EH. AUX ROM
18 LA SAXCTIl'lCATION
meiil (lu baptisé dans l'eau cl sa disparition momenlanée, rappelle la disparition de Jésus dans la tombe à la suite de sa mort pour nous.
La relation logique entre le v. 3 et le v. 2 peut être comprise de deux manières : « Vous êtes morts au pécbé dans cl par votre baptême qui, en faisant descendre sur vous l'Esprit saint, a opéré la mort du vieil homme » ; ainsi Weiss, Gess, et beaucoup d'autres. Mais le v. 4 ne permet pas d'identifier la mort au péché dont parle Paul au V. 2, avec le fait du baptême; car le baptême est mis là en parallèle avec l'ensevelissement de Jésus, non avec sa mort; et, de plus, la mort au péché par l'opération du Saint-Esprit est un fait prolongé, graduel, mais non instanlané, comme la mort que désigne l'aoriste â77£0àvo[7.£v. Le baptême est par conséquent rappelé ici non comme le inoijen de la mort au péché, mais comme la preuve visible de la consommation de ce fait ; et le lien entre les v. 2 et 3 est celui-ci : « 11 y a eu mort pour vous, comme le prouve votre baptême ; car cette cérémonie, qui est l'image d'un ensevelissement, a été célébrée pour vous en raison de la mort au péché qu'a opérée en vous la foi à la mort de Jésus pour vous» (comp. OUnimare). C'est si peu le baptême qui a été pour eux le fait do, la mort, que cette cérémonie n'a eu lieu qu'en raison de la mort déjà accomplie (o3v, donc, v. 4), absolument comme l'ensevelissement de Jésus a suivi et prouvé sa mort. Et de celle union à la mort de Jésus est résulté un pas nouveau dans la communion avec lui:
V. 4 : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en la mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, ainsi nous aussi marchions en nouveauté de vie. » — Le sens est : « En conséquence de cette mort à laquelle nous a
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conduits la foi en sa mort, nous avons été ensevelis avec lui, et cela non pour rester dans la tombe ou pour en ressortir, comme Lazare, afin de revenir à notre vie passée, mais pour pénétrer avec lui dans une vie nouvelle, d'où un retour à notre ancienne vie n'est plus possible. » Le rég. en la mort ne peut dépendre du verbe : iious avons été ensevelis, comme le veulent Grotius, Hofmann, et d'autres. Comment pourrait-on dire d'un inhumé qii'il est enseveli dans la mort? D'après la locution analogue du v, 3, le rég. en la mort ne peut dépendre que du mot : le baptême : « le baptême en la mort. » Le subst. fJà-TiTaa, baptême, comme ceux qui proviennent des verbes en î^oi, a un sens énergique qui lui permet d'avoir un régime, et cela sans qu'aucun article soit nécessaire entre les deux substantifs étroitement unis. La locution : baptême en la mort, désigne le baptême (d'eau) comme célébré spécialement en rapport avec la mort de Jésus; et, quoi qu'en dise Oltramare, ce n'est pas sans raison que l'apùtre a omis le pron. aOroO (sa) avec le mol mort. Il a voulu laisser la notion de mort dans toute sa généralité, sans doute pour rappeler que notre propre mort est implicitement comprise dans celle de Jésus (voir Weissy.
' Nous nous rappelons un fait qui prouve combien ces paroles de l'apôLre, en apparence si mystérieuses, s'expliquent aisément à la lumière des vives expériences de la foi. M. le missionnaire Casalis nous racontait qu'il interrogeait un jour un Bécluiana converti sur le sens d'un passage analogue à celui qui nous occupe (Col. III, .3;. Celui-ci lui dit : « Bientôt je serai mort et l'on m'enterrera dans mon champ. Mes troupeaux viendront paître au-dessus de moi. Mais je ne les entendrai plus et je ne sortirai pas de ma tombe pour les saisir et les ramener avec moi dans le sépulcre. Us me seront étrangers, comme moi à eux. Voilà l'image de ma vie au milieu du monde, depuis ipie j'ai cru en Christ. »
L'apôtre, en comparant lo haptème h un ensevelissemenl, a-l-il voulu faire allusion à la forme extérieure du rite baptismal clans l'Eglise primitive? Cela parait évident, et l'on doit conclure de ce passage que la foi'me normale du baptême primitif était l'immersion complète. Mais, d'aulre part, ou ne saurait admettre que cette forme ail été habituellement pratiquée. Comment se repiésenler que les trois mille croyants baptisés le jour de la Pentecôte l'aient été de la sorte? Il eût fallu pour cela un temps trop considérable et des préparatifs tout particuliers. On doit donc penser que dans la pratique, et même dès le temps de Jean-Baptisie, la forme fut simplifiée, que le baptisé descendait dans l'eau jusqu'à mi-jambe et que le baptisant répandait sur sa tête l'eau dont il avait rempli le creux de ses mains, de manière à figurer une immersion complète. Si dans le passage Marc Vîl, A la leçon /.ai /c7^ivô)v, et les lits (divans), est autbentique, comme semble le prouver le témoignage des deux plus anciennes versions, ce fait prouverait bien qu'il faut se garder de trop insister sur le sens de plonger et pai- conséquent sur l'idée d'immersion totale à attacher au terme de baptiser; comp. également 1 Cor. X, \,il. Mais, quelle que fût la forme usuelle du baptême, la descente dans l'eau représentait toujours une immersion, et par conséquent un ensevelissement, et la sortie de l'eau une résurrection. Comme l'ensevelissement est la constatation définitive de la réalité de la mort et la rupture ilu dernier lien entri^ l'homme et sa vie terrestre, de même le baptême du croyant constate publiquement sa mort au péché impliquée dans sa foi et sa rupture radicale avec son ancienne vie mondaine et égoïste.
