‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 37 sur 97 · SS LA MARCHE DU SAI.IT DANS LU CMANITÉ · texte numérisé non relu

SS LA MARCHE DU SAI.IT DANS LU CMANITÉ

Faire descendre Christ sii:nifie donc : nier son élévation céleste. Celui qui veut à force creflbrts atteindre la vie, entrer dans la communion de Dieu par son obéissance. (monter au ciel), nie implicitement que (".lirist soit monté au ciel pour nous en ouvrir l'entrée et que du haut du Irône divin il déploie sa force pour nous y élever en nous faisant participer à sa vie céleste. Comp. les paroles suivantes de Paul: Epli. II, 18 : «Par lui nous avons accès auprès du Père; » II, ('• : «Il nous a fait asseoir avec lui dans les lieux célestes; » Col. III, ."» : « Notre vie est cachée avec Christ en Dieu.»

V. 7. Mais la justice de la fui implique un autre i'ail non moins nécessaire : l'expiation. «Oui descendra dans l'ahime?)) demande encore l'interlocuteur inquiel, c'est-àdire en réalité la conscience humaine qui a besoin de pardon. Qui ira dans le séjour des morts accomplir l'œuvn' d'expiation indispensable, éteindre le feu du châtiment rm''rité et rne rapporter l'assurance de l'abolition de la condamnation? La justice de la foi, dit Paul, ne le permet pas non plus d'interroger ainsi. Car par cette question tu donnes un démenti au fait de la mort expiatoire el de la résurrection du Clirist. absolumt'ut comme pai' la précédenle tu en donnais un au i-rand fait de son ascension. Dire: (Jui descendra pour expier? c'esl, loi^iqucment parlani, faire remonter celui qui est déjà descendu et ressuscité, c'est remettre les choses au point où elles se trouvaient avant le sacrifice expiatoire tlonl l'ellicacilé est certifiée par la résurrection, tout comme diie : Qui montera...? c'était remettre les choses au point où elles se trouvaient avant que Christ fût assis sur le Iri'nie divin. — On objecte à ce sens que la mori el la r(''Surreelion auraient dû être placées avant l'ascension; mais Paul suit Tordri' des (|ueslions. Ici (pi'il Si- ti'ouv.iii dans la parole du Deuléronome; et cela

CHAI". X. (i-T. '»•»'.>

n'iiii|)orte en lien pour l'usage qu'il en lail relalivenienl au salul chrétien. Meyer pense que dans ceUe seconde question Paul s'adresse à un homme qui nie le fait de la résurrecliun. Mais toutes les affirmations de la justice (.h' la foi ne suffiraient pas pour le convaincre de ce fait. Weiss inter|)rt'ie ainsi : Vouloir par un effort surhumain descrndre au schéol, est aussi absurde que si quelqu'im voulait opérer la résurrection du Christ; c'est vouloir faire ce qui qui est fait. Mais la supposition même d'une telle pensée n'est pas admissible, pas plus que celle de vouloir monter au ciel pour allei' y opérer l'incarnation ! (juelques-uns ont essayé de donner un sens plus acceptable à la question ainsi comprise en substituant à l'idée d'aller ressusciter Christ, celle de descendre dans l'abime simplement pour constater cette résurrection, en se convaincant de ses propres yeux qu'il ne se trouve plus dans l'Adés. Mais il y a loin de cette idée de constater à celle de faire remonter. — Il ne faut pas écrire au commencement du v. : on : comme si l'on sous-entendait un second : ne dis pas. L'interroiialion commencée v. 6 continue après la courte parenthèse explicative ou, selon le terme rabbinique, le midras/i de Paul.

