AU.X HOM
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un «'tMt iiitriif'iir déjà renoiivelt' cl sanclilii- à un étal extérieur qui n'a point encore participé au renouvellement messianique. C'est ce qui l'essorl clairemenl des dciiiii'rs mots : (idrinhiiit ht (Iclivrancc de noire corps. Le l^én. est donc le complémenl de qualité ou d'apposition : « les prémices consislanl dans l'Esprit lui-même. » Ce sens résulte d'ailleurs de la comparaison allenlive de 2 Cor. I, •l'I et de Epli. I, 14. L'apôtre veut dire : « Nous-mêmes (pii, par la possession de l'Ksprit, sommes déjà entrés intérieurement dans l'ordre de choses nouveau, nous soupirons cependant encore, parce qu'il y a une partie de notre éiiv, l'homme extérieur, qui ne jouit pas encore de ce privilégie. y> Ilofmann applique le rég. eti nous-mêmes au participe â'/ovTîç : nous qui possédons en nous-mêmes. Mais n'esl-il pas inutile de dire que l'on possède le Sainl- Kspril intérieurement? Ce rég. est au contraire très-signilicatif si on le rapporte, comme cela est grammaticalement natuiel, au veihe nous soupirons : « Nous gémissons hien souvent intérieurement, lors même que les autres ne s'en doutent pas et qu'ils nous entendent parler du salut comme il un fait déjà acconq'yli. )> .Vu-dedans de lui le fidèle sent douloureusement le désaccord qui règne encore en lui l'Utre le fils de Dieu et l'enfant de la poudre; et voilà ce qui produit en lui continuellement ce soupir d'attente. Il espère ce que Paul appelle ici Vadoplion, mol expliqué par cette apposition : la dèlivrancr de noire corps. Sans doute, notre adoption est accomplie en droit (Cal. IV, 6). Elle l'est même en fait sous le rapjtort spirituel; car nous possédons V Esprit dr notre Pi'rc (v. Li-10). Mais l'èlnl de fils de llieu ne sera pleinement réalisé en nous ipie husqu'à la sainteté du dedans viendra s'ajouter l'éclat extérieur, l;i Iteauté du corps glorifié. A peine est-il hesoin de (lire que par l'expression : lu drUmnirc de notre corjis.
CHAI'. VIII. -Zl-i't. l''->
T'atil ivi veut pas dire que nous devons (-liv délivrés de notre corps (Reuss, Ollmm.j. Il serait anii-ijihiique de dire ■fjue le croyant aspire à n'avoir jilus de corps; il aspire à posséder un corps nouveau, semblable à celui de Clirist ressuscité; comp. IMiilip. III, 21. Le complément du coriis est donc le L:énil. du sujet: c'est le corps lui-même qui doit être délivré des misères de sa comlition présente. On voit par 2 (lor. V, 4 que Paul désirait non d'ètie df'pouillé, mais d'être revêtu par-dessus, c'est-à-dire de recevoir sou corps glorifié, par la puissance duquel devait être altsorbé ce qu'il y avait en lui de mortel. Par cette transformation extérieure viendra s'ajouter à la conscience et à la diiinilé filiales, que nous possédons déjà, l\Hat glorieux de tlls de Dieu; comp. ce que F\aul dit de Jésus lui-même 1, 3- 'p. — Les versets suivants continuent à justifier le TTcvaCoy.cv, jwus soupirons, du v. 23. (Juoique fait, notre salut n'est pas accompli.
V. 2i et 25 : « Car c'est en espérance que nous avons été sauvés; or, l'espérance vue n'est plus espérance; car ce que l'on voit, pourquoi l'espérerait-on encore ' ? -•"> Mais, si nous espérons ce que nous ne voyons pas, c'est avec persévérance que nous l'attendons. >) — Le n'-giiiic t?. i/.-î^i, en espérance, a évidemment l'accent. C'est, comme dit Bengel, un dalivus modi qui signifie : a sous la forme de Vespéranœ. » Si notre salut est l'ait (i-TwOr.y.ev, nous avons élé sauvés), nous ne le possédons encore que sous la (orme d'une grande espérance. Sans cette espérance rien n'aurait été réellemciil fait (I Cor. XV, ly). Il ne faut donc point identifier, comme le font Chnjs., de Welle, Rïaj;.., l'espérance avec la loi et relroii-
• T. R.. avec A C K L P. lit : -.: /.a-. I pourquoi encoru). (It'\anl {/-.•X,v. ; D F G It. Syr. : -.: (sans /.x: : a omet -.>. ; B omet -: /.a:. — n A lisent : j-oar/:; (attend). in\ lien i\e i/.-'.Zv. (espère).
llMi LA t;L(i|;lFI(,ATI()N
ver ici l'idrc du saliil par la foi. Aux yeux do l'aul l'espérance était l'un des élénicnts constilutifs de la vie chrétienne, aussi distinct de la foi que l'amour lui-même (i Cor. XIII, 13). Déjà dans le temps apostolifjue nous trouvons des i^ens qui, enivrés d'un faux spiritualisme, prétendaient que le salut ne concernait que la nature supérieure de l'homme et qui ahandonnaient le corps à la destruction éternelle; ainsi ces chrétiens de (lorinthe qui niaient la l'ésurreclion du coi-ps (I (!or. XV) et ces docteurs d' Asie-Mineure qui prétendaient que ta rrsiorcclion élaii déjà arrivée (:î Tim. 11, 18), prohahlement parce qu'ils la confondaient avec la réiiénération morale. V avail-il de pareilles gens à Rome ? Paul doit avoir eu quelque raison d'insisl(!r, comme il le fait ici, sui- le couronnement extérieur et futur de l'édifice du salut.
Le sens des deux dernières propos, du v. -2i est claii' : L'espérance iuqdique la non possession. Dans l'expression: Vesimance vue, le terme espérance es! pris i)0ur Foùjel espéré, comme cela arrive souvent, Loi. 1, 5, par ex. Dans les mots suivants, ce mot reprend son sens subjectiL La dernière propos, a été amendée de toute sorte de manières par les copistes. Nous avons rendu dans la traduction le T. IL que Weiss accepte éL;alement. Le /.ai, aassi^ encore, renferme l'idée de l'inutilité de l'espérance, quand une fois la vue est là. Le texte gréco-lat. offre le même sens un peu affaibli par l'omission du /.«t. De même le Valic, malgré le reiranchement du -i /.«!. : « ce qu'il voit, qui l'espère".' » Volkinar, Westcoll cl Horl préfèrent celle leçon qui est pourtant bien dure. Celle du Sinait signilie : (( Ce que quil voit, il l'attend aussi. » — Par le fait constaté ici (pic l'espérance est im des élémenls essentiels de la vie chrétienne, l'apôtre ne veut évidemment pas pnnivei', eonuue leci'oit lTv/.s\«, (jue nous pouvons compter
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cerlaiiiemenl sur la L;loire prochaine, — k rai.^oimeim'iil ït'rail peu solide. — mais l»ien que nous ne la possédons pas encore.
V. 25. Le fîô esl advei'salil" : « mais si, au lieu de voir, nous espérons. >• — L'accent esl sur le mol r^.■ 'j-oy-w?,:, arec persévéra itce. Dans robliL:alion où nous sommes encore d'espérer sans voir, c'est <à force de persévérer que nous demeurons dans l'allente. D'après son sens élymoloiiique, le mot 'j-oyiveiv signifie : tenir bon sous le fardeau, il faut savoir endurer pour ne pas laisseï' tlécliir sous IIfardeau des souffrances présentes ces mains que l'on étend vers l'avenir espéré. Nous sommes donc encore loin de la silualion normale.