. De cette mort au péché impliquée dans la foi et constatée par le baptême l'ésulterait déjà l'impossibilité du
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demeurer dans le péché (v. 1), Mais l'impossibililé morale (Je ce maintien de la vieille vie devient plus évidente encore par un second fait subséquent. C'est l'entrée dans une vie nouvelle, conséquence morale nécessaire de l'union avec Christ coniractéc par l'appropriation de sa mort. Non seulement nous avons été ensevelis avec (Christ, mais nous l'avons été conmie lui, c'esl-à-dire afin de ressusciter. Le ïva, afin que, est le mot essentiel et central du verset. Un mort ordinaire descend dans la tombe pour y rester; mais quand on est enseveli avec Christ, on est enseveli avec un mort qui est désormais un ressuscité, et un tel ensevelissement ne peut être que le passage à une résurrection procédant de la sienne. Or, voilà ce qui achève de rendre impossible un retour à la vie ancienne. Non seulement on s'est dépouillé de sa vie précédente, mais on en a revêtu une nouvelle, de nature supérieure, ce qui empêche absolument la continuation de l'ancienne. Comme Christ a donné sa \\q pour la reprendre (Jean X, 17-18), ainsi le croyant ne renonce h sa vie de péché que pour en recevoir de lui une toute nouvelle et toute différente. — Paul connaissait par expérience cette situation tout à la fois de mort et d'attente de la vie que signale le ïva, a/în que, de ce verset. C'est celle où nous le voyons placé Act. IX, 8-9, entre la mort cpi'il avait d'abord trouvée dans sa foi nouvelle et le baptême suivi bientôt de la résurrection par le Saint-Esprit. C'est également la position où nous voyons les pénitents de la Pentecôte au moment où saint Pierre leur dit : « Soyez baptisés pour le pardon des péchés, et vous recevrez le Saint-Ksprit. » Ce que la l'ésurreclion a été pour Christ, le renouvellement par le Saint-Kspril, qui dans les conditions normales est lié au baptême, l'est pour les croyants. Kt c'est là la suprême garantie du lait moi'al énoncé au v. "1. Si nou.^
n'étions que movls. on pourrait supposer encore la possibilité d'une résurrection à la vieille vie. Mais si, morts, nous avons reçu une vie supérieure, c'en est fait de tout retour à l'ancienne. — La conj. (oçTvec, précisément comme, n'indique qu'une analogie, une ressemblance. Le v. 5 fera comprendre la nécessité interne sur laquelle repose cette ressemblance. — L'expression : d'entre les morts, rappelle l'état de mort au pécbé dans lequel le croyant reçoit le baptême et qui fraie la voie à sa résurrection spirituelle. — Iai gloire du Père par laquelle Cbrist a été ressuscité, n'est pas le déploiement de sa puissance, isolée des autres attributs divins; c'est, comme d'ordinaire, celui de toutes les perfections de Dieu réunies. Toutes, elles ont concouru à ce grand fait, chef-d'œuvre de la révélation de Dieu sur la terre, de la justice comme de la miséricorde, de la sagesse comme de la sainteté. Déjà en parlant de la résurrection de Lazare, Jésus disait à Marthe : « Tu verras la gloire de Dieu.-» 11 s'agit ici de quelque chose de plus grand, de la résurrection du Fils; aussi Paul ditil ici : par la gloire du Père. — En parlant des fidèles, l'apolre ne fait pas ressortir, comme pour Christ lui-même, le fait (le leur l'ésurreclion ; il indique uniquement la conséquence de ce fait, la vie nouvelle qui en résulte : qiie nous marchions en nouveauté de vie. C'est qu'il a toujours en vue sa déclaration du v. 2. L'impossibilité de la continuation de la vie ancienne résulte de la vie nouvelle à l'état de réalisalioii, |)liilùt que de l'acte momentané par lequel on y entre. Mais il y a là une lacune, qui sera comblée au v. 5. — Le terme de -zzi-r-zû^, marcher, est fréquemment chez Paul l'image de la conduite morale. — L'expression nouveauté de vie, au lieu de vie nouvelle, met fortement en relief la qualité par laquelle cette vie exclut l'ancienne. Les moindres formes de style sont toujours
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strictement déterminées chez Paul par la pensée principale.