Nous pouvons maintenant résumer le sens du passage : « (Ju'il s'agisse de la conquête du ciel par l'obéissance ou de l'abdlition de la condanuiation par le sacrifice expiatoire, en un mot de tout ce qui |»eut être exigé de toi par la justice de la loi..., la justice de la foi te déclare que cela csl [ai/ ci que tu n'as plus à te demander à toi-même comment tu le feras. )) Il est clair qu'une fois ce mode de justification inauguré, le régime légal a pris fin; comp. le -.-xz car. qui lie le v. 5 au v. A. Il n'y a plus, puisque le salut est fait, qu'à se rap|)roprier par l'acte intérieur de la foi. C'e-I pivcisémenl là le sens des di-rniers mots de la dé-

O-iO l,A MAHC.IIK DU SALUT DANS L'HUMANITÉ

claralion de .Moïse dans le Deuléronome, connue le lait voir rapr)tre dans le v. S.

V. S : « Mais que dit-elle : La parole est proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or. c'est là la parole de la foi que nous prêchons;» — Dans la paiole citée, Moïse disait : Confie-toi à Jéhova (j-tii t'a donné la loi et invoque-le de ta bouche ; avec sa lumière et son secours lu comprendras cette loi et tu la feras. L'apôlre ju^e que c'est là précisément le prélude de la formule évaniiélique qui enseigne la même chose, tout en faisant un pas de plus dans la même voie, et dit non seulement : Crois, et tu feras ; mais : Tout est déjà fait, crois seulement. La déclaration de Moïse est donc encore plus applicable à la parole de la foi qu'à celle de la loi.

Près de loi signifiait dans le sens de Moïse : d'un accomplissement possible, facile même; c'est l'idée expliquée ensuite par les deux expressions : dans ta houche et daiis to)i cœur. Dans ton cœur: si tu aimes et comprends la loi par l'allacliement fidèle à celui qui te l'a donnée. Dans ta bouche : quand tu la réciteras et la professeras en conqilant sur l'assistance de ce Dieu qui veut t'aider à l'observer. — Cette formule, dit Paul, est précisément, et dans un sens plus complet encore, celle de la justice évangèlique. Elle est près de toi : sous ta main comme un fruit qui l'est offert et sur le(juel tu n'as qu'à mettre la main; en opposition à une justice à aller chercher au ciel ou dans le profond du schèol. Elle est dans ton cwiir : puisque Dieu ne te demande qu'im acte du cœur, la foi, pour te la conférer ; dans ta liouche : puisque la confession joyeuse du cœur alTranchi est inséparable de la possession de la paix. L'acte d(i la foi qui reçoit et de la profession qui célèbre est opposé au monter c\ au drsccndre, à un faire quelcontpie de la part de l'iionnue. A .b'sus, tout le faire; à riinniiiir.

(.HAÏ*. X. 7-9. •^à\

le simple croire ! — Dans l'expression tô ir.y.y. -■},; ttîcteoj;, la parole de la foi, le i;én. xr,; tittsco; est complément de l'objet : l'enseignement qui demande uniquement la foi à l'égard de ce qui a été lait par un autre.

Cette idée de la proximité absolue du salut accompli est analysée dans les v. !) et 10 (en parlant des expressions du V. 8) et justifiée encore une fois par une citation scripturaire (v. 11), qui renferme en même temps la transition au morceau suivant.

V. 1) et 10 : « vu que si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus et que tu croies dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé; lo car du cœur on croit pour être justifié, et de la bouche on confesse pour être sauvé. » — Les deux termes : confesser de la Ijouche et croire du cœur, ne font qu'appliquer les expressions dans la bouche et dans Ion cœur, du v. 8. Ce sont là les deux conditions du salut, qui en réalité n'en sont qu'une seule, puisque la foi réelle ne peut pas ne pas s'exprimer par la profession. On peut voir dans le ot-, l'indication du contenu de fr.aa, la parole : parole qui enseigne que ; ou bien on peut le faire dépendre d'un 'Ar/ci sousent., à tirer du ti "Xr/^i du v. 8 (Ollram.). Mais il est plus simple de l'entendre dans le sens de vu que : «Je dis : de; la bouche et du cœur, vu que si tu confesses de la bouche et crois du cœur, tout est fait. » La profession est placée la première, en rapport avec la parole de Moïse, v. 8 (dans ta bouche). La pensée remonte de la manifestation extérieure au principe caché; que serait la profession sans la foi? — L'objet de la profession est le litre de Seigneur donné à Christ, sa souveraineté céleste, telle que le fidèle la proclame par l'invocation dans le culte et tout particulièrement par la profession du baptême, par laquelle il se range publicpiement au nombre de ses rachetés el de ses

