‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 27 sur 97 · i(i i.A M.vKc.nr. i>r salut dans i.hl'mamti · texte numérisé non relu

i(i i.A M.vKc.nr. i>r salut dans i.hl'mamti

Jésus par la foi nouvelle? L'n Juii' ne pouvait-il avec une certaine apparence de raison aiiiumenler ainsi : Ou bien l'Kvangile est vrai et Jésus est réellement le Messie; mais, dans ce cas, que siLinifient les promesses divines faites à ce peu{)le juif qui rejette ce Messie et son salut? Ou bien Israël est et reste à toujours, conformément à l'élection divine, le peuple de Dieu, et dans ce cas, l'Kvangile doit être faux et Jésus un inposteur. On était ainsi conduit à cette alternative : ou d'affirmer la fidélité de Dieu à sa propre élerlion en niant l'Evangile, ou d'affirmer l'Evangile, en donmiiil un démenti à l'élection et à la fidélité divines.

Cbaque fois ([ue l'apùtie annonçait l'Evangile, il devait rencontrer ce problème sur son cliemin et sa démonstration du salut par la foi sans la loi eût renfermé une lacune grave s'il n'ciil pu en présenter une solution conforme au caractère de Dieu et résoudre ainsi la plus grande énigme que pose l'histoire : la rcjecHon du peuple élu.

En général, quand une doctrine nouvelle se présente, après avoir démontré sa vérité intrinsèque, elle a envers l'humanité qu'elle prétend sauver, une double tâche à remplir : !« [trouver qu'elle est capable de réaliser ce qui (luit rire, le bien moral ; c'est ce que Paul a fait en montrant, ch. Vl-VIll, que la doctrine de la justification par la foi (exposée-ch. I-V) était capable de produire la sainteté; ^^^ démontrer qu'elle peut rendre un compte satisfaisant de ce qui a clé et de ce qui sera, d(.' l'hisloire en un mol ; c'est ce que l'apôtre va faire ch. I\-X1.

Le domaine que l'apôtre aborde ici est l'un des plus difficiles et des plus profonds qui puissent se piésenter à l'esprit de l'homme, ('/est celui de la ihcddiréc, c'est-à-dire lie la juslificalion du gouvernement divin dans la marche

c.iiAP. IX. I. '2:]1

(les choses hiiinaines. Mais il ne l'expose pas en philosophe, ni dans sa totalité; il le traite relativement à un point spécial, le problème du sort trisraël, et il le fait comme remplissant par là sa charge d'apùtre.

On s'est trompé à deux égards dans la manière d'interpréter la pensée de Paul dans ce passage. Les uns y ont vu une dissertation dogmatique sur la prédestination en général, comme élément de l'enseignement chrétien. Mais cette opinion ne rend point compte de la marche de la tractation, qui tourne tout entière autour de la question du rapport d'Israël au mode de salut que vient d'exposer Paul. Il ne s'agit donc point, à proprement parler, d'une question dogmatique, mais d'un problème historique : Paul n'expose pas la doctrine de l'élection; il justifie la réjection d'Israël. C'est ce qu'a parfaitement compris Calvin, qui formule ainsi le dilemme que l'apôtre cherche à résoudre dans ces trois chapitres : « Ou Dieu est infidèle à ses promesses (à l'égard des Juifs), ou Jésus que Paul prêche n'est pas le Christ du Seigneur promis particulièrement à ce peuple. »

L'autre point de vue erroné auquel on s'est placé pour expliquer ces chapitres, c'est de les envisager comme destinés h réconcilier avec la mission de l'apôtre chez les païens la majorité judéo-chrétienne de l'église de Rome (liaur, Mawjold, Holsten, Lipsius, SalniUcr \ a.\-ec des nuances diverses). Mais cette idée d'une majorité judéochrétienne dans l'église de Rome, que M. Sabatier déclarait en 1X81 « prouvée d'une manière définitive, y> est aujourd'hui généralement abandonnée^. Weizsœcker, dans

' Voir quant à ce dernier: L'apôtre Paul, 2'' éd.. p. I6<i.

^ Voir Mei/er, Weizsœcker^ Schïirer, Harnack, H. Schults, Pfieiderer, Grau. Weiss, Hoffmann, Th. Schott, Oltramare. Schlatter. etc.