V. 'Ki ei '21 : « Et même aussi l'Esprit soutient notre faiblesse ' ; car nous ne savons pas ce que nous devons demander ' pour prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même intercède ' par des soupirs inexprimables. '21 Mais Celui qui sonde les cœurs sait quelle est l'aspiration de l'Esprit, parce que c'est selon Dieu qu'il intercède pour les saints. " — L'api')tn' avait passé du soupir de la nature à celui <](}?• enfanis de Dieu; il s'élève maintenant à un soupir plus sublime encore, à celui du Saint-Esprit lui-même. Celle tiradalion est si manifeste que l'on ne comprend pas qu'elle ait pu rester inapf.'rçue de tant d'interprètes; voir|)ar('x. Mei/er el Heuss qui fNpliqiKMit ainsi la liansilion de 2.') à 2(i : « L'espéi'ance nous soulienl, et, si elle nous manfpie, nous avons l'Ls-
' T. I{. lit ;i\ec K 1. F : Ta;; aiÛEVcia-; (no^- faiblesses) ; N A BC I» V G Syr-'"' lisent : tt, aïOîVc-.a (notre faiblesse), mot auquel K G ajoutent : tr,; ô;r,'3îoj; (de prière).
- T. R. lit avec X A B C : r.^o'zzj^oi'j.i^a. (nous devons demaufl';r) ; I) K I, P lisent -foaîjfoaîOa (nous demanderons) ; et F G : -yj-jij- •/oaiOx (nous demandons).
3 X A li D F G ()in(>llcnl les mois -j-ir. ry/..-/ ''pour n<,u.<).
l'.tS LA GI.Olîll-ICATKW
prit. » (In ne saurail plus rdinplèleiiieiil manquer la pfnst'e (le l'apùlre. — Il faut remarquer la dilTéivnce sii;nilicalive entre celle seconde Iransiliou el la précédente. En jiassant du soupir de la nature à celui des lidèles, Paul disait : non seidcnienl.... niais aussi. .Maintenant il dit simplement : et île même aussi. Il n'y a plus ici de contraste indiqué, comme au v. -2.'); le soupir de l'Esprit est homogène à celui des fidèles (de même), quoiqu'il en soit distinct (aussi). — Si on lisait avec les byz. le pluriel -y.l; y.nhzvv.y.\z, nos faiblesses, ce mot désignerait toutes les inlirmilés {tliysiques et morales des fidèles. .Mais une idée aussi générale n'aurait pas d'à-propos dans le conli-xte. Il faut donc préférer la leçon alex. : -r. àrrOsvcîa, nahr faiblesse. Cette expression se rapporte à l'état de délaillance dont le fidèle se sent parfois atteint sous le poiils des souffrances actuelles; c'est connue un d/'ljcit (pii si- produit dans son 'j-oaovr,, celle eonslancc dont parlait le v. précédent. Bcngef ITe/.s.s, etc., pensejit plutéii à la laildêsse dans la prière; c'est de celte même pensée qu'est |irnvenui^ la leçon de KG. L'infirmilé dans la prière rentre sans doute dans la laihlesse générale dont parle l'apôtre, mais elle ne la constitue pas tout entière. Le veihe zvT'./.xy.- .iàvsTOai, soutenir, renir en aide, est un de ces beaux mots que compose si aisi-uieiil la langue grecque : A-zy.- [iavf/rOy.'. (le moyen), jneiidre sur soi un fardeau; tjv. arer (pii'l([u'uu ; àvTi, a sa plate : ainsi : partager im lardeau avec quelqu'un dans le but de le soulager; comp. Luc X, iO. (]e verbe esl suivi d'un régime personnel; c'est ce qui nous engage à prendre le subst. absti"ait : nvire faiblesse, dans le sens de : nous fdlilcs {'r.'j.bt y.nhvii':vi\. L'Esprit nous soutient au moment où, prêts à délaillir. nous ne savons plus comment prier. — .\vant de décrire celle assistance, l'apéilre fait ressortir le syuq)téinie le |dus
CIIAl». VIIJ. '16. I".ll>
ilouloiii'eux lie ces ('lais de déraillaiice. La hibiilalioii csl telle qu'en voulani prier nous ne discernons j)lus noiismè'mes quel sérail le bien capable d'apaiser la louruienle de notre cœur. Aous n'avons plus de remède à proposer. Le mot To est article par rapport à lonle la proposition suivante prise subslanlivemeni : a Le : cr que nous dorons detufdKler. )) Les mots : contine il faut, ne se rapporleiit pas à la manière de prier (il y aurait /.aOto;), mais à ioh- Jet lie la prière : ce qu'il nous faudrait dans le moment donni'. Jésus lui-même s'est trouvé une fois dans cette situation d'âme : « Maintenant mon àme est troublée, » dit-il Jean XII, 27, « et que dirai-je ; Père, délivre-moi de celle heure ? .Mais c'est pour cela môme que je suis venu jusqu'à celle heure. » Après cet instant de trouble et d'hésitation, sa pensée se fixe et sa demande se formule: « Père, tilorifie ton nom ! » (!omp. une situation analoiiue chez Paul, 2 Cor. Xll, 7-1). — Dans ces situations exlréines un soutien s'olTre tout à coup : le titièle seul passer dans son cœur et s'élever à Dieu un soujjir qui n'est pas le sien, qui procède d'un être supérieur à lui, l'Esjiril. Ce mot ne peut désiiiner ici que l'Esprit saint lui-même (v. |(>-28), et non, comme le veut OUramare, a. le sentiment de confiance liliale » qui anime bi chrétien. C'est précisi'inent ce sentiment qu'il n'éprouve plus Iui-mèm3 à ce momenl-là. Le verbe 'j-spsvT'jy/àvsiv est de nouveau un terme composé tie trois mots : T-jy/âvs'.v, .se trouver, se rencontrer avec quelqu'un; sv, en un lieu convenu; ''j~io, en fureur de, c'esl-à-dire [)our i)arler eu fureur d'un autre. Le régime 'mi^ ■h'JM'^i, jiour nous, dans le texte byz., doit être retranché d'après les deux autres familles. — Comment nous représenter celte intercession de l'Esprit? Elle ne s'accomplit pas dans le sanctuaire céleste, comme celle du Christ glorifié (Ilébr. VII, -jr». Elle a pour lliéàtre le
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propre cœur du fidèle. Le leruie mémo de suupir le dit déjà, el l'expression : « le Hicu tjiti sonde les rwur^ >^ (V. 27), le confirme. — On peut fxpliquei' de trois mnnières l'épilliète y.ly'/.r^-zo; que nous .ivons Iraduite par inexjnimabU'. I. lirze et (hotius lui oui donné le sons de viuel, c'esl-à-flire purement intérieur et spirituel. Mais à quoi servirait ici cette détermination ? "ï. D'autres entendent infonnulable : ces[ le sens de notre traduction : c'està-dire que l'inlelliLience ne peut en sonder complètement ni l'ohjel, ni la profondeur; et que par conséquent elle ne peut pas non plus le formuler en paroles distinctes. Seulement, rj. nous aui'ions préféré Iraduiie, si la lantiue le permetlail, par le mot infontuilr ou inexprimé. Celui que l'Kspril soutient de cette manière, sent que nulle parole intérieurement formulée n'exprime distinctement à Dieu le bien infini après lequel il soupire. Ce fait prouve que cette aspiralion est produite en lui par l'Esprit île Celui don! Jean a dit : « qu'il est )tliis liraiid que notre cœiir)^ (1 Jean 111, 20). Nous nous trouvons ici dans un domaine analoiiue à celui du ^i^ix-inny.'.! Aa/.sîv, parler en lani/îies, auquel se rapporte le cliap. XIV de 1 Cor.; couq). V. I '(• et 15 où Paul dit : « (juand ji' prie en langue, mon esprit (-^rc-'j'j.y.) prie liien, mais inoii intelligence (voO;) reste stérile. » L'intelliiience ne domine plus et même ne |»eul suivre l'élan du cœur qui, sous l'action de l'Esprit saint, se |»lon;^e dans liîs profondeurs divines. Kt ainsi, au moment où le lidèle sent l'espéi'ance prèle à succomher chez lin. lin sou|iir plus ('levé', plus saint, plus intense que tout ce (pii peut sortir même d(^ son cœui' renouvelé, passe en lui, vrnaiil d'en haut comme un souflle rafraîchissant, et lelèvL' ce pauvre cieur ahallu '.
