CHAP. XV. I. ÔS
indique le rôle spécial allribué, dans ce cantique de toute riiunianilé rachetée, aux Juifs et aux païens. Il n'a encore rien énoncé de semblable.
V. I. : (' Or, nous devons, nous qui sommes forts, porter les infirmités des faibles et ne pas nous complaire en nous-mêmes. " — Lliorizoïi s'étend; il ne s'agit plus scideiiient du siifjport inutui'l quant à la question des aliments ou des jours iériés; il s'agit en général de la relation entre les membres les plus spirituels et les plus avancés de l'Ejilise, et tous ceux qui sont encore liés par les vues étroites d'une conscience méticuleuse, sur quelfjue sujet que ce puisse être. Il est clair que de tels scrupules, fatigants pour ceux qui ne les partagent point, devaient surtout provenir de l'esprit légal, et qu'ainsi se retrouve ici dans une certaine mesure la différence entre les deux éléments coexistant dans l'église rie Rome, comme partout ailleurs. C'est ce qui fait que Paul passe directement dans le v. 8 à la solution de celte différence fondamentale (en réponse à Wciss). Dans son éciit publié en 1866, Mmigold avait essayé, en faveur de l'idée d'un^ majorité judéo-cbrétienne dans l'église de Home, d'appliquer ici le terme de forts, i-^JvaToi, à une minorité paganocbiélienne qui se serait montrée beaucoup plus sévère envers les faibles du cb. XIV que la majorité judéo-cbrétienne de celte églisf. Dans son ('crit plus récent {ikr Rôwcrhricf, 1881), il retire cette supposition et reconnaît l'identité des furls du ch. XV avec la majorité de l'église à la(p)elle F*aul s'était adi'essé, au cb. .\iV, en faveur (Jes àcrOcvs-r, les faibles. Mais comment maintenir dans ce cas le caractère judéo-ebrétien originaire de celle majorité? Mangold y réussit en admettant que les faibles étaieni duminés par des scrupules ascéti(pies d'un caractère loul par-
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liculier (rrorigine essénienne) el que ne partageait point ia majorilé, parce que le judéo-chrislianisnie de celle-ci était beaucoup plus large (p. îti"!). Je ne mets pas en doute que parmi les membres de cette majorilé que Paul ■appelle les forts, ne se trouvassent beaucoup de cbréliens d'origine juive tels que Paul lui-même ou Aquilas et Priscille, et le groupe de chrétiens qui les entourait (XYl, ;:^-5). Mais le plus grand noudire des forts n'en devait pas moins être formé d'anciens païens; car, s'il en était autrement, pourquoi Paul passerait-il directement dans le v. 7 à la relation entre Juifs el païens, comme tels, et célébrerait-il l'harmonie établie par l'Evangile entre les croyants des deux origines? .Mangold répond que c'est là un ea-emple que Paul cite à l'église de Kome comme un modèle à suivre pour sa propre vie intérieuie. Nous verrons aux v. 7 et 8 si cette explication répond aux besoins du texte. — Le Se, or, est progressif. 11 indique la transition de la faiblesse spéciale dont Paul vient de traiter à l'idée de toutes les faiblesses analogues qui peuvent se rencontrer chez des frères. C'est pour cette i-aison sans doute que Paul change l'expression d'âddeveîç, faibles, en celle plus générale d'àc^ôvarot, imjniissants. Si le contraste exprimé par les deux termes de ^ovaroç et d'à^'jvaxo; ne coïncide pas complètement avec celui de judéo-chrétiens et de croyants d'origine païenne, c'est d'abord parce que beaucoup de judéo-chrétiens pouvaient s'être élevés à la hauteur de la spiritualité chrétienne, et ensuite parce que parmi les faibles pouvaient se trouver nombre d'anciens prosélytes d'origine païenne qui avaient importé avec eux dans l'Evangile l'attachement aux observances légales qui les avait attirés au judaïsme. Mais il reste vrai que les à'ïOevTîfxaTa, les infintiités, dont veut parier Paul, tenaient plus ou moins étroitement à l'esprit b'gal (voir v. 8). C'étaient,