Le baptême des enfants. — Ce rite n'est évidemment pas supposé dans ce passage. Car le baptême est placé entre la foi (avec la mort au péché par la foi) et le renouvellement par le Saint-Esprit. Le baptême des adultes était celui qui. par la nature des choses, convenait à la première génération de croyants, puisque les parents devaient appartenir à l'Fglise avant qu'il put être question dy introduire en général les enfants. Mais le baptême des enfants est-il exclu par notre passage? Cette forme n'a-t elle pas pu surgir légitimement, lorsque, les circonstances ayant changé, la vie de famille fut devenue un élément intégrant de celle de l'Eglise? C'est là une question qu'il n'est pas possible d'examiner sans briser le cadre de l'exégèse. Gess ne craint pas de dire : « Sans le baptême des enfants, l'état déplorable dont nous sommes les témoins serait aggravé encore. »
V. 5 : « Car si nous sommes devenus participants |de ChristJ par la ressemblance de sa mort, nous serons aussi participants de sa résurrection; » —
L'apùlre avait parlé au v. 'i- de la vie nouvelle du fidèle, sans indiquer le fait par lequel il passe, de la mort au péché, à cette vie supérieure. Il supplée maintenant à cette omission. «Oui : vie nouvelle; car le fidèle, après avoir participé à la mort de Jésus, participe aussi à sa résurrection.» — On a compris la construction de chacune des deux propositions de ce v. de bien des maniéi'es. Bispiiifi a proposé de faire de toO davxxo'j, de la mort, le complément non de tw ôaoKofj.aTi fia ressenihlinice), mais de G'j[j.yj':rji (pttiiiciptints), en prenant tw ôaouoy.ar!, comme régime adverhial, destiné à indiquer le mode de cette participation : « Si nous avons été faits participants de la mort en ressemblance. » Cette construction donnerait le moyen d'établir un parallélisme exact entre les deux pro-
positions du v., puisque le gén. tv;? àvaTTicecoç, de la résurrection, dépendrail (l;ms la seconde propos.de (j'j|x<puToi (iHirlicipanls), absolument comme toO OavaTou (de la mort) de ce même adjecliC, dans la première. Mais on sent lacilemenl combien celle consiruclion est dure el presque barbare. Aussi n'al-elle point été admise. Le compl. de la wîor/ dépend nalurellemenl de tw ôy.ouoy.a-i, la ressemblance, comme le reconnaissent presque tous les interprèles. Celte ressemblance de la mort peut consister soit dans le baptême en tant que re|)rèsenlant figurément la mort de Cbrist, soil dans noire mort au pccbé en tant que reproduisant spirilucllement la mort de la croix. Le second sens est certainement préférable; car nous avons vu que le baptême est aux youx de Paul la représentation non de la mort, mais de l'ensevelissomenl de Cbrist. — Faul-il laire dépendre ce régime de Yeyôvay.ev: nous avons été faits parlicipanls par la ressemblance Aa sa mort, ou de t-ji/outoi, nous avons été faits participants de la ressemblance de sa moiV} Chti/sostome, Mélanrh., Meycr, Pbil., Ollnon., etc., préfèrent cette seconde construction; Liillicr, C(di:in, T/ioiiuL\ Fiitzsclie, Gess, Wciss, adhérent à la première. Le régime de T'JaouToi dans ce cas est sous-entendu; c'est a-jTto : « Unis à lui, Cbrist, par la ressemblance de sa snort. » L'ellij)se de ce pronom s'explique facilement par l'expi'ession précédente : a Nous avons été ensevelis avec lui, » V. 4; elle se retrouve évidemment au v. 6 (cuveTTaupcoG-/;, a été crucifié avec). 11 me parait bien dur de faire de tw ôy.ouoaaTi, la l'iissemblance, le régime de ^^'./.(puToi : unis ou participants à la ressemblance On s'unit, on pailicipe à un objet concret, non à une notion abstraite comme celle de. la ressendtlance. — Le terme cJy.'p'jTo; (dans le gi'ec classique très-fré'(pieuiment c;ua(p'jr,:), proviciil du verbe Tuy-oJc), naître, croître ensemble. Il peut signilier
CH.VP. VI. 5.
