‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 35 sur 97 · I.A MARCHE \)V SALUT DANS Llir.MAMTK · texte numérisé non relu

I.A MARCHE \)V SALUT DANS Llir.MAMTK

V. i2l et le })assage si complétemeiil parallèl(3 -2 Tirn. Il, l'O iiiontrenl qu'il s'agit non de Vusage, mais du contenu de ces vases. Le sens est donc : tout saturés de colère; en savourant eux-mêmes toute l'amertume. — Quant au partic, parfait x.aT-/;pTi(7a£va, préparés, disposés pour, on se demande : Pai-qui? Meycr répond avec d'autres : Par Dieu lui-même. Il s'appuie sur le régime suivant : pour la perdition, qui indique un jugement de Dieu. Mais nous trouvons II, -4 l'explication authentique de l'apùtic sur celte question. Si les Juils sont actuellement mûrs pour le jugement, dit-il, ce n'est pas la faute de Dieu, qui les a fidèlement conviés à la repentance et au salut ; c'est l'effet de leur propre endurcissement et de leur cvur impénitent qui a change les trésors de la grâce divine en trésors de colère amassés sur eux. Meyer répond à cela que l'apôtre se meut entre deux théories inconeiliahles. Cette dualité irréductible n'est guère compatible avec la lucidité d'esprit de l'apôtre. D'ailleurs, dés le ch. X il revient lui-même à l'idée du cli.ll, d'après laquelle le peuple juif est seul l'auteur de la catastrophe. Il faut bien remarquer la manière différente dont s'exprime l'apôtre dans ce verset et dans le suivant. Au v. '2:] il attribue expressément à Dieu lui-même la préparation des élus pour le salut : « Ceux (ju'il a préparés (a TrpoeTotaaTsv) pour In gloire, )) tandis qu'au v. ûil il évite de s'exprimer de la sorte, en parlant de la préparation des Juifs pour la perdition. 11 emploie ici le paît, passif xaT-/;pTi'7y.î'v7, disposés pour. Le sujet sous-entendu de cette action de disposer ne ressort pas seulement de II, 4, mais encore plus clairement, si possible, de 1 Tbess. II, IT) et 10 : « Les Juifs qui ont tué le Seigneur Jésus et leurs propres prophètes, et qui nous persécutent partout, et qui ne plaisent point à Elieu, et (pii sont f.MUiemis de tous les bommiis, nous euq)êcbant

CMAP. IX. ±1. :i'->-)

tie parler aux Gentils pour qu'ils soient sauvés, afin île combler partout la mesure de leuis péchés; mais la colère se hâte sur eux pour en finii'. » L'auteur de la maturité actuelle des Juifs pour le jugement, ce sont donc, d'après sainl Paul, les Juifs eux-mêmes. Assurément ce n'est pas Dieu qui a formé ces vases qui ne lui jiluiscnt pas et avec lesquels il a hâte d'en finir ! Le partie, parfait employé par l'apôtre désigne un état présent qui s'est lbrn;é d'une certaine manière, sans que ce partie, indique en rien le mode de formation : ils se trouvent là présentement mûrs ou prêts pour Ce sens ressoit indubitablement de l'emploi de ce partie. Luc VI, 40; I Cor. I, 10; -2 Tim. 111, 17 (voir Weiss). Pour l'usage du partie, parlait comme adjectif, comp. 1 Pier. I, 8; Apoc. XXI, S, etc. Le choix du verbe ■/.y.-y.z-CCv.v^ arranger par jaitonent, équiper (par ex. un vaisseau pour qu'il soit en état de mettre à la voile), montre également qu'il s'agit non du commencement de ce développement moral (il faudrait pour cela le terme k-wj.yJlv.-t , v. 2.'>), mais de sou terme. Le résultat du développement historique du peuple est sa pleine maturité pour le jugement. C'est là le sens admis par les Pères grecs et par Grol., Cuir., lUnif/., Olsh., Hofn)., Philip., Weiss, Ollrani., Luth. (Juanl au mode de foniialion d'un tel état, il faut nous rappeler ce que l'apôtre a dit au ch. l du développement moral analogue chez les païens qui, en étouffant volontairement la lumière naturelle, ont attiré sur eux le chàlimenl divin du : être livrés (1, \\)-'iU), el aussi ce que dit l'Ecriture de Pharaon, qui s'est endurci lui-même avant d'être châtié par l'endurcissemenl divin. Il en est de même d'Israël, d'après sainl Paul : il est unir pour le jugement, et cela longlerrq)S avant que iJicu l'ait frappé.

Lanqe dit avec justesse : ce (^es (\eu\ points de vue rntrr

ll\l't ]..\ MAIICIIK 1)1' SAI.n liANS I.IIIM A MTK

l(îS(jLicls 011 (Mnhlit une ('oiilradiclioii (la lihcrlc luimaine et Taclion do Dieu) se raiiièneiU à un seul d'api es lequel elwKiue développenieiit du péclié est un tissu de Imites dues à la volonté liuiuaine et de jui;emenls venant de Dieu. » Israël s'imaginait, échapper à cette loi générale en raison de son élection. Mais l'aul a doiiiK' la réponse à cette prétention dans la comparaison du potier : « Tu n'es pas d'une autre p;Ue (pu; le reste de riiuiiiaiiil('', |)our l)Ouvoir dire : De moi, rien que des vases de prix! Du reste des hommes, rien que des vases vils ! » — La pcnlilioii, à-oAeia, comprend, outre le chàlimenl extérieur (la ruine de Jérusalem el la dispersion du peuple), la condamnalion des individus Israélites volontairement incrédules. D'autre part, celte maturité du peuple pour la condamnation n'eiiii>échait nullemenl la conversion individuelle d'aucun de ses memhres ; el c'est pn-cisémenl ce résultat, la conversion des individus croyants, qu'avait en vue la knujuc palicncc de Dieu envers ce peuple déjà condamné. Telle a donc été la conduite de Dieu envers les vases désormais destinés à un usage vil. Le v. suivant nous dit ce que Dieu a l'ail en échange pour reiii|)lir sa maison de vases à honneur (v. "IS).

V. 2rî. Gomment doit-on coiislruire la |>roposilioii : et afin (ju'il fit connailrc:' La conslruelion la plus Ibrcée esl celle (V lui'iild. HofuKnni el ScIkiII, (pii Irouveiit ici la principale d'où (l(''pend k' v. "H : (( Or si Dieu, voulaiil montrer a su|)porté , // Id [ail aussi ['/.ai) a/iii dt' fairr

foima/lrc... » Une ellipse pareille est ahsolumenl iiiadmissihle. dalrin, (irolius, Mci/cr, Laïujc, W-iss l'ont dépendre le /.'/A ïva, el afin </c, du ifyv-y.vjjla siijiixnlr, v. "l'I:

<« Si, voiilanl démontrer sa colère Dieu a supportt'....,

cl a supporlé aussi afin de « l'aui iii(li(]uerail ici suh-

sidiaiiement un second hul du supporl divin. La propos.

CHAI'. i\. -ii-'i:',. 295

principale d'où dépend le si. sérail, comme nous l'avons dit en commençant, un : « (Ju'y a-t-il à diceV Peux-lu te [)lainrlre? » sous-enlendu. Le sens reste le même que dans la construction précédente; mais la forme granunalicale est un peu plus coulante. Cependant il est diflicile de croire que la conduite de Dieu envers les vases rie prix soit donnée comme un simple appendice supplémentaire de sa conduite envers les vases décolère. Les deux actions divines doivent, pour le moins, comme dans la comparaison du potif;r, être mises sur le même rang. — Bèze, liàclii'ii^ /tei/schltifj l'ont dé'pendre le ïva, ufiii que, du paitic. x.yT/,0T'.7ac'va, dispoacs fioi'r : » les vases de colère disposés pour la perdition et aussi pour que Dieu fasse connaître la richesse de sa grâce, j) Mais l'idée si importante de la iiianifestatioM de la grâce envers les élus ne peut être indiquée comnie la déju^ndanee fl'un adji^clil' qui a ligure dans la description du jugement des vases de colère. La seule construction possible est à mes yeux celle de plusieui's anciens, de l^hitippi, lienss, O/^ra/mn-e, etc., d'a[)rés laquelle on sous-entend ici le eï, si,(h\ v. 22 et on lait du V. 2,"J une pi'oposilion parallèle à la précédente : «Si Dieu, voulant..., a supporté...., et [si], afin de faire connaître....,

il a appelé » (^ornme le dit (Jllramare : « C'est la phrase

qui se continue par la merilion du pi'océdé de Dieu envers les vases de miséricorde. » .Mais où se trouve, dans ce cas, le veibc dépendant du second si et parallèle à il a supporté'/ Ou il faut admettre une ellipse à ajouter à celle de la propos, principale — ce qui serait extrêmement dur — ou bien il \\\\\\ U'ouver ce verbe dans le 1/.%! tm^i , il u appelé, du v. 24. Sans doute le pronom relatif <■/!;:, lesquels, devant ê-/-7./.£'7ev, paraît s'opposer à cette solution. Mais nous avons dt-jà vu — et c'est une trturnure assez usitée en grec — qm; l'aul rattache parfois par un [)i'o-

