‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 65 sur 97 · XXVII- MORCEAU (XIII · texte numérisé non relu

XXVII- MORCEAU (XIII

L'aUrntc du rclovr de Christ, molAle de la ■sanctifîcaiion chrétien ne.

Ce passasse esl le pendant de celui par lequel l'apùlre avait commencé cet enseignement moral (XII, 1 et 2). Là il avait posé le principe : une consécration vivanle du corps à Dieu, sous la direction de l'intelligence renouvelée par la foi aux compassions divines. C'était comme la force L^inipiilsion qui doit soutenir le fidèle dans sa douhh; marche à travers les deux sj)lières de la vie spirituelle et civile. Mais pour que celte marche soit ferme et persévérante, il faut qu'à la force d'impulsion se joigne une puissance d\illy((cliun exercée sur le cœur du croyant par un glorieux point de mire; il faut une grande espérance offerte à la foi. C'est cette attente que l'apôtre rappelle (Jans le morceau suivant. Le passage XII, 1. 2 posait le fondement, celui-ci, XIII, 11-Li, monlie le couronnement de la vie dans le salut.

V. 11 et 1-2 : « Et cela comme comprenant le temps, parce que l'heure est déjà là de vous ' réveiller du sommeil; car le salut est maintenant plus près de nous que lorsque nous avons cru. i- La nuit s'est avancée et le jour s'est rapproché; dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres et- revêtons les instru-

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r.HAP. XIU. 11.

ments de lumière. » — On a compris difTéicmiiient la liaiisilion un peu brusque du v. 10 au v. 11. (juel esl le verbe principal sur lequel repose le participe tièorzc, comprenant? Meijcr pense qu'il faut remonter jusqu'au ôosD^êts (v. 8) : «Ne devez rien à personne.» Mais on n'apenjoit aucune relation spéciale entre le devoir de la justice, v. 8, et le passage suivant. Lanf/e a recours à une forte ellipse; il tire du participe comprenant un verbe sous-entendu : nous comprenons (comp. XII, H), ce qui le conduit à ce sens : « Et connaissant cela (que l'amour esl l'accomplissement de la loi», nous connaissons aussi l'importance du moment actuel (la proximité du salut final). » Le lien lo- ^^-^ique entre ces deux idées serait celui-ci : Une fois que l'amour esl là, le salul parfait ne peut être loin. Ce sens est ingénieux, mais trés-recherché, et cette construction n'est pas suffisamment justifiée par XII, 6. Hofmann, reconnaissant l'impossibilité de ces explications, a recours à l'expédient suivant : il donne à toOto, cela, un sens adverbial : (le cette manière, ou : sous ce rapport. Cette phrase signifierait : « Connaissant le temps de cette manière, -o c'est-à-dire: «en comprenant ainsi le sens du moment présent (que c'est le moment de se réveiller). » Cette construction étrange se juge d'elle-même. — Après l'exposé que nous avons fait du plan de toute cette partie morale, nous ne sommes point embarrassé par Cf.'tle transition. Dans les mots : Et cela, Paul résume tous les préceptes précédents, tous les devoirs de la charité et de la justice énumérés ch. XII et XIII, et en passant à la quatrièuK^ et d«'rnière section de cette partit-, il dit : « Et tout cela [nous le faisons], comprenant bien que...» La notion de faire pouvait être sous-entendue, parce que les préceptes précédents renfermaient avec l'idée des devoirs celle de leur exécution. — La fidélité des chrétiens à réaliser dans tous