inné, ou homogène, ou oifianiquemenl uni, partagennl la même vie, la même croissance, les mêmes phases iJ'exislence. Ce dernier sens esl ici le seul applicable : organiquement unis à Ghiist de maniêie à reproduire en nous les deux grandes phases de son existence, sa mort et sa résurrection. Pas une mort au péché, dans rP2glise de Christ, qui ne soit d'avance renfermée dans sa moi't ; pas une résurrection spirituelle, au sein de l'Eglise, qui ne soit la reproduction de sa résurrection. Remarquons (nous retrouverons ce Irait dans la suite de ce morceau) que le lait de la participation à la mort est mis au passé: nous sommes devenus parlidjnnils...., tandis que celui de la participation à la résurrection est indiqué au futur : nous serons purticipants.... Plusieurs Pérès ont conclu de ce changement de temps qiu', dans ces derniers mots, l'apôtre voulait parler de la résurrection future, de la glorification corporelle des croyants. Mais cette idée est san>" relation avec le contexte, dominé tout entier par le rapport à rol)j('Ction du v. 1 (la relation du croyant avec le péché). Cette expression désigne donc uniquement la résurrection spirituelle du croyant. Le contraste signalé entre le passé et le futur doit s'expliquer tout différemment, (/est le futur de la conséquence logique. Une fois que le premier des deux faits a eu lieu, le second doit suivre. Nous commençons par nous unir avec la personne du Chiist mourant, par la foi à ce mystérieux : lui pour moi, qui fait le fond de l'Evangile; puis de celle union l'ésulte la communication de sa personne ressuscilée, le : lui en moi. M. Gess fait de tw ôaouoy.aTi un datif df hul : « Nous avons été unis à lui pour la ressemblance de sa iriort,)) pour y être rendus conformes iPliil. III, H>). .Mais dans le v. -2, le l'ail de notre mort au péché est présent!comme tléjà acconqili dans celui de la foi.
'i6 1,A SAMTU'ICATION
La loculion illk x,al, qui lie les deux propositions du V., pourrait se rendre par : eli bien donc aussi! Le second fait apparaît comme une joyeuse conséquence du premier. — Le génit. t-â; àvacrricecoç, de la résurrection, ne saurait dépendre du verbe iToiy.sOa, nous serons : « nous serons de la résurrcclion, » pour dire : nous y aurons part (dans le sens des locutions : être de la foi, de la loi). Car le terme de résurrection ne désigne pas la résurrection en général, mais celle de Christ. Meyer et Pliilippi, conséquents avec leur explication de la première proposition, suppléent ici le datif tw ô(Aoi(o[/aTt : « Comme nous avons pai'licipé à la ressemblance de sa mort, nous participerons aussi à la ressemblance de sa résurrection. » Celle ellipse n'esl pas impossible; mais elle rend la f)brase Ircs-lourfic. Après la construction que nous avons adoptée dans le premier membre, il est plus simple de sous-entendre uniquement G'jfj,(puToi dans le second, en faisant dépendre directemenl de cet adjectif le génitif tt,; àvacTxcew;, de la résurrection : «Eh bien! nous serons aussi participants de sa résurrection !» L'omission du tw ôjxouo^aaTi,, à la ressemblance, dans la seconde pailie du verset, est intentionnelle, el l'ellipse par laquelle on l'explique ordinairement repose sur une erreui-, non seulement de grammaire, mais de sens. La mort au péché a bien lieu sans doute à la ressemblance et sur le modèle de la mort de la croix; mais la vie nouvelle que reçoit le fidèle n'est pas une ressemblance de celle de Christ. C'est cette vie elle même qu'il lui communique par son Esprit. « Et je vis, non plus moi, mais Christ en moi » (Gai. II, 20). « Parce que je vis, vous vivrez aussi » (Jean XIV, 19). .Vinsi se motive naturellement le retrancliement\lu : à la ressemblance de, dans la seconde proposition.
Celte démonstration sominairemenl donnée v. 3-5 devait être développée; c'est ce que fait Paul dans le passage suivant, v. 6-11. La première propos, du v. 5 est expliquée dans v. 6-7; la seconde dans v. 8-10; le v. 11 résume le tout, et cela sous l'orme exhortative, de manière à former la transition à l'application parénétique, V. 12-14.
V. 6. : (( comprenant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit détruit, pour que nous ne servions plus le péché. » — Pourquoi inlroduire tout à coup la notion de la connaissance dans une relation que le v. 5 semblait avoir posée comme objectivement nécessaire ? Ce phénomène est d'autant plus remarquable qu'il se reproduit au v. 8 dans le -!.'7T£'Joa8v, nous croyons, au v. 9 dans le tl^izzt, sachant que, et même dans le loyi^e^Oe, estimez que, (v. 11). Meyer, Weiss, Oliramare, pensent que l'apôtre veut confirmer ici par l'expérience subjective du fidèle la vérité qui vient d'être exposée comme objectivement fondée en soi sur la mort de Clirist : « Nous sommes morts en Christ et participants de sa vie, ce dont nous ne saurions douter, puisque nous en avons déjà fait l'expérience. » Mais il ne faut pas oublier que le partie. y.vt'W.ovTe:, compre)iant, s'appuie sur le verbe futur kôy.cOa, jious serons, et qu'il ne peut par conséquent désigner comme objet d'expérience passée le même fait que le verbe nous serons présente comme à venir, l'hiliiqii serait donc mieux fondé à trouver dans ce participe l'indication d'uni' conséquence morale à tirer : « El à mesure que ce : nous serons, de v. ô^ se réalisera en nous, nous conuaiirons par expérience que.... » Seulement le participe présent
-^ LA SANCTiriCATION
comprenant ne saurait être réqiiiviilent d'un lulur /.al yvoxTÔjy.sOa, el nous connaîlwns. La l'elalion en Ire le pailicipe comprenant et le verbe nous serons {\. 5*^) esl, comme le (lit Gess, celle d'une condition morale : « Notre participation à la résurreclion de ("dirist n'a pas lieu à la manière d'un procédé naturel et physiquement nécessaire. Il (aul, pour qu'un pareil fait s'accomplisse en nous, une coopération morale de notre part. » Or cette coopération suppose naturellement une connaissance ; celle du chemin (v. G) et celle du but (v. 8). Le fidèle doit comprendre que le but de Dieu eu ci'ucifiant le vieil homme esl de le laiie périr tout à fait afin de le remplacer par la vie du ressuscité, et, entrant dans celte pensée divine, il travaille activement à la réaliser; autrement elle resterait stérile. Celle notion de la connaissance subjective indispensable, l'enfermée dans les mois : comprenant ceci, était déjà expritnée par le l'va, afin que, du v. 4. Tout ce morceau, à commencer pai' le mot : Ou ir/norez-vous que...? du v. ."3, renferme un appel tacite à l'intelliiience et à la conscience chrétiennes des membres de ré<^lise de Home, afin de les stimuler à se rendre bien compte (\eî> conséquences pratiques fie leur foi nouvelle; comp. rcxborlation v. Jiâ-H, et l'expression sit;nificalive : « à cause de la faiblesse de la chair » (v. 19).