' .M. RciiMii (S>nnt l'inil. p. 4G'>) viiit (hiiis ces .-Joiipirs de rKs|iiil 1 (les s;éiiiis*('iiii'nls indislincts et in;i!'ticiilés. » cdiuiiu' si le iiiol i/.a-
CHAI'. VIII. 'li\--l,.
-JOl
V. -21 . Le Si, mais, 0|>pose le savoir de liirii qui pénètre parfaitement l'olijet de ce soupir, à rinint<'llit;ence du cœur au travers duquel il passe. Dieu est appelé souvent dans l'A. T. le y.oi^S'.rj-pô>n-r.;, le scrutateur des cœurs. Ce bien, auquel aspire l'Esprit dans le cœur du fidèle, llieu en soude la nature: il f'ii discerne la sublime réalité. Pourquoi? (^est ce que dit la seconde partie du verset : parce que l'objet de ce soupir est le bien paifail que Dieu lui-même nous a destiné. Le soupir de IKsprit est /.y-y. Ocov, selon. Dien, conforme au dessein divin (ju'il s'ai^il de réaliser en nous. S'il en est ainsi, comment Dieu ne comprendrait-il pas un tel soupir? L'Esprit le puise dans le plan même de Dieu qu'il sonde jusqu'au fond (I i'.ni. 11, 10). Grut., Met/., Ollram., Hofm. et d'autres prennent oTi dans le sens de que, et non de jun-ce que. t^ette propos, serait ainsi l'objet de ol^ev et parallèle à t^tô opôvr.y.a. Mais peut-on concevoir une pensée plus oiseuse que celle-ci : Dieu sait que l'Esprit intercède pour les saints! Ce savoir de Dieu a-l-il besoin d'être alïirmé? Le sens i\e juirce que rend bien compte de la position accentuée de /.y.-y. hcvj, seloit Dieu. Si Dieu connaît le sens de celle prière, c'est que c'est selon lui qu'elle a lieu. — Les derniers mots : •j-èp r;«ov, lilléi-. |)Our des saints, sont imporlaiils : Ce sont des êtres précieux comme instruments consacrés à l'accomplissement de la pensée divine; comment Dieu ne s'inléresserail-il pas à l'acbèvemeiit de leur saliil?— Dans les mots : selon Dieu et jiour des saints, s'aiiiKMice dè-jâ la pensée (\\\ passap:e suivant, celle d'un plan ccuieu à l'avance que Dieu liavaille à réaliser en la personne des élus. C.'esl à ce but (|iie lend le soupir et l'aclivilè de l'Esprit.
Ir'-.o'.; désignait un [iin'i'il biilhulit'uient iiliysiqur. Seriiit-cc donr là ce que Paul appello un zyj/r/j.x toO nvzjjaTo:. \. 27?
■20'1 LA Cl.nl'.iriCATION
Ouellc tlémonslration Je riiioxprimahle iiialaisc; qui pèse encore sur la cféalioii el tic riiiiperfeclion où l'IIe ileineure, iiiriiie après la vciiiic tlu (iiii'isl c\ la itMlruipiioii spiriliielle accomplie ! La nature loul enlièie en a lu î«enliinenl confus, e( de son sein s'élève une plainte continue réclamanl du ciel un renouvellenienl. Les rachetés euxmêmes ne sont pas exempts (l<; ce soupir et atlfMidenl leur propre rénovation, cpii sera le siLiual de la restauration universelle; et l'Esprit, entin, (pii esl au lait des plans de Dieu pour nohf (jloiri' {\ Cor. Il, 7), et qui contemple l'idéal que nous ne Taisons qu'eulievoir, en réclame avec ardeur la réalisation. Ainsi est épuisée la prcMiière i\*:S deux idées qui président à ce morceau, celle du vjy.-y.'r/si.v, soufl'rir arec Chrisl. L'apôtre passe maintenant à la seconde, celle du luv^oça'r^rr.va',, rtrc (/lori/ir urcc lui. L'idée de la victoire sur les soulfi-ances par ratleiite persévérante (si-sc, si rrrlh'iiioit), est le lien qui les unit.
V. -2S : .( Mais nous savons que pour ceux qui aiment Dieu toutes choses concourent ' .en bien, pour eux qui sont les appelés selon le dessein formé à l'avance;» — .Ntjus avdus mouln'' la ^rave en-em- des interprètes qui l'onl i]\\ f^i une simple particule de transition : or. ei ipii disenl : liuisiéuie, (puitriéuie motiC d'encnura^eiiieul. Le '^i esl loi'teiueut adscrsalil : Au sdupir universel qui est rexjiression de félat de malaise universel ou, connue a dit l'aul (v. IN), drs sDiill'rd lires du (enijis ]))rse)il, ee iimis oppose la ci;rlilude (pie possède le lidè|(.' du terme i^htrieiix ;i! ■r(Mi'' d'av;inci.', autpiel doit altoutir ce douloureux è'tat de choses ([ui dure
' A li lisent 'j i)i'j; (JJiriii iiprès 'jj-ny;i\.
CHAI', vin. ■ii.-i<. -208
eiicuie. Lu l)iil «lue Dieu s'est proposé est le point lumineux sut- lequel les fiilèles soufflants lienneul leurs regards fixés et (loul réclat tempère les obscurités du chemin : (C yous soapiroits..., nutif; nous saroxf;. . » Wciss oljjectc contre ce sens ([ue pour exprimer une aussi Ibrte opposition il faudrait z/./.a, non un simple ^î. Il suffit, pour réfuter celte objection, du <^i de III, '21 qui oppose la seconde sectien de la première partie de l'épitre (la justification universelle, 111, -21-V, 1 1) à la première (I, l.S-llI, 20): c'.-st là une opposition bien plus considérable que celle dont il s*agit ici. Un vS/lx indiquerait au contraire une antithèse plus spéciale. — l'-elte opposition est en même temps un progrès, une gradation énergique dans la pensée générale de ce morceau : « Oui, nous souffrons, cela est vrai ; mais en même temps i^ô) nous savons... »' L'opposition indiquée par Sddiiticr se rapproche de celle que nous venons dr formuler : Le soupir commun s'élève vers le ciel ; mais nous savons que le décret divin en descend pour y répondre. Seulement cette antithèse entre le soupir d'en bas et le décret d'en haut me parait appartenir plutôt à l'esprit du commentateur qu'à la pensée de l'apùtre.
