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XXVIII" MUIICRAI" (cli. XIV).
Exhoiiatioii relaliir à un dissentiment particulier dans Véijlise de Borne.
Le passage suivant est une application de la loi de la charité exposée cli. XII et XIII. C'est une illustration immédiate du sacrifice de soi-même que Paul vient de réclamer dans la relation des frères les uns avec les autres (cli. XII). Ce morceau, par son rapport à une circonstance locale, est en même temps le premier pas dans le retour de la forme de traité à celle de lettre; il forme, par conséquent, la transition à la conclusion épislolaire de l'écrit entier. (î'esl ainsi que tout se lie organiquement dans l'œuvre de l'apiHre.
Quel était l'objet du dissentiment auquel se rapporte l'enseignement suivant? Le v. ^2 prouve qu'un certain nombre df chrétiens à Rome croyaient devoir s'abstenir de l'usage des viandes et du vin; et il est probable, par les v. 5 et 6, que les mêmes hommes joignaient à cette abstinence l'observation scrupuleuse de certains jours qui leur paraissaient plus saints que d'autres. Ce parti ne paraît pas avoir été considérable ni inlluent; et Paul, bien loin dile traiter comme il traitait ceux qui altéraient le [)ur Evangile en Galatie, à Corintbe ou à Colosses, le prend plu'.ùi sous sa protection vis-à-vis du reste de l'église. II est difficile de se rendre compte du princijie qui faisait agir ainsi
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ces gens. On a ex|»rimé sur ce sujet des vues assez divergentes.
Eiclihorn envisageait ces faibles coinuie d'anciens païens qui avaient a|)[)artenu précédemment à une école de philosophes à lenchince ascétique, les néo-pythagoriciens, par exenq)le. Ils auraient importé dans l'Evangile certains principes et certaines pratiques tenant à leur ancienne philosophie. — Celte opinion est généralement rejelée aujourd'hui. 1^' il y a des indices manifestes de l'origine /um> ôe ce parti. Ainsi les v. 5-0 paraisseni prouver que ces mêmes hommes observaient les jours de têtes juives, aussi bien que les hérétiques de Colosses (voir l'exég.). En outre, si le passage XV, 1-1.3 fait encore partie de ce morceau, comme cela ne nous parait pas douteux, il résulte de là que nous avons affaire à un parti judéo-chrétien, puisque le passage cité aboutit à un hymne destiné à célébrer l'union des chrétiens des deux origines dans un même salut. ^"^ De tels hommes n'eussent pas pris à Rome l'attitude modeste et méticuleuse qui semble avoir été celle des faibles. Au nom de leur supériorité prétendue soit de sainteté, soit de culture, ils auraient bien plutôt affecté des airs de hauteur par rapport au reste de l'église.
Oriiiène et Chri/sostoiiic ont recoimu dans ces gens des chrétiens d'origine juive, et ils ont attribué en consé- ({uence leur genre de vie particulier à leur attachement à la loi mosaïque. Mais la loi interdisait uniquement de manger la chair de certains animaux déclarés impurs et l'usage du vin n'était d('f(>ndu qu'à certaines personnes et dans certains cas particuliers. Comment, sur la voie des ordonnances léviti({ues, ces chrétiens seraient-ils arrivés à la pratique de l'abstinence complète?
Cette réllcxion et la comparaison des chapitres I Cor.
c.iiAi'. XIV. I. 503
VIII-X ont conduit plusieurs inlerprèles (Clém. d\{L, Flatl, yéaniL, Philip., etc.) à expliquer l'abstinence des faibles par la crainte qu'ils éprouvaient de manger et de boire à leur insu de la viande ou des vins qui auraient été ojjhis aux idoles. Plutôt que de courir un tel danger, ils auraient mieux aimé se priver tout à fait. Mais il y aurait eu pour eux des moyens faciles d'éviter ce danger; et l'on ne comprendrait guère que si les idées de ces gens eussent été les mêmes que celles de leurs frères anxieux dans l'église de Corinlhe, Paul ne leur donnât aucun des éclaircissements qu'il avait donnés à ces dei'niers et se contentât de travailler au maintien de la paix dans le sein de l'église de Rorne. Il nous parait fort douteux d'ailleurs que les faibles à Corinthe fussent d'origine juive. Plus nous avons examiné la question, plus nous avons été amené à les envisager plutôt comme d'anciens païens. Enlîn le texte du V. \i est incompatible avec cette opinion. Paul dit : «Je suis persuadé dans le Seigneur que rien n'est souillé jior soi-même. » Ces mois : pur soi-même, prouvent que la souillure paraissait aux Jaibles attachée à la nature même des aliments, et n'était pa.s seulement une souillure accidentellement contractée.
Baur, dans son Apostel Paulus (I, p. .'{(il et suiv.), a essayé de rapprocher ce parti des faibles des Ehioniies qui, selon la description qu'en donne Epiphane, s'abstenaient de toute nourriture animale ou seulement préparée avec des matières animales. Il cite également les Homélies Clémentines (datant de Rome dans le dernier tiers du IP" siècle), où l'apôtre Pierre décrit ainsi son genre de vie : «Je n'use que de pain et d'huile et d'un peu de légume, » et oii il est enseigné que l'usage de la viande est contrenature et d'origine diabolique. Il rappelle aussi le mot d'Hégésippe sur Jacques, le frère du Seigneur : « Il ne