V. (i-0. Ismacl rt Isaac
V. 6-8 : '< Mais non que la chose soit telle que la parole de Dieu ait été annulée; car tous ceux qui sont d'Israël ne sont pas Israël ', 7 et, pour être posté-
' DR I" G lisent h;-a7,/,'.Ta; Israélites . au lieu lii' l^^ar,/. llsrarl).
rite d'Abraham, tous ne sont pas enfants; mais : « En Isaac te sera appelée ta postérité; » N ce qui signifie que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais que les enfants de la promesse sont réputés postérité. » — Le à's, mciis, entre le \ . ô et le V. (), est l'oiteineiil adveisatil' : Mdis tous ces privilèges, si excellents qu'ils lussent, ne pouvaient garantir à Israël ce que la parole de Dieu ne promettait pas : c'est que l'élection divine dût s'appliquer à tous les enfants d'Abraham selon la chair. — Gomme la locution olôv Te signifie : il est possible, ce sens a été appliqué ici par Bèze et d'autres : « Mais il n'est pas possible que la parole de Dieu soit annulée; » ce qui supposerait que celte parole annonçait comme inévitable l'exclusion de la nation juive, et que par conséquent cette exclusion ne pouvait pas manquer d'arriver une fois. Mais l'apôtre ne va pas si loin. Dans la démonstration suivante, il prouve la possibilité de la réjeclion de la masse du peuple, mais non sa nécessité; puis oTov n'a le sens de il est possible que lorsqu'il est suivi de la particule té, et enfin, lorsqu'il a ce sens, le verbe suivant est à l'infinitif, tandis que nous avons ici le parfait ï/.-c-tco/.sv. Ce sens doit donc être abandonné, et il faut en rester à la signification du mot oloç, tel que : '< La chose n'est pas telle que, » c'est-à-dire : qu'il ne tant pas donner à la réjection d'Israël ce sens, que la parole de Dieu se trouve par là annulée. Il y a seulement une difficulté grammaticale à cette explication; c'est la conjonction oti, que, qui vient s'intercaler entre olov et le verbe ï/.-c-Twxev, « telle que : qu'eWe ait été annulée. » Ce que, déjà renfermé dans o!ov, fait pléonasme. On l'a expliqué de plusieurs manières ; il me paraît que la plus simple est de supposer qu'il dépend d'une idée sous-enlendue : « telle que Von puisse dire que... » ou : « telle qu il soit
:258 i.A MAiiCiiK or saut hans i.iir.MANni;
arritr que... » — Le terme de parole île Dieu désigne ici les paroles par lesquelles Dieu avait conlraclé alliance avec .Vbraliam et ses descendants el fait d'eux son peuple (Gen. Xll, :]; Ex. XIX, 5-6). 11 ne s'agit point spécialement des promesses messianicpics, comme le veut OlInuH'jn' d'après le v. 4. — Ilofuiann, suivi dans ce cas de V()ll;ni/n\ interprèle la transition du v. 5 au v. 6 assez dilférenmient. Il applique le où-/ olov, luni (juc lu chose soil telle que, au souhait de Paul d'èlre rejeté pour l'amour de son peuple, et donne au v. li ce sens : « Non cpie mon vœu ait cette signifiralion que, sans rahandon que je suis prêt à faire de mon salut, la promesse de Dieu à Ahraliam serait annulée. » Ce sens est plus que forcé, (lomment Paul pourrait-il supposer que le maintien de la promesse de Dieu dépende, même hypolhétiquement, du vœu qu'il vient d'énoncer, surtout quand il l'a énoncé en le déclarant lui-même irréalisalde ? Holslrn fait porter le où/ oTov sur la douleur que ressent l'apôtre : « Non que je m'afflige comme si la juirole de Dieu était annuli'e. » Mais Paul ne peut même pas im instant faire une pareille supposition, et la suite montre que dès maintenant il s'occupe d'autre chose' que de sa douleur. — Le verbe ixTriTTeiv, tomber de, désigne la non réalisation de la promesse, sa mise à néant par les laits, comme si « elle eût cessé d'être la norme de l'histoire » (Weiss). VA certainement la rèjection actuelle d'Israël serait un démenti donné à l'élection divine, si réellement tous les individus dont se eouqiose le peuple appartenaient véritablement à Israël, dans le sens profond de ce mot. Mais c'est là prêeisênient ce qui n'est [)as, connue le déclare l'apôtre dans la seconde partie i\u verset. Dans cette })ropositiou, Meyer, Weiss et d'autres appliquent le premier Isrnii à la personne du patriarche Jacob, le second au peuple issu de lui. .Mais l'antilhcse
CHAI'. IX. (i-T. 2r>l)
o'i; 'iTcariA et o'to'. \nzy:0. n'a son sens que si ce mot est ■employé les deux fois dans le même sens, c'est-à-dire collectivement, quoique avec deux applications différentes. Ceux qui sont d'Israël désignent tous les individus constituant la nation au moment dont on parle, en tant qu'issus d'une commune origine israélite (ix,), tandis que dans les derniers mots : 7ic sont pas d" Israël, ce terme désigne €ette partie de la nation qui constitue le vrai Israël, le peuple élu, ce saint reste, dont il est constamment parlé dans l'A. T. Oltramarc ne pense pas que Paul dislingue ici entre un faux et un vrai Israël ; mais que veut donc l'apùtre dans tout ce morceau, sinon opposer au vrai Israël, que ne saurait atteindre la réjeclion, le faux Israël rjui, malgré les promesses, peut en être l'objet?
