. -l-l. I<^-'

étape, une phase (emporaire destinée à fra\er le cliemin à (|uelque transformation future. C'est précisément ainsi (jue noire terre se présente aux regards de l'apôtre érlain» sur la nalurc du salut par l'Esprit saint.

Mais il est un second point sur lequel l'accord ne send)le pas si complet. L'apôtre paraît faire de l'état actuel de souffrance et de mort qui rèjzne ici-bas. le lésultat d'une catastrophe intervenue dans le monde moral, et qui aurait eu son contre-coup <lans la nature extérieure. Or, la science moderne semble prouver que la condition actuelle de la terre est uti résultat naturel de tout son développement précédent, et que les misères qui y sont attjichées sont plutôt un reste des états par lesquels a passé précédemment la terre que les elïets d'un état de chute intervenu depuis l'existence de l'homme. La mort, en particulier, qui règne également dans l'animalité, se présente à l'esprit comme un fait que répo(jue actuelle a hérité des phases antérieures du globe. Cette objection est grave. On peut, en se plaçant au point de vue de l'apôtre, y répondre de deux manières, selon que l'on entend par le GzoTaça; [celai qui a assujetiV l'homme ou Satan. Dans le premier cas, l'apôtre pouvait répondre : L'homme créé mortel (« tu es poudre et tu retourneras en poudre ») devait, sur la voie lie l'obéissance, être allranchi de cette loi par la transformation de sa nature physique (le fait figuré par le manger de l'arbre de viei: puis, en développant toutes ses facultés d'intelligenic et de puissance dans le lieu favorisé où il a\ait été placé dans ce but. étendre graduellement l'élat prospère dont il eût joui, a la terre entière et la changer en un paradis. L'histoire naturelle prouve qu'une action bienfaisante sur 1 animalité elle-même n'est pas une impossibilité. Mais lorsqu'au contraire l'homme a failli et (juil est tombé lui-même sous la loi de la vanité et de la mort, il s est privé du pouvoir de travailler à l'allranchissement de l<i nature et l'e.sclavage de celle-ci est ainsi devenu définitif. Oue si l'on admet le second sens, un coup d'œil plus vaste encore sur le développement de la nature s'ouvre à notre pensée. Satan est appelé — et Jésus lui-même lui donne ce titre — le soucerai» (le ce monde. (>elui qui croit à l'existence personnelle de Satan peut donc admettre aussi (juil a joué un rôle dans le developpen)ent de cette portion (K^ son domaine appelée la terre, \assal révolté, il a constamment travaillé à faire dévier de sa marche

Il'" LA (il.OKIFlCATloN

intriiiali' lœuxre de la créatioti divine. Nous savons que c'est là M>ii rôle dans I histoire des hommes. Il épie chaque leuvre de l'Ksprit divin pour l'altérer aussitôt. Pourquoi n'en aurait-il pas nii\ ainsi à l'éunrd de r(Puvre divine dans la nature :' (A'tte puissance de déviation (|iii s'est fait sentir imniédiatemeut après l'apparition de l'homme, sur la scène même du paradis, elle n'a pas commencé sans doute à exister dans ce moment-là. N'avaitl'Ile point joué un rôle dans les crises antérieures qui ont siiiualé le (li'vcloppement de la nature terrestre ? Ne discerne-t-on pas dans cette histoire, comme dans celle de l'humanité, des traces (I un coidlit entre la force hienfaisante qui pose un certain état de choses, et une puissance hostile (|ui le fait dévier de son développement normal, jusqu'à ce (|ue cette ap|)arition gUée fasse place à une œuvre supérieure (|ui suhira ;i son tour une altération analogue, mais deviendra par la même aussi le point de départ d'un proiirès nouveau dans I <euvre divine? L'apparition de I homme a mis lin à cette lutte pers(>vérante dans le domaine de la n:iture. mais |)our olVrir aussitôt un champ nou\eau à l'action ho»<tile. qui s'exerce maintenant dans le domaine de l'histoire, celui du développement de l'être lihre. Ainsi s'est produite la dt''viation anormale du péché {|ui a tout replacé sous le joui: de la mort. C'est au second .\dam (|u'il appartient de clore celte ère nouvelle, comme le premier avait clos l'ancienne, en opérant d'ahord dans le do:naine moral, puis enfin dans le domaine pliysi(|ue, la défaite définitive de la puissance ennemie du bien. Ces vues, que (lévelo|)pait Stc/fois dans son cours danthropoloiiie. ne paraîtront sans doute à plusieurs que pures rêveries. A celni qui en juiie de la sorte, il ne reste qu'une .solution. ^i une solution est envisaizée par lui comme désirable : c'est que Dieu, dans la prévisi()n du péché, n'a point préparé .a Ihomme une demeure parlaite, comme celle qui eût convenu a un être saint, mais qu'il lui a assigné pour le temps de sa guérison et de son éducation morale un séjour en ra|)porl avec les jugements qu'exigeait cette aui\ re de tianslormation.

Il est un troisième |)oint à lelever ici, sur le(|uel la science iiniis paraît s'accorder sans difliculté avec la pensée de >ainl l'aul. C est la solidarité étroite qui existe entre l'iionnne et la nature. I.»' physiologiste ne peut se refuser a voir dans le corps humain le terme ^oulu el le couronnement de la série des orga-

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