‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 33 sur 97 · V. L5. L'Kcriture démonire la lilierlt' divine, telle (jue · texte numérisé non relu

V. L5. L'Kcriture démonire la lilierlt' divine, telle (jue

' Le T. R. lit cuec K : f/.cOjvTo;. au lieu de i\v>r/-o; qui se lit dan> tous ies autres .Mjj.

'iri LA MAiiciii-: ur s.m.t'T hans Liir.MAMTi-:

vient (le l'eiiseiiincr Paul. — Kt (l'ahonl : une parole qui démontre l'absence, chez l'homme, de loul droit aux faveurs <\v Dieu. Elle est tirée d'Ex. XXXIII, lît, où Dieu, au moment de condescendre à la demande hardie de Moïse, de pouvoir contempler sa gloire des yeux de la chair, lui fait comprendre que l'icn l'n lui, malgié tout ce qu'il a pu faire jusqu'à présent pour le service de Dieu, n'a pu lui acquérir le droit à une pareille faveur, de sorte que si Dieu la lui accorde, ce sera pure grâce de sa part. Le nom de Moïse est placé en tète : « Même pour un tel homme; combien plus pour d'autres!» Le passage est cité d'après les LXX. La seule difTérence est que dans l'hébreu le premier verbe de chaque proposition est au passé (ou présent), le second au futur: tandis que dans le grec le premier est au futur, le second au présent, l'eu importe pour le sens. Les deux verbes qui sont au présent (ou passé) expriment le sentiment intéiieur, la source, et les verbes au futur, les manifestations externes, les effets successifs. Mais l'accent n'est ni sur les premiers veibes ni sur les seconds ; il est sur le pronom ov -ylv, celui quel qu'il soit. C'est l'idée du libre choix de Dieu (pii reparait. "Av : Si jamais je gracie quelqu'un, ce n(.* sera que dans ces conditions (Wciss). Vinsi donc, la condescendance de Dieu, s'il daigne en user envers Moïse, ne sera pas telle que, s'il s'y refusait. Moïse eût le droit de s'en plaindre comme d'une injustice. Dans l'exercice de sa miséricorde Dieu doit n'être dépendant de rien en dehois de lui-même. — La diiïérence de sens enlr»' les deux verbes iluv.» et oix-Tstociv est à [x-u prés la même que celle entre les deux subsl. \'j-r, et o^6\r,, v. '2. Le premier exprime la compassion du cœur, le second les manifestations de ce senlimenl des cris, les gémissements).

Le v. 1(1 l'orniulc !•' principi' Liénéral à lircr de celte

CHAI'. X. I.VKi. l'/.)

parole divine prononcée dans un cas particulier. Ouand Dieu donne, il ne donne pas parce qu'une volonté humaine Ccelui qui vent} ou une œuvre humaine fcp.lui qui court) s'imposent à lui et le forcent à donner, en sorte qu'il serait injuste en ne donnant pas. C'est en lui-même qu'est l'initiative de tout don; c'est lui qui invile (appelle) à recevoir. Il donne, non comme un dû, mais comme un effet de son amour; d'où il ne résulte point qu'en cela il aiiisse arbitrairement. Cette supposition est exclue, comme nous le verrons, par le seul fait qu'il s'agit de Dieu, qui ne trouve bon que ce qui est bon. Le principe ici posé renferme le droit de Dieu d'appeler au salut qui bon lui plaît, par conséquent aussi les Gentils, quand il trouvera bon de leur accorder aussi cette laveur. Les mots ; « de celui qui veut, de celui qui court, » ont été souvent étran- Liement compris. On y a vu des allusions à la volonté d'Isaac de faire d'Esaiï l'héritier de la promesse, et à la course d'Esaù pour rapporter le «ibier nécessaire au repas de bénédiction. Mais il n'est plus question ici d'Isaac et d'Esaù. Appliqués à Moïse, ces termes sii;nifient que ce n'étaient ni sa volonté exprimée dans sa prière, ni le soin fidèle qu'il avait pris d'Israël dans le désert, qui pouvaient lui mériter la faveur qu'il demandait. Appliqués à Israël, ils sont expliqués par le ^<X'y/.vM, poursuivre, v. .31, et par le 'J'y/. ï'j^xnt, il n'est point parvenu, qui suit ; voir à ce passage. Israël s'est imaginé qu'en raison de sa situation Ihéocratique privilégiée et de la multitude de ses œuvres cérémonielles ou morales, il pouvait obliger Dieu à lui donner, quoi qu'il arrivât, place dans son royaumi.'. C'est là le vouloir et le courir qui n'ont point abouti. Paul en savait quelque chose par son expérience. — Si la parole de Dieu à Moïse prouve que Dieu ne doit ses fav^'urs à qui que ce soit, il en est une autre qui va plus loin encore et qui

