I.A MAllCIIK nr S.M.I'T DANS l.lirMANITK
riiisloire subséquente, par la soumission de ce peuple à David, puis, après plusieurs alternatives d'affrancbisseinenl ol d'assujeltissemenl, [)ar son incorporation délinilivc à l'Etat juif au moyen de la circoncision sous .lean llyrcan et par sa radiation du nombre des peuples. La traduction des mots avZo'"^ et il7.r:m-yj par : aiiié et ratlrl, est rejetée par Met/cr comme contraire au sens naturel des termes. Mais il faut bien l'admettre Gen. XXIX, 10, où au mot r, [J-^CC oi-^, la jilus grande, est opposé celui de 'h vewTspa, la plus jeu)ie, ce <[ui ne permet de traduire le |)remier que par l'aînée. Et comment admettre avec .Meyer que ce mol u.eZio-'i désigne Esaû comme le plus forl des deux jumeaux? 3/omow, appliquant ces épilhèles aux deux peuples, pense que le [xei'Cwv se rapporte au lait ((lie pendant des siècles le peuple iduméen surpassa en force celui des Israélites. Weiss, se rattachant à Meyer, pense que y.s'Zcov se rapporte à la supériorité du rang; ce qui revient au sens d'aîné, si on prend cette idée en y raltacliant ses conséquences naturelles.
V. I.>. Cette seconde citation, tirée de Mal. 1, 2 et .">, contirme et complète la première; la parole de la (li-nése ne disait pas lequel des deux jumeaux serait préféré ; .Malachie le dit expressément (Morison). La conjonction .srlo)i (jiic peut élre comprise de deux manières : elle peut signilier ou que la préférence de Dieu pour Jacob a r-té la cause de la supériorité accordée à Jacob sur Esaii, nu bien ((ue Malacliie a trouvé dans les événements de riiistdire la |)r('uve de la préférence annoncée dans la (lenèse. \'iv;ml à ir'poipic (n'i, par son retour d(? capliviié, Israël venait de reeevoir une preuve merveilleuse de la piot-'ciiou (le son Dieu, tandis (ju'Edom était encore pbingé dans la désolation où l'avaient jeté les conquérants oiieniaux, Malaebie pouvait en elTel résumer dans cette
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lonnule celte yraniJe expéi iciiCL-. H.ins la I"' éd. j'avais admis ce second sens; je leconnais qm.' dans h' contfXlL' de Paul le premier est pins nalnrel.
La locnlion : t aimer Vnn el hair l'autre, i> siiinifie l)ien rerlainemcnt dans le passaiic (jen. WIX, .10 et :U : \)rt''férer l'une (Kachel) à l'antre (Léa). Mais ici,oii il s'agit de Dieu, le sens de ces deux expressions ne peut être affaibli de la sorte. Calvin traduit ces mois par les deux tei'nies assumere et repellere, ce qui pourrait signifier simplement que Dieu a lait de l'un des frères le dépositaire de la promesse messianique et exclu l'autre de toute coopération à l'établissement île son règne ; mais comme cette différence dans la conduite divine n'a pu être accidentelle, elle reposait cerlainemeni -iir uin' différence de sentiment à l'égard des deux frères. D'un côté nous trouvons une communauté d'action fondée sur tin sentiment de sympathie ; de l'autre, une rupiure ré>ult;inl d'une antipathie morale. Sur le mol Im/r pris d.uis ce sens, comp. Luc XIV, 26 : « Si quelqu'un ne liait son |iére, sa mère..., sa propre vie...,» et Jean XII, '2'i : « (lelui qui hait sa propre vie en ce monde...» Ces exemples prouvent (|u'il v a des cas où il faut écarlei' de l'idée île haine tout élémenl de ressentiment personiirl. tout niouvemenl de malveillance coupable. (>ommi' le dil l'hllippi : « Le terme de haïr signifie dans les exemples cités qu'en cas de collision entre l'honmie el Dieu il faut savoir repousser l'homme aussi fermement que l'on repousse ce ({uc l'on liait. » Telle est la haine sainte dont Dieu lui-nièmc huit le mal. Il ronq»! toute solidarité avec lui et avec ceux qui le l'eprésenlenl. — La préféience de Dieu [lour Jacob ne saurait être ni méritée ni arbitraire. Elle ne peut être méritée; Paul le nie expressément v. I I. El que l'on se rappelle les fautegraves qui ont marqué du sceau du péché chacune des
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phases inipoilantes de s;i vie ! Arbitraire? Ce mol répugne au caraclèi'c d'un Dieu dont toutes les décisions sont enipreinlt's d'un caractère de sai;esse et de sainteté. Si ce problème n'est pas insolid)le, sa solution ne peut se trouver que dans le lait de la prescience portant non sur quel- ([iie œuvre mèritoirii, mais sur un élément de la vie humaine qui, tout en étant de nalure morale, laisse subsister dans son intéi-rité la gratuité du dessein (Jivin. Cet élément, c'est la foi (voir l'appendice suivant).
