VM» LA V1I-: DANS LE ^^.\LUT
coiislamiiient, n'allons-nous pas à lui par la mort, la mort qui est pour l'individu ce que la Parousie est pour l'ensemble de l'Eglise, la rencontre personnelle avec le Seitineur? — L'intervalle qui séparait les lecteurs du moment de celte rencontre solennelle, soit individuelle, soit collective, s'était donc graduellement raccourci pour eux depuis le jour de leur conversion.
V. 1::^. D'un coté la nuil, le temps qui précède pour le monde la Parousie (image correspondant à celle du sommeil), s'est avancée; de l'autre le jour, le plein éclat qui accompagne et suit la Parousie, s'est rapproché. A mesure que le temps accordé au siècle présent pour continuer sa vie sans Dieu se raccourcit, le moment du grand et plein jour se rapproche pour les fidèles. De Là une double conséquence : déposer le vêlement, c'est-à-dire les œuvres de la nuit; et effectuer ce que l'on peut appeler la toilette complète digne du plein jour. Weiss préfère, sans doule avec raison, la leçon èi à celle de /.ai (et), comme marquant mieux le contraste : «et en échange»; car il n'est pas possible de traduire par mais. — Les onivres des tonrhres : tout ce qu'on n'ose faire de jour et qu'on réserve pour la nuit (v. lo). — Le ternie or'Aa peut être traduit de deux manières : les inslrumenls ou les aunes de lumière. Le parallèle I Thess. V, i-li parle en laveur du second sens. Il s'agirait dans ce cas de la cuirasse, du casque, des l»rodequiiis du militaire romain, armes qui peuvent être envisagées comme des vêtements que l'on ajuste au matin pour remplacer le costume de nuit. Mais l'ensemble du tableau ne paraît pas s'a|»pli(pier à un jour de bataille; il semble qu'il s'agisse plutôt d'une journée de ti'avail. Et par cette raison nous croyons plus naturel d'appliquer ici l'expression o-/// aux irtemcnls et outils de l'ouvrier laboi'ieux qui, iU)s \r l)on matin, se tient prêt pour l'heure
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où son maître l'attend afin de lui donner sa lâche. — Ces images sont développées dans les v. 13 et l^ : les œuvres de la nuit dans le v. 13; les instruments de lumière dans le V. U.
V. 13 et 14 : x Comme cela convient de jour, marchons décemment, non dans les banquets et les boissons, non dans les impuretés et la licence, non dans les querelles et réchauffement; I i mais revêtez le Seigneur Jésus-Christ, et ne vous préoccupez pas de la chair pour [exciter] des convoitises '. » — Les mois ('•»; 3v vj.i-^y. siiinilienl : «comme on ai;it en plein jour; » mais avec allusion à ce t^ail que la lumière qui luil aclucllemcnt dans l'àme du tidéle esl l'aurore de celle qui se lèvera sur le monde ru jour du salul; comp. 1 Thess. V, 5 et 8. — La sainteté chrétienne esl présentée comme la suprême décence (ejT/raôvcoç, décemment), comparable à la tenue pleine de dignité que commande le lever du jour à l'homme qui se respecte. La conduite mondaine ressemble au contraire à ces indécences auxquelles on n'ose se livrer qu'en les ensevelissant dans les ombres de la nuit; elle s'identifie même avec elles. Car il est bien évident que ces excès sont pris par l'apôtre au sens propre. Une telle manière d'agir n'est pas compatible avec la situation d'un homme sur lequel luisent déjà les premières lueurs du plein jour qui s'avance. — Les œuvres de la nuit sont énumèrées par paires : d'abord la sensualité sous la forme du iiiani;er et sous celle du boire; puis l'impureté sous celles (lu libertinage brutal et de la pétulante légèreté; enfin, les emportements qui éclatent dans les rixes et les disputes violentes (epti^-. -/.."CrrAw); comp. I Cor. 111,3; :2 Cor. XII, '20; Gai. V, -20.
