XXX- MUHCEAU (XVI
lieront inandation ; mlu(<i(io)is.
C'est l'iisaL^e (le r;i|)(Ui(î de lr;iil<,'r. (311 Icfiiiiuiinl ses lettres, un certain Moin})re de snjels pailiriili(MS, de niiluie plus ou moins personnelle, tels que salutations , couunissions ou avertissements spéciaux; comp. 1 Cor. XVI, I- 2^2 (parliculièremen! v. 22) ; 2 Cor. XIII, I l-Irî ; Col. IV, 7-18; Philip. IV, l()-2.i; 1 Tlie.ss. V, 2.-.-28 H en a-it ainsi dans notre épilre.
La l'ccommandalion de TMid-hr : v. 1-2.
V. I et 2 : « Or ', je vous recommande Phœbé, notre sœur, qui est- diaconesse de l'église de Kenchrées, 2 afin que vous la receviez dans le Seigneur d'une manière digne des saints, et que vous lui prêtiez appui dans toute affaire pour laquelle elle pourrait avoir besoin de vous ; car aussi elle a été l'aide de plusieurs et de moi-même-'. » — Ici commenceiait selon plusieui's un hillel particulier d(!sliné à rappeler au.x porteurs (Senilci) ou à la porteuse 1 Kiclilioiiij de celte épitre les personnages marquants à saluer dans les églises qui devaient èlr'e visitées au passage. fMusieurs modernes, /). Schid:, Ih'iiss, Eiritld, Ldiircnl, licnan, Weiss, etc., croient même [)ouvoir, soit en raison du point de départ (Kenchrées), soit d'après certains noms dans les salutations (jui suivront, désigner positivement l'église d'Kphése comme celle que Paul avait en vue en réiligeanl ce billet.
' D !•" G omeltent le os.
* B (] li-senl xat (aussi) dovanl o;azovov.
■' I) Il F G : y.at cjjioj y.xi aXÀ<.)v (et de moi et d'autres) ;u! lion do 7:o).).Mv.../.i'. j;j.oj aj-oj (de plusieurs et de luoi-rm-ine).
cww. XVI, I. 588
Nous examinerons au l'ur el à mesure les raisons alléguées en faveur de celle supposition. .Nous remarquons seulement ici que plusieurs île ceux qui rejellenl hors de lépilre aux Komains les salulalions v, 8-16, envisanenl cependant les V. 1 el 2 comme ayanl appartenu à celte lellre (Sc/ioUoi, VolliiiKir, II. Schi(ltz). Nous notons d'ailleurs, ([uanl au reste de ce chapitre, l'observation suivante de Sc/nill: : « Aussi loni^temps que la destination à l'église de Home de toutes les parties du cli. XVI peut se soutenir, celte manière de voii- doit être prélerée à toute autre. » Et, en elfet, il sera toujours diflicile de comprendre comment une feuille de salutations destinée à l'église d'Ephèse ou à toute autre serait venue s'égarer dans l'exemplaire d'une épilre adressée à l'église de Home el déposée dans les archives de cette église (voir les remarques à la lin de ce chapiti'e).