"■Irt- LA MARllllF, Itr SALUT DANS L-IIUMANITÉ

pi'oiivc qu'il a même le droit iVencInrcir qui il veut. C'est une pai'ole de Dieu à IMiaraon.

Y. 17 et 18 : « Car l'Ecriture dit à Pharaon : C'est pour cela même que je t'ai suscité, afin que je démontre en toi ma puissance et afin que mon nom soit publié par toute la terre. 18 Ainsi donc il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. » Cet exeuiple est d'autant mieux choisi que les deux personnages mis en scène sont dans l'histoire hihlique le pendant l'un de l'autre. La liaison logique exprimée par cr/r est celle-ci : 11 n'y a rien d'étonnani à ce que l'Ecriture altrihue à Dieu le droit de gracier lihrement, puisqu'elle lui attrihue même le droit, plus incompréhensible encore, de condamner libremimt à l'endurcissement. Ces deux compétences se supposent mutuellement. Le oti n'appartient pas à la parole divine. C'est le on rccitalii". — La parole dont iMoïse est chargé pour Pharaon est attribuée par Paul à y Ecriture, parce que c'est elle qui la rapporte. Elle est lirée d'Ex. IX, IG. Dieu prononce cette parole à la suite de la sixième plaie. Le verbe sçsysipsiv (Osterv. : je l'ai fait subsister ; 01 tram. : je t'ai suscité) signifie proprement : tiier d'un élat d'insensibilité ou d'inactivité ; du sommeil, par ex., comme dans Xénophon : (c Ayant vu ce songe, il se réveilla (ecyiyÉpOvi) ; y> ou de la mort, comme 1 Cor. VI, 14 : « Dieu nous ressuscitera (i^eyspet) aussi par sa puissance. » Ce passage est avec le nôtre le seul où ce mot soit employé dans lei\. T. Mais il est usité dans les LXX dans le sens de susciter, faire paraître ; ainsi Zach. XI, 16: « Je vous suscite (i^eyeîçoi) un pasteur » ; liait. I, 0 : « Je suscite (je fais arriver) contre vous les Chaldéens. » C'est dans ce dernier sens que le simple èyeipeiv est employé dans le X.T. ; Matlli. XI, 1 1 : « M n'a pas été suscité (£-)'-/iy£p7a'.)... un plus grand (pie .lean-BaplisIe )) ;

CHAP. IX. 1(1-17. ri/.)

Jean VII, 5-2 : & Un jjrophèle n'a pas été suscité {iyr:{co-y.'.) de Galilée, d Le verbe simple iyei^ziy est également employé, Jacques V, 15, pour signifiei- f/uérir (faire relever) de maladie : « Et le Seigneur le guérira (iyepsî). » Toutes ces nuances diverses ont été appliquées par les interprètes à notre passage. D'après quelques-uns (Aiig., Fritis., de Wel.J le sens serait : « Je l'ai excité à la résistance contre moi-même. » Reuss dit dans le même sens : « Pharaon agit comme il le fait à l'égard des Israélites, parce qua Dieu /'v excite. » L'apôtre se serait dans ce cas éloigné complètement du sens du mot hébreu liécmid (non héir)(\m signifie simplement : faire tenir debout. Et n'y aurait-il pas quelque chose de révoltant pour la conscience à supposer que Dieu ait pu lui-même pousser intérieurement Pharaon au mal? €omp. Jacq. I, 12. Dieu, qui interdit de faire le mal pour qu'il en arrive du bien, ne saurait agir contre son propre principe. Hofmann, Morison, Oltramare, conformément au sens que les LXX ont donné au mot hébreu (r^-£T■/;G-/;Or,ç, tu as été conservé) et se fondant sur celui du verbe simple âysiosiv Jacq. V, 15, pensent que Dieu rappelle parla à Pharaon soit qu'il eut pu le laisser mourir de madie (dans l'une des plaies précédentes), soit qu'il pourrait en ce moment même le frapper de mortalité avec tout son peuple ; comp. Ex. IX, 15. Mais le verbe hébreu exj)rime plus que l'idée d'une simple conservation. Des troisièmes donnent à ce mot le sens de : « je l'ai établi pour roi » (Fldtl, par ex). Mais cette détermination si spéciale devrait être exprimée plus nettement, (le dernier sens se rapproche cependant de celui qui nous paraît être le vrai. La plupart pensent (ju'il faut traduire siisriler et prendre ici ce terme dans le sens le plus général ; « Je t'ai fait exister en ce moment, en ce lieu, dans cette position » (TItroph., lièzc, Cuir., nciir/., OIsh., Ilnch., Tlial., Philip.,