Le régime : pour ceux qui aimoit Dieu, est placé en tète, comme désignant la qualité morale à laquelle est attaché le privilège indiqué ici. Toutefois une chose peut étonner: c'est que ce titre donné aux croyants ne parait
' Je ne |)iiis coiiiprendrc coiiimont Wciss, dess. Luthanh pcmciU méconniiitn". comme ils le fonl, le vnii sc'n.>< de cet a<lininil>lc con- U'\l('. Le second \ci jusqu'à trouver dans le v. 27 le soupir de l'Espril ime preuve de la grandeur de la gloire future en raison de l'honneur accordé aux chrétiens d'être les organes de l'Esprit qui daigne prier au-dedans deux. Indépendamment de ce malentendu, celle belle remarque du même auteur n'en r.'Ste pas moins vraie et digne d'être citée : '< Ce (|uil y a de plus (>lonnant. ce n'est pas que cet Esprit prie pour nous, mais qu'il c()nsenle ,\ laire de noire cuMir l'organe de snn propre sou|Hr. »
-20 'i LA (;L01!1I ICATION
mdlivé par lit-n dans ce qui précède. L'épillièle de ayioi, s'iints, dans le v. précédent, ne l'explique pas suffisaniiiKMil. Je pense que ce qui l'amène sous la plume de ra|ii'itre, c'esl l'idée du soupir des fidèles et de celui de l'Kspril en eux. Le fond de celte aspii-aliou intense ne peut être en cfTel que l'amour pour Dieu, li; désir de l'acconiplissemenl de sa volonté salutaire, (^et amour est en réalité h' Cf'tté humain du opov/iaa toO -vc'jy.aro;, de rdsjiiidlioii de r Esprit (v. 27). — Le mol ûot^iTy., loules choses, compi'end tout ce qui nous survient ici-ltas, même ce qu'il y a de plus pénible dans les misères du temps présent, mais non nos péchés ; car celle idée ne serait pas en harmonie avec le terme : ceux qui aiment Dieu. D'après la leçon du ynlic. et de VAlexandr. qui donne ô Oso'ç, Dien, pour sujet à a-jvspys?, le mot ràvra serait ou l'ohjel (Ui un (l(''lerminatir de ce verhe. Dans le premier ras il laiulrait prendre ici 'ruvccysiv dans le sens laclitit' (l'aire concourir), sens dont on ne peut citer un seul exemple. Dans le second ce serait de Dieu hii-méme (pi'il serait dit (pi'il (viicoitrt, .1 eu se servant (le toutes choses, » au n-sullat voulu. .Mais à (pii se rap|Mirterail le a-jv, dvec, dans ^'rjîz^^'v. '! Au lidèle lui-même ? Dire que Dieu concourt avec le lidèle sérail une manière de s'exprimer Irés-iusolite. Celle leçon doit eerlainemeiit être écartée. — Le '7'jv ne peut se rapporter (|u'à la co(ip(''ratiuu rumunine de l(Mites les choses qui coiisliliienl les -yy-y. ou hieu à celle du liiléle avec ces -y.vT-y.. (> dernier sens est hien développé par PliUijipi. Le r(''i;iine zlz àyaO'iv, en hien, n'a pas dans la peus('e de rap("ttie le sens hanal qu'on lui douue IViMpieuuuent. Le mol hien a une ap|)licaliou d(''lermim''e par le coulexti^ : c'est l'accouqdissement du plan divin, c'est-à-dire de la ilestinalion (pie Dieu a assignée aux croyants et (pie l'api'itre va di'Vfdopper dans les versets suivants, l ne Ibis
(.HAÏ". VIII, t>8.
que le cœur s'est livré au courant de l'amour de Dieu, toutes choses doivent contribuer à le lapprocher de ce terme glorieux.
Les derniers mots : pour ceux qui sont appelés selon le dessein arrèlé à Vavance, présenlenl sous un jour nouveau les individus désignés d'abord par l'expression : «. ceux qui aiment Dieu. » Celle forme nouvelle serl à les qualifier comme ceux au bien desquels toutes choses doivent en effet concourir. S'il en est ainsi, c'est que leur salut, la réalisation de leur destination, n'est pas simplement un heureux accident dû au cours de leur existence terrestre; c'est le n'sultal d'un plan préconçu, à l'accomplissement duquel doivent par conséquent contribuer toutes les circonstances qui forment le tissu de leur existence subordonnée à ce but. Le terme de rpôOe'7!.;, dessein arrèlé à l'avance, est employé par Paul dans un sens plus ou moins étendu; 2 Tim. 1,9, il est appliqué au décret du salut par grâce, sans les œuvres; Eph. L il, il désigne l'élection d'Israël; Rom. 111, 24, l'objet du verbe Trpo-iOsvai est le sacrifice expiatoire de Christ comme moyen de salut fixé à l'avance. Le sens le plus général de ce mot se trouve dans les passages Eph. I, 3-10 (v.9)et 111, 1 1, où il désigne le décret de l'adoption des croyants, Juifs et païens, comme datant d'avant les siècles, fondé en Christ, rt itrocédant uniquement du bon plaisir de la volonté divin<'. Jfecii résume le sens très-riche de celte expression en ces termes: i( la divine prédéterminalion de la marche de l'univers en vue de ChrisI comme but final. » Les Pères grecs, puis Pelage et quelques modernes ont donné ici à ttgoOs'tiç le sens de bonne eolonte, pour désigner la bonne volonté Itnniaine ; comp. Act. XI, 23. .Mais dans ce dernier passage le sens du mol esl clairement déterminé par le compl. -■}.; xaçfîia:, da co;i(r, et jiar le contexte; ici lien
"if H) I,A Cl.oRIl ICATloN
(le seiiililalile. Il fst impossible de su[)i>oser que I\iiil nil voulu dire que l'appel de la luiséricorde divine ail »Hé Miolivc par la Ijonue volonté des lionuues pécheurs. — T'Tm.v et Ollo pensent que le rpo, araut, dans ce inol -co'^Ist',:, ne signifie point : avant les siècles, dès réternilé; selon eux, il renfermerait uniquement l'idée d'une décision prise par Dieu (( avant le moment de l'appel, » mais dans le temps. S'il en était ainsi et que le dessein d'appeler ou de ne pas appeler tel ou tel eùl élé lormé seujcmi'iit dans le temps présent, il faudrait naturellemeul jtlacei' celle résolution divine dans le cours de l'hisloire de l'individu et enleniire la rpo^Tt: dans ce sens : que Dieu discernant l'état moral des individus prévoit leur disposition à accepter le salut dont les conditions ont élé fixées à l'avance, et que c'est là ce qui l'engage à leur faire adresser l'appel par la prédication évangélique. 11 résulterait de là que la vraie explication du toÎç iyv-CiCJW -rov Osôv, ceux qui (liiiirnl Dieu, est celle-ci : ceux qui aspirent au salut, qui éprouvent la soif de Dieu, tidit- qu'elle peut se trouver chez celui qui n'est pas encore croyant. Ainsi Dieu, avant de former son dessein d'appel à l'égard des individus, aurait à faire chaque fois un calcul de probabilité relativement aux chances d'acceptation, d'après ce qu'il connaît des prédispositions morales de chacun. Mais, d'aboid. il faudrait conclure de là qu'il se trompe bien souvent: car à combien de milliers d'individus l'appel n'esl-il pas iiiiililemeiil adressé ! Puis il ser'ait difficile aux deux sav.iuts susnommés de citer dans h; N. T. un seul exemple en laveur du sens si étonnamment atténué qu'ils donnent ici à l'expiession àyaTràv xov Oedv, ainter Dieu. Kl quelle serait l'importance du rçô dans les verbes a précounaltre » et '< pri'destiner » du v. 29, s'il ne se rai)p(irtait qu'aux quel- (pies jours (MI aux quelques amiT-es cpii sépareraient le
ClIAP. VIII. "2s. l'OT
moment où Dieu perçoit la prédisposition morale et décide l'appel, de celui où il réalise cet appel ? Enfin il l'Cste à savoir — c'est ce qui importe dans le contexte — comment Dieu aurait pu tracer un plan général de l'histoire en ne se Tondant que sur des données qui arriveraient successivement à sa connaissance etdoni le résultat espéré, la lilx'rté humaine supposée, pourrait S(i trouver démenti à chaque instant i)ar l'événement, (le n'est pas ainsi que l'apôlre se représente Dieu, formant son plan, d'après les passages précédemment cilés (comp. XVI, 2."): « le mystère tenu secret dès les temps éternels;» I Cor. Il, 7 : «la sagesse cachée que Dieu avait décrétée avant les siècles; » Eph. I, 4- : « selon qu'il nous avait élus avant la fondation du monde; » III, 9 : « le mystère caché depuis les siècles. ») On voit clairement [)ar ces passages 1" quel est le sens que Paul attachait au -po, avant, ilans la eoniposilion du mot -fôOsTi:; 'l" que ce terme comprenait, dans sa pensée, non seulement la fixation ties conditions dont Dieu voulait faire dépendre la pai'licipation au salut (Weiss), mais aussi la connaissance des individus qui rempliraient ces conditions et qui seraient ainsi conduits jusqu'à la réalisation complète du plan divin à leur égard (V. 29).