(In a g(''néialemeiil admis que IMiœbé était la porteuse de notre épilre, el avec raison sans doute. Car autrement comment expliquer celle recomuiandalion personnelle si spéciale? Comp. Col. IV, 7; Eph. VI, 21. Paul fait ressortir deux titres qui la signalent à l'intérêt des chrétiens de llome : une sœur et une serrante du Sei(jneur, revêtue par conséqufMil d'un office ecclésiastique. On a nié qu'à une épo(pie aussi reculée la charge de (Jiaconesse put exister déjà. .Mais pourquoi, s'il y avait des diacres (XII, 7; Art. VI, 1 et suiv. ; IMiil. I, 1), n'aurail-il [»as existé aussi dés les tenq)s primitifs un oflice semlilable du côté des femmes, memhres de l'Eglise? Il nous paraît impossible que les veures, dont il est parlé 1 Tim. V, S el suiv., ne fussent pas des personnes revêtues d'une charge ecclésiaslique. Les ministères de bienfaisance, de natuie privée, mentioimés dans notre épilre (XII, 8), (levaient êtie remplis en bonne [)artifi par des ■su:urs. Pouiipioi une l'enuue
584 COXCMSION Él'ISTOLAIRf:
riche el dévouée, qui s'élail acquillée un certain temps de pareilles œuvres, n'aurait-elle pas poilé , même sans consécration ecclésiastique, le titre de diaconesse? Si notre passage avait une origine postérieure au I'^'" siècle, on aurait certainement introduit ici, au lieu du mol <^ia/.ovo; (diacre), qui est le terme de forme masculine primilivomenl appliqué aux deux sexes, le titre féminin de ^tax.ôviT'ja (diaconesse) déjà en usage au ll'"c siècle; comp. la lettre où F'Iine raconte qu'd a dû soumettre à la torture deux de (!GS serrantes qui son[ appelées minislra' (évidemment traduction de (^.y.y.wG'jy.'.). Il y avait tant de services à rendre aux pauvies, aux orphelins, aux étrangers, aux malades, dont les femmes seules pouvaient s'ac(iuilterl Comme l'ohserve Sclialf, la séparation entre les sexes, si profonde en Orient, devait contribuer aussi à rendre un diaconat féminin tout à fait indispensable. — Le participe oùrrav, cjui est, indique expressément que Phœbé est encore, au moment où écrit Paul, revêtue de cet office. Le -/.ai, aussi, que lisent après ce partie, le Vatic. et le C. d'EpItrem, pourrait bien être authentique. — Kenchrées était le port de Corinlhe du côté de l'Orient, sur la mer Kgée; et l'on a inféré de là que f^hœbé se rendait plutôt à Kphèse qu'à Rome. La preuve est peu convaincante, (c II ne s'aLiil pas, dit Sc/iiiU: lui-même, d'une Corinthienne (pii passe par Kenchrées, mais au coniraired'une femme de Kenchrées (jui passe par (iOrinlhe et qui, par conséquent, se dirige vers l'Occident. » Bonne réponse, en tant qu'argument ad lioininem. Mais, dans une supposition comme dans l'autre, quelle puérilité que la critique ainsi pratitpu''e !
V. "1. Dans le Seiffncur : dans le sentiment profond de la fouunuuion avec lui qui lie en un seul corps tous les membres de l'Eglise. — L'expression: d'une manière dii/ne des saints, peut signifier : connue des saints doivent rece-
voii- (OUraiH., Philip., Wciss^ la iihiparl), ou comme des saints doivent être reçus (CItii/s., Grol., etc.). N'esl-ce pas ici l'un de ces cas où il est permis de ne pas choisir? — Il y a corrélation entre les deux leiiiies -apiTTivai , se tenir à côté pour soutenir, et -poGrà-t:, celle qui se lient devant comme protectrice, patronne. Il résulte de là que Phœbé avait rendu des soins à Paul lui-même, peut-être pendant son séjour à Kenchrées mentionné Act. XVlll , 18 et à l'occasion d'une maladie. M. Renan nous apprend que « cette pauvre femme partit pour un rude voyage d'hiver à travers l'Archipel, sans autre ressource que la recommandation de Paul. )) Puis il ajoute : « H est plus naturel que Paul ait recommandé Phœhé aux Ephésiens qu'il connaissait, qu'aux Pujmains qu'il ne connaissait pas. » Comme si les litres de fhœhé, rappelés v. 1 et :2, ne suffisaient pas pour intéresser à elle une église quelconque! il est également difficile de comprendre comment M. Farrar peut ti-ouver une preuve de l'adresse de cette recommandation à Ephèse plutôt qu'à Rome, dans le fait que Rome est trois fois plus éloignée de Gorintlie qu'Ephése, ou dans celui que l'apôtre n'était pas le fondateur de l'église de Rome.
Salutations de la part de Paul et des églises: v. rMli.
A la recommandation de Phœhé, l'apôlre joint une lisle de sdlulalions que l'on pourrait bien ap[)eler encore des recommandations; car l'impératif àT-a^a-rOa, saluez, quinze fois répété, s'adresse à l'église entière, qui est ainsi cliargée de transmettre elle-même cette niîirque d'affection à ceux (|ui en sont les ohjets. Comment s'accomplissait celte commission? ProhahlemenI, au moment où la lettre était lue dans l'assemblée plénière de l'église, le président exprimait d'une manière quelconque au personnage désigné la mar(jiie de distinction (pu- lui avait ainsi accordée l'apôtre.