29G LA MAP.CIIK or SAIA'T DANS I/HL'.MAXITK

nom relatif le verbe fini d'une proposition qui avait été interrompue par une propos, accessoire, à l'un des membres de phrase de cette dernière; comp. Ill, 8 (I, p. .'îlT) et surtout Gai. 11, 4 et 5 : « Auxquels nous ne cédâmes pas, )) pour : ce Nous ne le\ir cédâmes pas.» C'est pour cette raison sans doute que Paul a ajouté au relatif vk, que, le pronom //[xàc, nous, apposition qui témoigne encore de la construction abandonnée. Et pourquoi cette incorrection? Paid a voulu, par ce relatif ou?, aussi bien que pailu /.ai, aussi, ajoute au verbe il a appelés, faire ressortir l'enchaînement étroit qui rattache l'un à l'autre les deux actes de préparer à Vavance, v. 2o, et d'appeler, v. 2i; comp. VIII, 30, où celte relation est si éneriiiquement exprimée. Notre traduction a rendu (v. 24), aussi exactement que le permet notre langue, celte tournure de l'original. Lulhardt, qui admet pour le commencement du V. 2.3 la même construction que nous, place avant le v. 2i l'apodose sous-entendue : « Qu'y a-t-il à dire? » Puis il lecommence avec le v. 24- une nouvelle phrase, malgré le pron. relatif. — Par les mots : faire connaître la richesse de sa t/loirc, il me paraît certain, malgré la dénégation de Weiss, que Paul fait allusion à l'exemple de Moïse, v. IT), qui avait demandé à Dieu de lui faire voir sa t/loire; tout comme par les expressions du v. 22 il avait rappelé celles relatives à Pharaon. Cette richesse de gloire pourrait èlre celle dont doivent resplendir un jour les vases de miséricorde. Mais le pron. ajrryj, sa gloire, fait plutôt penseï' à l'éclat des perfections de Dieu lui-même, particulièrement de son amour qui se manifeste dans la vocation de ces nombreux élus tirés non seulement du peu|)le juif, mais aussi de tous les peuples païens (v. 2'i). Le premiei' sens indiqué du mot r/loire est en échange celui de ce mo! dans le rég. ei; f^o;av, /;o«n' la gloire: comp. 1 Cor. 11, 7.

CHAP. IX, 2;5-'2't. '2\)1

9. — L'anlillièse des vases de miséricorde avec les vases de colère correspond évidemment à celle des vases à honneur avec les vases à déshonneur dans la comparaison du potier. L'expression qu'il a préparés d'avance (a rpoeroif^a- <ii:v) est plus énergique que le prêls àoy\ disposés pour dans le V. précédent. C'est Dieu lui-même qui a tout préparé pour élever ces êtres à la gloire sublime qui leur esl destinée; comp. VIII, 29. rJO. Le rpo renfermé dans le verbe peut difficilement ne pas se rapporter au décret éternel. Weiss ne veut y voir que les dispensations de Dieu envers ces individus avant leur vocation. Nous avons reconnu (voir à Vlll, 28-.i0) l'insuffisance de ce sens de rpo. Jésus exprime, Matlb. XXV, .i/i-, une idée analogue à celle-ci : « Possédez le royaume qui vous a clé préparé dès la fondation du monde. » Ici ce sont les fidèles qui sont préparés pour le royaume. L'une de ces préparations ne va pas sans l'autre. Dans ce terme de préparer à l'avance sont i-enfermées les deu.x idées de préconnaissance (prévision de la foi) et de prédeslination (destination à la gloire) exposées Vlll, 29. Remarquons les quatre différences frappantes entre cette expression et le teiTnc correspondant du v. précédi^nt (•/.y.-r.pTi'jyiva) : 1^ La prt'pos. -po, à l'arance, ne se trouve pas dans le partie, du v. 22. 2" La forme active est employée ici au lieu de la forme passive. 0° L'aoriste (qui se rapporte à l'acte éternel, comme Vlll, 29) l'emplace maintenant le parfait qui désignait le fait présent. h° La \Q\'\)Qi~wj.'xiv.-i^ préparer, (|ui imlicpui le commencement du développement, est substitué à celui du v. 22 qui en indiquait le résultat. Ces quatre différences ne sont pas accidentelles et ne laissent aucun doute sur la pensée de l'apôtre.

V. 24. Ces prédestinés à la gloire, il n'a pas manqué de les tirer, au moment venu, non seulement du sein du peu-

'iil!^ LA MAI'.CllK I)L' SALIT DANS L-IIIWLVNITK

|ilf jiiir, rii;iis encore du inilicn des peuples païens. C'élail ce (iiTavail déclaré Jésus : « J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de celte bergerie » (Jean X, Ki). Tandis que Paul ne faisait que glaner chez les Jiiils, il récoltait une moisson chez les païens, et il accomplissait ainsi, en dépit des prétentions juives, le libre et large plan de salut divinement conçu conlorménK^n! à la prévision de la foi. Le o'j;, mis pour a , est une allraclion du -h'JÂz. Le xai, aussi, lait ressortir, comme dans VIII, :29 et .'iO, la conformité du -/.aAsîv, ap^teler, au rpoeToiy-à^siv (l'élection pour le salut). C'est donc im nouveau |)euple d'élus, composé de la portion fidèle du vieil Israél et de toute la multitude des jtaïens croyants, que l'apôtre voit surgir à l'appel divin en remplacement de l'Israël charnel; comp. Luc XIV, HX-iL^ et Apoc. Vil, 0 et suiv. Il est impossible qu'il ne pense pas, avec un profond sentiment deyralitude, que c'est par son propre ministère que s'accomplit ce riche exercice de la grâce; qu'il est en quelque sorte lui-mèuie la main de llieu pour former (-AaTai) de la masse de l'humaiiilé païenne cette multitude de vases à honneui' !

C'est ici que doit se placer logiquement la proposition principale, iuterrogative, mais sous entendue, sur laquelle s'a[)puient les deux propos, subordonnées |)récédentes, couunençant jiar : nr si, \. 2:2, et : ri si dussi, v. '2:) : a Or si ces Juifs, déjà mûrs pour la perdiliuii, Dieu les a ménagés et les épargne encore, leleuani son bras pi'ét à les frappei-, et si ces croyants, qu'il a préparés à l'avance, il ne s'est pas borné à les tirer d'Israël, mais <jue dans sa miséricorde il ail ('l('' les appeler jiL><(puî clie/ les païens, riiiiiiiiiiiitc (i-l-clle le dioil ih' se plaindre du Dirii (/ni diriijr diiisi ses desUnces'^ Le peuph; juif, eu particulier, peut-il reprocher à Hieu le déploiement de sa colère envers lui et l'usage (pi'il lail de sa miséricorde en faveur de

CIIAP. IX, '2\. ^99

riiumaiiilé païenne 'MJiii, ô lioniine qui piélentls contesler avec Dieu, qu'as-tu à dire? )) El je le demande à tout lecteur qui a suivi alfentivement cette explication des paroles de l'apôtre, qu'y a-l-il à dire en effet à cetle apologie de la conduite de Dieu? Toutes les peri'eclions divines ne concourent-elles pas harmoniquenienl à la réalisation du plan de Dieu, et la liberté de l'homme n'a-t-elle pas sa place légitime dans la marche de l'histoire, en accord parlait avec la liberté souveraine fie Dieu dans ses grâces comme dans ses jugements?

La parole de Dieu n'a donc pas croulé par le (ail de la réjection de la nation israélite (v. 6). Car I" le principe de la sélection divine qui avait présidé aux premières destinées de In lamille patriarcal»^ ne Ijiit que se réalisai- de nouveau dans le triage actuel entre les Israélites croyants et la masse du peui)le charnelle et rejelée (v. 6-1.")). 2" Dieu, en choisissant ce peuple pour préparer par son moyen le salut du monde, n'avait nullement songé à abdiquer sa liberté à son égard et à borner à ce peuple ses compassions. Il conservait le droit inhérent à sa majesté souveraine, d'un côté, de l'endurcir et de le rejeter, sous certaines conditions dont il était seul juge, comme aussi d'appeler des élus du sein des autres peuples, sous certaines conditions qu'il avait également seul le droit de fixer y. \i-M). Et enfin ri" — c'est ce que va montrer l'apôtre — l'usage que Dieu lait aujourd'hui de son inaliénable liberté n'est que raccomplissement lidéle df sa parole ellemême, car la prophétie avait clairement annoncé d'avance ce qui se passe à cette heure.

."•on LA MARCIli; 1)1 SAIAT KA.XS l/lir.MAXITK

V. 25-2'J. L'i cu)iduite actuelle de Dieu claireinent prédite.

Celte comluilc Jiv.iit été pré(Jile sous les deux rappoils (le la vocation des païens (v. r^T) et ii(») (,'t du rejet des .Iiiils (V. ^27-^29).

V. 25 el 20 : <( comme aussi il dit dans Osée : J'appellerai mon peuple celui qui n'était pas mon peuple, et aimée celle qui n'était pas aimée; 2ii et il arrivera que dans le lieu où il leur ' avait dit : Vous n'êtes pas mon peuple, là même ils seront appelés fils du Dieu vivant. » — i-e coiiunc nnssi [)orle iialurellcnienl siii' les derniers mots du v. 2i- : mais aussi d'entre les Gentils. Dans le désir de faciliter l'explication de la citation suivante (voir plus hns), Hofmann a voulu ap|)li(pier plulTti ce comme aussi aux premiers mots du v. 21 : « non seulement d'enli'e les Juifs. » Ce rapport n'est pas conforme à la pensée de l'apôtre; car quand il passe réellement aux prophéties relatives à Israël, v. 27, il le fait expressément ressortir. La difficulté (\u'[ a poussé Hofmann à celle explication est celle-ci : Osée, dans les deux passades cités. II, 25 et I, 10, parle, non des païens, mais des Israélites des dix irilius. Paul ne p<Mit l'avoir iiinoré'. Conuuenldonc apj)lique-l-il (('Ile prophétie aux premiers? l'ierre ai^it exactement de la même manière t 1''' éj). H, 10). Sans doute les deux ap(')tres partent de l'idée (jue Dieu, ne j)Ouvant être inconséquent, là où les conditions se trouvent les mêmes, attira aussi de la mêun' manière. Les lialtilanls du royaume i\''> dix liih'.is étaient tellement relondit's dans le pa<;anisme, (|uc si cette promesse s'appliquait à eux. elle devait avoir sa viM'ité pour loul peuple païen. Dans la Iiouche de Dieu, les expressions : v. celui (pii n'est pas mon

' n I' Cl omet xj-.rj'.; (leur).