-'<» LA MARr.m-: nr salut dans lihwlwitl

.]/('//., Wciss, Bcyschl., Lulh.). D'après cetlo explication, il s'agit (le loule la sitiialion dans laquelle Pharaon se trouve providenliellemeni placé. Dieu eùl pu faire naître Pharaon dans une cabane où son obstination or<j;ueilleuse se fût déployée avec non moins d'opiniâtreté, mais sans aucune conséquence historique notable ; il eût pu placer en échange sur le tronc d'Egypte à ce moment-là un homme faible et débonnaire qui eût cédé au premier choc. (Jue serait-il arrivé? Pharaon dans sa position obscure n'en n'eût pas été moins arrogant, ni moins pervers; mais Israël serait sorti d'Egypte sans éclat. Plus de plaies accumulées, plus de mer Rouge miraculeusement traversée, plus d'armée égyptienne détruite; plus rien de tout ce qui a creusé un sillon si profond dans la conscience israélite et de ce qui est demeuré le fondement inébranlable de sa relation avec l'Eternel ; plus aucun effet produit sur les populations d'alentour. Ce sens suflirait assurément au contexte de l'A. T.; mais suffit-il à celui de l'apôtre? Le à'pa ouv, ainsi doiic, qui suit au v. 18, ne me permet pas de le penser. Il prouve que de ce terme sçeystpeiv, susciter, Paul pense pouvoir tirer l'idée (ïe)idur- (ir, et qu'il l'y voit par conséquent renfermée. 11 résulte de là qu'à toutes les circonstances providentielles indiquées, il faut ajouter dans la pensée de Paul l'acte divin rapporté à plusieurs reprises dans l'Exode (voir au v. IS) par lequel Dieu lit perdre à Pharaon le sentiment de sa situation au point de persévérer jusqu'au bout dans sa folle résistance. Cela ne veut point dire que ce soit Dieu qui ail inspiré à Pharaon cet indomptable orgueil afin de se donner en lui un point de résistance et de faire éclater sa gloire. Mais il a voulu employer cette disposition dans ce but et pour cela il a rendu impuissantes les influences (|ui auiai(MU |)u coiilribiier à Ir faire céder; conq). v. IS.

CIIAP. IX. 17-18. '-i/ /

C'est là ce qu'exprime le o-to;, a/in qu'ainsi. — 'Ev c^A^ en toi; Pharaon est comme la matière en laquelle Dieu opère la manileslation fie sa force. — Sur les paroles suivantes : a/in que mon nom, etc., coinp. Ex. XV, 14-15, ces paroles du cantique chanté après le passage de la mer Rouge : « Les peuples l'ont entendu; la terreur a saisi les habitants de la F\alestine; les princes d'Edom ont frémi; le tremblement s'est emparé des puissants de Moab; les habitants de Canaan se sont fondus; » Jos. 11, 9-10, les paroles de Rahab aux espions : ce La terreur nous a saisis, les habitants du pays ont perdu courage, car nous avons appris que l'Eternel a tari les eaux de la mer Rouge de devant vous...; l'Eternel votre Dieu est le Dieu des cieux en haut et de la terre en bas; » .los. IX, 9, les paroles des Gabaonites à .losué : « Tes serviteurs sont venus d'un pays fort éloigné, sur la réputation de l'Eternel Ion Dieu; car nous avons entendu le bruit de sa renommée et de toutes les choses qu'il a faites en Egypte. » C'est ainsi que les catastrophes qui oui signalé la sortie d'Egypte, provoquées par la résistance aveugle de Pharaon, préparèrent la conquête de Canaan. Et aujourd'hui encore, partout dans le monde où on lit l'Exode, se réalise l'intention divine : « afin que je déploie ma puissance et que mon nom soit publié sur touli! la terre. »