•"•80 CONCLUSION Él'ISTOI.AIl;!::
— In liiand noiiilire de critiques (D. ScliiU:, Heiiss, Sahalier, Laurcnl, W'eiss, elc.) prétendent que celle liste de saliiUUions ne peut avoir été écrite par Paul en vue de l'église de Home qu'il n'avait pas encore visitée; comment aurait-il [)u y connaître autant de |)ersonnes? H s'aLiirail donc d'amis de l'apôtre, meujhres d'une église qu'il avait l'ondée lui-inèmc ; selon toute apparence, de celle d'I^phèse. Le hasard a voulu que cette liste l'ùt jointe plus lard à l'épitre aux Romains. (Voir surtout lieu.ss, Ei>iires Pimlinlctincs, p. 19-20). Baur , IaicIiI, etc., vont plus loin encoi'e ; ils pensent que cette liste a été comjtosée plus tard par un iaussairc (jui a trouvé bon de mettre sous la plume de Paul les noms de plusieurs personnes notables de l'église de Hume, aliii d(.' produire une impression avantageuse sui' cette église, toujours peu l'avoraldement disposée envers l'apôtre. Procédé bien invraisemblable, observe H. Sdiullz. «Et comment, demande avec raison le ménie écrivain, le faussaiie aurait-il dans ce cas oublié Clément, » qui aurait certes dû ligurer en tète? Etudions, du reste, la liste ellc-mr'me.
V. 8-5" : (( Saluez Prisca ' et Aquilas, mes compagnons d'œuvre en Christ-Jésus, 'i eux qui ont exposé leur tète pour ma vie, — auxquels je ne rends pas grâces moi seul, mais aussi toutes les églises des Gentils, — ')' et l'église qui se rassemble dans leur maison. » — .Aijuilas et sa remmc Prisca (ou Priscille) éliiient des Juifs originaires du Pont, en Asie-.Mineure. Ils étaient établis à Rome connue fabricants de lentes, lorsque l'édit de r,l;iu(le, {\u\ cNpulsail les Israéliles de la capitale, les obligea d'émigrer. Jls se trouvaient depuis peu de temps à l^orinlhe, lorsque Paul y arriva pour la {tremiére fois en
' T. U. lil iip'.T/.'.AAav ii\cc iiliisiciirs Miin. S\ r.
cii.vp. \vi, ;j. 587
l'an 5;!. Leur métier cominuii li's riipproclia , ol Paul IfS amena hienlùt à la coimaissance (Je Clirisj (AcU XVIII, -2). Car il esl absolumenl aibilraire ùe les représenter comme déjà chrétiens à leur départ de Rome. Celte opinion ne provient que (Je la tendance à faire dériver de la synagogue juive la propagation de l'Evangile à Home. Mais elle est exclue par l'expression des Actes Tivà'lo-jfîaîov, un certain Juif. Luc aurait ajouté l'épithète u.'xh-n-zry , disciple ; comp. Act. XVI, 1. Lorsque, deux ans plus tard, rapi'itre quitta Corinthe avec l'intention d'aller l'onder une mission à Lplièse, Aquilas et sa femme s'établirent dans cette dernière ville, tandis que Paul s'en allait encore auparavant visiter Jérusalem et Antioche. Leur intention était certainement de lui [tréparei- les voies dans la capitale de la j)rovince d'Asie, puis d'y soutenir son ministère, comme ils l'avaient fait à Corinllie; comp. Act. XVIII, 18 21. — C'est celte salutation qui a surtout donné lieu à la supposition que toute notre liste était adressée à Ephése. Mais ces deux époux, qui s'étaient transportés du Pont à Rome, puis de Rome à Corintlie, et en dernier lieu de Corinthe à Ephése, ne pouvaient ils pas èlre retournés à Rome, leur ancien domicile, après (jue l'édit iuq)érial était toudjé en d(''su(''tude? Cela est d'autant plus admissible que le but de ce retour se comprend facilement. Nous savons par Act. XIX, 21 qu'à Ephése même Paul avait déjà formé le projet de se rendre à Rome dès qu'il aui'ait achevé son œuvre en Asie et en Cièce. Aquilas et Priscille, (pii lui avaient été si utiles à (iOrinlhe, qui s'étaient même rendus à Ephése avec lui en vue de sa prochaine mission, pouvaient l'aire une seconde fois pour lui, eu se rendant d'Ephèse à Home, ce qu'ils avaient lait en (juittant Corinthe pour Ephése. Weiss appelle cette combinaison une supposition en l'air; mais elle se présente tout naturellement et on ne peut rien