CHAI». I.\, -ià-'iO. oOl

peuple )) ; c( celle qui n'esl pas aimée » ; « je les appellerai mon peuple..., aimée, » formulenl un principe du gouvernemenl divin qui doil se réaliser partout où se reproduit une circonstance semblable à celle à laquelle elles étaient primitivement appliquées. Usaïe, XLIX, "l"!, représente les païens rapportant les fils d'Israël entre leurs bras et leurs filles sur leurs épaules, par conséquent rentrant en grâce avec eux. — Au lieu de -/.xlénoi, j'appellerai, Osée avait dit simplement : je dirai à (âcw, LXX). Le sens est le même; Ciw j'appellerai s'applique au nom nouveau qui leur sera donné (voir tout le contexte d'Osée). Mais Paul a substitué j'appellerai à je dirai, pour faire allusion à la vocation des Gentils au salai. C'est dans le même but qu'il a renversé l'ordre des deux propositions parallèles, mettant ainsi en tète le terme de peuple, qui lui importait spécialement.

V. 46. La seconde parole citée (Osée I, 10) est rattacbée à la précédente, comme si elle la suivait immédiatement dans le propbéte. Nous retrouvons plus d'une fois dans les cbapilres suivants cette réunion de paroles originairement séparées, de sorte qu'il n'est pas besoin d'attribuer avec Hofinann le x.ai, et, à Paul el de h- séparer par un double point (:) de la citation suivante. On applique ordinairement dans Osée l'expression : dans le lieu où, à la terre de Samarie, en ce S(!ns que c'est là que Dieu avait prononcé le rejet du peuple et là qu'il l'adoptera de nouveau. Dans ce cas Paul, en appliquant cette parole aux païens, l'aurait réellement détournée de son sens. Mais n'esl-il pas plus naturel d'appliquer ce mot : le lieu où, à la terre étrangère où les Juifs ont été longtemps captifs et comme abandonnés de Dieu. C'est là aussi qu'ils se conveiliront et qu'ils seront reçus en grâce. Dans ce sens on comprend mieux l'application que r\'nil fait de cette promesse aux

'Myl I.A MAIICIIK Dr SAI.I T J»ANS l/llUMANITK

païens chez lesquels se trouvent ces .luifs dispersés cl avec lesquels ils se sont comme confondus. Peut-être l'omission de cojToîç, dans le Vatic. cl dans les gréco-lal. F G, est-elle destinée à faciliter la solution (1(3 cette diniculté.

V. -27-:^0 : k Mais Esaïe crie sur Israël : Si même le nombre des fils d'Israël était comme le sable de la mer, le reste ' [seulement | sera sauvé; '2X car le Seigneur accomplira sur la terre sa parole d'une manière complète et abrégée -; -iO et, selon que l'a prédit Esaïe : Si le Seigneur des armées ne nous eût laissé un germe, nous serions devenus comme Sodome, et nous aurions été faits semblables à Gomorrhe. » — Aî, (■/ (rnulic piiiL La pensée de Paul n'est pas (r()|)poser Isra("'l aux Gentils, car dans ce cas les mots : sur hrai'l, seraient en tète de la phrase. Il veut plut(')t l'aire ressortir comment un prophète complèl(^ l'autre prophète. Sa pensée, en effet, est celle-ci : « A la parole d'Osée sur les païens, qui annonce leur adoption comme peuple, s'ajoute, |)Our ren(lr(î complèie la révélation du plan de Dieu, la déclaration suivante d'Esaïe sur Israël. » — L'expression : x.pi*(£i, cric, indique le ton menaçant d'un héraut qui proclame un jugement. Dans celte relation la pré])os. ''j-iz,sur, pourrait bien avoir le sens local : cette menace plane désormais sur la li'lc d'Israël. — La citation est tirée d'Lsaïe X, :2"2 et -2:}. L'article to, le, devant le mot reste, caractérise ce reste comme quelque chose de connu; et, en efTet, c'est une des notions les plus fréquentes dans le livre d'Esaïe que celle du saint reste, qui survit à tous les châtiments d'lsra('l et (jui, soitant purili('' du creuset, devient

• N \i liscnl ■j-o'/.îvvj.x . au lieu de ■/.:i-x\v.'x'xx.

* Nous; retranclions avec n A B Syr""''. après Tjvisavc.v, tes mots siii\anls : îv ôr/.atoijvr, oti î^ovov ajv:£-:ar,aEvov (avec justice, ptyrco qii'iDic parole abrégée...)

CHAI'. IX. t>(V28. •■»<>'■>

à chaque fois le germe d'un meilleur avenir. Le T. F», lit Y.y-yXv.ijjj.7., qui est le terme employé par les LXX ; il faut prohahlemenl lire avec les alex. JTrôls-.fy.y.a, qui est plus énergique (voir OUrumare). La pensée de l'apôire n'est pas, comme le veulent Hofmann et d'autres, que ce reste subsistera certainemcnl : ce n'est point là la question. Dans le contexte et d'Esaïe et de l'apntre, il y a contraste entre l'idée de la multitude innombrable du peuple dans ses époques de prospérité et celle du pauvre reste qui demeure seul pour participer au salul. Au lieu de sera sauvé (coM- '7cTa'., LXX). Esaïe dit : reviendra, soit à Dieu, soit de l'exil, ou bien dans les deux sens ta la Ibis.

Le V. !i8 explique cette idée d'un reste seulement, qui est sauvé. Cette fois, en eflet, le jugement ne s'accomplira ni à demi, ni à la longue. Ce sera une exécution brusque et sommaire qui frappera, non tel ou tel individu, mais la nation dans son ensemble. C'est là le sens de l'hébreu et des LXX, lors même que ces derniers ont passablement modifié la forme de l'original. Esaïe dit littéralement : « La destruction est résolue; elle fait déborder la justice; car le Seigneur opère sur la terre destruction et décret. » Les LXX traduisent : « Le Seigneur accomplit la sentence; il coupe court justement, parce qu'il exécutera un compte sommaire sur toute la terre. » Paul reproduit cette seconde forme en l'abrégeant; car il est probable qu'il faut préférer la leçon la plus brève, celle des plus anciens .Mjj. et de la Peschito (voir la note), puisque celle du T. II. ne fait que rétablir au complet chez Paul le texte des LXX. Paul dit littér. : « Car, complétant et abrégeant, le Seigneur accomplira sa parole sur la terre. » Le mot AÔyoc, parole, pourrait avoir ici, comme souvent, le sens de compte, d'autant plus qu'il est question de nombre et de reste. Cependant, comme le fait observer Meyer, ce subst.

• »<t'p LA MAiiciii-: nr sali r dans liiimaniti-:

n'a ce sens qu'avec les verhes ^.ay.îixveiv ou aireiv, el non avec ûo'-ïîv. Nous nous en tenons donc à celui de parole. Dès loniitemps le Seigncui' a menace; maintenant il va exécuter sa parole, el comment? liOmplètement el sommairement. Sur la terre; celle d'Israël. — Le verbe cjvtsp£Lv, couper court, s'appliquanl à un chemin, signifie : prendre au |)lus court ; à un discours : le résumer, l'abréger. Ici avec le verbe ttoiôîv il s'agit de l'exéculion qui sera brusque et complète. Dans celte pai'ole lègne le sentiment de l'indignation. Paul y en ajoute une seconde, v. :2!), qui respire plutôt la tristesse el la compassion; elle est tirée d'Esaie I, 9. Il ne la cite plus en disant •ApxCzi, il crie; il emploie le terme plus doux xposip^tev, il a dit à l'avance. Ollramare, avec Er., Calv., etc., rapporte le rpô, avant, renfermé dans le verbe, à celle circonstance que dans le livre d'Esaïe ce passage se trouve avant celui qui vient d'être cité. Ce sens est puéril; la position dans le livre du prophète n'a aucune importance. Paul veut faire ressortir cette idée qu'une fois la bouche piophétique d'Esaïe ayant déclaré ce l'ail, il fallait bien s'attendre à ce qu'il se réalisât un joui- ou l'autre. — Le sens de cette parole est que sans une grâce toute particulière de l'Eternel, la destruclion annoncée, v. "21 el :28, eût été plus radicale encore, aussi radicale que celle qui a frappé les villes de la plaine, dont il n'est pas resté le moindre vestige. — '^-lou.y., un (jerme, un rejeton ; ce mot exprime la même idée que ■j-ôlzvjjj.y. , le reste, v, 47. Mais, comme le dit très-bien Lani/e, il ajoute à l'idée du reste celle de l'avenir glorieux qui en doit sortir. — Au lieu de dire : nous aurious clé assimilés à, Paul dit, avec les LXX, assimiles comme, cumulant ainsi deux formules de comparaison, de manière à exprimer l'assimilation la plus absolue. Tel eût été le cours de la justice; el si Israël veut accuser Dieu de quelque

CHAI'. IX, -ix-.m .")(k)

chose, ce ne petU être que tle ne l'avoir pas anéanti tout à fait, comme la justice l'eût exigé. .

