V. y cl 10 : a Car le : Tu ne commettras point adul
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tère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point', tu ne convoiteras point, et tout autre commandement qu'il peut y avoir, est résumé dans cette parole, le- : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, in L'amour ne fait pas de mal au prochain; l'amour est doncM'accomplissement de la loi. » — V. 9. On s'est demandé pourquoi l'apôtre ne mentionnait ici que les commandements de la seconde table. Simplement parce qu'il s'en tient strictement à son sujet. Les devoirs envers Dieu n'appartiennent pas à la jusike civile ; les obliiiations qui constituent celle-ci se trouvent uniquement dans la seconde table de la loi, qui était comme le code civil du peuple juif. C'est là ce qui avait motivé la forme négative donnée aux commandements du Sinaï, forme à laquelle Paul fait expressément allusion dans le v. 10. La justice n'exige pas que l'on fasse positivement du bien aux autres, mais seulement que l'on s'abstienne de leur faire tort. L'amour qui réclame le bien exclut à plus forte raison le mal. — F^aul commence comme Jésus (MarcX,19; Luc XV111,:2(I) el.lacques, 11,1 1, par le commandement qui interdit l'adultère; Philon en agit de même. Hufmanii pense que cet ordre provient de ce que le rapport entre Tbomme et la femme est antérieur à la relation que l'homme soutient avec tous ses prochains. Meyer et Tl^cm jugent cette solution inadmissible et pensent que l'apôtre suit simplement l'ordre indiqué dans son manuscrit des LXX; car on remarque plusieurs inversions analogues dans les Mss. de cette version. — D'après la plupart des documents appartenant aux trois familles, les mots : « Tu ne diras point de faux lémoi-
* T. |{. lit ici oj ■lvjwj.:i^.-jz,r^zi'.tf(u ne diras pas de faux temuif/naf/e), mais avec n P seulement.
- B F G 11. omettent les mots :v ■:(.). •' I) 1' G tt. lisent o: (or) au lien de ojv (donc).
CHAI'. \lll. ;i-ii
<inage, » sont inaullientique? : et en eiïet Paul termiiir l'énuméralion par cette expression i>énérale : «et tout autre comnianilement. » Le commandement qui interdit lu œnvoilise est mentionné ici, parce qu'il met le doigt sur le principe caché qui produit la violation de tous les autres. C'est précisément parce qu'il éteint la convoitise en y substituant la bienveillance, que l'amour tarit la source des injustices env-ers le prochain. — Le mot é-spa, dilft'renl, n'est pas employé pour xklr,, anlre; il rappelle que chaque article du code protège le prochain sous un rapport différent du précédent. — L'apposition âv tw, dans le, quoique manquant dans quelques Mss., est certainement authentique; elle a pu aisément être oubliée après le substantif (iv Tw Xoyco) précédent, tlomme le to yàc, car le, au commencement du v., elle désigne la parole citée comme quelque chose de l'amilier à tous les lecteurs. — Le commandement cité se trouve Lévit. XIX, 18; aussi vrai on ne se fait pas volontairement tort à soi-même, aussi vrai dans cette seule parole sont contenus tous les <levoirs de la justice envers le prochain. 'Avay.£oaXaio'jv : réunir une pluralité sous une unité; Eph. 1, 10. — Les alex. ont cru devoir corriger éaitrov, hii-même, en 'Tcxjtôv, toi-nicnie. (îela n'était nullement nécessaire; couq). Jean XVII I, .54.
V. 10. Il y a de la vivacité dans rasj/ndrlon enti'e ces <leux versets : « Non certes! l'amour ne saurait faire toil... » L'inintelligence du contexte a seule pu l'aire (|u'on s'est demandé pourquoi l'apùtre parle ici seulement du mal que ne fait pas l'amour et non du bien qu'il fait. Et si Ilofmann répond : C'est que le bien à faire s'entendait de soi-même, il est aisé de lui répondre que le mal à ne pas faire s'entendait encore bien |)lus de soi-même. La vraie explication résidte de ce qui précède : il n'est question ici
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(le l'amour qui' comme moyen et garantie Je l'accomplissement (le la justice. Or, les prestations de la justice ont un caractère purement négatif (ne pas faire tort). — La seconde propos, de ce v. ré|)ète, comme conclusion (donc, vraie leçon), la maxime posée comme thèse au v. (S et envisaiiée comme démontrée. — \\l-r,zi-)'j.y., r accomplissement, proprement: ce qui remplit un vide; l'amour remplit le cadre vide de la loi en accomplissant le contenu de ses commandements.