V. 7. La première propos, de ce v. a à peu prés le même sens que la seconde du v. 6, seulement avec une légère nuance indiquée par la particule o'j«^£, ni non plus. A l'expression : ceux qui sont tF Israël (v. 8 et 9), l'ap(Hre, pour faiie la transition à la discussion suivante, substitue celle de />)o.s7É?>77ë d'.l^ra/u/m. C'est qu'il va discuter sur le sort des deux fds d'Abraliam, Ismaël et Isaac. Tous deux étaient jiostrrité d'Abraham : mais tous deux pour cela n'ont pas méiité le titre de xs/cva, enfants. Ce term-^, employé d'une manière absolue, désigne ceux d'entre les enfants d'Abraham qui, par l'adoption divine, deviennent enfants dans le plein sens du mol, membres de la famille divine (IV, Il ; VIII, 17). — Le simple fait de descendre d'Ahraliam confère si peu le caractère d'enfant, dans ce sens, qu'il existe au contraire une parole d'exclusion pour toute une partie de sa race, parole sortie de la bouche de Dieu même, Cen. XXI, 1:2 (littéral.) : a En Isaac le sera appelée postérité. » Celle déclaration met évidemment en dehors de la vraie posléril(' d'Aliraliam tous ses descen-
'ifill LA MAI'vCllI'; lir SAUT liANS LUI MAMTI-;
(l;iiils qui ne le son' pns par rinlcniiéiliain' d'Is-iac. Un pourrait enlendre le iv, en, dans ce sens ; « l^n la personne d'Isaac consistera la postérité. » Dans ce sens Reiclie entend le [erme Aoi.ls.ly, appeler, comme IV, 17, de l'acte (Vappeler à l'existence. Mais ce sens est exclu par le fait qu'Isaac était déjà né depuis longtemps ({uand Dieu prononça celte parole. Il faudrait plutôt, dans ce sens de iv, expliquer autrement : « (l'est en la personne d'Isaac que tu auras un fils qui sera vraiment la postérité d'Abraham » (Weiss). Cependant le v. 8 montre qu'il s'agit plutôt de la posléritë d'Isaac comme renfermée en sa personne : (( (^est en elpar Isaac que te naîtra la race qui portera légilimement le titre de poslérité d'Abraham. » Le côté exclusif de cette déclaration portait évidemment sur Ismaël et ses descendants. — Après le ôCtCkÔL, mais, est supprimée la formule ordinaire : « il est dit» ou « écrit, »• parce que c'est ici une parole biblique bien connue.
V. 8. Paul explique le contenu de la parole citée en dégageant le principe moral sur lequel elle rc|)Osait; c'est là le sens du ToOT'â'TTi, cest-à-dire. Que manquait-il à la naissance d'ismaël pour qu'il fût la vraie postérité d'Al^raliain, celle à laquelle le salut du monde devait rester allaclié ? H était l'enfant de la chair imiquement. Quel (''tait au contraire le ti'ait spécial qui distinguait la naissance d'Isaac de celle de son frère? Son existence était l'effet d'une divine promesse; et ce caractère n'est pas seuleiiM'iil celui d'Isaac; c'est à toujours celui jiar lequel seul un liouMue peut devenir un vrai enfant d'Abraham. «.( Les enfants de la promesse, eux et eux seuls sont réputés postérité. »
Mais suit-il de' là (pie toute la race d'Isaac lui-même, en lant que ni''e diî la pi'omesse en la |iersoime de son premier itère, soit par ce lait seul la posti'rili'' d'Abi'a-
LIIAI'. IX. 7-10.
ham , lians le vrai sens du mol, c'est-ù-<]ire celle qui reste (!éf)Ositaire de la promesse du salul 1 Non, car le principe demeure; une intervention d'En-haut doit se répéter à l'égard de chacun des membres de la race élue, et cela aussi par le moyen d'une promesse. On peut donc prévoir par cette raison qu'un nouveau triaf-e ne manquera pas de s'opérer en dedans même du cercle des enfants d'Isaac; voir au v. 10. Avant d'exposer ce nouveau lait analogue au premier, l'apùtre justifie au v. 9 l'expression qu'il vient d'employer : les enfants de lo promesse.
V. 9 : « Car c'est une parole de promesse que celle-ci : En ce temps-ci je reviendrai et Sara aura un fils.» — 1 ne parole de promesse, pour dire : une parole îiyant la forme d'une divine promesse. — La parole citée, tirée de Gen. XVIll, 10 et 14, a en effet le caractère de promesse; c'est la déclaration qui a présidé à la naissance d'Isaac. — En ce temps-ci : l'année prochaine, quand cette saison où je te parle renaîtra.
Dieu venait de promettre à Abraham qu'lsaac sérail exclusivement le père de sa postérité; mais cela n'impliquait nullement que tout ce qui naîtrait d'Isaac en ferait partie, et l'exemple suivant prouve le contraire ; il est fourni par l'histoire des enfants d'Isaac lui-rnème.