•'>P'-i I.A MAlîCHK l»r SAIXri" liA.XS I/lllMAMTE

sujets; comp. I V.ov. XII, S : Jésus Seigneur! et Pliilip. Il, '.(-11, qui montre la relation entre l'élévation céleste de Christ et son titre de Seigneur. Aussi ne puis-je douter que ce litre de Seigneur ne soit en relation directe avec l'idée de l'ascension au v. 0. On comprend que WW.vn, qui a rapporté le v. 6 au fait de rincarnatioii, ne veuille pas reconnaître cette relation.

Le lait indiqué comme formant l'ohjet proprement dit de la foi, est la résurrection du Christ. C'est qu'en effet la résurrection est le liage de la justification accordée (IV, 'l^y; 1 Cor. XV, 17); c'est dans ce lait que le croyant possède la certitude de son salut. — Cette longue phrase se termine par un mot href, sommaire : noi<}r,rjr, , lu seras sauvé. Rendre à Christ par la profession l'hommage qui lui est dû comme au Seigneur, et le posséder dans son cu'ur par la foi comme le Sauveui-: cela fait, tout est fait. La hase du salut final est posée.

V. 10. Le salut comprend hi jiislice et Valfrane/rissetnenl complet, l'entrée dans la gloire; et à ces deux faits divins répondent ces deux faits moraux : la foi et la profession. Il n'y a dans cette corrélation étahlic pai' l'aid aiicini vain amour du parallélisme, comme le pensent «rV; Welle e\ d'autres. La justification, aux yeux de Paul, n'est pas encore id(3ntique au salut, dans le plein sens de ce mot; elle n'en est, connue dit VIV/.v.s, ({ue la condition; voira V,îl-I(l. La justification est quelque chose d'actuel; le salut est quel- (pie chose de futur; comp. VIII, ^i: a C'est en espérance (pie nous sommes sauvés. » La justification dépend uni- (picmenl de la foi; le salut liiial a jioiir coiidilioii ro'iivre il(^ la sanctification, laquelle iin[)lique la fidélité persévérante dans la profession de la foi, ri-ix-Arm:, l'invocation par la participation au eiille (I Cor. 1,:^), h' /.y.-y.yycHiiy Tov ^zvxTov -'/j y.-jz'.'/j dans la céléhration de la ï^ainte Cène

(.11 Al'. X, 'j-ii. 3-4:i

(I Cor. XI, 26), (m un mot. l'atlacliemenl constant à In communauté chrétienne. — Dans ce v. Ht Paul revient à l'ordre naturel et psychologique, d'après lequel la toi précède la profession. C'est qu'il expose ici .sa propre pensée sans se lier plus longtemps à Tordre de la citation mosaïque. Et pour mettre <^omme un point final à lout ce morceau, dont l'idée est la gratuité parfaite du salut, il répète encore une fois le passage d'Esaïe qui lui avait servi de point de départ (IX, 33). S'il ne parle plus que de la foi, c'est qu'elle est et reste la condition essentielle dont la profession est le corollaire.

V. 11 : « Car l'Ecriture dit : Tout croyant en lui ne sera point confus. » — Comp. Es. XXVIII, 10. C'est-àdire qu'il suffit de croire en celui qui a tout accom[)li, pour être sauvé absolument comme si on avait tout accompli soi-même. Encore ici l'apôtre cite d'après les LXX (voir à IX, 33). Le plus misérable d'entie les croyants, s'il croit, ne sera pas déçu dans sa confiance. — Dans ce passage le mot Tràç, tout, qui n'était pas authentique IX, :^:], a été réellement ajouté par l'apôtre au le.xfe du prophète. Il en avait le droit, car runiversalit(î du salut découle naturellement de sa comjjlète gratuité. Cette addition légitime du mot tout est inspirée ici par le fait que, comme le montreiont les v. 1:2 et 13, rap(')lre |)asse maintenant de l'idée de la (jraluitc du salut à celle de son niilirrsalite. El voici comment il y est naturellement amené. Il veut expliquer en quoi a consisté l'iiiiiitelligence des Juifs à l'égard de la pensée divine, inintelligence d'où est résidlée leur incrédulité d'abord, puis hiur i"(''jeclion. Or il y avait eu pour les Juifs dans. l'Evangile deux pierres de scan- «lale : le salut sans condition d'œuvre, et ce salut gratuit offert à tous, païens comme Juifs. Paul vient de montrer conunent les Juifs s'étaient heurtés à la premièi-e de ces