Ainsi la parole de Dieu n'est pas annulée par le rejet d'Israël (v. 0) ; toute la conduite de Dieu dans l'histoire patriarcale présentait des faits dti même genre (7-1.]); aucune oi)Iig"ation n'empêchait Dieu de continuera en agir d'après la môme loi envers son peuple actuel {\ i-'lA] ; cette manière de faire était même annoncée par la prophétie (25-29). Bien loin d'être une annulation de la parole de Dieu, celte conduite en est donc l'exact accomplissement. Ainsi en concluant une alliance particulière avec Israël, Dieu n'avait nullement abdiqué le droit de le juger et aliéné sa liberté soit à son égard, soit à l'égard de l'humanité en général. Sa promesse n'avait j.miais eu cette portée, et la réjection d'Israël n'y porte aucune atteinte. Dieu reste libre et quant à ses jugements et quant à ses dons; bien entendu que celle liberté est celle de Dieu et n'a par conséquent rien de commun avec l'arbitraire.

Mais l'apôtre n'en reste pas à ce d'^té formel et en quelque sorti.' juridique de la question. Le droit de Dieu est établi ; mais il reste à prendre connaissance des raisons qui ont motivé Vusai/e qu'il en a fait, ('/est là le sujet du morceau suivant, qui va du v. .10 à la fin du ch. X.

XXll^ MuaCEAl" (IX, .lO-X, 21).

La culpalniiU' il'IsraH.

Solution sounuaire. : v. .'îH-.j.'j.

Dans les v, :}(J-;33 l'apôtre résume brièvement la solution du problème ; puis il la développe au ch. X.

V. .jO et :\\ : « Que dirons-nous donc? Que les Gentils qui ne cherchaient pas la justice ont obtenu la

KP. AUX ROM. — TOMK II. l'u

•■)0t» LA MARCIIK Dr SAI.l'T DANS l.'lir.MAMTK

justice, mais la justice qui vient de la foi; M et qu'Israël qui poursuivait la loi de la justice n'est point parvenu à la loi de la justice '. >> — L;i (inesiioii : (Juc (lirons-nous donc:' a dans le cas actuel une tiravilé particulière : « Puisque l'explication ne consiste pas à dii'e: Dieu a annulé sa parole, (juel est donc le mol de l'éniiime? » Ainsi, après avoir écarté la iausse solution, Paul invite le lecteur à chercher avec lui la vraie, et cette solution il la foimule au v. :>l dans une déclaration d'une douloureuse solf^nnité, après l'avoir lait précéder, v. ."JO, d'une parole relative au sort des païens. Tandis que ceux-ci ont obtenu ce qu'ils ne cherchaient pas, les Juii's ont manqué ce qu'ils cherchaient; c'est la plus poitinante ironie de toute l'histoire. Quelques interprètes ont cru que la proposition qui suit la question : Que dirons-nons donc:' était, non pas la réponse à cette question, mais une seconde question explicative de la première. Il faudrait donc prolonger l'interrogation jusqu'à la fin du v. :M. Mais que trouvons-nous là? Au lieu d'une réponse, une question nouvelle : ()iy-i, pourquoi:' On voil que cette construction est impossible. Il en est de môme de la tentative de Schoit, qui lait une quesliou uni([ue de toute la phrase depuis le -ri ojv jus(ju"à ^i/.aio'7'jv7,v (le second) : (( Que dirons-nous donc de ce qu»' les Gentils ont obtenu...? » et (pii découvre la réj)onse à cette question dans ces derniers mots du verset: « mais la justice de la foi. » — On pourrait exprimer ainsi la solution, donnée par rapnti'c : « Tandis que les Gentils ont obtenu..., Israi'l, au contraire, a manqué.... y> — "ivW,, sans article : des Gentils, des êtres ayant celte qualité. — La négation sul)jective [jM doit se rendre ainsi : « sans (juHs chei'chassenl. » — A-./.a'.oT'Jvrv, sans article, une justice. Il

* Le mot o'./.aio-îjvr,; (tir justice). (|iie lit ici T. K. ii\ec V \\ L I' Syr., est omis N A \\ D K (1.

CIlAl'. IX. 30-31. •"»''7

est Taux de donner ici à ce nriol, comme le Ibnl Meycr et Weiss, le sens de justice morale; la fin des derniers mots du V. : (( mais la justice qui vient de la foi, » ne le permet pas. D'ailleurs Paul ne pourrait pas dire équitablement des tjrecs qu'ils n'ont pas aspiré souvent à une haute moralité. (Jue l'on pense à Socralc et à d'autres encore. Mais ce qu'ils n'ont réellement jamais cherché, c'est la justice, <Jans le sens religieux du mot, la justification. L'idée qu'ils se faisaient du péché comme d'une simple erreur et de la <^livinité comme ne regai'dant pas de si prés aux actions humaines, ne les conduisait pas à la recherche de la justice dans ce sens-là. Et cependant les païens l'ont olitcnur, cette justice-là, précisément parce qu'ils étaient exempts des tausses prétentions qui en ont fermé l'accès aux Juils. Ils ont été semblables à l'homme dont parle Jésus qui, traversant un champ, y découvre un trésor qu'il ne cherchait point et s'en assure sans hésiter la possession. Le verbe y.xTeT.aJiEv, liltér. : ont mis la main sur, convient bien à ce rnofle d'acquisition, qui est celui |)ar lequel on s'empare d'une chose toute laite. — 11 faut néanmoins expliquer encore comment la chose a pu se passer de la sorte ; c'est là le but des derniers mots : a mais la justice <jui vient de la foi. » Le ^i, mais, est explicatif (comme ill, 'l'I). La justice obtenue de la sorte ne pouvait naturellement être qu'une justice de foi. La justice au sens moral est le fruit d'un effort humain.

V. .'M. Le sort des Gentils contraste avec celui d'Isiarl et en fait mieux ressortir le caractère tragique. Le pt'uplr qui seul poursuivait la loi de la justice, est précisément celui qui n'a pas l'éussi à l'atteindre. Plusieurs (Chrf/s., Calv., Ben(j., etc.) ont été choqués de cette expression : la loi de la justice, et ont traduit comme s'il y avait : ta justice (le la lui. Ils n'ont pas compris rintentittii di- l'api'itre

•><IS LA MAnCIIE l»r SAFJ T JiAXS L'IirM ANIIK

liaiis celle manière fie s'exprimer. Ce qu'Israrl rechercliail, c'éîait moins la justice elle-même, que la loi accomplie <lans tout le détail de ses observances extérieures, afin de tirer gloire de cet accomplissement et de l'aire reposer sa justilîcation sur ce fondement posé de ses propres mains. Si les Juifs en général se fussent préoccupés dans leur obéissance légale, comme le jeune Saul, d'atteindre la perfection morale d'où devait résulter leur justification devant Dieu, la loi ainsi sérieusement appliquée fût devenue pour eux ce qu'elle était par destination, le pédagogue pour lef< conduire à Christ (Gai. 111, il:]-ilA). Mais tout ce qu'ils poursuivaient, prescriptions léviliques, minuties sabbatiques et alimentaires, jeûnes, dîmes, purifications des mains, du corps, des meubles, etc., ils le poursuivaient comme ayant une valeur en soi et afin de |)ouv()ir présenter ce travail à Dieu comme un mérite. Il y avait là une profonde déviation morale qui les a conduits au refus de la véritable juslicr, lorsqu'elle s'est présentée à eux dans la personne du Messie. Il ne me paraît pas possible de donner ici, avec Weiss, Reuss, OUram., etc., au mot voaoç, loi, le sens abstrait dans lequel nous avons nousmème pris ce mot III, '11; Vil, '21 ; V|j|, <2 ; etc. : règl(\ norme de justice. En relation si étroite avec Israël, ce mot ne peut désigner (jiic la loi juive qui était pour eux une loi lie justice en ce sens qu'elle devait les conduire à la justice, s'ils parvenaient à l'accomplir; ainsi Lulhardl et Otto. — Si l'on admet la Icron Irès-foi'tement appuyée qui retrancbc le mot f^//.alO'î'jv•/lç, de justice, après le second vôaov, j*aul dirait : « Ils ne sont pas parvenus à lu loi. » Mais l'expression : parvenir à la loi, s<'rail une forme bien étrange pour exprimer l'idée d'accomplir la loi. Ou bien s'agirait-il, comme plusieurs l'onl pensé, de la loi de C ErunijUi''* Mais on l'Evangile rsl-il appelé ainsi

CHAI'. IX. 3l-;{-2. '''^'^

toiil court la lui:' Celle leçon rue paraîl donc inailmissible. Meyer lui-même, malgré sa prédileclion liahiluelle pour le lexle ale.xamlrin, en juge de même. Seulement, si on lit ici i^aaiocuv/;;, il faut donner à voy.ov (la second»' fois) le sens de mode ou de régime : « il n'est pas ])arvciiu à un mode réel de justification. » C'est même celle différence de sens entre les deux voaov qui explique l'emploi antithétique des deux locutions identiques.

