CHAI'. VI. IS-|"J
iiiiliiniail (|Lie Paul s'esl accoiiiinodé dans les expressions eirtployées au v. 18. Les anciens iiileiprèles iii'ecs ont rapporlé celle remarque, v. ID'i, à ce qui suit, en lui donnant ce sens : «Je ne veux [)as vous deiiiauder au delà de ce que voire faiblesse humaine, pioduile par la chair, comporle : consacrez seuleiiiciU vos meinhres à la juslice dans une mesure ér/ale à celle où vous les avez précédemmenl consacres au péché. Je ne vous en demande i»as davantage. » Mais il es! évident que l'apùlre, dans un passage où il trace la norme de la sainteté chrétienne, ik.' peut songer à rabaisser de la sorte les exigences du principe nouveau. L'exhortation qui suit ne saurait être moins absolue que celle qui précédait, v. 12 et \S, et que n'accompagnait aucune clause pareille Hofiniinn et Scholt font une parenthèse des deux mots àv'jpcô-'-vov Asyw, qu'ils entendent dans ce sens: « J'énonce ici un fait humain, naturel, «et rattachent le régime ^là -r.v à^'iJÉveiav, à cause de la faiblesse de la chair, au verbe : vous are: été assujettis, V. 18. Paul reconnaîtrait ainsi que la pratique du bien est vraiment pour le tidèle une servitude, |)rovenaiil de la persistance de sa vieille nature. Mais Paul prélcndrail-il que l'obligation de bien l'aire soit réellement un esclavaLiê? Non; il dit sculcmoiit (|ne la faiblessti de la chair le fait paraître tel.
L'impératif livrez prouve que la seconde partie du v. est une exhortation. Mais, dans ce cas, pourcjuoi la lier par un car à ce qui précède? L'ne exhortation peut-elle servir à démontrer quelque chose? N'a-t-elle pas besoin d'être fondée elle-même sur une démonstration? Pour comprendre cette forme étrange, il faut, je pense, transformer la forme impérative : livrez, en celle-ci : « vous êtes tenus de livrer. » On comprend alors que celte idée puisse se lii'r pai' car au v. 18 • « Vous êlcs assujettis à
ItO l..\ SANCTiriCATIitN
1.1 juslicc (lésoniiiiis; C((r i\ ne vous n-slc plus (ju'à IIvilt vos memhres. » Il ne i'aul pas oublier, en efl'el, ijiie l'exliorliition : livre: vos memhres, a déjà clé énoncée précédemmenl dans les v. hi et lo, el cela comme logirpicmenl l'ondée sur lunl ce qui précédait (<low\ v. \^], ri cpie, par consé(|uent, la transition du v. 18'' à !!>'' peut se paraphraser ainsi : d Vous avez été assujettis à la justice, puisque, comme je vous Tai montré, vous n'avez plus autre chose à faire qu'à livrer vos membres à la juslice. » La seule différence entre l'exhortation des v. \'l et \:\ et celle de 18'' est que là Paul disait : fo.ilrs, tandis qu'ici, conformément à la tendance de ce second morceau, il dit : El roiis ne pouvez faire autrement. On peut constatt.'r par celte jelation entre le mr de 11)'' el le v. 18, que 10'' est bien, comme nous l'avons vu, une observation interjetée. Wciss essaie de faire portei- le nir sur la propos, l'.t'. .Mais il ne peut y [tarvenir (pT-iu moyen d'une sublilil('' tcdie ipie celle-ci : si lexhoilation qui suit justifie l'observation précédente, c'est moins en raison d(î son contenu, qu'en vertu du fait de son énoncialion. Le sens de la seconde partie du v. 19 a une teinte léjiérement ironique. Les lecteurs sont invités à n'être pas moins actifs au service de leur nouvivau maître qu'ils ne l'ont ('Mt' au service de leur maître précédent. « Puisque vous avez échaniié un esclavaf*e contre un autre, eh bien ! qu'aussi empressés vous étiez de livrer vos niembre'S au péché pour coiiimi'llre le mal, aussi enqtressés vous soyez maintrnaiil de les livrtM' à la justice pour réaliser la sainleti'. .Ne faites p;is à ce second maître la honte de le servir moins lidélement (|ue le premier. » — L'ancien maître est désigné pai' les deux termes «/.«Oapiîa, l'impnrrlc, et àvoaia, l'uhseure de loi, la vie en dehoi'S de toute ré^le, la licenc(\ Le premier de c(îs termes carac-
r.iiAi'. VI. lit.