Sur la 7:poOî(7'.; xaT'ÈxAoyviv, le dessein préconçu par voie de choir. — On a rattaclié à ces expressions la notion d un dessein complètement arbitraire soit quant au fait du salut, soit quant aux individus qui y participeront. f)ieu. en vertu de sa souveraineté absolue, aurait rendu éternellement deux décrets, lun de salut, l'autre de damnation, en rangeant dans l'un ou dans l'autre Jacob et Esaii, puis tous les individus humains, selon (|u'il lui plaisait, sans aucun motif résidant en eux. uni(|uement en raison de sa volonté propre.
Mais des expressions de dessein et de choix on n'a pas le droit de conclure à une décision de Dieu non motivée. Kt d'abord quant au salut en lui-même, il est évident que Dieu en a tiré le plan de sa propre initiative et que ce bienfait n'est nullement mérité par l'homme. .Mais il n'est pas moins clair qu'en arrêtant ce plan Dieu a dans sa sagesse consulté nos besoins et choisi le moyen le mieux approprié au but que se proposait son amour.
Il en est de même cjuant au choir des instruments qu'il a voulu employer dans l'exécution de ce plan et des individus en (|ui le salut doit se réaliser. C'est sur ce point que l'on pourrait être porté à soutenir l'idée d'une liberté de choix absolument arbitraire, alin d'éloigner toute notion de mérite du coté de l'homme. Les expressions mêmes des v. 1 l-DJ paraissent donner (|uelque appui à une telle idée, car Paul nie que la préférence accordée à Jacob et le rejet d Esaii fussent fondés sur la prévision divine des œuvres morales de l'un et de l'autre. Oltramare conclut de là (jue. comme la foi est certainement une onivre morale, l'idée de la prévision divine de la foi de Jacob et de la non-foi d Esaii
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est tout aussi hien exclue que la piévisioii dune œuvre ttiorale quelconque, et qu'en maintenant la loi comme motif d'élection et le non croire comme motif de rejet, je ramène le mérite que Paul a voulu exclure. Wei.ss déclare aussi que ce que j'ai exposé à ce sujet, va directement contre la tendance du texte de l'apôtre. Il ne reste par conséquent à ces deux théologiens qu'à borner l'idée du dessein par choix à la fixation des normes A' d.^rè% lesquelles Dieu acceptera les uns et rejettera les autres. L'erreur me paraît être de confondre la prévision de la foi avec celle d'une œuvre méritoire. La toi consiste non à faire, mais à accepter ce qu'un autre a fait ou veut faire. Consentir à accepter un don. comme gratuit et immérité, ce n'est certes pas le mériter. Comment l'acte qui consiste dans la renonciation à tout mérite, serait-il lui-même un mérite ? Mais, dit-on, si ne pas croire est un démérite, croire doit être un mérite. Cette conséquence est fausse. Ne pas remplir sa tâche est un démérite, et pourtant Jésus enseigne (Luc XVIL 10) que la remplir n est point un mérite. Nier la vérité attire justement le blâme et provoque la punition : reconnaître la vérité — et c'est là la foi — ne donne nul droit à un éloge et ne mérite point une récompense. Faire ce qu'il est criminel de ne pas faire, ne peut fonder un mérite. La foi n'est pas un mérite, c'est une aptitude. Saint Paul luimême a fait comprendre par VllI, :28 l'importance