• A C lisent V.; £7:'.0jaiav ; F G It. : sv sn'.Oyu'.ai; ; tous les autres : £-.;
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4y5 LA VIE DANS l.t: SAI.UT
V. I i. Déposer ce qui appaiiienl h la nuit tle la vie mondaine n'est que la première partie de la préparation à laquelle nous appelle le lever toujours |tlus prochain du grand jour; il s'agit de revêtir en même temps les dispositions qui sont en rapport avec une si sainte et vive lumière. Quel est cet équipement nouveau qu'il faut se hâter de substituer à l'ancien? Paul l'indique dans cette expi-ession : revêtir Jésus-Chrisl. 11 parle certainement ici de Christ, non comme notre justice, mais comme notre scoictification, 1 Cor. I, 30. La toilette du fidèle, si l'on ose parler ainsi, en vue du salut qui s'approche, consiste à se revêtir de Christ, en s'appropriant par une communion habituelle avec lui tous ses sentiments et toutes ses manières d'agir qui sont comme les pièces du vêtement à porter. 11 devient ainsi lui-même pour ses rachetés la robe du festin de noce. Le chrétien ne pourra subsister devant lui qu'autant qu'il sera «trouvé en lui » (Phil. 111, 0). D'après Gai. III, 27, ce revêtement commence pour le croyant dans le baptême.
Cette recommandation énergique : '« Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, )^ semblait devoir clore le passage. Cependant l'apôtre ajoute un dernier mol, qui est certainement destiné à former la transition au morceau suivant.
Ce glorieux vêtement du fidèle, la sainleté de Christ dont il fait la sienne, doit être maintenu exempt de toute tache. Or l'apôtre rappelle ici une infirmité très-commune, qu'on ne se reproche guèrcs et contre laquelle il sent le besoin de mettre particulièrement ses lecteurs en garde. 11 est une sensualité qui n'a pas le caractère grossier des œuvres de la nuit et qui peut même revêtir dos apparences légitimes. Le corps étant un serviteur indispensable, n'est-il pas juste d'en prendre soin? L'apôtre ne le nie pas.
CHAI'. XIII. li.
Mais, prentire soin du corps ne tloil pas flevenir, comme cela arrive aisément, une préoccupation en vue de la satisfaction du corps. L'expression Tvpôvo'.av -ouinHxi, se livrer à la préoccupation , indique clairement une pensée dirigée avec une certaine intensité du côté de la jouissance sensuelle. Je ne pense pas ((ue la notion du péché se trouve renfermée ici dans le mol cliair, qui désigne simplement dans ce contexte (voir ch. XIV) notre nature sensihle; elle l'est plutôt dans le terme : se faire une préoccupation de. Paul n'interdit pas au fidèle d'accepter une jouissance qui se présente d'elle-même; comp. l'expression touchante Act. XXVII, rj, où il est dit du centenier Jules qu'il permit à Paul de se rendre auprès de ses amis pour jouir de leurs soins (£7vi[;.eAeiaç -tu/eiv). Mais accepter avec reconnaissance la satisfaction que Dieu donne, est tout autre chose que recherche!' la jouissance, y penser à l'avance (-povoia), y mettre ses soins. Il y a, dans ce second cas, une faiblesse ou, pour mieux dire, une souillure, qui dépare chez beaucoup de chrétiens leur vêtement de noce. — Weiss pense qu'en expliquant ainsi, j'attache à tort au terme -pôvoiav TToicî'jOa', une notion de péché, qui ne se trouve selon lui que dans le v.; i-<Sh'j.iy.z qui suit; mais il ne tient |);is compte du moyen TToisî^Oai; dans le sens de Weiss l'actif eût suffi. — Les derniers mots eî; snôuataç, littér. pour des convoitises, peuvent être envisagés ou comme exprimant le but de la préoccupation : «Ne vous préoccupez pas en vue de satisfaire des convoitises,» on bien comme une réilexion de Paul lui-même, destinée à justifier l'avertissement précédent : « Ne vous préoccupez pas de la satisfaction de la chair, ce qui conduirait inl'ailliblemtMit à une production de convoitises. » Les deux constructions sont possibles. Flans le second sens le régime sî; iTZ'.H'juJ.y.; justifie bien l'avertissement : « Ne vous faites pas .une