o44 |..\ MAKCIIK l»U SAM'Ï DANS l/lir.MAMTK

notions et monire maintenant qu'ils n'ont pas mieux compris la pensée de Dieu à l'égard du second point, lis ont persisté non seulement à vouloir obtenir le salut par leur propre œuvre, mais encore à en faire le monopole de leur nation privilégiée, ne consentant à le partager qu'avec ceux des païens qui accepteraient la circoncision et le régime mosaïque et deviendraient ainsi membres du peuple d'Israi^l. C'était aller à l'enconlre du plan divin qui visai I à la prédication d'un salut givUuit dans le monde entier et par conséquent à l'abolition du régime légal.

V. 12 et 18 : t' Car il n'y a pas de différence entre le Juif et le Grec, vu qu'il n'y a qu'un même Seigneur pour tous, riche envers tous ceux qui l'invoquent. 13 Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. ">> — Le salut étant iinilidl, rien mrestreint plus son application : il est nécessairement vniver.sel. C'est celle conséquence logique que l'apôtre expose V. 12 et qu'il confirme v. 13 par un nouveau passage scripturaire. — Ce qui faisait la séparation entre les deux fractions de l'humanité, les Juifs et les Grecs, c'était la loi (Eph. II, 1-4, le p.e'rÔTotyov, le mur mitoyen). Celte muraille une fois abattue par l'œuvre du Messie, — ce fail vient d'être démontré, — l'humanité ne forme plus qu'un seul corps social et a tout entière le même Seiffneur, el un Seigneur assez riche pour communiquer à toute celte multitude les grâces du salul, à une seule condition : I'/hvomtion de son nom. Israël n'avait jamais rien imaginé de pareil; et pourtant c'était clairement annoncé, connue le démontre le v. 18. Dans la secouJe propos, du v. 12, le sujet pourrait être le pronom ô a-jTÔç, le même : « Le même (être) est Seigneur de tous. )i 11 me para il cependant plus naturel de joindre le mot x.'jf.o:, Sri;iufiiy, au sujet, puis

<le le sous-enlendre comme allriliul : « Le même Seiiiiieur est (Seigneur) de tous. » Voir la même conslructioii 11, ^9. Dans tous les cas il n'y a aucune raison de faire du participe -Ao'jTcov. qui est riche, le verbe principal, dans ce sens : « Le même Seitineur est riche pour tous ; » car l'idée essentielle n'est pas celle rie la richesse du Seiiineur, mais celle de sa souveraineté universelle. Cette idée est pour nous banale; il n'en était pas ainsi k l'origine. Elle saisit saint Pierre comme une clarté soudaine la première fois qu'il la voit se réaliser dans les faits (Act. X, oi-3(i). — La condition de l'invocation rappelle l'idée développée plus haut de la profession, de l'ôy.oAoyca, v. 9 et 10. La vraie profession de la foi, c'est en effet ce cri d'adoralion : Jésus Seigneur ! Lt ce cri peut être poussé également par tout cœur humain, juif ou païen, sans qu'il soit besoin |)0ur cela d'aucune loi. Voilà comment l'universalisme fondé sur la foi exclut désormais le régime légal. L'idée : riche enrers Ions, établit la pleine égalité des croyants quant à la participation aux gnices du salut. Ce Seigneur commun est assez riche pour donner abondamment ce qui manque aux pauvres païens, non moins qu'aux Juifs déjà enrichis. Cornp. J(;an 1, Iti : « Et nous avons tous reçu de sa plénitude. »