L'expression : notre vieil homme, désigne la nature humaine telle que l'a transmise à sa postérité celui en qui elle était piiniitivemeiit concentrée tout entière; r.\dam déchu, (lominti par l'amour-propre, toi qu'il réapparaît dans chaque moi humain ((ui vient au iiiomli'. Celle nature i^àtée porte le nom de rieille au point de vue du croyant qui en possède déjà une nouvelle. — Ce vieil lidiiime, ce moi qui (ibt'it iiistiuclivcmrut à la • •Duvoilisc, à la reclK.'rcbe du plaisii' et à la crainte dr
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la douleur, a été crucifié chez le fidèle; il l'a été en la personne du Christ crucifié, comme l'indique le c-Jv (avec) dans le verbe (juveTTauowÔ-/;. Jusqu'à l'heure où la foi au crucifié s'est emparée d'un pécheur, il jouit d'une t;rande indépendance dans sa vie de péché, et, si sa conscience fait entendre des réclamations, son cœur lui représente ses fautes comme des faiblesses excusables et inévitables. Mais dés que, par la foi, l'homme a contemplé en Christ crucifié la victime qui souffre et meurt pour ses péchés, tout est changé; cette recherche du moi qui s'exerçait sans gène est frappée d'une sentence de mort ; ses efforts pour se satisfaire elle-même sont arrêtés tout court. Elle est taxée de nature gâtée sur laquelle repose le déplaisir de Dieu et qui n'a plus le droit de vivre. C'est là la crucifixion morale du vieil homme, qui provient uniquement de la foi au Christ crucifié.
Le but de cette crucifixion intérieure est la destruction du corps de péché. Il doit y avoir une différence complète entre ce second fait, indiqué comme but, et le précédent. En premier lieu, le crucifiement, la sentence de mort prononcée sur le vieil homme, la rupture de la volonté avec lui, est un fait qui, lors même qu'il doit se répéter et se confirmer chaque jour, n'en est pas moins accompli une fois pour toutes (comp. Taor. G'rnn-:y.'Jzo>'jr,), tandis que la destruction du corps du péché est une conséquence qui ne se produit que progressivement. Ensuite, ce que l'apôtre appelle corps du péché est quelque chose de tout différent du vieil homme. .-Vulremenl il y aurait tautologie entre ces deux propositions. Faut-il entendre par là, avec plusieurs interprèles, le corps dans le sens propre? L'ap«Hre verrait donc dans le corps le principe du mal, inhérent à notre nature humaine. .Mais la suite prouve qu'il n'envisage nullement le péché comme provenant du
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corps et inséparable de lui; car au v. l.i il réclame le corps el ses membres pour le service de Dieu et les présente comme devant devenir des inslniments de justice. il en est de même 2 Cor. IV, 10-12, où la vie de Jésus est représentée comme se déployant dans le corps, dans la chair mortelle des fidèles, et devenant l'organe de celte vie céleste. L'apôtre envisage si peu la nature corporelle comme la cause du péché, que 2 Cor. Vil, 1 il oppose aux souillures de la chair celles de l'esprit. Et en cela il est parfaitement d'accord avec le Seigneur qui, Math. XV, 19, déclare que « c'est du cœur que procèdent les pensées mauvaises, les meurtres, les impuretés, les vols, les faux témoignages et les blasphèmes. » Le fait même de la réelle incarnation du Seigneur Jésus-Christ, tel qu'il est enseigné par Paul, Rom. VIII, 3 (voir à ce passage), suffit pour réfuter l'opinion d'après laquelle le corps serait envisagé par lui comme le piincipe du péché. Ces considérations on! conduit plusieurs interprètes (Calv., Olsh., J. Muller, Phil., Baur, Hodge., Oltram., Moris.) à prendre ici le mot corps au sens figuré. Il désignerait le péché lui-même comme ime lourde masse ou bien comme un organisme., un système de penchants mauvais, qui retient l'âme sous son joug. Le complément du péché serait un gén. d'apposition. On comprendrait bien dans ce sens que Paul réclamât la desiruclion du corps dv péché, puisque ce corps serait le péché lui-même. Mais il est impossible de concilier ce sens avec les v. 12 el 13, où Paul, faisant l'application de noire passage, parle évidemiiicnt de la consécraiioii sainle du corps, en pi'cnanl ce terme dans le sens propie. Il serait d'ailleurs dillicile de ne pas voir ilans ce cas une tautologie entre celte proposition el la pr(''céd('nle. Il reste une troisième explication que l'on houve avec diverses nuances chez