V. oS et .j.'l : ((Pourquoi cela? Par la raison qu'[ils ont cherché] non par la foi, mais comme par les œuvres ', ils ont heurté- à la pierre d'achoppement, .j.-| selon qu'il est écrit : Voici, je place en Sion une pierre d'achoppement et un roc de scandale; et : Celui ^ qui croira en lui, ne sera point confus. y> — l.'apùtre vieni d'énoncer, v. :j(>, le l'ail moral (jui est la cause réelle de la réjeclion d'Israël, et il demande maintenant comment ce fait a pu se produire. La question : poiufjiioi:^ ne signifie pas : dans quel but (ci; ti)? mais : en raison de quoi (^laTÎ)? Si on lit, avec le T. II. et quelques .Mjj. I)vz., yap, car, avec le verlj(3 suivant ils ont liearlr, on doit voir dans la prépos. commençant par ot». la réponse au pourquoi :' ei sous-entendre un verbe fini avec la conj. OT'. : (( Parce qu'ils ont cherché, non par la foi, mais comme par les œuvres.» Mais cette leçon n'est pas suffisamment appuyée et la propos, suivante devrait plutôt élre liée par donc que par car. 11 faut donc retrancher le car. (lu peut dans ce cas rattacher les deux régimes : non par la foi, et : comme par les œuvres, au

' T. |{. lit wj.'yj lile In loi) a|trùs soywv (œuvres), a\ec D K K t, l' S\ r.

- T. H. lit yao l'rar) après -yjzi/.olx'j (car ils ont heurté) avec E K L P S\r. ' '

' T. I{. lit -x; itouf) a|)rè.s /.at (et), avec K L I'.

•!lll LA MAIICUK nr SAI.it dans I/IIIMA.MTK

veiite -çoTcV-o'^Lav, ils oui heurté, mais en sous-cnlenilanL 1(3 partie, clierchanl. Le sens est bon : « Pourquoi n'ont-ils pas trouvé la vraie justice? Parce que [la clierclianl] sur le chemin des œuvres, ils se sonl heurtés à la pierre (l'achoppement (le Messie qui leur apportait la justice véritaltle, celle de la loi)»; toutefois l'ellipse de '^.wx.ovte;, c/ierchanl, est dure. La plupart admettent donc ici deux propos. : la première qui est la réponse au pourquoi? « Parce qu'ils [ont cherché] non sur la voie de la loi, mais sur celle des œuvres ; » la seconde, qui suit par asyndeUm : ((Oui; ils ont lieurt('... ! » Cependant on attendrait pluleU un y.al o-jTwç devant TrpoTsV.o^l^av : « et ahisi ils ont heurté. » .le me demande si la construction véritable n'est pas de faire dépendre le oti, parer (jkc, ou par le [ait fjac, de -;7fO'7£xoJ;av, ils ont heurté : (( l^ar le l'ait qu'ils ont cherché non sur la voie de la foi, mais sur celle des œuvres, ils sont venus se heurter contre le rocher. » Paul peut à bon droit faire aux Juifs un reproche de n'avoir pas cherché la justice sur la voie de la foi; car il avait montré, cli. IV, par l'exemple d'Abraham, que cette voie était d('jà tracée dans l'A. ï. ; comp. aussi la parole d'IIabacuc citée I, 17, et celle d'Esaïe qui va être rappelée v. .•);), etc. Chaque jour les expériences faites sous la loi devaient ramener le .liiif sérieux aux pieds de Jéhova sur le chemin de la repentance et de la foi pour obtenir pardon et secoui's (voir les Psaumes). En suivant celte marche, bien loin de se heurter à la justice messianique, ils auraient ('lé pr(''|tarés à Taccueillir des deux mains, comme Ta réellement (ail une élite en lsra(''l. — L(; ro))UiK', ajouté au réi;ime par les (ruvres, signifie : «Comme s'il était possible de trouver la justice par ce moyen. » iV('//cr rexj)lique un peu dilTéremmenl. « Chercher la justice par un procédé tel que celui des (Kuvres. » Mais le premier sens caractérise bien mieux

le conlrasle entre le moyen réel et le moyen ini;iL:inaire. — Le complément vôao'j, de la loi, dans le T. K., est omis par les alex. et les «iféco-lat. ; il n'ajoute rien à riilée et doit être considéré comme une i:lose. — En cliercliant sur cette fausse voie ils sont venus heurter contre la pierre qui les a tait tomher. Cette pierre était Jésus qui leur apportait une justice acquise par lui et oll'erte ^gratuitement à la loi. L'image de heiuier est en relation avec toutes celles ((ui précèdent : poursuivre, alleindre, parvenir. Dans sa course Toile, Israël pensait s'avancer sur un chemin ouvert, et voilà que tout à coup sur cette voie s'est trouvé un obstacle contre lequel il s'est l)risé. Et cet obstacle, c'était ce Messie même qu'il appelait depuis si longtemps de tous ses vœux! L'art, rw, a. la pierre, » l'appelle qu'elle était déjà connue comme telle (par la pi'ophétie d'Esaïe). En elFet, ce dénouement irauiqiie avait été annoncé, comme le montre ce qui suit.

V. .{.">. Paul combine dans cette citation Esaïe XXVlll, 1(1 et Vlll, li, et cela de telle sorte qu'il emprunte les premiers et les derniers mots de sa citation au premier de ces passages, et ceux du milieu au second. On ne conçoit [las qu'un grand nombre d'interprètes puissent appliquer la parole d'Esaïe XXVlll, 10 : «Voici, je mets pour fondemetil en Sion une pieri'e, une pierre éprouvée..., etc., » à la théocratie elle-même; Meyer : «le règne de Jéhova dont le teMq)le est le centi'e.» La théocratie est l'édifice élevé en Sion; comment en serait-elle le londement? D'après Vlll, 14, le londement est Jéhova, et c'est à cette pierre que se heurte l'Israèl incrédule des deux royaumes, tanilis que sur ce roc se rélugie celui qui croit. Au ch. XXVlll, l'image est un peu modifiée; car Jéhova \\esl plus le fondement; c'est lui qui le /^o.sr. Le fondement est donc ici Jéhova dans sa manilèslalion suprême, le .Messie.

^1^ LA MAIU-.HE nr SAUT DANS l/IHMAXITi;

iNous coinprciions ainsi pounjnoi Paul a comliiné si étroitement ces deux passa^'cs; l'un explique l'autre. C'est dans le sens que nous venons de constater que la inème imaiie est appliquée à Christ, Luc 11, rJi; XX, 17-lS; 1 Picr. Il, 4- (comp. BUde annulée, aux deux passaijes d'Esaïe cités par l'apùlre). — Les termes pierre, roc, expriment la notion de la consistance. On se brise en luttant contre le Messie, plutôt que de le hriser. — Les deux mots TTpocy.oaaa et T/.àvr^aAov, achoppement et scandale, msont pas entièrement synonymes. Le premier désigne le choc, le second la chute qui en résulte; ainsi le premier, le contlit moral entre Israël et le Messie, et le second, l'incrédulité du peuple. La première image s'applique donc à tous les faux jugements portés par les Juil's sur la conduite de Jésus, à l'occasion de ses guérisons sahhati({ues, de son prétendu mépris de la loi, de ses blasphèmes, etc. ; la seconde, au rejet du Messie et, en sa personne, de Jéhova lui-même. — L'adj. rà;, (ont, que le T. H. ajoute au mot relui qui croira, est omis par les alex. et les gréco-lat., et de plus par la Peschilo. Le contexte le condamne également. H ne s'agit point de dire ici que (juiconque croit est sauvé, mais : (\\\il suffil de croii'e pour l'être. Le mot lonl (qui n'est point dans Esaie) a été iiiipoi'té de Uom. X, 11, où, connue nous le verrons, il csl à sa place. — Le verbe hébreu que les LXX ont traduit par : ne sera pas confus, signifie pi'0|)i'ement : ne se Inileru pas (de s'enfuir), ce (pii doiuie le même sens. Il n'est donc pas besoin d'admettre avec [)lu£ieurs interprètes une dilférence de leçon dans li' texte hébreu (jaInscJi pour jakiscli) .

('nn.oifh'raf/ons r/i'',)rralfs sur fr rji. /A'. — N()U> poiivoii jeter d'ici un leiiaid en ;irrière sur l'ensend)le du eh. IX. Tiv»!

CHAP. IX. 'Si. •»1'»

niatiières de voir principales sur le sens de ce chapitre se font jour dans les nombreux coninientaires auxquels il a donné lieu :

1" Les uns ramènent la pensée de Paul à l'unité logique la plus complète, en déclarant quelle exclut absolument la liberté humaine et fait procéder toutes choses d'un facteur unique, la volonté souveraine de Dieu, (juekiues-uns sont si sûrs de leui manière de voir, que lun d'eux, professeui- à Slrasbouri;. écrivait : « Ce serait porter de Teau dans le Rhin, que de vouloir prouver que le déterminisme est le point de vue de saint Paul. -

i" D'autres pensent que lapôtre juxta|)Ose simplement le> deux points de vue. celui de la prédestination absolue, auquel conduit la réflexion spéculative, et celui de la liberté humaine qu'enseigne l'expérience, sans se mettre en peine de les concilier logiquement. Cette opinion est peut-être à cette heure la phi> répandue parmi les théologiens.

.'J'' Des troisièmes enfin pensent (|u'aux yeux de Paul le fait de la liberté humaine se concilie loL;i(|ueinent avec le principe de la prédestination divine et croient pouvoir trouver dans son exposition même les éléments nécessaires à la conciliation des deux points de vue. Reprenons chacune de ces manières de voir.