V. L'). Joël (II, .■t::^) avait déjà annoncé ce fait nouveau : que la paiticipalion au salut ne dépendrait que de l'invocation croyante du nom de Jéhova au jour»de sa manifestalion suprême, messianique. Les rites légaux avaient disparu à ses yeux; il ne voyait plus que l'adoration de Jéhova parfaitement révélé. Paul apjdique de plein droit à la venue de Jésus cette parole prophétique, dr, si l'invocation du nom de Jéhova révélé en la personne du Messie-Jésus, doit être pour tous le moyen du salut, que résiille-t-il de làV (ju'il n'y a plus pour rétablissement du

•■»i'> I.A MARCllK lil' SAI.l T DANS i;iilMAMTI-:

règne (Je Dieu (ju'uik} coiulilion à remplir : la prétlicalion universelle île ce nom (jui doit être invoqué par tous. Ici l'apùtre arrive à la coiichisiun du procès qu'il a été obligé d'inlenler aux Juifs pour juslifier Dieu.

La complète inexcusahilité d'Israël : v. I i-:2l.

V, I i el 15 : ce Comment donc invoqueront-ils' celui auquel ils n'ont pas cru? Et comment croiront-ils- à celui dont ils n'ont pas entendu parler? Et comment entendront-ils •' parler de lui sans quelqu'un qui leur prêche? 15 Et comment leur prêchera-t-on ', s'il n'y en a qui soient envoyés, selon qu'il est écrit : Combien sont beaux les pieds de ceux qui publient la paix\ qui annoncent les" biens!» — Pas d'iiuoeaiion sans loi; pas de toi sans audition; pas d'audition sans pri'dication; pas de prédication sans mission. Un apostolat luuversel est donc le corollaire nécessaire d'un salut gratuit el universel. Tel est le contenu de nos deux versets. Contre qui sont-ils dirigés? Car celle forme iulerrogative montre hicii que rap('itre a en vue quelque opposant. Ou a pensé que c'étaient les judéo-chrétiens, auprès des(]uels il voulait juslifier sa mission. .Mais ce ne sont pas les judéochrétiens, ce sont les Juifs incrédules qu'il a en vue. Il veut montrer que s'ilseussenl compris la destination universelle du saint messianique, ils ne se seraient pas oppo- S(''S ainsi partout avec ime aveugle fureur à la [)r(''di(alion

' T. |{. lil avec K t> I' : c-'./.aXïaovtTr-. ; tous les aulrcs : s-'./.aXcawvra'.. - T. R. lil avec A K I., : -■iTZJ^oj-f.v ; Ions les autres: -irsizwjto'sv/. '■'' T. W. lil a\('c 1. : azo-j^oj^'v ; U : a/ojio'j'.v ; Ions les autres : a/.o-j-

' T. I{. avec l)eaucou|) de .Mnii.: ■/.r,'>yJoj'j;v ; lous les Mjj. : y-r,yj-

•'• X A B C omolteill les mois nov ijy.-;-;s'/.'.'Ço'jf^fr/ i'.,ir,VT,v Kjiii pnh lient ht paix).

•■' A [{ r, t) E V C, oinellriil l'arl. Ta devant ayaO* il.:s biens.

CHAI'. X, 13-1 'i.

Ul

(le l'EvaiiLiile chez les païens. Pour comprendre ce passable (le Paul, il faut, se rappeler ses paroles 1 Tliess. Il, 15. IC). « Eux qui ont lur Jésus el les i)rophètes et qui ne cessent de nous persécuter, qui sont hostiles à tous les hommes et qui nous empéchenl de leur parler pour qu'ils soient sauvés. » C'est là, à mes yeux, la seule explication de ces versets conforme au contexte et qui rende compte du tour plus vif qui les caractérise. .Je crois donc inutile d'indiquer et de réfuter les nomhreuses opinions diiférentes énoncées sur ce passade.