LA VIE DANS LE SALl'ï

les floiiiaiiios religieux et sociaux la vie dans le salut qui vient (rèlre décrite, repose sur la connaissance qu'ils ont (le la situation présente du monde : « L'heure est solennelle; le temps est court; nous ne pourrons plus travailler longtemps à l'œuvre de notre sanelification. Il n'y a pas un instant à perdre. » Dans la pruposilinn suivante : «C'est l'heure de vous réveiller du sommeil, >) l'apôtre compare la position du chrétien à celle d'un homme qui au matin connnence à sorti)' du sommeil et par un acte énergique doit surmonter un dernier reste d'assoupissement. Le sommeil est l'état d'ouhli de llieu et d'éloignemenl de lui, avec la sécurité charnelle qui accompagne l'indifférence religieuse. Sans doute cet état de sommeil complet est passé pour le chrétien. iMais un premier réveil ne le garantit pas d'une rechute (voir au v. LJ), et le plus réveillé a encore hesoin de se réveiller tous les jours jusqu'au moment de la pleine lumière et de la paifaite vie. — Le réveil est l'acte par lequel l'homme arrive au sentiment vil' de sa responsahilité, se livre au mouvement de la prière qui l'entraîne vers Dieu et entre en rapport vivant avec Lui pour ohtenir par Christ le pardon de ses péchés et le secours divin. Maintenir et affermir ce réveil, tel est, selon l'apolre, le devoir que l'heui'e actuelle impose à tous ses lecteurs. Le mot rM, déjà (que T. R. place devant i; -jttvo'j et les alex. devant Oaà;), est hien expliqué par PhiUp'pi : enfin, »me bonne fois. Il faut préférer la leron 'jy-àç, vous, à la leçon r,aàç, nous. Cette, dernière provient du verhe suivant qui est à la première du pluriel.

La nécessité d'un réveil complet résulte de la rapidité avec laquelle s'ap|)roche le jour au-devant duquel nous marchons, l'aul entend par ce jour le moment décisif du relour de Clnisl, qu'il va comparer (v. 1:2) au levei' du soleil sur la nature. Il l'appelle ici le suiul, parce que ce

CIIAl'. Xlll. II.

sei-i riit'inv (le la complète rédemplion pour les fidèles; coinp. V, 10; VIll, i>S-i1d\ X, 10. — La marche des choses vers ce terme ou de ce terme vers nous est si rapide, dit l'apùlre, que l'intervalle qui nous en sépare a déjà sensiblement diminué depuis que lui et ses lecteurs ont été amenés à la loi. Pour couipiendre celle parole qui a quelque chose de surprenant (juand on pense aux dix-huit siècles qui ont suivi le moment où elle a été écrite, il faut se rappeler 1° que le Seiiineur avait promis son retour pour le moment où tous les peuples de la terre auraieni entendu son Evangile, et 2° que l'apôtre, jetant un regard sur sa propie carrière et voyant en quelque sorte tout le monde connu évangélisé par ses soins (Col. 1. 0), pouvait bien dire sans exagération que l'établissement du règne de Christ avait fait un grand pas durant le cours de son ministère. Naturellement celte parole suppose que l'apôtre n'avait pas l'idée de toute la durée du temps qui s'écoulerait jusqu'à ravénemeni de Christ. La révélation reçue du Seigneur lui avait a|)pris qu'W reviendrait, mais non qiiaiid il reviendrait. Et lorsqu'on cherchait à préciser ce moment , l'apôtre lui-même s'opposait à cette prétention (1 Thess. V, 1. 2; 2 Thess. 11, 1 et suiv.). Il s'exprime parfois comme pouvant en être le témoin (1 Thess IV, 17: 1 Cor. XV, 52); parfois comme s'il ne devait point y participer : 1 Cor. VI, 14 (r.y.à;, nous, leçon assurée); 2Tini. IV, 18. Et n'est-ce pas ainsi que nous devons vivre constammi'iit, attendant sans cesse? Cette attitude n'est-elle pas la plus favorable aux progrés dans la sanctification".' Jésus ne l'a-t-il pas réclamée des siens quand il a dit. Lue XII, M\ : ce Soyez semblables aux hommes qui attendent leur maître revenant d'une noce, alin qu'au moment où il arrivera et où il heurteia, ils lui ouvrent aussitôt? )i Et, tandis fpi'il vient à nous par la Paionsie qui approche

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