CONCLUSION KIMSTOI-AIHK
avancer (jiii la contredise. (Voir Olhvnt., I, j». .'lO et^Jl.) Le passage Jacq. IV, 1;3 el suiv. iiionlre avec quelle l'acililé les riches négociants Juiis transportaient leur industrie ou leur conuuerce d'une grande ville dans une autre : « Aujourd'hui ou demain nous irons dans celle ville-là et nous y fel'ons du commerce, el nous nous enrichirons. » On objecte le peu de temps qui s'était écoulé depuis la fin du séjour d<3 Paul à Ephèse : dix mois seulement, dil-on, du printemps il(i l'an 57, où il écrit d'Ephése la 1"' aux Cor. (I Coi-. XVI, 8) et où il salue de la pari d'Aquilas et l'riscille (XVI, 19), jusqu'au commencement de 58, où ildoilavoii' écrit de Corinthe l'épître aux Romains. Mais nous croyons qu'on se trompe en ne mettant que dix mois d'intervalle entre la 1"- aux Corinthiens cl l'épllre aux Romains, l'ne élude approfondie de la :2'' aux Corinthiens, aussi bien que des Actes, conduit à un tout autre résultai. Depuis le prinlenijts <le l'an 57, où Paul partit d'Ephèse, jusqu'à riiiver où il fit à Corinthe le séjour durant lequel il rédigea notre épîtie, il s'est écoulé, pensons-nous, presque deux années, de Pâques 57 à février 59. Un pareil intervalle suffit pleincmenl pour expliquer h; nouveau déplaceiiiciil d'Aquilas el Priscille et leur niour à Home. Oue, bien des années plus tard, vers l'an (i(i, ils se soient de nouveau rendus à Ephèse, où Paul liMir envoie uik? salulalion, -2 Tim. IV, 19, il n'y a là rien d'étonnant. La perséculion de Néron, en 04, pouvait avoir été pour eux l'occasion (le (piiti(;r Itomc. — La foiine Piisca est certainement aiillienliipie dans l'épilre aux llomains; le diminutif l^ris- (111(1, (pii se lit dans le T. 11., ne se trouve que dans quel- (pies Mnn. Dans les Actes (XVllI, !>. 18. i2G et 1 Cor. XVI, 19), celte dernière forme se li'ouve dans tous lesilocuments. Dans ::i Tim. IV, 1!l, les deux leçons exislenl, mais la majorilé est en faveur de Prisca, comme dans les Domains. Il
en A p. XVI. :^-r). 589
y a aussi variation dans la position réciproque des deux noms. La femnne est placée ici la première, comme Act. XVill, 18 et 2 Tiin. IV, 19. Prohahlement elle était supérieure à son mari, soit en capacité, soit en activité chrétienne.
V. i. Le pronom (jualificatif oït-.vs; sitjinifie : comme des gens qui... L'expression : mettre le cou soiis (la hache), est sans doute figurée; mais elle implique en tout cas l'acte d'exposer sa vie. Nous ignorons où et quand ce fait avait eu lieu. Etait-ce à Coiinthe, à l'occasion de la scène décrite Act. XVIII, 12 et suiv.? Mais il n'y avait pas eu alors danger de mort. C'est donc plutôt à Epliése, dans l'une des deux circonslances auxquelles font allusion les passages 1 Cor. XV, 82 et 2 Cor. 1, 8. L'apôtre rappelle aux Romains que ce service, que lui avaient rendu ces deux époux, était pour eux un titre à la reconnaissance de toutes les églises de la genlilité. Ce passage prouve deux choses : 1" que ces paroles destinées à recommander Aquilas et f^riscillo n'étaient pas adressées à l'église d'Ephèse, où le fait rappelé s'était prohahlement passé ; car Paul veut sans doute apprendre quelque chose à ses lecteurs; 2*^ que l'église à laquelle il les adressait appartenait elle-même à ces
• églises de la genlilité dont ces deux personnes avaient mérité la reconnaissance; nouvelle preuve de l'origine païenne des chrétiens de Home.