F^as d'invocation sans la foi. H est ditïicile de se prononcer enire le T. R, i-v/.aASTovTa!,, invnqueronl-ils, el les textes alex. et iiréco-lal. : ï-v/.yXinviv-y.'., voudront-ils ou jioioront-Hs invoquer. Celle même variante se retrouve <lans les verhes suivants et sans que les autorités critiques soient conséquentes avec elles-mêmes. Le simple futur est plus nalurei, quoique le conjonctif puisse aisément être défendu.

l'as do foi sans l'audition du messaiie évangélique. Le pronom oj, que nous avons Iraduit par dont, signifierait proprement que (pronom): « ^^^ils n'ont pas entendu. » .Mais les hommes ne peuvent entendre .h'Sus-Christ. Mci/er répond qu'ils peuvent l'entendre par la bouche de ses envoyés : « Christ qu'ils n'ont pas entendu prêchant pai' la l)0uclie de ses apôtres. » Cette idée poui-rait-elle être exprimée de la sorte? Hofmann donne à oj un sens local : « Comment rinvoqut!rail-ou lii où on n'a pas entendu (parler de lui)? » .Mais l'ellipse des derniers mois est inadmissible. Il me paraît plus simple d'appliquer le pronom oj à .lésiis non comme fnà/nnil, mais comme prrc/iij ; conq). Kphés. IV, 21 : « Si du moins vous Vave: rnlendu el avez (Hé insiruils en lui. » Il est vi-;ii cpic dans ce passage df.'S l'!pli. le primoiii, oiijt;! de wv: vntvndu, est

O-iS I.A MAHCHE Hr SALIT DANS LHI.MAMTÉ

à raccusatif (scjtov), et non comme ici au Liônilil. Mais celle (lifTérence s'explique facilement; il s'aiiit là d'un acie d'intelligence qui pénètre l'objet, tandis que Paul ne veut parler ici que de la simple audition comme condition de la foi, et c'est à quoi convient le à/.o'Jeiv avec le génitif.

V. 1."). Pas de prédication sans mission. Paul ne pens(pas à quelque association humaine envoyant des missionnaires. Le terme à770'7Ta").w':iv, soient envoyés, se rapporte à y apostolat en tant que fondé par le Seigneur luimême. Celte mission suprême renferme en principe toutes les missions subséquentes. A cette pensée d'un apostolat universel le sentiment de l'apôtre s'exalte; il les voit, ces envoyés de Jésus, parcourant le monde et semant partout, à la joie des peuples qui les entendent, la bonne nouvelle. Le passage cité est emprunté à Esaïe LU, 7. Inr parole analogue se trouve aussi dans Xabum (I, I5i, mais sous une forme, |)bis brève : «Voici sur les montagnes les pieds du messager qui annonce la paix. )> Chez ce dernier cette parole s'applique au messager qui vient annoncer à Jérusalem la chute de Ninive. Dans Esaïe, elle est plus conforme au texte de Paul et se rapporte directement à la prédication du salut dans le monde entiei-; car les paroles qui suivent sont celles-ci : « Kt toute chair verra le salut de Dieu. » Au retour du peuple captif doit succéder le message du salut linal. Les mots : « de ceux qui annoncent la paix, » sont omis à tort par les .Mss. alex. Le copiste a confonrlu les deux £jaYYcA!,"C'jy--vcov el omis ainsi les mots intermédiaires. On ne peut supposer que ce soit le T. U. el ses documents qui aient ajouté ces mots; on les eût copiés plus exactement du texte des L\X (comp. la substitutidu du ilzryry au ày.o/v eizryr,;). Du reste, c'est ici l'un (\q> passages oii Paul abandonne à dessein la traduction

CHAI'. X. i;-it

des L\X iioiir conlormer sa citalion au texte hébreu, dont les premiers mois étaient tout à lait mal rendus par la version «irecque : wç (ôpy. s-l tÔjv oçiwv, comme la belle saison sur les muutaf/nes... L'apôtre se permet en même temps quelques modifications au texte d'Ksaïe lui-même, il retranche les mots : sw les montagnes, qui ne s'appliquaient pas à la prédication évangélique, et il substitue au singulier : celui qui annonce, le pluriel qui s'a.pplique aux nombreux agents de l'apostolat chrétien. — H iaut naturellement opposer les termes de paix et de hiens à l'établissement du régime légal dans le monde entier, dont se nattaient les Juifs; comp. Eph. II, 17. — Si on lit avec trois Aljj. l'article -rà devant àyaOx (les biens, au lieu de : ties biens), Paul fait expressiîment allusion aux biens connus et dès longtemps aimoncés qui devaient constituer le boidieur du régne messianique. L'omission a pu provenir des LXX.