I. Dans la première, nous discernons trois groupes très-dilVérents :

En premier lieu : les prédestiaatiens particularistes. qui, soit dans le salut des uns, soit dans la perdition des autres, voient uniquement lelTetdu décret divin : ce sont essentiellement saint Auf/astin. les Réformateurs, les théologiens de Dordrecht et les églises qui ont conservé jusqu'à nos jours le l\ pe d'enseignement de ces docteurs, soit que l'on pousse la conséciuence jusqu'à attribuer la chute même et le péché à la volonté divine (su))j'ala//saires), Qomm^ Z tringle qui va jusqu'à dire en parlant d'Esaii : « quem divina providentia creavit ut viveret atque impie viveret •> ivoir Thol. p. "itJOi. soit que l'on s'arrête à moitié chemin et qu'attribuant la chute à la liberté 4iuniaine. on fasse porti-r le décret divin d'élection uniquement sur ceux d'entre les hommes perdus (|u"il plaît à Dieu de sauver [infralapsaires] . — .Mais d'abord on oublie que l'apôtre ne songe pas un instant a spéculer dune manière générale sur la relation entre la liberté humaine et la souveraine divine, et qu'il s'occupe uni(|uenu'iil de montrer l'accord entre le fait particulier de la réjection <h:s

•!I4 LA MAHCllK I)i: SALIT DANS LUlMAMTi:

Juifs (.'t les jjromesscs relatives à leur «élection. Puis il serait impossible, s'il admettait réellement ce point de vue. de le disculper du reproche de contradiction avec lui-même dans toutes celles (le ses paroles qui supposent : 1° la pleine liberté de l'homme dans lacceptation ou le rejet du salut (II, 4. lî-lO; VI. M. l'i): t'^ la possibilité pour le converti de tomber hors de l'état de iiràce |)ar manque de vigilance ou de fidélité (VIII, 13 : 1 Cor. X, 1-1:2: Gai. V, 4; Col. I, :23, passage où il dit expressément : « si (lu iiioins vous persévérez >-). Comp. aussi les paroles de .lésus lui-même .lean V, 40 : « Mais vous ne voulez pas venir à moi : » Matth. XXIll, 37 : « Combien de fois j'ai voulu,.., mais vous n'avez pas voulu. » Enfin, le chapitre X qui va suivre, ainsi que les quatre versets que nous venons d'expliquer, V. 30-33. expliquent le fait de la réjection des .luifs. non par le mystère impénétrable du décret divin, mais par la faute des Juifs eux-mêmes qui. malgré tous les avertissements de Dieu, ont prétendu établir leur justice propre et perpétuer leur monopole théocratique, qui ne devait être que temporaire.

Nous rencontrons en second lieu dans cette première classe le groupe des flétermiaistes latitudinaires qui cherchent à corriger la dureté du point de départ prédestinatien par la largeur du point d'arrivée : le terme final, selon eux. serait le salut unirersel. Le monde est un théâtre sur lequel il n'y a en réalité (|u'un acteur unique. Dieu, qui joue la pièce tout entière, mais au moyen de persomiages qui se succèdent, agissant sous son impulsion comme de simples automates. Si quelques-uns ont de mauvais rôles, ils ne doivent ni s'en accuser, ni s'en plaindre; car leur culpabilité n'est (|ii'apparente. et... le dt'nouement sera heureux pour tous. Tout est bien qui finit bien! C'est là le point de vue de Schleiermacher et de son école; c'est celui auquel se range .M. Farrar dans son grand ouvrage sur saint Paul '.

« The Life and Wurli of S. Paul. \ol. II. p. '241 el siii\ Après avoir dit que saint Paul ne recule pasde\ant la contradiction a|)parenle d'un éternel iiaradoxc. — ce qui ferait supposer qu'il admet cliez lui la juxtaposition de deux points de \ue contradictoires. — cet écrivain arrive en définitive à la solution de Scliieiermacher. La réjection des uns ne fait que paver la voie qui conduit à la réliabilitalien universelle. Dieu veut le salut de tous. Ladualitédc l'élection se résout dans un conseil <lo «.'race oui embriisse tmis les lioinines. Le

cil A p. IX, as.

— Mais comment accorder cette doctrine du salut universel, je ne dis pas seulement avec des déclarations comme celles de Jésus, Mattli. XII, i3 (« ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir ») : XXVI, ii ( « il vaudrait mieux pour cet homme qu'il ne fût jamais né ») et Marc IX, 43-48, mais encore avec les paroles de Paul lui-même, "2 Thess. I. <): Rom YIII, 13? De telles déclarations ne sont-elles pas incompatibles avec l'idée d'un salut final universel? Cette idée ne nous paraît pas resssortir non plus des ((uelques [)aroles de l'apôtre d'où l'on croit pouvoir la déduire, telles que 1 Cor. XY, "li f« tous vivifiés en Christ») et 2S (.( Dieu tout en tous»); car ces passages peuvent ne se rapporter qu'au développement de l'onivre du salut chez les croxants. Il est impossible d'admettre qu'un système d'après lequel le péché serait le fait de Dieu lui-même, le remords une illusion provenant de notre point de vue borne et subjeclif. et tout le cordlit si sérieux entre l'homme coupable et le Dieu saint une simple brouillerie d'a|)parat destinée à nous jjrocurer ensuite la sensation plus vive de l'harmonie rétablie. — que ce système au fond si peu sérieux ait été un seul instant la pensée de l'apôtre.

Nous pouvons en dire autant de la troisième forme sous laquelle se présente le point de vue déterministe, celle de l'a/^Aor/;tion pantliéintiqae par la cessation de l'existence individuelle. On ne parviendra jamais à expliquer les paroles de l'apôtre par une semblable formule. Paul accentue avec trop d'énergie la valeur et la permanence de la personnalité, ainsi que la responsabilité morale de l'homme. Il ne faut pas oublier que s'il dit : « Dieu sera tout, » il ajoute : en tous. — Sous aucune donc de ces trois formes le système qui fait tout procéder, même le mal. de la causalité divine, m peut être attribué à Paul.

II. Faudrait-il recourir à l'idée d'une cintradicfion interne dans la manière de voir de l'apôtre, soit (ju'on envisaiie cette contradiction connue une inconsé(iuence logique imputable à la faiblesse de son esprit i ainsi Reiche et Fritzselte qui va jus(|u'à déplorer que l'apôtre « n'ait pas été à l'école d'Aristote |Mutôt qu'à celle d»; (îamaliel »): soit (|u"avec Mei/er, Reas.s et une

péché humain n'est plus cnvisai^é que coiiiiiie un degré transitoire [in> moment) conduisant à ce but al)So!u : Dieu tout en tous. Telles sont les idées ('noncées par .M. Karrar. eu particulier p. 2i-') l'i 2'i-<).

•■>I6 i.A M\nciiE nr saut dans i.iiimamtk

loiilc d'autres, on eiivisai^'e le prol)itMne roniine insoluble par- sa nature inonii' et par suite des limites de l'esprit humain: de telle sorte que, comme dit Meyer, chaque fois qu'on se place à l'un des deux points de vue, il est impossible de l'exposer sans s'exprimer de manière a nier l'autre, ainsi qu'il est arrivé à Faul dans ce chapitre'.' — Nous croyons que dans le premier cas on mé'-onnail l'un des caractères les plus frappants ()e l'esprit de saint Paul, sa puissance logique, qui ne lui permet de s'arrêter dans l'étude d'une question que lorsqu'il la complètement élucidée. C'est ce que nous avons vu dans tout le cours de cette épître. Huant au point de vue de Meyer. si Paul eût réellement pensé de la sorte, il n'eût pas manqué, en face de cette difliculté insoluble, de s'arrêter au moins une fois dans le cours de son exposition pour s'écrier à la façon de Calvin : Mi/sferium liarrihile ! »

III. Il est donc certain que l'apôtre n'était pas sans entrevoir une solution réelle de la contradiction apparente (ju'il côtoyait dans tout ce passage. Cette solution était-elle peut-être celle qu'a proposée Jalius Mnller dans sa Doctrine du péché et qu'on retrouve chez plusieurs exéiièles. d'après la(|uelle il n'aurait exposé au ch. IX la conduite de Dieu qu'a un point de vue purement abstrait, en disant ce que Dieu aurait eu. absolument parlant, le droit de faire, inaisce(|u'il n'a pas fait réellement? Il est difficile de croire que l'apôtre eût ainsi isolé le droit abstrait (le l'exécution historiijue. et nous avons vu que. v, 'i'i et suiv., Paul a|)plique directement au cas concret le point de vue du droit qu'il avait établi dans l'exemple du potier. — Faudrait-il préférer la solution défendue par Beyschlag. à la suite de beaucoup d'autres interprètes, d'après laquelle il s'aeirait ici uniquement de groupes d'hommes, et de ces groupes d'hommes seulement quant à leur rôle ]>r()rid(-ntiel dans la marche iiénérale du rèiiiie de Dieu: mais non du sort des initirid as, et encore

* Le point (le vue de .M. Salyatier ( L'apùtre Paul. \). 'M)i et suiv. me parait revenir à celui de .Meyer. Il ne pense pas que Paul oppose l'une à l'autre les deux solutions ou les juxtapose simplement. Elles se pénètrent l'une l'autre de telle sorte que cha(|ue acte. envisai:é au point de vue divin parait nécessaire, et envisatré au point de vue Ininiain. paraît libre. — Ce serait là poser le problème, mais sans rien tairi' pour le résoudre.