(il
lérise le pédié cuiiiiiie (Iryradalion pei'sonnelle, le second comme mépris de la norme divine écrite dans la loi ou dans la conscience de loul homme ill, 1 i el 15). (".elle dislinclion nous parait plus naturelle que celle qu'élaldil Tholuck, qui prend le terme impureté dans le sens tout à fait particulier de ce mot, et qui voit dans Vabsenœ de lui le péché en général, i.e sens large que nous donnons au mot impureté ressort clairement de 1 Thess. IV, 7. (les i\(i\\\ expressions renferment donc chacune toute la sphère du péclié, mais en le présentant sous deux points de vue dilTéreuls, l'un dans son rapport avec le pécheur, l'autre dans la relation avec le hien, avec Dieu même.
Du péché, comme principe, l'apùlre passe au péché counne elVet. Le rég. de àvoaiav, y,our ta licence, signifie: pour l'aire tout ce qu'il vous plaisait de l'aire, agissant au gré (Je votre volonté propre sans vous laisser arrêter le moins t\u monde par la ligne de démarcation qui sépare le hien t\u mal. Celte expression de àvo|xîa, abseme de loi, si expressément répétée, et toute cette description de la vie antérieure des lecteurs convient évidemment mieux à d'anciens païens qu'à des croyants d'oiigine juive. — Au péché signalé comme rlisposition mauvaise, comme principe intérieur, sous les deux formes de la dégradation et de la licence, est opposé le bien, aussi à l'état (\>; principe cl comme disposition morale, par le \ermi' Sv/.oLi'jG'jvr,, Justice. C'est la volonté de Dieu, l'ohligalion morale acceptée par le croyant comme la règle absolue de sa volonté et de sa vie. Puis, au péché comme effet produit, sous la forme de l'àvo[7.ia (le rejet de toute règle dans la pratique), est opposé le bien, en tant que résultat à obtenir, par le terme ^ytairaoç. On peut traduire ce mot par sunctification ou par sainteté. Dans le premier sens, c'csl raméliuratioii progressive du (idrlc par radioii du Saiiii-l'lsprit cl avec
•i'i I.A SANCTiriCATION
le concours de son propre Ir.ivnil moral. Dans le second sens, c'est le terme atteint, la perl'eclion réalisée. En laveur du premier sens parle celle remarque de Ctniius (Schubjramm. !^ .'U2) : (c II esl cerinin que les suhst. ••recs en [xoç ou mj/K, sont des nomina arlionh, désipnanl proprement une aciion exercée philni qu'un élat de lait.» D'aulre pari, Meyer fait valoir en faveur du sens de sainlclé le lait que déjà dans l'A. T. le terme de âyiaTy/jç est employé chez les LXX poui' désigner non Tieuvre progressive, mais son résullal linal; ainsi Am. Il, 1 I, où les LXX traduisent par ce mol celui de nczirim, les consacré}!, et Ez. XLV, .i, où il parait éire pris dans le même sens que viikclascli, sanctuaire. Meyer affirme (|ue dans le N. T. également â- lacy.o: désigne le résullal obtenu plu lût ((lie l'action exercée; ainsi dans les passages suivants : I Tliess. IV, :]\ 1 Tim. il, 15; llébr. XII, 14, etc. Dans la première édition je m'étais rangé à l'avis de Meyer; mais, loul pesé, tenant compte des observations de Weiss, et considérant le rapport du subsl. y.y>.afj[j.6ç avec le verbe ây.a'Csiv, rendre sainl, je reviens au sens reçu dans nos traductions, celui de sanctification, qui convient beaucoup mieux au v. 22 (voir à ce v.) et même aux passages cités par Meyer.
Km rc les deux principes opposés, 1rs fidèles ont fait leur choix et le bon choix. Ils sont donc tenus de le réaliser dans la pratique aussi fidèlement qu'ils ont réalisé jadis le choix opposé. Et ce qui doit achever de les y engager, ce sont les conséquences de l'une et de l'autre de ces deux dépendances possibles : d'un côté, la honte et la mort; de l'autre, la sainteté et la vie (v. 20-2r{). C'est ici la seconde partie du morceau; les v. 20 et 21 décrivent les conséquences de l'esclavage du péché jusqu'à leur dernier IfM'uie; le v. 22 celles île la dépendance de Dieu égale-