Tel ;iurait dû être le terme glorieux de l'ancienne alliance : quelque chose de mieux encore que l'extension du régime légal à tous les peuples; une offre joyeuse et universelle du salut et des grâces célestes de la part d'un Seigneur riche envers tous. VA si Israël eût conqjris son rôle, au lieu de devenir l'adversaire de celte dispensation miséricordieuse, il eût mis son and)ition à s'en faire l'instrument et se fût transformé lui-même en cette armée de messagers annoncée par le prophète et chargée de prêcher le salut à tous les |)euples. Ce plan divin a échoué contre son inintelligence obstinée de la gratuité du salut el de sa deslinalion universelle. C'est ce dénouement tra- '^i(liie (pie rappellent les v. suivants.

V. K; el 17 : « Mais tous n'ont pas obéi à l'Evangile; car Esaïe dit : Seigneur, qui a cru à notre prédication? 17 La foi vient donc de l'ouïe, et l'ouïe a

'")O0 I.A MVKC.IIE I)L' SALIT DANS LTIIMA.MTK

lieu par la parole de Dieu'. » — Le moi yX/.x, mais. oppose l'ortement ce qui s'esl produit (rincrédiilité juive» à ce qui aurait dû se produire. A un apostolat universel aurait dû répondre une foi universelle, il n'en a rien été. 11 est évident que ces mots font allusion à l'incrédulité par laquelle les Juifs dans leur Lirande majorité ont répondu au messajie apostolique, non seulement en Palestine, mais dans tous les pays du monde. Le terme n'oni pas obéi rappelle celui du V. .1 : ne se sont pas soumis. Jl y a désobéissance à ne pas accepter ce que Dieu offre. Le terme {VEranijih' reproduit celui ô'évaiigéliser (annoncer une bonne nouvelle), V. 15. — La liaison entre la citation qui suit et le fait signalé est celle-ci : Et l'on pouvait s'attendre à ce triste résultai, car cette désobéissance avait été prévue et annoncée. Es. LUI, \. — Esaïedansce passage annonce l'incrédulité du peuple d'Israël à l'égard d'un Messie tel que celui dont il va décrire l'apparition toute d'abaissement et de douleur. 11 comprenait bien qu'un tel .Messie ne répondrait pas aux vues ambitieuses du peuple et serait rejet»' par lui. L'objet de l'incrédulité qu'il annonce est, non pas sa propbélie elle-même, mais surtout le fait qui doit la réaliser. L'apùtre ajoute au texte hébreu, d'après les LXX, le mot /.'jp'.s, Scif/ncur. Le terme à/,or,, que nous traduisons ici [Ydr prédication, en raison de son complément ry.wv, de noKs {\es prophètes), désigne propr. l'audition et comprend ainsi, avec l'acte d'ouïr, le contenu de la parole entendue. Le sens de ce mot n'est pas : ce que nous, prophètes, entendons de la bouche de l>ieu, mais : ce que nous, prophètes, faisons entendre au |ieuph;' de sa part. Eu citant celle parole d'Esaie, l'apùtre pense tout à la lois à l'inciédulité du peuple juif en Palestine à l'égard de la

' T. !{.. a\ec A K 1. l' S\r.. lit fJioj (de Dieu) ; n B C D E : X.v.i- TOj (de Clii-ist); V (1 oiiiellont loiil léirime.

CHAP. X. ic-i";

.Sol

piédienlioli des Douze el à celle de loiiles les synaLiO<:iies du monde entier envers la sienne propre et celle des api'ities et de leurs collaborateurs (les /.r.p-jcrGovTe;, v. 8).