Paul a ainsi terminé l'exposé des devoirs du chrétien comme membre de la société civile, il ne lui reste plus (ju'à diriger les regards de ses lecteurs vers l'attente solennelle qui peut soutenir leur zèle et leur persévérance dans l'accomplissement de toutes ces ohligations l'eligieuses et sociales.^
La nature (le l'Etat, d'après Roui. XIII. — L'enseignenieiil (le rap(Hre sur ce sujet important passe entre deux erreurs op|)osées et non moins fâcheuses l'une que l'autre : celle qui oppose l'Etat à l'Eslise et celle qui les confond. La première manière de voir est celle qui a pour formule le mot fameux : « L'Etat est athées) (Odillon-Barroti. De cette parole parait se rapprocher la thèse de Vinet : « LEtal est l'homme, moins la conscience'. » Otte manière de voir nous |)araît fausse, parce que l'I^tat représente l'honuTie naturel, et que l'homme naturel n'est ni « athée, » ni «sans conscience. » Il y a chez lui un élément moral, la loi écrite dans le cœur (IL H et lo). et même un élément reliiiieux. la révélation naturelle de Dieu à l'Ame humaine (I, 19-ii). Et ces deux éléments, qui appartiennent à notre nature, doivent entrer aussi dans la socii'té des iiommes naturels organisée en Etat. C'est ce que saint Faul a parfaitement dis(*erné et
' Essai sur la manifestation des convictions religieuses, p. i-79. Dans ma I •'• (kl., induit en erreur |>ar un faux indice, j'avais cité à tort la parole de Vinet sous cette forme : « L'Etat, c'est la chair, » ce qui au fond revient hicn au même sens que : l'Iiomme naturel moins la conscience.
ce qui donne, selon lui. à l'institution rie l'Etat un caractère moral et même religieux, comme nous venons de le constater en expliquiuit ce passage ivoir v. 1. i et o). .Mais, d'autre part, il fjiut se garder de confondre ce caractère religieux de l'Etat avec le caractère chrétien. On ne peut distinguer plus nellenient la sphère chrétienne et la sphère civile que Paul ne le fait dans ces deux ch. XII et XIII. L'une appartient ;i l'onire psychique : de la le -a7a V/r], toute /ime, XIII. 1 : l autre est spirituelle ou pneumatique et suppose la foi (XII. l-(5i. L'une a pour principe d'oliligation la justice, l'autre la charité. A lune conviennent les moyens de contrainte, car on a le droit d'exiger de tout homme qu'il remplisse les devoirs de la justice: lautri' appartient ;ui domaine de la liherté. parce que l'amour est essentiellement spontané, que la loi humaine ne peut l'exiger de personne, et qu'il est le fruit de la foi. qui est un acte libre. Il y a donc distinction profonde, d'après renseignement de Paul, mais nullement opposition entre l'Etat et l'Eglise, pas plus (ju'enlre la loi et la grâce, qu'entre la justice et l'amour. Comme la loi fraie la voie à la grâce, et que la pratique consciencieuse de la justice prépare l'âme à l'exercice de l'amour, de même l'Etat, en réprimant les crimes, maintient l'ordre public et par là la condition dans laquelle l'Eglise peut vaquer tranquillement à son oeuvre, celle de transformer les citoyens de la terre en citoyens du royaunK! des ci^ux. Il y a lii un service réciproque que se rendent les deux institutions. Mais il faut se garder d'aller [ihisloin: l'Eglise n'a à demandera lElat rien de plus que sa liberté d'action, c'est-à-dire le droit commun. C'est ce que saint Paul déclare lui-même 1 Tim. II, 1 et i. Et, de son côté, I Etat n'a point à épouser les intérêts de l'Eglise et, par conséquent, à im|)oser à cette société, qu'il n'a point contribué à former, une croyance ou une marche quelconque. L'essence et l'origine des deux sociétés étant dilférentes, leur administration doit rester distini'te. — Voilà ce qui ressort de l'exposé que nous venons d étu<lier dans ces ch . XII et XIII. Vin traçant ces linéaments de la philosophie du droit et de la théorie de l'Etat, de condiien de siècles saint Paul n'a-t-il pasdevancé le sien, et le notre lui-même à bien des égards! Nous touchons au doigt la vérité de cette parole par laquelle il a introduit tout cet enseignement moral (XII. li) : « .le vous déclare par la grâce qui m'a et»'' donni'e. »