‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 58 sur 97 · V. S. Le don (Vexhortcr est attrihui' au prophète dans · texte numérisé non relu

V. S. Le don (Vexhortcr est attrihui' au prophète dans

CllAl'. XII. 7-8. 4CK1

I Cor. XIV, :], et le surnom de Barnnhas i(ih de prophé- (iej est rendu en grec (Acl. IV, Si)) par -j-ô; -tzT/^k'r.nzhic,^ fils d'cj/wiialiou. Mais de ce que le prophète exhorte et console, il ne résulte pas, comme on a cherché à se le persuader dans les derniers temps, que quiconque, homme ou lemme, a un don d'exhortation ou de consolation, soit pour cela propliHe, et puisse se mettre au hénéfice de tout ce qui est dit des prophètes dans d'autres déclarations apostoliques. Notre passage même prouve clairement que le don d'exhorter est absolument distinct de celui de prophétie (comp. V. 6). <JLiand le prophète exhorte, c'est en appliquant à ses auditeurs une lévélalion immédiate qu'il a reçue. Mais on peut avoir le don d'exhortei' sans celui de recevoir des révélations; tel est le cas de ceux dont Paul parle dans le passage actuel. — t-elui qui enseigne agit surtout sur l'intelligence; c'est, dans notre langage moderne, le catéchiste ou le théologien dogmatiste. Celui qui exhorte agit sur le cœur et par là sur la volonté; ce serait plutôt aujourd'hui le poète chiétien. Dans l t!or. XIV, '1\S, Paul rapproche, comme ici, ces deux ministères : «Ouelqu'un a-t-il un en^eifjnemenl : (\\\ii\(\\\\m a-t-il un psaume? Ti

Les trois dernières fonctions dont il est parlé, ne sont plus de celles qui s'exercent dans les assemblées de l'Eglise, ou même au nom de l'Eglise; elles rentrent déjà, jusqu'à un certain point, dans l'exercice des vcrlus privées. C'est à tort, en effet, que l'on a vu dans le asTa^i^ouç, celui qui transmet, l'indication du diacre officiel. Le verbe aeTa.^1f^ova-, ne signifie point : faire une distribution de la part de l'Eglise; il faudrait dans ce sens ^-.a^'-^ôvai ; comp. Act. IV, .).">; il indique l'acte de communiquer aux autres de son bien propre; comp. Luc 111, II; Epb. IV, -IX. Le terme : celui qui cummunique, désigne donc le fidèle qui.

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par sa position de forlmie et par une aptitude naturelle sanctifiée par la foi, se sent particulièrement appelé à secourir les indigents qui l'entourent. Paul lui reconnniande de le faire avec simplicité. On pourrait traduire le terme i-rec : avec générosité, avec largeur; c'est le sens qu'a souvent le mol aTVJTrç (:2 Cor. VllI, 2; IX, \:\). D'après son sens étymologique, ce mol désigne : la disposition à ne pas se replier sur soi-même ; et l'on comprend que de ce sens premier puissent résulter, soit celui de ijénérosité, quand on donne sans se laisser arrêter par aucun calcul égoïste, soil celui de sinqilicité, quand on donne sans que la main gauche sache ce que fait la droite, c'esl-à-dire sans vain retour sur soi-même et sans aucun air de hauteui'. Ce second sens nous parait ici préféiahle, parce que le passage tout entier est dominé par l'idée du 'Tojopovetv, se limiter, se régler soi-même.

Comme c'est à tort qu'on a vu dans le ixara^i^o-j; le diacre officiel, c'est à tort aussi qu'on a vu dans le T.^(i\(jriaevo;, celui qui préside, l'ancien ou évêque (voir v. 7). Ce mot doit être expliqué ici par le sens qu'a fréquemment en grec le verbe ■K^uin-'xahy.i, être à la tète de; d'oii diriger une affaire. Ainsi, dans le grec profane, ce terme est appliqué au médecin qui dirige le traitement d'un malade, au magistrat qui veille à l'exécution des lois. Dans l'ép. à Tite, III, S, se trouve l'expi'ession -poia-aaOai itaXÔiv â'pycov, s'occuper de bonnes œuvres; d'où le terme xpoGrànç, patronne., protectrice, hienfaitrice, employé dans notre épitre XVI, 2 pour exprimer ce qu'avait été Phœhé envers beaucou|> de fidèles et envers Paul lui-même. Que l'on songe aux nomhri'uses (ouvres de charité privée que les fidèles avaient alors à fonder et à entretenir! La société païenne ne possédait ni hôpitaux, ni orphelinats, ni écoles gratuites, ni asiles tels que ceux d'aujourd'hui. L'Eglise,