V. I (S. De cel'Cxemple particulier Paul ('éduit, comme au V. 10, le principe général, tout en reproduisant, en forme d'antithèse, la maxime du v. iô, afin de réunir les deux aspects sous lesquels il veut présenter ici la liberté divine : « Nul ne peut dire : .le suis et reste, -quoi que je fasse, à l'abri du jugement de Dieu, ou : Tel autre est et reste, quoi qu'il fasse, privé de la faveur divine. » La répétition (b's mois : celui quil veut, et leur position en tète des deux phrases, montre bien que c'est sur cette idée

"278 LA MARCHE DU SALUT DANS L'IlUMANm-:

qu'est l'accenl, ol non plus, coinnie v. 15, sur l'objet ov, c'iui que. A un lils qui se plaindrait des laveurs accordées à l'un de ses IVères et des traitements sévères dont il est lui-même l'objet, n'a-l-on pas le droit de dire : « Ton père est libre et de favoriser cl de châtier » ? Hien entendu que celui qui répond de la sorte ne confond pas la liberté avec le caprice et suppose que le caractère sage et juste du père garantit suffisamment celui de sa volonté. H faut bien se rappeler ici le mol de Bengel qui fixe ranlilbése que Paul a en vue et qui explique sa parole : (( Les Juifs estimaient qu'ils ne pouvaient être abandonnés de Dieu dans aucun cas, et que les Gentils ne pouvaient être accueillis île Dieu dans aucun cas. d L'apôtre brise le cercle de fer dans lequel ce peuple prétendait enfermer à son égard et à l'égard des païens la liberté de la conduite diviue.

(Jue signifie le terme endurcir, et qu'est-ce qui amène l'apôlie à employer ici cette expression? 11 ne faut pas chercher à atténuer la portée de ce terme, comme l'ont fait Origènc et Groiius en n'y voyant qu'une simple iicriiiission de Dieu (laisser le pécheur s'(!ndurcir), ou C^rry;zov, Semler, etc., en l'expliquant dans le sens de traiter durement. Le mot endurcir ne peut signifier autre chose comme acte de Dieu que ce qu'il signifie comme acte de Pharaon, là où il est dit qu'il scndurcil lui-même : amortit' le sens du bon, du juste, du vrai, de l'utile mèuie, de sorte que ni les avertissements ni les circonstances significatives ne j)arviennent plus à arrêter l'homme dans sa voie propre. Il faut bien se raj)peler ici tout le récit Kx. 1V-\1V. 11 ressort nettement tie toute la narration que l'enduicissemenl de Pharaon a été avant tout son propre fait. Cinq fois il est dit de lui qu'il endurcit ou qu'il ap}ief!finlit luimême son cœur (Vil, l.{-|/i.; Vil, 2-2; VIII, 15; VIII, 32;

CHAP. IX, 18. ^21i)

IX, 7); nous ne parlons pas de IV, ^\ d de VII, :] qui sont une ^vophél'ie précédant le niomenl où, comme par une terrible revanche, il est dit par cinq fois aussi que Dieu l'cmlnrcit{\\, 12; X, 1 et 20; X, 27; XI, 10 et XIV, S). l'^t même, après le commencement de cet endurcissement passif, comme si un reste de liberlé lui demeurait encore, il est dit encore une dernière fois (IX, SA. .'35) qu'il s'endurcit lui-même. Voici donc le cours des choses : Pharaon commence par fermer opiniâtrement son cœur à l'intluence exercée sur lui par les sommations de .Moïse et les premiers chàtimenis qui le frappent : c'est là son péché. Et après cela, mais avec mesuie encore. Dieu luimême le rend sourd à ce que lui commande non seulement la justice, mais le bon sens et la simple prudence; c'est sa punition. Ce n'est donc pas Dieu qui le pousse au mal, mais il le punit en finissant par le livrerau péché auquel il s'est volontairement livré. Nous retrouvons dans cette expression endurcir la même idée que dans le TrapirW.ev (<s. Dieu les a lii'rés d) \r,\r lequel l'apôtre exprimait le jugement de Dieu sur les païens, pour leur refus d'accueillir la révélation qu'il leur donnait de lui-même dans la nature et par la conscience d, 24. 20. 28). Quand l'homme étoufle volontairement les lumières reçues et les réprimandes de la miséricorde divine et persiste à se livrer à ses instincts mauvais, il vient un moment où Dieu lui relire l'action bienfaisante de sa grâce. Alors l'homme devient insensible même aux conseils de la prudence. Il a repoussé obstinément le salut pour sa propre personne : il était libre de le faire; mais il ne saurait empêcher que Dieu ne se serve maintenant de lui et de sa ruine pour avancer le salut d'autrui. De hut qu'il était, il est dégradé au rang de moyen. Tel fut le sort d(^ Phal'aon. Tout le monde en Egypte voyait clairement oïi