Meijer, Théodoret, Ben;/., Thol., Biïck., Hofm., Weiss, et d'après laquelle le gén. du péché est envisagé comme complément de possession : le corps en tant que servant d'instrument au péché. Ce sens, malgré les objections (.VOltramare, est certainement celui qui répond le mieux à la pensée de l'apùlre. Il ne s'agit pas du corps en luimême, mais du corps en tant qu'agent habituel et indispensable du péché. Gess ajoute à cette explication l'idée de la transmission du péché par l'intermédiaire des dispositions corporelles héréditaires. Il est certain que dès le début de l'existence il y a entre le corps et l'âme un rapport étroit en vertu duquel ces deux éléments agissent et réagissent incessamment chacun sur la lormalion de l'autre. Mais rien n'indique cependant que Paul pense ici à cette relation. — Le verbe /.a-raçysîv, que nous traduisons par détruire, signifie proprement : priver de la puissance d'agir ; d'où: rendre oisif , imilile, comme Luc XllI, 7; Rom. III, 3; puis même annuler, faire cesser, détruire, comme I Cor. VI, 13; XIII, 8. 10; Eph. Il, 15 etc. Ni le sens de rendre inaclif, ni celui de détruire ne pourraient s'appliquer au corps, si par ce mot il fallait entendre l'organisme physique en lui-même. Mais, nous l'avons vu, l'apôtre ne parle pas du corps, comme tel; c'est le corps en tant qu'agent du péché qu'il a en vue. Du corps, dans cette relation spéciale, il déclare qu'il doit être ou réduit à l'inaction, ou même détruit. On comprend que dans cette application les deux sens du mot x-aTaoyeiv reviennent à peu près au même. Cependant, la traduction détruit rend probablement iniutix la pensée. Le corps est détruit comme instrument de péché, afin qu'un autre le remplace comme organe de la justice (v. 13). — La relation avec la propos, précédente est celle-ci : la volonté mauvaise qui se satisfait au moyen
du corps, étanl condamnée, sacrifiée, crucifiée, le corps cesse, (\ès que celle sentence se réalise, de servir le péché el resle là comme un serviteur sans maître.
La troisième propos, énonce le but final de ce travail intérieur. Un troisième sujet appaïaît : nous, -ho-it; ce pronom désigne la personnalité elle-même, le moi dans son essence, comme conception divine : à lu fois difFérenl et du vieil homme, l'élément péclieui' oi'it^inaire personnifié, el du corps du péché, le corps qui a été jusqu'ici l'agent de la volonté gâtée de ce moi. Une fois que le maîti'e a élé crucifié, et que le corps du péché, son serviteur, a été affranchi de son obéissance, le vrai moi (la personnalité morale dans son essence) est affranchi et libre de se consacrer lui-même et d'employer le corps à un nouvel emploi. L'apôtre fait sentir la vérité de cette situation par un exemple tiré de la vie commune.
V. 7 ; (( Car celui qui est mort est justement affranchi du péché. <> — Un très-i^iand numbie d'interprètes, depuis Erasme jusqu'à TltoL, de W., Philip., Hodfje, Gess, Moris., etc., prennent le partie, ô y-ofioLv^y, celui qui est morl, dans le sens figuré : mort en Christ, mort au péché; coinp. les expressions send)lables dans les V. G et 8. .Mais ces interprètes se divisent ensuite sur le sens du terme f^£r^.•/.auoTal, est justifié ; les uns l'appliquant à raffranchisscment de la coutpc et du châtiment (II(>d;/c, Gess, Morisou), conformément au sens ordinaire du mol justifier chez Paul; les autres l'appliquent ici à l'affi-ancbissement de la puissance du péché, dans ce sens que celui qui est morl au péché n'est plus soumis à l'empire du mal, ne lui doit plus obéissance comme à son maitre. .Mais ni l'un ni l'auli'e de ces deux sens ne peut salisfaii'e. Le premier nous i-amènerai! au sujet (li''jà /'puisé de la jusiiliration, surtout si, conmie ^*<',v.v.
