LA VIK DANS LE SALUT
mot Tare'-voîç, dans la propos, siiivanle, le sens neutre : CL les choses liumbles;)) les fonctions inférieures dans l'Eglise. La prépos. avec, dans le verbe 'TuvaTravoy-avoi, vous hdssanl entraîner avec, rend ce sens peu naturel. Il s'agit plutôt des membres les plus indigents, les plus ignorants, les moins influents dans l'Eglise, vers lesquels le fidèle doit se sentir particulièrement attiré par leur position même. — L'antipathie que l'apùtre éprouve pour toute espèce d'aristocratie spirituelle, pour toute distinction de caste au sein de l'Eglise, éclate encore dans le dernier précepte. D'où viennent ces petites coteries, si ce n'est du sentiment présomptueux que chacun a de sa 'propre sagesse:^ C'est ce sentiment qui vous porte à ne pas tenir compte de l'opinion des humbles et à frayer surtout avec ceux qui vous flattent et dont le commerce familier vous honore aux yeux des hommes. — Ce précepte est emprunté à Prov. 111, 7, mais il tire du contexte, comme on le voit, un sens plus spécial.
Au v. 14 l'apôtre avait fait comme une incursion anticipée dans le domaine des relations avec les éléments hostiles que le lidèle rencontre autour de lui. 11 revient à ce sujet pour le traiter plus à fond ; c'est ici le point culminant dans les manifestations de la charité. 11 ne pense pas seulement à l'inimitié du monde étranger à la foi. Il ne savait que trop par expérience qu'au sein de l'Eglise ellemême on peut rencontrer la malveillance, l'injustice, la jalousie, la haine. L'api^tre nous décrit dans les v. suivants la victoire de la charité sur les sentiments et les procédés malveillants, d'où qu'ils viennent, des chrétiens ou des non chrétiens
La victoire de l'amour sous la forme du support: V. 17-19; sous celle de la fiieufaisancc: v. :20-:il.
CHAI'. XII. l(;-!8. ^»67
V. 17-1'.) : (' ne rendant à personne mal pour mal; vous préoccupant du bien aux yeux de tous les hommes; 18 s'il est possible, autant qu'il dépend de vous, ayant la paix avec tous les hommes; 19 ne vous vengeant point vous-mêmes, bien-aimés; mais laissez place à la colère; car il est écrit : La vengeance m'appartient; je le rendrai, dit le Seigneur. » — il y a un rapport élioit entre l'alinégation décrite dans les v. précédents et la charité qui pardonne. C'est pourquoi l'apùtre continue au v. 17 par un simple participe; car la ven- ,ueance est bien souvent l'effet de l'orgueil blessé. Mais pourquoi ajouter le second précepte tiré de Prov. III, 4? 11 me paraît probable que l'apôtre veut Taire ici de la préoccupation du bien l'antidote de ces pensées sombres et de ces projets hostiles que l'on nourrit sous l'empire du ressentiment. Le régime : devant tous les hommes, dépend naturellemeni du participe ttoovoo'Jiasvoi, vous préoccupant, non de l'objet, x.ala, les choses bonnes, comme le pense Hofmann. Paul veut que la préoccupation intérieure du bien soit tellement manifeste dans la conduite du fidèle, rnème quand il s'agit de sa conduite envers ses adversaires ou ses ennemis, que personne ne puisse soupçonner chez lui un travail d'esprit inspiré par une disposition contraire. Le sens de l'héhreu est assez différent de celui de la version alexandrine que suit ici l'apôtre. Il faut traduire ainsi l'original : « Tu trouveras grâce et réussite devant les hommes.» Les LXX traduisent : « ïu trouveras grâce; et médite le bien devant tous les hommes. »
V. 18. Cet esprit de bienveillance est nécessairement pacifique: non seulement il ne fait et ne médite rien qui puisse troubler, mais il s'efforce d'enlever ce qui désunit. La première restriction : s'il est possible, se rapporte à la conduite du procliMin; car nous ne sommes pas maître de