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pressée par l'iiistincl de la charité cliiélienne, devait inlroduir»' loiiles ces inslilulioiis dans le monde; de là, san< doute, dans chaque communauté, des réunions spontanées d'hommes et de l'emiues dévoués qui, senddahles à nos comités chrétiens actuels, se |)réoccupaienl de l'un de ces hesoins et avaient naturellement à leui" lèle i\os directeurs chargés de la responsabilité de l'œuvre. Voilà les personnes auxquelles l'apôtre pense dans notre passage. On comprend ainsi la position de ce terme entre le précédent : celui qui communique^ et le suivant : celui qui exerce lu miséricorde. On s'explique également le régime ivrj-o'jèr, arec zèle. Cette recommandation ne conviendrait guère à celui qui préside une assemblée. Il faut bien plutôt dire au président d'une assemblée délibérante : Pas de zélé ! Mais cette recommandation convient parlaitement à celui qui dirige une œuvre chrétienne et qui, pour qu'elle réussisse, doit s'en occuper avec une sorte d'exclusrsme et en quelque façon la personnifier en lui. — Le dernier terme ô ÈAewv, celui qui exerce la miséricorde, désigne le fidèle qui se sent pressé de se vouer à la visite des affligés et des malades. On peut exercer ce don sans avoir argent et or, comme le y-sTa^i^o-Jç, celui qui fait l'aumône. Il existe un don de sympathie qui rend particulièrement apte à ce genre de travail et qui est comme la clef pour ouvrir le cœur de celui qui souffre. Le régime àv ily.pi-r-i, littéral. ((vec Inlarilé, désigne l'empressement joyeux, la grâce aimable, l'afTabilité allant jusqu'à la gaieté, (|ui iVmt du visiteur on de la visiteuse un rayon de soleil pénétrant dans la chambre du malade et dans le cœur de l'aftligé.

Dans rénumération j)récédente, la reconunandalion de l'apiUre avait surtout en vue r/iumililé chez ceux qui ont à exercer un don. Mais dans les derniers termes on sent que sa pensée se rapproche déjà de la veilu de la charité.

'm8 la VI k dans le salut

r/est le spectacle de celle vertu chrétienne en pleine activité dans l'Eglise et dans le monde qui remplit maintenant sa pensée et qu'il présente dans le tableau suivant v. 9-21. D'abord le devoir de se limiter, de se posséder : c'est ce qu'il vient de recommander; puis celui de se donner : c'est ce qu'il va exposer.

Le sacrifice de soi-même par la charité envers tous ; V. 9--21.

Les -/aci'7y.aTa, les do)is, sont dilîérents ; nous venons de le voir. Mais il est un don qui est à la base de tous les autres et qui doit être l'apanage de tous les fidèles, le don de tous ceux qui n'en ont pas d'autre; c'est l'amour. L'Eglise, recrutée par la loi à l'amour divin, vit d'amour. Tout ce qui croit, aime. Quand cet amour est sincère, il produit chez tout croyant un ministère spontané, qui s'accomplit dans la vie tout entière par une activité multiple. Ci.'tte activité bienfaisante s'exerce d'abord envers les éléments sympathiques que le fidèle trouve autour de lui, V. !l-l(>; puis envers les éléments hostiles qu'il vient h rencontrer, soit dans l'Eglise elle-même, soit au dehors, v. 17--2I.

V. 9 et K» : a Que l'amour soit sans feinte; abhorrez le mal, attachez- vous fortement au bien; H> quant à l'amour fraternel, étant pleins de tendresse les uns envers les autres; quant à l'honneur, faisant passer chacun les autres avant lui; )) — Dans ces deux v. l'apôtre recommande trois dispositions, l'amour comme principe général, comme sentiment fondamental de toute l'activité qui va être décrite (v. 9) : puis spécialement l'amour et le respect des frères (v. 10); ces deux derniers traits, comme les manifestations les plus immédiates de l'amour en général. L'elli|tse du î'tto se trouve parfois chez les clas-

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siqiies. Sans feinte, liltér. sans masque. Le cœur (Joil sentir réellement toute la mesure d'atTeclion qu'il témoigne. Il y a encore ici quelque chose du Tt.iopovsîv, se régler, qui dominait le morceau précédent, en opposition au Ottscooovcîv, s exalter soi-même. Les deux verbes suivants : abhorrer cl s'attacher, sont en grec au p':\rlicipe : ahliorrant, vous attachant. Ces participes se rapportent grammalicalemcnf au sujet de l'idée à'aimer. Celle forme prouve que les deux partie, sont destinés à (jualifier l'amour non feiiil, eu rappelant les caractères essentiels en vertu desquels il mérite ce litre. Ce n'est donc pas ici une recoininandatioii banale de détester le mal et d'aimer le bitMi. Paul veut dire que l'amour n'est pur que lorsqu'il est l'ennemi déclaré du mal, même dans la personne de ceux qu'on aime, et qu'il met toute son énergie à li;ivaill(;r à leur progrès dans le bien. Dénué de celle reclilude murale, qui esl l'esprit de sainteté, l'amour n'est qu'une l'orme de l'égoïsme. Comp. I Cor. XIII, Ô.

V. 10. Les deux flatifs -r. o'./.a^cAoïy., rr, T'.y.r,, que nous avons traduits par: aquant à Tamoui' Iraternel, » a quant à l'honneui-, » sont comme îles litres de chapitre dans le catalogue des vertus normales, attendues chez le chrétien. L'article -r. caractérise par cette raison ces vertus comme supposées présentes dans le cœur des lecteurs. L'adjectif et le participe qui suivent indiquent le trait de conduite par lequel elles doivent se réaliser dans la vie lorsqu'elles se trouvent dans le cœur. — Le mot oiT^ÔTTopyoç, plein de tendresse, vient du verbe tts'pyoj qui désigne les soins délicats que se rendent nmlufdlemenl des êtres qui se chérissent de l'affeclion naluit;!!.', comme les parents et les enfants, les frères et sœurs, etc. L'api'itre, en employant ce terme, veut donner à l'amour des membres de l'Etilise les uns pour b-s auln-s le caractère tendre d'une

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