on fait dire ici à Paul que « celui-là seul qui esl mort au péché peut être justifié, » ce qui aboutirait, malgré toutes les précautions que prend cet auteur, à ce résultat: que la sanctification est le principe de la justification, puisque la mort au péché appartient certainement déjà, dans la pensée de Paul, à la sanctification chrétienne, qu'elle en est même l'acte fondamental (d'apiés v. 1-5). L'autre sens conviendrait mieux à certains égards, car il est plus conforme au contexte. Ce qui s'y oppose, c'est que le partic, ô aTToOavwv, celui qui est ynort, n'étant accompagné d'aucune détermination, s'entend plutôt dans le sens propre, et puis surtout qu'au v. suivant, quand l'apôtre prend ce mot au sens spirituel, il l'indique expressément en ajoutant les mots c-jv Xoi-ttcô, avec Christ. Il est donc plus naturel de voir ici une sentence empruntée à la vie ordinaire et d'appliquer l'expression : celui qui est mort, à un mort quelconque. On doit, dans ce cas, donner au mot ^i/.awjv, justifier, un sens un peu différent de son sens dogmatique ordinaire chez Paul ; car le domaine auquel il est appliqué ici est tout différent, et l'on est de plus autorisé à cette légère modification par le régime inusité formé avec la prépos. à-o. In homme mort, vent dire l'apôtre, n'a plus de corps à mettre au service du péché; il est donc légitimement dispensé de l'accomplir. Représentez-vous un esclave mort; son maître aura beau lui ordonner de voler, de mentir, de tuer. Il aura le droit de répondre : Je ne puis pas; ma langue, ma main, mes pieds ne m'obéissenl plus. Comment ilonc serail-il tiré en compte pour son refus de service? C'est dans ce sens que le proverbe grec disait : ve/.po; o'j ^'xy.-n:, un mort ne mord pas. — Telle est la position du fidèle après que le crucifiement de sa volonté pro|)re (de son vieil homme j a réduit à l'impuissance son corps de péché (v. (i). Il ii'.i plus d(i
SA LA SAxr/ririCATiox
corps pour servir le vieil iiomme, qui vil encore, mais qui ne règne plus sur la volonté el par elle sur le corps. Le verbe ^'./.aïo'JTOai, être justifié, signifie dans celte relation : être affranchi de plein droit, après avoir rempli toutes les conditions légales. En effet, le refus du corps de servir ullérieuremenl le péché est légitimé par le fait que le péché a reçu en Christ son juste salaire. Paul dit lui-même VIll, 13 : « Vous n'êtes plus redevables à la chair, d La notion de lér/itimité est renfermée dans le mot ^iy.aioov, celle de libération dans la prépos. ccttô, de. — En prenant le terme ô (X7co6avcov dans le sens littéral que nous venons de lui donner, on en a restreint parfois l'application au malfaiteur qui, en subissant le supplice mérité, a effacé son crime et ne peut plus être recherché pour la ffiute pour laquelle il a subi sa peine. Mais le terme : celui qui est mort, est trop général pour comporter une application aussi spéciale, el, de plus, la sentence ainsi comprise rentrerait dans le sujet de la justification.
Une fois la volonté égoïste crucifiée en Chrisl et le corps, son organe, réduit à l'inactivité, la personnalité morale du croyant ne saurait demeurer oisive; le corps lui-même réclame un emploi nouveau. Nous avons déjà vu au V. A que, si le croyant consent à mourir, c'est, comme Christ, afin de ressusciter. Cette relation d'idée , déjà indiquée v. 4 el 5, est développée maintenant, v. 8-1(1. C'est le côté positif de la sanctilicalion, la vie, complément nécessaire de son côté négalif, la uiorl.
V. 8-10 : « Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons ' aussi avec lui -, -^
' (> K P .i.>Xr,'jt'fj.c'^ (que nous devons vivre}, au lieu de ■j-j'lr^zo- ;j.3v (ijue nous vivrons).
* D E K G It. Syrs«-'' : -i.> /oia-ro (avec Christ), au lieu de xj-.i» (avec lui).
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sachant que Christ, après être ressuscité des morts, ne meurt plus; la mort ne domine plus sur lui. H> Car, quant à ce qu'il est mort, il est mort une seule fois au péché; et quant à ce quil vit, il vit à Dieu. » — Le èi, or, indique le progrès à faire, de la participation à la mort de Christ à la conimiinion de sa vie; ce Si correspond au illk /.ai, V. 5. La participation à la mort est mentionnée comme un fait accompli, impliqué dans celui de la foi (nous sommes morts avec lui; comp. 5^»), tandis que la participation à la vie est indiquée comme un fait à venir : nous vivrons aussi avec lui. Voilà pourquoi, tandis que la première est déjà un objet d'expérience, la seconde est présentée comme un objet de foi : TriTTe'joasv, nous croyons. Au moment du baptême, le baptisé a la mort au péché derrière lui, et la vie en Christ devant lui: c'est l'œuvre du Saint-Esprit, la sanctification avec son progrès journalier. Elle est désignée par le terme vivre arec Christ, tu'Cy.v ol'jzm, parce qu'elle consiste dans l'appropriation de la vie sainte du ressuscité qui vient combler le vide formé en nous par le renoncement à notre vie propre. Celte pentecùte individuelle et journalière répond dans l'existence du croyant à la vie de gloriiié du Seigneur Jésus.
