LA VI K DANS I.E SALUT
ne désigne jamais dans le N. T. la doctrine elle-même; ce terme se rapporte tonjours au sentiment subjectif d'ai)andon, de confiance en Dieu ou en Christ comme révélateur de Dieu. Ne pouvons-nous pas maintenir ici ce sens subjectif du mot foi, sans le restreindre à la foi du prophète lui-même? 11 n'appartient pas au prophète de vouloir recommencer dans l'Eglise l'œuvre entière. 11 parle à une assemblée de gens qui sont déjà des croyants ; il y en a même parmi eux qui ont mission de juger ses paroles (I Cor, XIV, ^9). D'après quelle norme? Evidemment d'après la foi déjà existante dans le cœur ^as auditeurs. Le sentiment de la foi, tel qu'il remplit l'assemblée, n'est pas sans avoir un contenu précis, un objet déterminé; il s'applique à un Christ coniui dont l'œuvre et la parole ne sont pas à refaire; comp, 1 Cor. XV, I-:}. C'est à cette foi, subjective sans doute, mais possédant un objet positif, que doit se rattacher la parole du prophète; autrement elle repose sur une fausse révélation et les juges dans l'assemblée doivent la signaler comme fausse prophétie. V. 7. Le terme de ^ia/.ovîa, charge, désigne tout oflice confié par l'Eglise et accompli à son service. Un tel office suppose sans doute une aptitude spirituelle, un don reconnu par les frères; mais celui qui en est chargé est responsable, non pas seulement envers Dieu, comme dans le cas d'un simple don, mais aussi envers l'Eglise qui lui a confié la charge. C'est là la différence entre la position d'un f^,x/.ovo:, ministre, et celle du prophète ou de celui qui parle en langues. Dans notre passage ce terme de charge, placé comme il l'est immédiatement après la prophétie et avant la fonction si importante de renseignement, ne peut désigne)" ([u'un office important, mais de nature pratique, s'exerçant par l'action, non par la parole; comp. 1 Pierre IV, 1 1, où le terme de rJia/.ovcIv, servir, est opposé
CHAI*. Xll. ti-7. 45.')
à celui de \yj.zl\, parler. 11 nie paraît donc indubitable que ce terme désiiioe ici les c/iaryes ecclésiastiques déjà rxistanles, celles du pastoral (évèque ou presbytre) et du dicconal. Les érêqucs ou presbytres existaient dans le ti'oiipeau df Jérusalem dés les })remiers temps (Act. XI, :\{)). Paul institua sans tarder cet oftice indispensable dans les églises qu'il venait de l'onder, Act. XIV, :2o; cump. Philip. I, 1 ; I Tini. 111, 1 et suiv.; Tite 1, 5 et suiv.; les anciens présidaient les assemblées de l'Eglise, dirigeaient sa mai che et celle de ses membres au point de vue spirituel et administraient sans doute les l'onds recueillis pour le service de l'Eglise. Ils portaient aussi le tilre de -oîy.sv;:, pasteurs, Eph. IV, 11. Mais ils n'exerçaient pas, (\n moins comme tels, le ministère d'enseignement qui était encore complètement libre; comp. les expressions qui suivent dans ce v. même et 1 Cor. XIV, 20. Ce ne l'ut que graduellement que la fonction d'enseignement tut rattachée à la charge de presbytre; comp. Ephés. IV, Il (premier rapprochement) ; 1 Tim. III, 2; V, 17 ; Tite 1,9 (second degré); la réunion complète n'eut lieu qu'au second siècle; voir le rôle de l'i-i'jy.oTToç chez Justin. — Le ministère des diacres apparaît déjà, quoique sans le titre, avant celui des anciens dans le troupeau de Jérusalem (Act, VI, I et suiv.). Ils s'occupaient surtout du soin des pauvres. Celte lonctioii, création directe et spontanée di,' la charité chrétienne, n'a jamais cessé dans l'Eglise; elle est expi'essément mentionnée Philip. I, I; 1 Tim. III, 1-2.
Mei/er objecte à ce sens de (^'.a/.ovia dans notre passage qu'avant et après il s'agit de dons, non de charges. Mais qu'importe? La recommandation de se limiter soi-même s'applique à l'exercice des charges, comme à celui des dons. Du reste le même mélange des dons et des charges se ti'ouve 1 Cor. Xll, 'IX et 4. T). flhacun de ces Ibnc-
•fO-t L.V VIE DANS I.K SAI.IT
tionnaiiv?, dit l'apùtre, doit se lenir dans son nMc et se tenrermer dans l'adminislralion qui lui est confiée. L'ancien ne doit pas aspirer à monter sur l(^ trépied de prophète, ni le diacre prétendre à la dignité d'évèque ou de docteui". Toujours In limitation volontaire recommandée V. :i-5.
Le passade de la première à la seconde partie de ce v. est marqué par im léger changement de construction qui cori'espond peut-être à ce fait que l'apùtre revient ici de la sphère de l'action à celle de la parole. Au lieu de mentionner le don ou la charge, comme dans les deux termes précédents, il s'adresse directement à celui qui en est revêtu. En réalité il n'y a pas Là une incorrection grammaticale; les accusatifs précédents : -poor,-£iav (la fn'ophétiei, f^.a•/.ovlav (li] minislère), étaient les appositions de yyoi'7- <j.ot.70L^ les dons, à l'accus, (v. 0); de même les nominatifs suivants : ô 8iSdin><.oy/, celui qui enseigne, ô Trapax.aAtov, celui qui exhorte, sont des appositions du participe s/ovtsç, fl//t<«/(même v.). Quant aux régimes suivants: dans l'enseignement, dans VexJiorlalion, ils continuent à dépendre du verbe sous-ent(!ndu â'/wy.sv, ayons, exerçons, demeurons dans. — Le docteur, o (i'.^y.iy.v.lrjç, ne reçoit pas, comme le prophète, des révélations nouvelles, des intuition? qui enrichissent la foi de l'Eglise; il se borne à exposer avec ordre et clarté les vérités déjà mises au jour, à en faire ressortir l'enchaînement et à les approfondir. (>'est lui qui, par la parole de connaissance ou de sagesse (T (lor. Xll, 8), montre l'harmonie de toutes les parties du plan divin et les applique selon les cas. Dans l'énuméralion Eph. IV, 1 1, le docteur est à la fois rapproché et distingue du pasteur. Im elTet la fonction d'enseigner n'a été réunie que graduellement avec le paslorat (voir plus haut).