‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 30 sur 97 · V. lU-l;*,. Esaii et Jacob · texte numérisé non relu

V. lU-l;*,. Esaii et Jacob

V. 10-1:! : « Et non seulement cela, mais il en arriva de même à Rébecca, qui conçut d'un seul, d'Isaac notre père. 1 1 Car, avant que les enfants fussent nés et sans qu'ils eussent fait encore ni bien, ni mal ', afin que le dessein de Dieu - formé d'avance

' N A B lisent -fxjAov. au lieu do /.a/.ov.

2 T. R., avec (luelquos Mnn. seulement, place -o-j Oeoj (de Dieu) avant -ooGaat; (dessein), tandis que tous les 3!jj. It.. etc., le placent après ce mot.

'2ir2 LA MAUCliK 1)1' SALIT DANS I/IIL.XLVMTÉ

par choix demeure comme provenant non des œuvres, mais de celui qui appelle, \'2 il lui fut dit que l'aîné serait assujetti au plus jeune, l'> selon qu'il ' est écrit : J'ai aimé Jacob, mais j'ai haï Esaii. » —

Ce second l'ail est pliL-^ sii;iiilicalil' encore que le précédent. Xons sommes en pleine filiation d'Abraham par Isaac, pèie de la postérité promise ; et cependant sa femme voit se reproduire entre ses propres enfants cette sélection ([ui s'était exercée à l'égard des fils d'Abraham. — Lr^ nom de lUbecca, en grec, pourrait être envisagé comme un nominatif pi'ovisoire, dont la véi'itahle relalion iogirpie serait exprimée au v. H pai' le datif a-jTvi, à elle (Itti); comp. la construction semblable Jean XVII, "2. Mais il est plus naturel de tirer de ce qui précède un verhe dont ce nominatif est le sujet : Elle a été traitée de la même manière ou elle a subi le même sort {i-yM -o aÙTo]. ]F('^vA^ OUramare et d'autres préfèrent admettre une proposition brisée par la parenthèse du v. H et reprise au v. 1:2 avec une construction modifiée. Cela me paraît plus compliqué. — L'expression (Vint seul n'est pas amenée par la comparaison avec Isaac et Ismaél qui étaient aussi nés d'un seul; mais elle insi^te sur la complète communauté d'origine rendue plus évidente par le fait qu'ils étaient jumeaux; aucun motif extérieur de pi'él'érence ne pouvait ilonc iniluer sur le choix divin. Les derniers mots: Isaat, noire père, font encore mieux ressortir I(^ fait que les deux enfants possédaient hien la filiation privilégiée, Kien en e'ffel ne pouvait démontrer plus évidemment l'insuffisance i\ii la descendance charnelle. Le r.awv, iiol)-e, s'applique sans doute avant tout aux Juifs, mais auï>si aux chrétiens en tant qu'enfants d'isaac par la foi (IV, I).

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V. II. La préféience librement accordée à Jacob s'exprima même avant la naissance des jumeaux, avant qu'ils eusseni fait un acte quelconque; lant il est vrai qu'elle ne lui pas fondée sur quelque mérite parliculier que possédât Jacob. Les deux néiiations subjectives y/ziTe et u.r.^i sont employées ici parce qu'elles renferment une réflexion de l'auteur sur le l'ail ; c'est ce que nous avons cliei'clié à exprime)' dans la traduction. On eût pu répondre sans doute à l'apùlre que Dieu avait prévu les œuvres l»onnes dt! Jacob et IfS actes mauvais d'Esaii, et que sa pi'édileclinn pour le premier était fondée sur cette pi'évision. Mais l'apotre n'a l'intention ni d'enseigner ni d'écarter le caractère arbitraire de la décision divine. Il affirme simplement que le choix de Jacob n'a reposé sur aucune œuvre méritoire (pas plus accomplie (jue prévue). Ce n'est aucun mérite de Jacob qui a contraint Dieu à organiser son plan comme il l'a fait, en lui donnant la préférence et en écartant son frère aine. Rien dans ec eboix ne lui donne le caractère d'une dette. La conj. i^jy., afin (jur, di'pend de izzihr, : il lui fut dit déjà avant .. afin de maintenii- la pleine indépendance de Dieu dans le dessein qu'il avait formé. En choisissant le plus jeune des deux (ils et mettant de côté l'aîné, il constatait sa liberté à l'égard de tout privilège (h- naissance. — Nous savons déjà ce ([ue c'est que la -poOs-îi;, Ir dessein formé anpdrttvunl; voir à VIII, -il. Ee dessein a besoin pour se réaliser d'instruments humains par (pii et d'individus en qui il se réalise, et c'est au clioix ih' ces personnes (pie se l'apporte le mot i'/.lrjyr,, élection. L'expression : te dessein de Dieu selon l'élection {wow comme dans le T. \\. : le dessein conforme à l'élection de Dieu), désigne un plan de conduite relatif au salut, que Dieu se trace en y faisant intervenir le libre choix des personnes qu'il appelle à le réaliseï'. Ee mode