V. 9. La ferme attente de la participation à la vie de Cbrist repose sur la connaissance d'un fait positif : eiSr^Tz:, sac/tant bien que. Ce fait est celui de la vie impérissable du Seigneur ressuscité; il ne meurt pas une seconde fois. Dés que nous sommes unis à lui par la communion de sa mort, nous avons également part à celte vie que la mort ne peut plus atteindre. (In voit sans peine la relation logique entre cette tournure négative : ne meurt plus, et la question posée au v. 2 : « Nous qui sommes morts au péclié, comment y vivrons-nous encore? » Il n'y a |)as de retour à la vie terrestre pour Jésus ressuscité; comment
y aurait-il pour nous un retour à la vieille vie, une fois que nous parlatieons sa vie de lessuscilé? — i.es derniers mots du V. 9 forment une propos, indépendante. Celle rupture de la construction donne à l'idée plus de relief. Une fois le moment passé où il a été permis à la mort d'élendre sur lui son sceptre, il est affranchi pour toujours de son pouvoir.
V. 10. La première propos, du v. 1(1 expli((U(' la raison qui a permis à la moi'l de régner sur lui un moiiienl; la seconde indique le molif pour lequel ce fait ne sauiait se renouveler. — On peut faire des deux pronoms o, ce que, soit une locution délerminative : e7i ce que, pour inilunl que, soit un objet direct des deux verbes : ce qu'il est mort, ce qu'it vit. Car en grec on peut dire : mourir une mort, vivre une vie; comp. Gai. II, 20. Ce parallèle et le sens lui-même nous paraissent décider en faveur de la seconde construction. La première indiquerait un pouvoiide la mort partiel^ ce qui n'est point naturel dans le contexte, qui exige plutôt la notion d'un pouvoir momentané. Ce pouvoir est expliqué par le rég. -?, âaap-ia, au péché. La cause de la mort de Jésus a été la relation qu'il a dû soutenir ici-bas avec le péché. Cette relation ne peut être celle de la rupture avec le péché qu'il a réalisée durant sa vie, dans un sens analogue à celui du v. -2 (ainsi Oltramarej. L'adverbe s^a-aç, une seule fois, en une Ibis, ne convient pas à ce sens, à moins qu'on ne restreigne l'apjjlicalion de ce terme au moment même de la mort de Jésus, comme le font Mei/er et Hoftnann. Mais on est obligé dans ce cas de prenilre le verbe à-oOv/jV/.s'.v, mourir, dans deux sens dilférenls : mourir au péché et mourir à la vie. Le seul sens possible me parait être celui de (Irolius, Olshausen, etc.: Il est mort pour e.rjiier le péché, sens au(|uel se railache tout naturellement celui de
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C II nj SOS tome, Culvin, etc.: et pour le déirnire. La mort de Jésus a été consacrée à l'expiation et à la destruction du péché. Sans le péché, il n'aurait pas été tenu de nriourir. Mais ce moment où par sa mort il a suhi ce qu'exigeait sa tâche ndalivement au péché, a été court et reste unique. C'est ce qu'indique le terme i^xTraf, nue seule fois, une fois pour toutes. Jamais une pareille crise ne se renouvellera; comp. Ilébr. Vil, 27; IX, 12. 26. 28; X, 10; 1 Pier. 111, 18. On voit par ce : vue seule fois, que la mort de Jésus occupe une place à part dans son œuvre et ne doit pas èlre envisai^ée uniquement comme le point culminant de sa vie sainte.
Une fois cette lâche accomplie, Jésus ne doit plus rien au péché, et sa vie nouvelle peut se déployer sans entraves, comme organe de celle de Dieu. Vivre à Dieu, c'est vivre uniquement pour le manifester et le servir, sans avoir à se soumettre désormais à certaines obligations imposées par un princi[)e contraire. Le sens de cette expression est, comme dit Meycr, exclusif : à Dieu uniquemenl. Car sur la terre il vivait déjà pour Dieu. Jésus glorifié ne vit et n'agit que pour déployer dans le cœur des hommes par le Saint-Esprit la vie de Dieu devenue sa vie, la vie éternelle; comp. Jean XVII, 2: « Selon que lu m'as donné puissance sur toute chair, alin que je donne la vie éternelle à tous ceux que tu m'as donnés. » C'est ainsi qu'il sert et glorifie Dieu.
Comme (Christ, entré dans cette vie et cette activité célestes, ne revient plus en arrière, ainsi le fidèle, mort au péché et, en (christ, vivant à Dieu, ne doit pas revenii' à son ancienne vie de péché. Le v. Il tiie ex[)ressément cette conclusion, attendue depuis le v. 8 el préparée dans les V. 9 el 10.