(juant au sens du mot oi x,AY,Toi, les appelés, tout le monde est d'accord sur ce point : qu'il s'agit de l'appel au salut pai- la prédication évangélique. Mais les uns, connue Oltramare, prétendent qu'il faut se horner à ce fait extérieur de la vocation par la parole, qui ne gai'anlil nullement l'acceptation de la |)art de l'homme, tandis (pie les autres, comme Weiss, rattachent à l'appel extérieur une action intérieure de la grâce qui en garantit l'acceptation. Ace dernier point de vue, vocation et élection suiil deux idées inséparables. La première explication me
-iCS i.A (;L(n;iFir..\ii<)N
jiaiail iiKtdiiiissihlo, parce qu'il est iiioralenienl impossible que, si TEspril de Dieu peut avoir une acliuii sur le cœur (le riiomiue, comme Paul l'adint'i ccilainement, celle aclion ne s'exerce pas eu (pirlqur manière au moment le plus décisif de la vie de l'individu, celui où l'appel au salul relenlil à son oreille. L'appd divin, s'il esl sérieux de la pari de Dieu, ne saurait être purement extérieur; ou bien l'audrait-il avoir le courai;e de parler avec les prédeslinatiens d'appels de Dieu qui sont sérieux et d'autres (jui ne le sont pas? D'autre part le sens de Weis.s ne me parait pas non plus admissible. Faudrait-il donc leluser le titre iVaiipeles à tous ceux qui, tout en entendant la prédication de l'Evani^ile, ne l'acceptent pas réellement ? Dans quelle catégorie placer de telles personnes? Kl comment Jésus parlerait-il de nombreux apjtdt's qui ne sont point élus (Mallli. Wll, 1 1)? (Jue seraient ces cbréliens lie nom (ju'il représente sous l'image de l'bomme (pii, sur l'invitation du Maître, a consenti à entrer dans la salle du léstin, mais sans avoir revêtu l'iiabit de noce? Il faut bien concluie de là que tout appel, ((uoique accompagné de l'action de l'Esprit, n'est pas nécessairement elticace. La liberté liumaine est une réalité; elle peut frapper de stérilité la vocation extérieure et intérieure la plus sérieuse de la part de Diru. lue autre question esl sans doute celle de savoir si en disant : les appelés sehu le dessein préconçu, Paul a voulu opposer ces appelés à d'autres qui seraient appelés, mais non d'après letlessein; ou bien au contraire s'il les qualifie ainsi uniquement en op|>ositioii à ceux qui ne sont pas appelés du tout. Cette seconde alternative nous ramèneiait au sens de ^Tcm', d'après lequel tout appelé esl nécessairement élu; sens que nous avons reconnu faux. Le premier sens n)e parait donc seul |)Ouvoir t'-ir-' admis. L'expression de l'apéitre inqdique
i:iiAi>. VIII. is-o'!. -HA)
réelleinenl une opposilioii l;icil(3 enlre des hommes qui sont appelés d'après le dessein, et d'autres qui sont appelés en dehors du dessein. 11 laiil bien radmellre, si tout appelé n'est pas élu el si Dieu connaît ceux qui seuls accepteront l'appel (v. 59). Dieu appelle sérieusement (extérieurement et intérieurement) môme les hommes dont il sait qu'ils ne se convertiront pas. L'expérience ne nous le démonlre-t-il pas tous les jours? L'histoire religieuse de l'humanité n'est une réalité qu'à ce prix (voir plus bas, p. -IW)). Sans doute les apôtres, en s'adressant dans leurs épilres à des croyants, emploient le terme de ySAr-'À, appelés, en y attachant toujouis la notion de l'appel aca'jdé. Cela est naturel puisque le fait île l'acceptation avait été la condition de leur entrée dans l'Eglise. C'est ainsi qu'un homme, voyant autour de lui ses liôtes réunis dans sa demeure, leur dirait : ce Usez de tout ce que vous voyez ici, vous êtes mes invités. » L'idée de l'acceptation de l'invitation rentrerait tout naturellement dans l'expression d'invités. Le terme de y,\r-6;, dans les épîtres, fait ressortir le C(Mé divin dans l'acte du salut individuel, sans que le côté humain, la foi, soit nié pour cela; tandis que le terme de -icttôç, croyant, fait ressortir le cùté humain, sans que par là soit nié le côté divin. — Le partie, ojc.v, (jui sunl, me parait destiné à appuyer sur la réalité actuelle de l'état d'appelés, en opposition à son caractère idéal aussi longtemps que la vocation n'existe encore que sous la forme de décret divin.
V. r^y : « parce que ceux que Dieu a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils, afin qu'il soit un premier-né entre plusieurs frères. » — Le lieu logiipic expriim'' par ot-., parce que, ne peut être que celui-ci : <.( Si toutes choses concourent au bien des appelés selon le dessein, c'est
lÎH. AUX ROM. — TOMK II. \\
iMO I.A GLOUiriCATlDN
(|iii' 1rs appeirs ont (Hé précoiinus de Dieu dès l'éternité et prédestinés })ai' lui à la <;loire éternelle. » Tout a donc été ordonné d'avance en vue d'eux et en leur laveur. L'expression : ceux qu'il a préconnus, nnel à la base de ce décret d'élection individuelle un acte de connaissance (Chrys., Jér., IS'éand., T/toL, Mey., Phil., Weiss, Luth.). En effet le mot connaître n'a nullement dans TEcrilure le sens purement moral îXaimer o\\ de choisir par amour. 11 suffit d'examiner les passages cités en faveur de ce sens et surtout ceux qui se rapportent au com^iosf' pré- connaître, [)()ur constater que là même où les notions d'aimer et de rlioisir se rattachent à l'emploi de ce verbe, celle de connaissance, au sens propre du mol, est et reste toujours à la base de cet emi)loi (Act. XXVI, 5; 2 Pie)". 111, 17; Rom. XI, i.). Il est claii- que quand l'objet de la connaissance ou de la préconnnissance divine répond aux vues de Dieu, les notions iVaimer, (Vapprouver (Er., Grot., Ilofm., etc.), ou (Vélire (Cuir., Iliak., de H'., Beuss, Oltrani.J, par lesquelles on a fxpliqué ici le mot -poYivojTx.eiv, se rattachent nalurellemenl à ce terme, mais en vertu d'une simple relation d'idées, et non comme sens l'éel du mot. 11 n'y aura donc rien d'arbitraire dans le décret de la volonté divine, dont Pau\ parle dans ce passage : car il repose sur un acte d'intelligence. (7est un décret dicté par la sagesse divine, non un pur acte d'amour. L'amour non fondé sur une connaissance ne serait pas même de l'amour; ce ne serait qu'une simple attraction instinctive, dont l'idée est indigne de Dieu. — Sur quoi porte celte préconnaissance ? Serait-ce uniquement sur la futuie personnalité des élus, indépendamment de toute qualification morale de leur personne? Cette réponse nous ramènerait à l'arbitraire du bon plaisir que Paul liii-mrme vmit écarter. Weiss pense que la qualité
CHAP. VllI. -29. :^l 1
