V VI I-: DANS LE SALIT
Un demandera si, en réclamant uniquement ce culte qui consiste dans une vie dévouée au bien, l*aul veut cxcluie comme irrationnels les actes de culte proprement dits. Assurément non, une foule de passaLies prouvent le contraire; comp. par exemple 1 Cor. XI-XIV. Seulement les actes du, culte extérieur n'ont de valeur à ses yeux que comme moyen d'alimenter et d'activer le culte vraiment rationnel dont il parle ici. Tout acte de culte qui n'aboutit |>as à la consécration sainte de celui qui l'oflie à Dieu, est chrétiennement Ulof/ique. — Mais quel usage le fidèle devra-l-il faire de ce corps consacré? Le v. ^2 répond à cette question.
V. '2 : « et ne vous modelez ' pas sur ce siècle-ci, mais soyez transformés- par le renouvellement de votre ' entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, cette volonté bonne, agréable et parfaite. » — Nous avons déjà dit qu'il ne faut pas cliercber dans ce v., comme le fait Meyer, l'idée de la sanctification de l'àme comme complétant la consécration du corps. Cette idée eût été placée la première, et les tei'mes ô'âme ou d'cs/^vY eussent certainement été employés au lieu de celui de voO:, ['culendement, (\uï ne désigne qu'une des (acuités de l'àme et une faculté de simple apei'ception. La relation entre les deux v. est tout autre, l'aul vient de représenter le corps du fidèle comme un insliiiment consacré. Oue lui reste-t-il à indiquer, sinon la nonne d'après laquelle le lidèlc devra se servir de cet ai:ent et réaliser dans la vie cette consécratidu? — Le /cai, cl, sii^ni-
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lie flonc ici : rt pour cdn. Le T. li. lil avec plusieurs anciens (Jocuments et les deux pius anciennes versions les deux vei'ljes à l'impéralir : modcli'z, transfunnez, tandis que les Mss. liréco-lalins les lisent à l'infinitif. On pr»unait prendre ces infinitifs dans le sens d'impératifs iv. 1.")). Mais il est proltalile (pie par celte dernière leçon les copistes ont voulu continuer la construction du v. I et f'airr dépendre ces deux verbes de -rrapa/.aT.co, je vous exhorte. Les autorités parlent en faveur de l'impératiL — Dans l'emploi de son corps consacré, le fidèle a d'abord un modèle à renier, puis un type nouveau i\ discerner et à réaliser. Le modèle à rejeter est celui que lui oiTre le présent siècle, le «ienre de vie résinant, comme nous dirions, le bon tim ou lu Diode, en prenant ce mol dans un sens lar<ie. Le terme de '^yfry.y- désigne la tenue, l'altitude, la pose, et le verbe ^'jnyru.y.-:C'ltf:(iy.i, l'imitai ion de cette manière reçue de se comporter. Le terme de présent siècle est employé chez les rabbins pour désigner tout l'état de cboses qui précède l'époque du Messie; dans le N. T. il caractérise le train de vie des gens qui n'ont pas encore subi le renouvellement opéré par Christ dans la vie humaine. Cette manière de vivi'e n'est pas le modèle que le fidèle doit se proposer dans l'usage qu'il fait de son corps. 11 doit chercher un type supérieur à réaliser, mais par le moyen d'une puissance agissant du dedans, et non par un procédé de simple copie; il doit se transformer, littéral, se métamorphoser. Le terme de y-ocor,, forme, désigne proprement, non pas une pose extérieure, connue '^//.y-a, tenue, mais une forme orçianique, produit d'un principe de vie intérieur. Ce n'est donc pas en regardant autour de lui, à droite et à gauche, que le fidèle doit appiendre l'usage qu'il a à faire de son corps; c'est en se nietlant sous l'empire d'une puissance nouvelle cpii lui dictera cet emploi.