-J."»8 |,A MAliCllK DU SALUT HANS l/llU.MANUrÉ

son lieaii liav;iil sur l'église romaine priinilive ', demanile avec raison pourquoi, si Tapôlre s'adressait à des judéochrétiens, il désiiinerait les Juifs, IX, 3, « comme ses frères, » et non pas plutôt a comme 7ios frères, » cl comment il se forait que XI, 1 il allègue, comme preuve de ce qu'Israël tout entier n'esl pas rejeté, uniquement sa propre conversion et non celle de ses lecteurs. Il démontre également, sans réplique à nos yeux, que dans le passage XI, \S les mots : « Je parle à vous, Gentils, » s'adressent nécessairemenl à l'église entière, et non à une partie seulement des chrétiens de Rome (voir à ce passage). S'il en est ainsi, il est inadmissible que, s'adressanl à d'anciens |taïens, [*aul se croie obligé de démontrer dans trois grands (■lia|iilies la légitimité de sa mission auprès des Gentils. Non; ce n'est pas sa mission, encore moins sa personne, que Paul veut défendre en traçant ce vaste tableau des voies de Dieu ; c'est Dieu lui-même et son œuvre dans l'humanité par l'iLvangile. Il travaille à dissiper l'ombre (pie [)Ouvail jeter sur la véracité et la fidélité de Dieu le l'ail iuq)révu et mystérieu.x de sa rupture avec son ancien peuple et la substitution actuelle des païens à ce peuple élu. [.'école de Tubingue commet à l'égard de celte partie de notre épitre la même erreur qu'à l'égard du livre des Actes. Elle voit en général dans ce dernier écrit le produit d'une manœuvre ecclésiastique, destiné à accréditer auprès des cliréliens d'origine juive la personne et le ministère de Paul, landis (pi'il est destiné à démontrer, par l'exposé sim|>le des faits, la manière pleine d'égards et de fidélité en laquelle Dieu a procédé envers son ancien peuple dans la fondation de l'Eglise. (ï'est également le but (pie s'est proposé Jean dans le passage si ivmarquable

» Jaln-hurhev fur deutsrho Thcolofjie. iSTfi. p. ±Ti Ot sui\ .

<le son évangile, XII, .">7-ij, où il jdte un coup d'œil général sur le fait «le l'incrédulité juive dont il vient de décrire le développemeni, et où il cherche à en approfondir les causes. 11 y avait là, en elfel, pour l'Eglise, au moment de sa fondation, l'une des plus importantes questions, dans laquelle se concentrait celle du rapport entre les deux révélations.

Comment Dieu peut-il, à un moment donné, rejeter un peuple qu'il a élu? Le fait est-il possilde? L'apùlre tiaitc ce prohléme en se plaçant successivement à trois points de vue : 1° celui de liberté absolue de Dieu à l'égard de {ou\ droit acquis préienôu, de la part de l'homme; c'est le sujet du cli. IX; 2" celui de la légitimité de \'us((fir. que Dieu a l'ail de sa liberté dans le cas dont il s'agit ; c'est le sujet du cli. X, où Paul montre qu'Israël s'est attiré lui-même par son inintelligence le sort qui le frappe ; :> celui de Vulitiléde cette mesure si inattendue; c'est le sujet du ch. XI, où se déroulent les conséquences bienfaisantes de la réjection d'Israël jusqu'à leur glorieux résultat final. — Ce passage ne renferme pas toute la philosophie de l'histoire; mais c'est à nos yeux le plus bel échantillon et comme le chef-d'œuvre de cette science.

XXK- MORCEAU (IX, 1-29).

La til/erté de Dieu.

L'apntrc ouvre ce morceau par un préambule où il exprime la douleur profonde qu'il épiouve en face du fait mystérieux qui va l'occuper, la réjection d'Israël (v. i-5); puis il montre comment la liberté que possédait Dieu de prendre une telle mesure, est mise dans son plein jour par les antécédents théocratiques (v. G- ES) et par les enseignements scripturaires les moins équivoques (v. 14-24);

:îi<l l.A MARCHE Dr SAI.IT DANS l/IIL.MAMTÉ

Cl eiilin il rappelli' que l'usasse que Dieu lail piV-senlement (le celle liherlé à l'égard des Juifs, avait été clairemenl annoncé par les prophéles (v. ^5-29). Celle dernière idée est la transition au morceau suivant, qui expose le niotil pour lequel Dieu a ainsi us(3 envers Israël de son droit souverain.

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