qui iiiil l'objet de la préconnaissance a été indiquée par Paul lui-même dans les mois : ceux qui aiment Dieu (v.28). Dieu, discernant chez certains hommes l'aspiration au salut, décide, en raison de celle prédisposition favorable, de leui' faire adresser l'appel de sa iiràcc qui ne peut par conséquent manquer de réussir. Nous avons déjà examiné cette idée; et je ne vois pas en quoi elle est préférable à l'idée que Weiss appelle « celle de la vieille doiimatique » et d'après laquelle le fait préconnu de Dieu est tout simplement la foi, cet acte qui, d'après toute la théologie de saint Paul, est la condition et la condition unique du salut : « quos pr^evidit credituros esse, » ou, si l'on préfère : ceux qu'il a prévus devoir devenir siens par la foi, c'est-à-dii-e par l'acceptation de sa grâce. L'antiquité de cette solution n'en démontre pas la fausseté. Nous avons déjà vu à III, -25 comment l'apùtie fait de la foi un élément intégrant de la -poOeTi;, du décret du salut par le sang de Christ (ov xposOeTo •);a'jTr,piov Six tti; -icrtoyç). N'est-il pas tout naturel que ce que Paul déclare sans' cesse être la condition unique de la justification, soit aussi le fait moral que Dieu a prévu comme la condition de l'élection au salut? tandis que l'idée d'une élection au salut fondée sur la prévision de l'amour pour Dieu de la part de l'homme est entièrement étrangère, pour ne pas dire opposée à la conception de Paul. — Ainsi donc : selon l'apùtre, Dieu a connu et par là même aimé et choisi éternellement pour être siens ceux qui croiraient; il n'eût pas créé l'honune libre et décrété la Rédemption pour celte humanité dont il prévoyait la chute, sans être assuré d'avance de trouver en elle un certain nombre d'individus dans lesquels le dessein de son amour créateur pourrait se réaliser. — Le ooc, ceux que, ainsi que les oO; et TO'JTouçdu V. .K), montrent clairement que ces croyants
'21-2 I..\ CI.ORIFICATION
ont l'té personnclleiiiciil présents à sa pensée quand il a conçu le dessein du salul et que le dessein ari'èté d'avance porte sur les personnes qui participeront au salut, et non pas seulement sur les conditions de cette j)articipalion.
De l'acte i\e pn-conuaissancr, Paul passe, comme à un acte complètement distinct, à celui de la prcdeslinalioji. Quand Bruss dit que ces deux actes n'en sont au fond qu'un seul et même, il méconnaît trois choses : 1° le xai, aussi, par lequel Paul établit entre les deux une gradation marquée ; 2» la différence entre le verbe T:poy\.voiG-/.eiv, préconnaître, qui est un acte d'intelligence, et le verbe rpooci^e-v, prédéterminer, décréter à l'avance, qui est un acte de volonté; .> enfin le lait que l'objet des deux actes est tout différent; car celui du préconnailre est, comme nous venons de le voir, la personne des croyants futurs; celui du prédestiner, est, comme le montre la suite, la ressemblance finale de ces élus avec la personne du Fils glorifié. Celle dernière différence est particulièrement importante. En effet, si l'objet du décret de prédestination était la foi, ce décret devrait se formuler ainsi : «Toi, tu croiras; toi, tu ne croiras pas. » l'/est ainsi que le décret de prédestination a été formulé par toute une partie de l'Eglise. Mais il n'en est point ainsi dans la pensée de Paul. Le décret de prédestination se rapporte selon lui uniquement à la r/loire finale des préconnus. Le sens de ce décret es! donc : (( Toi, préconnu comme croyant, je te conduirai certainement à la ressemblance paifaite avec Ion divin frèi-e glorifié; par conséquent, tout ce qui surviendra dans le cours de la vie terrestre, devra concourir à la réalisation du décret rendu éternellement en la faveur. » Ainsi se lient étroitement et clairement les v. 2!l et Si). En deux mots : l'objet de la jin'connaissance est la foi des futurs croyants,
l'objet de leur prédestination est leur (iloire parfaite. On voit avec quelle rigueur est formulée la pensée apostolique dans ces versets. — D'après v. ^Qi', la gloire destinée aux croyants (celle dont parle Paul 1 Cor. Il, 7) sera de devenir les images vivantes du Christ glorifié, leur frère aine. L'adj. (7'j[j-p.opaov, conformes à, est rattaché directement au verbe ttcooScitêv sans l'intermédiaire d'un : pour i'ire ou pour devenir; cette ellipse n'est pas rare; comp. Phil. III, ^2\ (d'après la vraie leçon). — L'apôtre ne dit pas : « conformes à son Fils, » mais : (( à l'image de son Fils. )) Par cette manière de s'exprimer il veut dire que Christ a réalisé en sa personne un type d'existence (stxwv, une image) qui doit devenir le modèle de noire propre existence future. Cet état de l'Ilomme-Dieu que nous contemplons en sa personne est le vêtement glorieux dont il revêtira les croyants sanctifiés. C'esl là aussi ce que signifiait cet autre image : (c héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ » (v. 17). Comme le dit Gess. : «Avant les siècles le regard de Dieu a contemplé l'image du Fils éternel s'abaissantà partager la nature humaine, puis montant sur le trône comme le Dieu qui est homme et l'homme qui est Dieu. » C'est en vue de cette image à reproduire que riiumanité a été créée. Dieu a voulu avoir une famille de fils semblables à ce frère aine, et le Fils a voulu la procurer à son Père (Eph. I, 4-6). La gloire du Fils lui-même ne sera complète que quand elle resplendira dans une multitude de frères, tous semblables à Lui. Le terme de -;7pco-oTox.o; renferme avant tout une notion de temps : Jésus est le premier qui possède' la gloire, non seulement par son existence éternelle, mais encore comme homme, par sa résurrection et son ascension (Col. I, 1.") et 18). Mais la relation d'antériorité (-cojto) renferme celle de supériorité : cette image, que nous devons revêtir; est \a sienne,
"lli LA CLARIFICATION
qu'il nous couimunique. Dans l'é^alilé même, il reste le prototype, l'original.
Et comment parvienJrons-nous, nous lioiiimes |)éclieurs, à cet étal sublime? Une telle œuvre ne peut se réaliser comme par un coup de baguette magique. Une transformation morale complète doit s'accomplir en nous et préparer notre glorillcalion, car la sainteté est la condition de la gloire. C'est pourquoi Dieu, après avoir éternellement fixé le but et rendu le décret, a mis la main à l'œuvre dan? le temps. 11 les a contenq)lés au port, tous ces préconnus, avant de les lancer sur la mer de l'existence; et, une l'ois lancés, il a agi pour eux et en eux. C'est l<à le contenu du v. 30. Autant le but est certain, autant la marche est sûre.
V. .SI» : « Or, ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés, et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ; or, ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés. « — Voilà les actes successifs par Icscpiels s'exécute dans le temps l'éternel décret. Ils se placent, en quelque sorte, entre l'éternité où le décret a été rendu et l'éternité où il sera accompli, ils procèdent de l'une et conduisent à l'autre. L'apôtre ne l'ait ressortir, dans ce tracé rapide de la marche de l'œuvre, que les jalons principaux de Vi\clW\\.c divine : vocation, juslilication, glorificalion. Cela est naturel : s'occupant ici du décret de prédestination, il ne relève que les faits qui ressortissent à la causalité divine. S'il eût voulu exposer Vordrv du salut dans la totalité de ses éh'incnls ilivius et humain.s, il eût placé entre la vocation et la justilicalion la [ni, et entre la justification et la glorification la sandification. C'est pour avoir méconnu sur ce point la pensée de l'apôtre que Weiss identifi(> ici la foi avec la vocation et renferme la sanctification dans la justilieation.