V. .>. L'expression: l'église qui est chms leur nuiison , peut avoir trois sens. Ou bien elle désigne leur famille
■ avec les domestiques et les ouvriers habitant et travaillant chez eux ; ou bien elle s'applique à la portion de l'église de Kome qui avait son lieu ordinaire de réunion dans leur demeure; ou bien enfin ces mots se lapportent à l'église tout entière de la capitale qui tenait chez eux ses assemblées [)lénières ; conq). I Cor. XIV, 2.S. C(i d(?r-
590 r.ONcr.usiox kpistolaimk
nier sens csl incoinp;ilil)l(3 nv(^c la j>n'|)ositioii y.aTx, doni le sens naturel csl, quoi (ju'eu dise Ollnonare , dislrihulir et suppose d'aulres lieux de culte (v. 1i et 15). Le prcniier est invraisemblable, parce que Paid n'aurait pas employé le lerme iy-y-r/icia , ci/lisc , d'un*; réunion purement privée. Le second est donc le seul possible; comp. I Cor. XVI, 19. Dans des cités immenses comme Epbèse , Corinlhe, Home, les rétmions pléniéresdes croyants n'étaient pas fréquentes (1 (lor. \IV, "i:)); dans l'inlt'rvalle on tenait des réum'ons de liroupes, comuK; nous dirions aujoiird'bui, dans les diiïérents quarliers, H. Srlnill: a cru pouvoir conclure de ces dei'uiers mots qu'Aquilas devait être revêtu de la cliarge d'ancien dans l'éiilise d'Epbèse où il vivait, que par conséquent il ne pouvait pas cbantier si facilement de domicile. Il faut être bien à bout de bonnes raisons pour en découvrir de semblables. — Ce qui est certain, c'est que ces deux personnes sont saluées ici, non seulemenl connue amis particidiers de saint Paul, nriais en raison du rôle considérable (prelles ont joué dans l'oMivre de son apostolat. Le passage Act. XVIII, '2i-48 oiïre un exemple de leur activité et de l'inlluence puissante exercée par eux, et il est bien |)r()bable que ce qu'ils avaient été à Ephése, ils ravai(înt été aussi à lîome, depuis le jour où ils y ctaieni rentrés. Celaient des évangélisles de [tremier ordre. Voilà ce qui les recommande à i'allenliou resp(!Cliieuse de l'église et leur assigne le premi(!r rang dans celte liste de salulalions a|tostoliques. Celle circonslance jette imc lumière sur le caractère de la lisl(; tout eiiliéri;.
V. .')' -(i : « Saluez Epénète, mon bien-aimé, qui a été les prémices de l'Asie' pour Christ'. (> Saluez
* T. \{. lil avi'c L V Syr. A/aia; {(VAchaic) au licui de \z\xc. (d'Asie). - 1» I'! I"' (j lisinil :v \p'.TT(.) (en Christ) au liou do et; Xotiiov (pour C h ri si).