•1-rJ I.A VIE DANS IJ-. SAUT
Meijer, Weiss, Hoj'iiumn et (rautres se refusent à reconnaître celle (Jifl'érence de sens entre les subsl. o/yj.oL et y.op'y/;, el entre les deux verbes qui en dérivent, prétendant qu'elle n'est pas conlirmce par l'usage. On allègue IMiilip. il, 7; mais cet exemple prouve précisément le contraire. La [J-'r/yr, ^^j'jao-j désigne l'étal humain substitué à l'étal divin (y.ocor. OeoO) par le fait de rincarnalion, et le n/pj.oL w: avOcoTTo; qui suit, tout le mode de vivre liumain qui a été la conséquence de ce l'ait. Cflle ditïérence répond à celle que Passow établit eiitie ces deux termes; il définit [J-^j-'Or-i ''^ forme du Cdrps I ioUeshildung} : el -T/r.y.a, la tenue du corps (KôrperlialtuH;/)^. L'élymologie elle-même conduit donc naturellement à la distinction que nous avons laite; et Paul oppose évidemment les deux termes avec intention. — Les impératifs /)r6'5e/«/.v indiquent deux actes continus, incessants, qui s'accomplissent sur la base de la consécr.ilion opérée une fois pour toutes (l'aor. -apa'TTr.Ty.t, v. 1). — Va quel sera le principe interne de cette iiiétamoi-pbose du fidèle dans l'emploi de son corps? Le ienoHrclle)ue)il de Ceulendeuicnt, répond saint l^uil. Le voOç, l'enlendemcnt, est la faculté par laquelle l'àme perçoit el discerne le Itien et le vrai. Mais dans notre état naturel cette faculté est altérée; l'amour dominant du moi obscurcit l'entendement et lui fait voir les choses sous un jour personnel. L'entendement naturel, ainsi faussé, esl ce ((ue Paul appelle voO; r?,; craç/.ô:, l'intelligence charnelle (travaillant sous Teuipire dr l'amour du moi), (loi. 11, 1<S. Voilà pourquoi LapiHre parle du renouvelloKenl de Tt'»tendetnenl comme condition de la transformalion organique (pi'il ri'clame. Il faul que celle faculté, affranchie de la puissance de la chair et replacée sous la puissance de
' ('.om|). aii>si remploi des dérivés : .■nheme. srJu'niuti.-tme \ amorjjfti'. iiioi'p/iolo</i<;.
CHAI». Xll. -2. ^^'^'S
rosjjril, recouvre la eiipacité de discerner le vrai modèle à réaliser, le type le plus excellent et le plus sulilinie, c'est-à-dire la volonté de Dieu : pour apprécier (discerner exaclemenl) La volonlé (k Dieu. Le verbe fîoxi|x-/":^civ ne signifie pas ici, comme on l'a souvent traduit, éprouver, faire l'expérience de. Car l'expérience de l'excellence de la volonlé divine ne serait pas une aflaire d'entendement seulement ; tout l'homme y prendrait part. Le sens de ce mol est ici, comme à l'ordinaire, apprécier, discerner. Au moyen de son entendement renouvelé, le lîdéle étudie et refconnait dans chaque position donnée ce que Dieu attend de lui, le devoir de la situation. Semblable à Christ luimême (Jean V, lU. 20), il lève les yeux et «voit ce que son Père lui monlie» à l'aire. Cette aperjeption exige évidemment un entendement renouvelé. 11 faut pour cela se trouver placé par une transl'ormation intérieure an point de vue de Dieu lui même. Il est contraire à la i^rammaire de traduire les mots suivants soit dans le sens de : (Lque la volonté de Dieu est bonne» (Oslerv., Set/.), soit dans celui de : « combien elle est bonne » (Oltram.). Le seul sens possible est : agaelle est la volonlé de Dieu. » Il n'est pas toujours facile au chrétien qui vit au milieu du monde, même avec un cœur sincèrement consacré, de discerner clairement quelle est la volonté ait Dieu à son égard, surtout par rapport aux choses extérieures de la vie. Cette appréciation délicate exige même un perfectionnement continuel au moyen de l'entendement qui se transforme. — Kl pourquoi le modèle à étudier et à reproduire dans la vie est-il, non la manière d'agir du présent siècle, mais la volonlé de Dieu? L'apôtre l'explique par les trois épilhèles par lesquelles il qualifie cette dernière; littéral. : la bonne, l'ac/réable, la parfaite. Voilà donc le type normal jusques auquel il faut, en toute; circuiistance, chercher à s'élever