cilAP. IX. ;j:!. •»17

bien moins de la question de leur salut (inai:* (Juil on soit ainsi en un certain sens à l'égard d'Esaii et de Jacoh, cela ne nous paraît pas douteux, puisqu'il s'aiiit là de dispensations nationales et qui doivent se réaliser dans le cours de l'économie préparatoire. -Mais nous avons reconnu déjà (p. :270) qu'il est impo.ssihle de se contenter de cette solution quant à la question en général. Non seulement dans le groupe même des Juifs rejetés Paul constate l'existence d'une élite de rachetés qui le sont cer. taiiîement en vertu de leur foi indivi(iuelle; et dans le groupe des nations pa'ïennes appelées, il est loin de ne voir que des individus sauvés: de sorte que les vases de colère à ses yeux ne sont point la nation juive, comme telle, mais les individus non croyants de cette nation, et que les vases de miséricorde ne sont pas non plus les peuples pa'iens, comme tels, mais seulement les individus croyants d'entre eux (IX, 24 : Ix 'louoaitov, I; sOvôiv). ce qui prouve qu'il s'agit dans sa pensée du sort des individus. juifs et païens: mais encore, quand il dit : « prêts pour la perdition » et « préparés pour la gloire. » il est bien évident que sa pensée dépasse l'idée dune réjection ou d'une grâce momentanées, mais va jus(|u'à celle de la condamnation et du salut définitifs de ces individus-là. — Nous ne saurions accéder non plus à la tentative de Weiss d'appliquer le droit de Dieu, exposé dans le ch. IX, uniquement à la compétence que Dieu possède de fLcer les conditions auxquelles il veut attacher le don de sa grâce. F^a pensée de l'apôtre va évidennnent plus loin : les exemples de Mo'i'se et de Pharaon, avec les expressions faire grâce et ^?/ir^?<rc'/r, expriment non de simples conditions auxquelles le fait peut avoir lieu, mais une action réelle de Dieu pour le produire, et surtout l'idée de choLv ne peut se rapporter qu'aux personnes et non uniquement au mode du décret. — Une foule d'interprètes, ()ri(jène, Chrysostorne, les Arminiens et plusieurs modernes tels que Tholuck, etc., ont essayé de trouver une formule au moyen de laquelle on puisse combiner l'action de la liberté morale de l'homme (supposée évidemment dans les v. :{()-:{){) avec la prédestination divine enseignée dans le reste du chapitre. Sans pouvoir trouver qu'ils aient entièrement réussi à montrer la conciliation entre les deux termes, je suis convaincu que c'est sur cette voie seule ((ue l'on peut se rendre compte de la véritable pensée de l'apfHrc. et. partant de ce point de vue, je

•'518 l.A MAUCHE l>r SAI.IT DANS LHIMAMTÉ

soumets au lecteur les coiisiilératious suivantes, déjà indiqut''e> en partie à roccasion de lexéiièse :

I" Avant tout, le problème que discute l'apùtre nest point la question spéculative du rapport entre le décret souverain de Dieu et la libre responsabilité de lliomme. Cette question se trouvé bien à l'arrière-plan de la discussion, mais elle nen est pas l'objet. Il s'aiiit du fait de la r<{/ection disraél. peuple rV/'.c'est ce que prouvent particulièrement le préambule IX. 1-5 et les V. 30-;]3 désignés comme conclusion de ce qui précède par les mots : « Que dirons-nous donc? » Une faut par conséquent point chercher ici une théorie de saint Paul ni sur les décrets divins, ni sur la liberté humaine: il ne touchera à cette grande question (jue dans la mesure où elle rentrera dans la solution du problème posé.

'"1" Il faut se garder de confondre, du côté de Dieu. liherti' et arbitraire, et, du côté de l'homme, aptitude et mérite. Pour commencer par cette seconde distinction, l'acceptation libre d'une faveur divine quelconque est une aptitude à la recevoir et à la posséder, mais ne constitue nullement un mérite conférant à l'homme le droit d'en être l'objet. Nous l'avons dit : si le refus du non croyant est un démérite, l'acceptation du croyant n'est pas pour cela un mérite. Renoncer à tout mérite ne peut constituer un mérite: or le renoncement au mérite est précisément l'essence de la foi. Cette seconde distinction une fois établit^ la première s'evplique facilement. En face d'un mérite humain (|uelconque Dieu ne serait plus libre: or c'est cette liberté que ]\iul veut établir dans notre chapitre. Car il s'agit pour lui uniquement de détruire la fausse conclusion que tirait Israël de son élection spéciale, de sa loi. de sa circoncision, de ses truvres cérémonielles. de son monothéisme, de sa supériorité morale, (yétaient là à ses yeux des titres de gloire dont il faisait autant de liens par lesquels Dieu lui était irïféodé sans retour. Dieu n'avait plus le droit de se dégager de l'union une fois contractée avec lui, à quel(|ue condition que ce fût. L'apôtre repousse toute ohlif/ation pareille pour Dieu et. en face de ce point de vue. re- \endique la plénitude de la liberté divine. Mais il ne songe pas à enseigner par l;i l'arbitraire divin. Il ne veut nullement dire que sans rime ni raison Dieu ait résolu de faire divorce avec son ()euple et de contracter alliance avec les pa'iens. Si Dieu

ciiAi". IX. :«.

rompt avec Israël, c'est que celui-ci sesl obstinément refusé à le suivre flans la voie nouvelle oii il voulait faire entrer dès niaiiitenant le développement de son règne (voir la démonstration au ch, X), Sil accueille aujourd'hui les païens, c'est que c'était son plandèsle début (Gen. XII, :i), et qu'à son appel ils entrent avec empressement et confiance dans la voie que leur ouvre sa miséricorde. Il n'y a donc pas caprice divin dans cette double dispensation. Dieu use de sa liberté, mais en accord avec les normes résultant de son amour, de sa sainteté et de sa sagesse. Aucune élection antérieure ne peut l'empêcher soit de faire grâce à celui qui n'avait pas été compris primitivement dans son alliance, s'il se montre disposé à s'abandonner humblement à sa faveur, soit de rejeter et d'endurcir celui aucjuel il s'était uni, lorsqu'il prétend s'opposer orgueilleusement à l'élargissement de son œuvre. Autant l'apôtre revendique pour Dieu le caractère de libre initiati\e. corollaire du vivant monothéisme, autant il écarte de lui l'arbitraire qui serait indigne du Dieu sage, juste et bon.

3" (juant a la question spéculative du rapport entre le plan éternel de Dieu et la liberté des déterminations humaines, il me paraît probable que Paul la résolvait pour lui-même au mo^en <le l'idée de la prescience divine. Il fait usage de cette idée VIII. "IS) et oO. en mettant \d. préconnaissance à la base de la jirédestination. Comme un général, qui se trouverait en pleine connaissance des plans de campagne du général ennemi, organiserait son propre plan en vertu de cette prévision certaine et trouverait moyen de faire tourner toutes les marches et contremarches de son adversaire à la réussite de ses desseins, ainsi Dieu, après avoir fixé le but suprême, se sert des libres actions humaines qu'il contemple du sein de son éternité, et en fait autant de facteurs (|ui concourent à la réalisation de son éternel dessein, absolument de la même manière qu'il a assigné à chaque acte de prière son rôle parmi ces facteurs prévus de l'acconjplissementde ses plans. — Paul ne discute pas ici cette question spéculative; sa tractation n'en fournil pas moins occasiomiellement les éléments propres à nous convaincre que. s il eût voulu le faire, ce serait dans celte direction qu'il eût conduit notre pensée.

(Jue conclure de tout cela? <Jue. bien loin de chercher à nier la liberté humaine en relevant les droits de la prédestination <livine, l'apôtre a voulu uiii(|ueiiu'nt sauvegarder la liberté de

o--" I.A .MARCHE Hr SAI.I T DANS L-lirMAMTK

Dieu à l'éizard de sa pmpre élection. Son alliance ne le lie nullement, comme le ferait une loi extérieure imposée à sa volonté. Il reste souverainement lihre de diriizer sa manière d'agir d'après les conditions morales quil rencontre dans l'humanité, iiracianl, quand il le trouve bon. même des hommes i|ui étaient en dehors de son alliance, rejetant, quand il le trouve bon, même des hommes qui s'y trouvaient déjà renfermés. Saint Paul ne polémise point contre la liberté humaine: il atVranchil uniquement l'action divine des chaînes dont Israël prétendait la charger au nom de sa propre élection. Nous avons ici un traité non pour, mais contre l'idée dune prédestination ini'onditionnelle.

L'iniiileliiLieiicc d'israol, cause de son rej(3t : v. l-io.

L'apntro a énoncé sommairement dans les v. SO-.'îS la solution réelle du problème. La prétention orgueilleuse du peuple de maintenir sa justice propre a fait qu'il s'est iieurté à la véi'ilable justice, celle .le la foi, que Dieu lui ollrail dans la personne du .Messie. Le cli. X développe et approfondit cette solution. .Malgré son zèle religieux, Israël, aveuglé par la prétention d'établir sa propre justice, n'a pas compris que la fin du régime légid devait être la conséquence (le la venue du. Messie (v. 1-i); en elïet celuici venait inaugurer un tout nouvel ordre de choses dont les caractères étaient opposés à ceux du système légal : c'étaii'Ut la <iraluUé complète du salut (v. 5-11) et son iniiversalilc (v. H-I.i). Dans son zèle aveugle poui" le maintien de sa justice propre et de son monopole particulariste, Israël a repoussé ce dessein de Dieu et rejeté le .Messie (jui venait le réaliser.