capitale de la prévision de la foi dans l'établissement du plan divin. S'il ne relève pas ici ce côté humain, c'est que le côté divin seul lui importe dans la défense du droit de Dieu. Voila pourquoi Paul oppose ici au : « non par les o-uvres, » le : « mais par celui qui appelle, » au lieu du : « mais par la foi. " Chaque lecteur des ch. m et iV ne pouvait maïuiuer de suppléer mentalement cette idée. Car elle est partout chez Paul le complément de celle (V appel qu'il relève seule ici, (Vest en vain que Weiss et Oltramare, qui rejettent la prévision de la foi. prétendent l'un que Dieu se borne à fixer d'avance la condition du salut (la foi), et l'autre, que. dans le cas de Jacob et d'Esaii. il ne s'agit pas de salut ou de perdition, mais uniquement du rôle à jouer dans la préparation théocralique. Weiss est bien obligé de reconnaître (p. 'i<)0) que, dans le cas de Jacob et d'Esaii il ne s'agit pas d'une condition abstraite, mais d une (jucstion de personnes; et s'il répond que le mode de [)rocéder admis dans ce cas ne fait |)as
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relaie pour d'autres cas, non seulement cet expédient est trèsmalheureux en soi, mais il se heurte tout droit au iva aévr, du v. 11 ijui prouve que dans la pensée de Paul ce cas particulier avait toute la valeur dun principe permanent. — Ouant à l'idée d'Oltramare, que j'avais aussi développée moi-même dans la l'« éd., elle me paraît encore vraie en soi ; mais elle ne résout pas la (litliculté: car, comme l'a hien montré Bonnet en en appelant au vœu si grave de saint Paul (v. 3) et aux expressions de perflifion et de gloire (v, 22 et 23), il s'agit réellement dans V application de ces exemples, à laquelle vise l'apôtre, non d'avantages temporaires, mais de vie et de mort éternelles. — Je suis donc d'accord avec Pliilippi (p. 429) quand il recormaît que le décret d'élection personnelle repose sur la foi prévue. Seulement je ne puis admettre avec lui que pour éviter toute idée de mérite, il faille s'appuyer sur le fait que c'est Dieu lui-même qui est l'auteur de la foi chez les croyants. Sans l'appel divin, personne ne pourrait croire: mais l'adhésion lihre de l'homme à cet appel doit toujours être maintenue, si l'on ne veut pas retomber dans l'idée d'une prédestination arbitraire.
L';ip('ili"e, n'ayaiil |tuinl voulu traiter ."^ystiMuatiqucnienl la question du rapport entre la prédestination divine et la liberté humaine, s'est borné à rappeler quelques laits de l'histoire sainte d'où se dégage la grande vérité de la liberté divine; mais il pouvait aisément résulter de celte manière de l'aire que cette liberté, présentée de la sorte et sans contre-poids, pai'ùt dégénérer en arbitraire. De là l'objection posée au v. i i cl discutée ensuite jusqu'au v. r24. L'apôtre démonlie I" par l'Ecriture sainte, qinj l)i(Mi possède le droit de gracier et d'endurcir selon sa vojunlt''; or ri-'ciilnrc ne peu! lui allribuei' rien d'injuslti (V. li IS); -2" p,ir la dislaiice inliiiic entre le Ciéaieiir et l'IioMune, (pTuni! accusation d'injustice port(''e pai" le second contre le premier est en elle-nn-'me absurde et blaspiiémaloire^v. 10--2i).
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