CIIAI'. XVI. 5-G. 501
Marie ', qui a beaucoup travaillé pour nous-. » — Kpénéle est pour nous un personnage inconnu. D'après la leçon reçue, il sérail le prenaier converti de VAchnie, par conséquent originaire 'le Corinllic, ce qui s'accortleiail (lilficilemenl avec 1 Cor. XVi, IT». Il est probable que celte leçon provient de ce que les copistes ont cru que Paul entendait parler de la contrée d'où il écrivait. La vraie leçon est certainement de CAsie. Meycr conclut de ce qu'Epénète avait été le premier converti dans celle province, qu'il devait être juif, parce que Paul prêchait avant tout dans la synagogue : il oublie qu'Aquilas et Priscille avaient précédé Paul à Epliése, et comme ils avaient là converti Apollos avanl l'arrivée de Paul (Act. XVllI,^), ils avaient pu convertir aussi Epénète à la même époque, quelle que fût sa religion. Le nom grec d'Epénète fait plutôt pensera un païen; il était donc les prénnces du monde fies Gentils en Asie-.Mineure. Les critiques (Weiss , Farrar , elc.) trouvent ici la [ireuve positive de In destination de cette lisle de noms à l'église d'Eplièsc. Mais si Epénèle était un fruit du travail d'.Vquilas et de Priscille antérieur à celui de Paul, il pouvait tout naturellement avoir accompagné ces deux époux d'Eiiliêse à Pioine, pour s'associer à leur œuvre dans cette grandi; ville. On comprend ainsi la relation étroite que l'apùlre élahlil entre ces trois personnes, aussi bien que le litre si honorable pour Epénèle qu'il lui donne devant toute l'église. — Le rég. el; X:i7tov, pour Christ (qui est' la vraie leçon), fait de (llirisi ciibii riii([n<'l les prémices sont offertes.
V. G. Nous ne savons rien de celle .l/^'/vV saluée au v. 0 ; son nom indique une origine juive, même si (in lit
' A H C D : Mac'.av au lieu de Mac!a;x.
- T. U. iil avec L .Miiii. :■.; r,;j.a: liioiir nmist: Idim U'< jiiilr.-; : -■: ■j;j.a; (poio- vous).
59*2 CONCLUSION KPISTOI.AIIIF
Mapîav avec quelques Mjj. — Si on lil avec presque tous les Mjj. ei; i>[i.v.;, pour vous, Marie serait une personne qui se serait rendue parliculièrenient utile dans l'étilise de Rome, peut-èlre par son dévouement dans qu(dque épidémie qui aurait sévi dans cette ville. Mais il est peu probable que F^aul rappelle à l'église une ebose qu'elle devait savoir beaucoup mieux que lui ; et toutes les personnes saluées ici le sont en vertu d'uïie relation quelconque qu'elles avaient eue avec lui-même. C'est ce qui nous fait préférer la leçon el; rt[J^y.;, pour nous, mali;ré la faiblesse des auloiités qui l'appuient. Comme Aquilas, IViscille et Epénète, Marie, après s'être associée activement au travail de Paul en Orient, était maintenant venue à Home, de même que tant d'autres (jui suivent. Il n'y a aucune raison d'admettre avec Uofuumn que tous les personnai'es ici mentionnés, jusqu'au v. I."), faisaient partie de la coni>régation qui se réunissait cbez Aquilas.
V. 7 et S : « Saluez Andronique et Junias, mes compatriotes et mes compagnons de captivité, eux qui sont au premier rang entre les apôtres et qui aussi ont été en Christ avant moi '. i^ Saluez Ampliatus -, mon bien-aimé dans le Seigneur. « — On pourrait prendre le nom Junian pour l'accusatif d'un noiri de femme, Junia, qui désignerait la sœur ou la femme d'Andronique. Mais la fin du v. fait plutôt penser à un lio)iime du nom de Junias (abréviation de .lunianus). — L'expression auy- Y£v£t; [j.o'j peut signifier soit uns puirnls, soit uics compu- Irioles (IX, tV). Le premier sens parait en soi [dus naturel ; mais aux v. 11 et 21 ce terme est appliqué à d'autres peisonnes, dont deux (Jason et Sosipater) doivent êlie Macédoniens (AcI. XVII, 5 et XX, A). Le sens plus large de
' I) 1*! !•' (i 11. lisent -0'.; -o'j a;jLOj. au lion de ot xa; -co vxou vEYOvaai. - I) l^: L P S\r. : .\ar:Aiav, ail lieu d' \u-ÀiaTov.