4<»'i- I.A .MAliCllK 1»C SAI.l T DANS LIIIMAMTK

<le procéder est le contraire d'un dessein dans lequel il aurait dû tenir compte des mérites de l'un d'entre ces individus, (jn'airiverait-il en elTel si un iioiume cpielcontjue pouvait dire à Dieu : « J'ai le dmit d'être choisi et employé par loi pliil('»l (\ur tel autre? » A supposer* que Saiil eût été élu roi en raison de quelque mérite propre, quand le moment serait V(înu de lui substituer David, Dieu aurait (mi les mains liées. De même si. en veitu de son droit d'aînesse, Ksaii avait dû nécessairement devenir l'héritier de la promesse, un homme qui convenait moins à l'exéculion âc)^ desseins divins qu'im autre se lut imposé à Dieu. Il i'aut donc que le plan et le choix de Dieu ne soient liés par aucun mérite humain, afin que la volonté du seul sage et du seul bon puisse s'exercer sans entraves. C'est ce principe de son gouvernement que Dieu a voulu sauvegarder en choisissant, dans le cas dont parle Paul, le cadet au lieu de l'ainé. — Le mol [Xîvr,, demeure, peut être compris dans le sens logique : « demeure bien établi dans la conscience » ; mais il nous parait qu'il y a quel- (|ue chose (le plus dans la pensée de f^tul et qu'il veut dire : « demeure en réulile. » Ce n'est pas seulement dans la pensé'j de l'homme, c'est réellement que la liberté de Dieu sérail compromise, si quelque mérite humain devait régler son choix. Dieu, qui avait décidé d'employer Jacob et de mettre de cê)té l^saii, aurait pu faire naître Jacob le premier. S'il ne Fa pas fait, c'est précisément afin que son droil de libre choix demeure non seulement étaj)li, mais iiilacl. — T/io/ucI; l'ail observer avec raison que rap(')lre, en enqiloyanl le [)résenl u-eV/i, dcuieurc, au lieu de l'aor. asiv/,, (leiDcnrut, étenrl celle consfMpience du lail à tous les temps; elle s'apj)li(pie dcmc aussi aux Juifs du temps de l'apôtre. — Les ûaux régimes : « non (Taprès les ti'urres, nniis...,)) peuvent dépendre du paiticipe sous-

CHAI'. i\. 11-1-2. '-^or>

entendu ojtk, éUmt : « demeure comme provenant de»; coinp. I, 17. On peut cependant aussi, quelque dure que soit celte construction, rallaclier directement ces deux réi^imes au verbe |xévr,, demeure : a que le dessein l'ail avec choix demeure [indépendant] de toute œuvre...»

V. 12. Les deux l'oinies ippsOr, et Èppr,6r, se trouvent dans les .Mss., comme aussi dans le grec profane. Il est probable que dans les épîlres de Paul il faut lire avec Tischendorf, d'après nAB etc., izzéhr,. — L'oracle cité est tiré de Geu. XXV, 2."). Chacun reconnaît que dans le contexte de l'A. T. cette parole se rapporte aux deux peuples représentés dans leurs deux pères ; mais Mci/e)' e! \yeiss insistent pour que chez Paul elle s'applique à la personne des deux pères seulement. Morisoii, d'autre part, pense qu'il ne peut être question dans Paul, comme dans la Genèse, que des peuples. Si même il en était ainsi pour le passa^ie de Malachie, ce ne pourrait être le cas dans celui de la Genèse. Il me paraît qu'en vertu de la solidarité profonde, à la fois physique et moi'ale, entre le caractère de la i-ace et celui du père, ni la Genèse, ni Paul ne parlent des pères sans les peuples, ou des peuples sans les pères. L'infériorité lli/'ocratique d'Esai'i, pei'sonnellemenl parlant, et l'exclusion des Edomites de tout n'ile dans l'œuvre de la préparation du salut résultèrent historiquement du mépris d'Esaii pour son droit d'aînesse et furent scellées par la bénédiction d'Isaac, qui assis^na à Jacob la teri'e promise et fixa l'héritage d'Esaii hors des limites de Canaan. Le èvAe'jne'., serrini, est tiré de Gen. XXVll. :^lt (la bénédiction de Jacob) où les Septante Iraduiseiil : Y'/'o-j -/.'jp'.oç ToO à(^£"X(poO Tw, (( sois le seigneur de tmi frère. » Oiiant au peuple sorti d'Esaii, celte même inlV-rioriti^, déjà manifestée par le fait de son liabilalion hors de la terre pi'omise, s'accentua de plus en plus, dans toute

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