480 i.A MARCIIK \)V SALUT DANS I/HUMANITÉ

conduisail sa résistance insensée. Ses magiciens lui disaient (Va. VIII, 19) : « (7ost ici le doigt de Dieu. » Ses serviteurs lui disaient (Kx. X, 7) : « Laisse aller ces gens. y> Lui-même, après chaque plaie, sentait son cœur s'amollir. 11 alla même jusqu'à s'écrier (IX, 47) : « J'ai péché celte fois; l'Iîternel est juste. » C'était l'instant décisif; et pour la dernière fois, après ce moment d'attendrissement, il s'endurcit lui-même (IX, .ii)! Alors la justice de Dieu le saisit. Il n'est plus que comme une matière dont Dieu s:3 sert (iv aoi, en toi). Il n'a pas voulu glorifier Dieu activement, il doit le glorifier passivement. Les Juifs ne dèsajiprouvaieul nullement celte conduite de Dieu tant qu'elle ne concernait que Pharaon ou les païens; ce qu'ils affirmaient, en vertu de leur divine élection, c'est que jamais el à aucune condition ils ne pourraient être eux-mêmes l'objet d'un traitement semblable. Paul revendique pour Dieu dans notre verset le droit d'apprécier, lui seul, si tel homme possède soit les conditions auxquelles il juge bon de le gracier, soit celles auxquelles il lui convient de le punir en l'endurcissant. — Ainsi comprise — et nous ne pensons pas que le contexte de l'apùlre ni celui de l'FiXode permettent de la comprendre autrement — la déclaration de l'apùlre ne présente rien qui froisse la conscience; elle est tout à la gloire du caractère divin, el Hohlen n'a plus aucun droit de paraphraser ou plutôt de caricaturer la jiensée de Paul en l'exprimant ainsi : « Dieu gracie, pur arbitiaii'e; Dieu endurcit, pur arbitraire, w

Sur IX, l4-i8. — fùi iiitorprétaiit ces [)ar()les, on a trop peu considéré le caractère occasionnel de cet enseignenieiil. On y a clierclié un exposé ^'éiiéral de la doctrine des décrets divins; mais il ne faut pas oublier que lapotre coniUat un adversaire déterminé, et (|u'il ne fait ressortir que le côté de la vérité mécoiuiu par lui, celui de la liberté divine. S'il avait discuté avec

CIlAl'. IX. IS-19. "2X1

un adversaire partant du point de vue opposé et disposé à exaijérer cette liberté de manière à en faire une volonté capricieuse et tyranni(|ue, il eàt bien su mettre en relief l'autre face de la vérité et faire ressortir les conditions morales auxquelle-; s'adapte une souveraineté infiniment saue et bonne, comme celle de Dieu. C'est ainsi que ce Tpé/etv, courir, symbole de l'activité humaine, qu'il exclut v. 10, comme source de mérite, il l'exige lui-même comme condition morale — 1 Cor. X,:24: ouxoi rfé/sTe: comp. Gai. Y, 7 : £7f£/£Tc /.ctAco;, VOUS couriez bien, — et que le Oéàe'.v humain dont il semble ici ne pas se soucier, il en tient sérieusement compte dans toutes ses exhortations. Il faut donc considérer avec soin le point de vue que Paul veut combattre, pour ne pas dénaturer le sens de sa polémique. Voilà ce qui nous a forcés à suppléer dans notre explication certaines clauses qui pour l'apôtre s'entendaient d'elles-mêmes. Aussi ne puis-je accepter comme bien fondée la remarque de Weiss : que mes observations sur le rapport entre l'endurcissement divin et l'endurcissement propre de Pharaon « dépassent entièrement les limites du texte. ■ Elles y sont réellement impliquées,

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