Au moment de dévoiler l'inintelligence spirituelle du peuple élu, qui a forcé Difu à rompre avec lui pour un tenq:)S, Paul est saisi d'une émotion non moins vive que celle qu'il avait ressentie en commençant à traiter toute

ClIAP. l.\. u.!-\. 1. o'il

celte matière (IX, I etsiiiv.). 11 s'iiiternimpt jiour donner cours au mouvement de son âme et l'aire comprendre à ses lecteurs que, malgré tout ce qu'il va dire, son cœur ne se sépare nullement de son peuple.

V. 1 el ri : « Frères, le bon plaisir de mon cœur et la prière ' que j'adresse a Dieu pour eux - vont ■ à leur salut. '2 Car je leur rends ce témoignage, qu'ils ont du zèle pour Dieu, mais non avec intelligence. » — L'émotion duiil le cœur de l'cipôlre est rempli se trahit dans Vdsyndelon enlie le v. .vJ et le v. 1. Par le mot frcre:!>, il associe ses lecteurs à l'élan de son cœur, auquel il va donner coui's. Le v.iv trouve son r^z loiiique dans v. 'I' cl .) : «. Assurément je désire..., mais il y a un obstacle. » — Le mot z'j()oy.iy., bon plaisir, complaisance du cœur, a été pris par plusieurs dans le sens de vœu, alîn de faire ainsi marcher ce terme avec le suivant : uia prière. Mais il n'est pas nécessaire le lui donner ce sens dont on ne saurait citer aucun exemple. L'ap(jtre veut dire que c'est vers cette pensée du salut d'Israrl que le mouvement de son âme se dirige avec une complaisance constante, que c'est là en quelque sorte l'idéal de son cœur. « Ce n'est pas à leur perdition, malgré leur incrédulité et leur haine de l'Kvangilr, (jue mon cœur aspire, mais... » A cette idée se rattache tout naturellement celle de la prière par laquelle i! demande la réalisation de cette aspiration. Les trois leçons indiquées en note que présente le T. R. doivent être écarlées. Les deux dernières proviennent sans doute de la ciiconslance qu'avec ce morceau coMmiençail une

* Le r, ([ii(' le T. K. phice après o^r,?:; ne sr lit ijui' dans K L d ks .Man.

- Au lieu de j-ci toj laiar,/. (pour Israr/f que lit T. R. avec K I^ el .Mnn., tous les autres lisent jnso ajTfov 'pour inixi.

•' V.z-.: du T. R. ne se lit que dans K L P et Mnn. : omis che/. tous les autres.

Él>. \UX H<(M. — ro.MK II. 21

:f2-J. I.A .MAUl'.IIK l>r S.M.IT liAXS I/IIIMAMTE

lecliire publique; ce qui foiviiil à conq^léter la proposilion. — Le rcii. j-è: a-jTwv, punr euœ, pourrait dépendre du verbe sous-entendu est. ou plutôt sont: « Mon bon plaisir et ma prière sont eu leur faveur, )) et cette idée de faveur, renfermée dans la prépos. ôric, serait précisée ensuite par l'appusition £tç 'TtoTTiçiav : «sont en leur faveur, c'est-à-dire pourleur salut. ï> Mais à quoi bon cette explication oiseuse? 11 vaut mieux faire dépendre lej'égime pour eux, aussi bien que le précédent à Dieu, du mot prière qui a un sens énergique et verbal, et faire de ei; aojTr.piav, (/ salut, le réiiime de la propos, tout entière : a Le bon plaisir.... et ma prière pour eux tendent à leur salut. » M s'entendait bien que Paul priait au sujet d'Israël; mais priait-il pour son chfitiment ou pour son salut? C'est ce qu'on pouvait se demander. — BerKjel fait observer ici « que Paul n'aurait pas prié pour les Juifs s'ils eussent été absolument réprouvés. )) Cette remarque citée par plusieurs avec approbation, ne me paraît pas exacte; car une réprobation absolue pouvait bien frapper les individus incrédules du temps de Paul, sans que Paul cessât de prier pour la conversion future du peuple.

V. 2. Dans cev. Paul justifie cet intérêt si vif pour le sort des Juifs énoncé au v. I. Que n'ont-ils pas fait, que n'ontils pas souffert, ces Juifs dévoués à la cause de Dieu, sous les pouvoirs païens qui se sont succédé? Maliiré les plus affreuses persécutions, ne sont-ils pas parvenus à maintenir pendant des siècles dans foute sa pureté leur culte monothéiste? Et dans ce moment même, quel attacbemenl admirable aux cérémonies de leur culte et à l'adoration dr Jéliova ! Quand Paul dit y.apTupco, je leur rends ce témoi- (jnn;/e, il semble faire allusion à sa conduite d'autrefois et dire : Je connais un Ikmuihc ({ui a ressenti quelque chose de ce zèle-là! — Malheureusement cet élan n'est |>as

dirigé d'après la norme (/.-/Ta) d'iiiit* coaniiissance jiisie, d'un discernement réel dos choses. Kl c'est celte inintellilience qui a gàlé les efîels de ce zélé admirable. Il n'emploie pas le mol -'vô)?-.;, la coniuùs.stnict' ; aw les Juifs ne manquent certes pas de science relitiieuse. Le terme composé dont il se sert est plus énergique; il désigne le disœniement, l'inlelligence qui met le doigt sur la vraie n;iture du fait. Ils n'ont pas su discerner le vrai sens et la vraie portée de l'institution légale ; ils se sont ardemment attachés à tous ces rites particuliers; mais ils n'en ont pas saisi le hut moral.

V. :\ : (( Car ne connaissant pas la justice de Dieu et cherchant à établir la leur propre ', ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu. " — (le verset est destiné à expliquer le terrible malentendu qui a pesé sur l'esprit d'Israël et qui amène en ce moment le divorce entre lui et son Dieu. 11 n'a pas compris par l'A. T. que c'était de Dieu que devait lui venir la justice, et en conséquence il a voulu à tout prix maintenir l'institution légale comme le moyen d'établir la sienne propre. — Le terme àyvooOvTc;, lie connaissant pas, est en rapport direct avec l'expression précédente : mais non avec inlellii/ence. Sous la discipline d<^ la loi, aurait dû se former chez les Israélistes l'iiituitiiin de la véritable justice, de celle que Dieu accorde à la loi. Car, d'un côté, l'effort consciencieux de pratiquer la loi les eût conduits au sentiment de leur impuissance (comp. le cliap. VI!) et, de l'autre, l'étude approfondie des Ecritures leur eût appris, par l'exemfjle d'Abraham (Gen. XV, Tu et par maintes déclarations proplu-tiques (Es. L, S et î»; liai». Il, i), que « la justice et la force viennent de rElcnicl. » .Mais en n'usant pas de la loi dans cet esprit de dioilure

' T. 1{. lit après '.v-av aver n I-' (i K I. S\i-. le uni '>./.aio-ov/;/ //--.vticej. qu'oincttént A l{ i) M IV

•>- > LA .MAIICIIK Ul" SAIJ'T DANS L'IIIMA.NITE

cl iriiuiiiililé, ilsîJC sont trouvés nioraleiiienl incapables de comprendre la révélation suprême; et leur esprit lancé dans une fausse voie s'est heurté à la vt'iité divine nianifeslée dans l'apparition du Messie (v. ."}2). Plusieurs interprètes entendent àyvooOvTe; dans un sens très-énergique : méconnaissant. Meyer insiste en faveur du sens plus simple : ne connaissant pas. Ce dernier sens peut suffire, en effet, pourvu qu'on n'oublie pas que dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, l'inintelligence est le résultat des infidélités antérieures ; comp. 1 Cor. XIV, 38 et Act. XVII, .!(>. — (juand nous ne connaîtrions pas par la première partie d(! l'épître le sens du terme •.justice de Dieu, ce sens résulterait clairement ici de l'antitliése : la propre justice. Celle-ci est une justification que l'iionmie obtient en raison de son accomplissement de la loi. Dieu ne lui donne rien, il se borne à constater et à proclamer qu'il a de quoi être satisfait. Lu justice de Dieu, au contraire, est la sentence de justification que de son bon vouloir il accorde au pécheur croyant. — Dans la première propos, il s'agit de la notion (]e la justice de Dieu qui n'est pas parvenue à se former dans leur esprit; dans la secoudi» ce mot est pris au sens concret ; il s'agit de la justice telle qu'elle leur a été offerte réellement en Christ. — ^iTrcrai, établir; ce mol signifie : faire tenir debout comme un monument élevé, non à la gloire de Dieu, mais à la leur propre. Ce chercher ii claldir est le OÉXsiv et le Tp;y£',v, le vouloir et le courir, de IX, 1(5. — Celte tentative orgueilleuse a almuti à une révolte ouverte, au rejet du Christ et de la justice de Dieu offerte en lur. Le verbe oj/ j-srày/iTav, ils ne se sont pas souDiis, cai-actérise le refus de croire comme une désobéissance ; cesil le pendant des passages on la foi est appelée une obéissitnce (I, r»; VI, I7j. Ce vei'be pi-ul avoir le sens passif ou iiiovrn ; ici c'i.'Sl évitleiiimciil le second (Vlll, 7; XIII, I).

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