V. 17. Aucune nécessité logique ne forçait l'apôlre à revenir aux deux idées renfermées dans ce v. et déjà exprimées au V. 14. Mais il les relève en passant comme conlirmées par la parole d'Esaie qu'il vient de citei-, et afin de motiver plus clairement l'objection qui va suivre au V. 18. "Aca : ainsi donc; « précisément comme je le disais. » — Le sens d'à/co-/;, audition, ne change pas en passant du V. 10 au V. 17. Seulement l'absence du complément -/ly.wv montre qu'il n'est plus queslion dans ce v. que du rôle de l'auditeur et que ce qui appartient à la mission du j)rédicateur est réservé à la seconde proposition : La loi vient de l'acte d'ouir, et l'acte d'ouu' a lieu par le moyen de la parole de Dieu (prèchée). (7est l'idée de v. 14'' que Paul <légage ici du texte d'Esaïe, comme dans la propos, précédente il en avait déduit celle de 14''. il est donc faux d'appliquiM', comme le veulent Meijci\ Weiss, Ollnunare el «l'aulres, l'expression de parole de Dieu à Vordre divin d'envoyer des prédicateurs. Non seulement ce sens ne s'accorde point avec l'emploi du mot 'fr^j.y.^ jnirolc, daus ce morceau (v. 8 et 9); mais surtout rien dans ce texte d'Esaïe ne conduit là l'idée d'un ordre divin par lequel Dieu aurait décidé de fonder le ministère de la prédication — 'E:, (le: fi'-y-, par; la foi naît de l'audition et l'audilion s'opère pai' le moyen de la prédication. Si Ton admet la leçon alex. XpiTToO, de (Ihrist, il l'aut l'expliquer par le fait qu(î la |)ropliélie Es. LUI avait pour objet, aussi l)ien que la pn^lication apostolique, la [)ersonne du Cbrisl. Si on lit OeoO, de Dieu, le gén. est celui, non de l'objet, niai> dr l'auteur.

Ici l'aid se pose à bii-niènn- une objeelion : mais cette

Srd LA MAi;i:iiE Dr salit dans L-|IU.M.\.\"1TK

condition indispensable, celle de la prédication, a-l-(,'lle été suffi sa m m ont remplie à l'éfiard d'Jsrai'l kii-mèiiie ?

V. IS. (( Mais je dis: N'ont-ils pas entendu? Bien plutôt, leur voix a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu'à l'extrémité du monde. » — Ite mèine que, d'après Ps. XIX, I et suiv., les cieux et leurs armées prêchent l'existence et les perfections de Dieu à tout l'univers et., tout muets qu'ils sont, font retentir leur voix dans le cœur de tous les humains, ainsi, dit saint Paul avec une sorte d'enthousiasme, au souvenir de son propre ministère, la voix des prédicateurs de l'EvanLiile a retenti dans toutes les contrées et dans toutes les villes du monde connu. Pas une synaiiogue où elle ne soit parvenue; pas un Juif dans le monde qui puisse justement prétexter de sou itj;norance à ce sujet ! — Mh or/. •/î/.ouGav : « il n'est pourtant pas ariivé qu'ils n'aient pas entendu?» Le ;r/;fait attendre cette réponse néiiative : Non, rien n'a été omis. Evidemment c'est toujours des Juifs qu'il s'agit, comme dans tout le morceau. Origcuc et Calvin font à tort des païens le sujet de •/i/.o'j'7av, onl entendu. Sur [y.evo'jvye , \oir à IX, :2(l. — Le pronom ajTÔ)v, leur (voix), ne se rapporte pas au sujet de rix-ouTav, mais à celui de la phrase dans le psaume cité : les deux. — Personne ne croira que Paul ait voulu donner VexplkaHon de cette parole du psalmiste; c'est ici une application plus libre encore que celle qu'il avait faite dans les v. 6-8 du passage du Deutéronome.

L'apôtre vient d'avancer, puis de réfuter une première excuse qu'on |)0uvait allégiiei' en faveur des Juifs; il se fait jusqu'au IhmiI Iimip avocat, aliu de ne rien omelire de ce qui pouvait être avancé pour les excuser.

Page 1