CIIAP. VIII, -i'.l-ai). -!•)
Le ^£, or, au commencement du v., inflique le passaiie (lu déciel à sa réalisation. Celui qui veut la fin doit employer les moyens. Le premier moyen que Dieu met en œuvre est rappel, qui, comme nous l'avons vu, dési;ine l'invitation extérieure par la prédication, avec la sollicitation intérieure par l'Esprit de grâce. Paul ne veut pas dire que Dieu n'adresse cet appel qu'à ceux qu'il lui a plu d'élire pour la gloire, mais il affirme que ceux dont Dieu a d'avance contemplé la foi, sont tous infailliltlement appelés au jour et à l'heure les plus favorables à Taccomplissement du décret en leur personne. Ces préconnus, le -àv, la totalité dont parle Jésus (Jean XVII, 2), apparaissent successivement dans le temps pour être tous conduits de degré en degré jusqu'au terme fixé à l'avance. La série des x.ai, et, signifie qu'il y aurait de l'inconséquence en Dieu s'il en agissait autrement. — Les pronoms pluriels ceux que..., /e5, disent clairement qu'ils étaient tous individuellement présents à la pensée de Dieu, lorsqu'il décrétait la hauteur à laquelle il voulait les élever.
L'appel une fois accepté — - et il ne peut pas ne pas l'être, puisqu'il s'agit de ceux dont Dieu a préconnu la foi — un second acte divin succède au premier : la justificMlion. Chaque grâce suivante est comme impliquée dans la précédente (xai). Grâce sur grâce, dit Jean I, 10. .\ ces appelés qui deviennent maintenant des acceptants, est appliquée la sentence par laquelle a été d'avance déclaré j'/s/t' tout croyant.
Le troisième degré, la iilorificaUou, est lié au précédent non plus par /.ai, ausd, mais par hi, or. Cette légère dilléience indique une nuance dans la pensée. L'apôtre arrive au terme voulu, annoncé dés le v. 29; le fU signifie ici : et enfin. C'est le sentiment de celui qui, après une course pénible et périlleuse, louche enfin au but. —
416 i.\ (;i.()iiiFii:.\Ti(»N
Plulnl que lie faire rentrer la sainteté dans la juslilicalion, ctiinme le fait Weiss, on pourrait èlre tenté do la placer dans la glorification; car, comme on Ta dit, la sainteté n'est que le revers de la gloire. .Mais nous avons indiqué plus haut la vraie raison pour laquelle la sanctification est omise ici aussi l)ii>n (pie la foi. II laul intercaler dans l'ordre du salut la loi entre l'appel (,'t la juslilicalion, et la sainteté entre la justification et la gloire. — Un ne s'étonne pas de voir indiqués par des verbes au passr les deux premiers de ces actes divins, puisqu'au moment où écrivait Paul, ils étaient déjà réalisés à l'égard d'une multitude d'individus qui représentaient tous les auires. Mais comment peut-il employer ce même temps passé pour désigner l'acte de la glorification qui est encore à venir? Plusieurs interprètes {T/iol.,Mej/.,Weiss, Philip.], pensent que par ce passé Paul veut exprimer la certitude absolue du fait à venir. D'autres, conmie Beicite, rapportent ce passé à l'accomplissement éternel du décret dans l'entendement divin. Ou bien on applique le terme de gloire à l'adoption et aux dons du Saint-Esprit que le croyant possède déjà ici-bas (Clirys., Jlofm., elc. i. llodge pense que Paul emploie le passé, comme parlant au point de vue de Dieu qui voit la fin des clioses dans leui' commencement. .Mais, s'il est viai fpie les deux aoi'isles |U"écédenls lussent motivés par un lait déjà accompli, ne doit-il pas en être de même de celui-ci? Si les fidèles ne sont pas encore glorifiés en leur |)ropre personne, ils le sont déjà dans la personne de leur chef. « Nous sommes assis en lui dans les lieux célestes,» Kpli. Il, (1. C/csl sur le londemenl de ce l'ail historique dr'jà accompli, (pii est le gage certain de c(dui qui s'accomplira en chaque fidèle, que Paid peut pi'ononcer son i^ôçxTe, // a ffloyijir. Ouand la lète d'un corps porte une couronne, le rorps tout enlicr csi couronné.
CllAP. VllI. 3n. 'il 7
Paul est ainsi arrivé au lenne qu'il indiquait dès l'abord par les derniers mots du morceau précédent (v. 17) : « afin que nous soyons glorifiés avec lui. » Et c'est en même temps ici la clôture non seulement du développement relatif à la (/(orificdlion (v. I8-0O), mais de tout le tableau de l'œuvre du salut commencé par l'exposé de la Jusii/icatioii (1, l(S-V, 23), continué par celui de la scmctifimtion (VI. 1-Vlll,i7), et couronné par celui de la prédestination des préconnus à la (/loire.
Arrivé à ce faîte, la certitude de la gloire, rap(^tro s'.irrèle pour contempler la position faite aux croyants par celte série des actes divins, et h cette vue il éclate eu un chant de triomphe, qui termine maguiliquemenl toute cette première partie de l'épilre renfermant l'exposé du salut individuel.
Sur la prédestination cnseign'''e r. ^IH-'M). — Eu quoi consiste la prédestination divine induljitablenient enseignée par l'apôtre dans ce passage '? Exclut-elle dans sa pensée le libre arbitre de rhomtne, ou au contraire l'implique-t-elle ? Deux raisons nous paraissent décider la question en faveur de la seconde alternative : 1" L'apôtre met à la base du décret de prédestination un acte de prévision ou de précnnnaissance. ce qui prouve que ce décret est déterminé par un fait quelcontpie qui tombe d'avance sous le reiiard divin. Or, peu importe que la connaissance soit éternelle, tandis que le fait, qui en est l'objet, n'a lieu que dans le temps. Il n'en résulte pas moins de cette notion de prévision que ce fait doit être considéré comme dû en quelque manière à un facteur distinct de la causalité divine, facteur qui ne peut être autre que la liberté humaine. i° L'apôtre ne fait point de Tacte de croire, l'objet du décret de prédestination proprement dit. Dans ce décret la foi est déjà supposée, et son objet est uniquement, d'après la parole de l'apôtre, la participation finale des croyants à in gloire du Christ. Non seulement donc, dans la pensée de saint Paul, la pleine liberté humaine dans l'acte de croire n'est pas cNchif. mais elle y est même impliquée. Car elle seule motive la distinction clairement établie
'1\X L\ (iLORII'ICATION
entre les deux actes tliviiis de la jivrconuaissance et de la pn''desti nation.
l'ne fois la liberté humaine dans Tacceptation du salut reconnue, en quoi consistera la prédestination, telle que la comprend saint Paul ? Elle renferme, croyons-nous, les trois éléments suivants :
1" Le décret (TipooptafAoi;), par le(juel Dieu a décidé de conduire ^if 1(1 ressemhlayice parfaite de son Fils (\\ï\co\\(\ne croira. Rien de plus conforme à sa grâce et à sa sagesse qu'un tel décret : « ïu adhères par la foi à celui que je te donne pour Sauveur; il t'appartiendra donc tout entier, et je ne te laisserai point que je ne t'aie rendu parfaitement semblable à Lui, riiomme-Dieu. »
^1" La préiusion (izçô-^vmgk;), par la(iuelle Dieu connaît davance tons les individus qui adhéreront librement à l'invitation divine de participer à ce salut. Ce second élément est aussi nécessaire au décret du salut que le premier. Le plan de Dieu courrait risque d'échouer, si Dieu ne pouvait prévoir à l'avance d'abord la fidélité parfaite de l'Elu sur lequel repose sa réalisation, puis la foi de ceux (|ui croiront en cet Elu. Si le Sauveur ou les croyants venaient à manquer, il n'y aurait plus de salut. Le plan de Dieu suppose donc la préconnaissance assurée de l'un et des autres,
''V' L'arrangement de toutes les circonstances de {histoire dans le but de servir à la réalisation du plan conçu en faveur des précoinius. C'est cet arrangement que saint Paul fait ressortir au v. :28, quand il dit que » toutes choses doivent concourir en bien pour ceux qui sont appelés selon l'éternel dessein. » (Juoi de plus magni(i(|ue ! l'ne fois croyants, nous avons beau naviguer au milieu des tempêtes sur les hautes eaux du temps présent; non seulement nous savons qu'aucune vague ne peut nous engloutir, mais nous sommes assurés que chacune d'elles travaille à nous rapprocher du but de la course.
Ainsi trois points : I" Le but marqué par le décret: "l" Les individus., personnellement préconnus, (|ui doivent l'atteindre: :>" Le chemin par lequel ils doivent y être conduits.
l^elui auquel cette prédestination-là ne suffit pas peut s'en formuler une autre: dans notre conviction, ce ne sera [)lus celle de l'apôtre.
Ouant à l'objection lYO/frtim/irc. que. en Caisanl re|)oser la
CMAP. VHI, ;J0-3l.
prédestination des élus au salut et à la iiloire sur la prévision de leur foi, nous ramenons l'idée si contraire au senlinient de Paul d'un salut mérité, elle repose sur une fausse notion de la foi. Il n'y a pas de mérite à accepter une position avantageuse liratuitement ollertelvoir lappendice à la fin du chap. W\.
Otto prétend qu'étendre « le dessein arrêté d'avance » au\ individus, c'est réduire le drame divin-humain de l'histoire au simple déploiement d'un Fatum surhumain. Si cette objection était fondée, c'est à l'apôtre quelle s'adresserait, non à l'interprète. Car nous avons vu que la relation entre le v. i8 et le V. 29 exige absolument le rapport du dessein et de la prévision divine aux individus. Mais l'objection ne porte pas, par la simple raison que les actes libres n'arrivent pas parce que Dieu les prévoit, mais qu'il les prévoit comme les coyant arriver; car pour un être élevé au-dessus du temps, prévoir c'est voir: et jamais personne na prétendu que la vue d'un acte pût être la cause efficiente de cet acte: voir à la fin du chap. IX.
Que si l'on nous demande comment, malgré la connaissance qu'a Dieu à l'avance de l'inutilité de la vocation adressée à tant d'appelés, il peut cependant la leur adresser, il n'y a précisément à répondre que ceci : c'est que l'histoire est une réalité et que cette réalité, c'est le développement des êtres libres vers l'un des deux termes possibles de la liberté. L'un ou l'autre de ces termes doit être atteint par chaque homme dans le sens du bien ou dans celui du mal. Dieu l'a voulu ainsi: c'est là l'essence, la réalité, le sérieux de l'histoire.
w- .MORCK.\i; (Vin, 31-39).
L'hi/iiDtr de rassurauce du salut.
Ce moice;iii est une conclusion (donc, v. 31) découlant (lii'eclenienl de rcnseignenicnt précédent snr la prédestination (V. 2S-30); et comme cet ensei<^nement es! le couronnement de tout ce que l'apôlre avait exposé auparavant sur la justification et la sanctification des élus, il résulte de là que celle conclusion est celle de toute la portion de l'épître déjà parcourue. Elle est présenlép sous
'i'20 LA Gl.oRiriCAÏlON
la forme d'une série de questions adressées comme une sorte de défi à tous les adversaires de ce salut dont Paul proclame la certitude, (lelle l'orme a quelque chose de triomphant; elle nous donne l'idée de ce que signifiait dans sa bouche l'expression de sv Oew /.au/à-rOai, se t/lorificr en Dieu (V, M).
Les V. 31 et 3:2 renferment une question d'un caractère tout à fait général; les v. 33-37 énumérent les différents genres d'adversaires qui pourraient provoquer une réponse négative; les v. 38 et 39 sont comme le cri de victoire sur le champ île i)alaille abandonné par l'ennemi.
V. .'M cl 3-2 : (( Que dirons-nous donc a ces choses? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? -l'i Lui qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui Ta livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi avec lui toutes choses ?» — La (juestion : (Jnr dirons-nous dune :' n'introduit pas ici une objection, comme ailleurs chez Paul; elle invile les lecteurs à se rendre compte de la position qui leur est faite par les actes divin? jusqu'ici e.\])osés et à chercher un langage en rapport avec de tels bienfaits. Il ne faut pas donner aux mots 7700; TaCiTa, ("/ ces choses, le sens de en outre, comme le fait Iknfjel ; il eût fallu dans ce sens rpo: toOtoi;. Ilpo; signifie ici pur rnpjiorl ii. l'aOTa, ces choses, sont l;i justification des croyants (1-V), la sanctification des justifiés (Vl-Vlli, 17), la glorification encore future, mais certaine, des sanctifiés (Vlll, 18-3(1). Tar tous ces actes accomplis ou promis, Dieu s'est uns désormais de noire coté; tous les adversaires de notre sahil sont par là rendus impuissants. (( Non pas qu'il n'y en ail plus, dit Calrin, mais avec un tel défenseur aucun d'entre eux n'est à ledouler : Hir iiniriis nubis est ithenens. » .\voir Dieu |>our soi, el non plus contre soi, c'est la sécurité absolue.
CHAP. YIII, 3l-;3-2. ^21
V. ."Î2. Celte assurance en Dieu, Paul la puise dans le grand acte de miséricorde accom[»li envers nous. L'expression 6ç ys, litlér. qui du moins, est usitée en grec dans le sens de : (jui assurément. Il est permis cependant de chercher le sens plus précis de cette forme restrictive, et nous croyons qu'il est rendu par cette paraphrase : « lequel, quand il n'aurait fait que cela. » — Il y a un contraste saisissant entre l'expression son propre Fils et le verbe : n'a pas épargné (en quelque sorte : n'a pas ménagé). — On voit bien ici que le sens du mol Fils ne saurait être ramené à celui de Roi-Messie. Que signifierait l'expression : son propre Messie? Il s'agit d'un être qui est uni à Dieu personnellement, qui participe à sa propre nature, qu'il lire en quelque sorte de ses entrailles (r/. to-j '>^>JU). Les expressions de l'apôtre reproduisent certainement, malgré le doute deTr«?m, la parole de l'Ange de l'Eternel à Abraham, à la suite du sacrifice d'Isaac : « Parce que tu n'as pas épargné ton fils, Ion unique » (G en. XXII, 1^). il y a eu comme une victoire de Dieu sur lui-même, quand il livi-ait son Dien-Aimé à cette carrière de honte et de douleur, de même qu'il y eut une victoire sans exemple remportée par Abraham sur lui-même lorsqu'il gravissait avec Isaac la montagne du sacrifice. Il Va livré à tout ce que les hommes voudraient faire de lui et à tout ce que la justice divine exigei'ait de lui (111, 25). Les mots : pour nous tous, pourraient comprendre la totalité des humains. .Mais le nous doit sans doute avoir le même sens que celui i\\\ V. .'îl, tous les croyants; celte totalité est opposée à Vunique que Tlieu a livré pour les sauver : « Un seul pour tous, » '1 Cor. V, 15. — Comme tous étaient l'objet de ce sacrifice, toutes choses aussi sont comprises d'avance dans ce don. Le mot -y. T:'rn'yL, toutes choses., avec l'article, indique une totalité déterminée. Ce sont toutes les grâces