ciiAP. XVI, fi-7. 59:]
compnlriolcs devient par là le plus probable. Srhull: trouve tlîiris celte épillièle la pi'euve (jiie l'aul a écrit ces \h^n(is h une éfjlise d'origine païenne (« mes et non nos coni[)a- Irioles »). Mais comp. XI, 14; c'est toujours le rapport à Paul personnellement qui domine dans ces salutations. — On se demande quand ces deux cbrélicns d'oi'igine juive ont pu être emprisonnés avec saint Paul? Ni les Actes, ni les épitres antérieures à celle-ci ne fournissent une réponse à celte question. Mais les tableaux il Cor. VI, 4 et suiv. et XI, 23 et suiv. font allusion à tant de circonstances inconnues de la vie de l'apôtre, que celle ignorance ne doit pas nous étonner. Au ch. 15 de son épitre aux Corinthiens, Clément de Rome énumérc sept captivités de l'apôtre, et nous n'en connaissons que quatre (à Pliilippes, Jérusalem, Césarée, Rome). Peut-être l'événement en question remonte-t-il à une époque anlérieui-e à ses voyages missionnaires (comp. la lin du v.). — La plupart des interprètes s'accordent aujourd'hui à expliquer les mots suivants dans ce sens : « Incn connus des apôtres » (des Douze). Mais ce serait là un étrange titre d'honneur : les apôtres les connaissent! Et le iv, dans, peut-il bien avoir un pareil sens : illustres chez, c'est-à-dire dans Voiiinion des apôtres ! Mcyer cite l'expression d'Euripide iizirrrrj.o; £v (ipoToî;, illustre aux yeux des mortels. Mais pourquoi ne pas ti'aduire dans ce passage : illustre enirc ou parmi les mortels? A plus loile raison ici : distingués parmi ces nombreux évangélisles, qui par leurs travaux missionnaires dans les contrées de l'Orient ont mérité le nom d\i]>ô- Ires. Ce titre, en effet, pouvait dans certains cas avoir un sens plus large que celui qu'il a dans nos évangiles; ainsi Act. XIV, i et 14, il est appliqué à Barnabas; de même, (juoique indirectement, 1 Cor. IX, 5. C'est ainsi qu'on appelle le missionnaire Rrainerd l'apôlre des Indiens, tel
59/p CONCLUSION ÉPISTOLAIHE
autre celui do la (Ihiue ou des Indous. — Vn dernier litre d'hoiuieur : ces deux hommes ont devancé Paul luimême dans la foi et lui ont tracé la voie. Ils appartenaient ainsi à cette église primitive de Jérusalem dont les membres, à mesure que les années s'écoulaient, prenaient aux yeux des églises un caractère de plus en plus vénérable. La leçon gréco-latine est une altération évidente du texte.
V. 8. Paul, n'ayant aucun mérite spécial à mentionner à l'égard d'Ampliatus, se contente de le désigner au respect de l'église par l'expression de son affection pour lui ; et cela suffit, car c'est une affection dans le Seigneur qu'Ampliatus s'est acquise par son dévouement au Maître qu'il sert en commun avec l'apùtre.
V. 9 el III: f< Saluez Urbanus, notre compagnon d'œuvre en Christ, et Stachys, mon bien-aimé. H> Saluez Apelles, [le frère] éprouvé en Christ. Saluez ceux d'entre les gens d'Aristobule. » — Urbanus, nom lalin signifiant cituflin ; Slacliys, nom grec signifiant ^7//. Kn parlant du premier comme de son collaborateur, Paul dit; notre {com\). h pour nous, v. fi), parce qu'il s'agit de Vœurre apostolique en général et de tous les ouvi'iers qui s'y sont employés avec lui; en parlant de son amilié personnelle, il dit : mon.
V. H). Apôlles : nom d'aiïrancbi fréquent à Home, surtout chez les Juifs. On connaît le Creditl judœus Apella, d'Horace. — AoV.'.ao: : le chrétien qui a fait ses preuves, qui s'est m()ntr('' ferme dans sa marche. — Les derniers mots jKturraient signifier : ceux d'entre les e?j/Vr7j/.s' d'Aristobule ; mais le sens plus naturel est : ceux d'entre ses serviteurs ; nalurellemcnl : ipii ont cru. (l'élail (pielque grande maison juive sans doute, (juc Paul avait connue en Orient el dans la(piell(! l'Rvangile avait trouvé accès, probablement [lar son moyen.
CIIAP. XVI. 7-13. 505
V. 1 1 et 1-2 ; (( Saluez Hérodion, mon compatriote. Saluez ceux d'entre les gens de Narcisse qui sont dans le Seigneur. I '2 Saluez Tryphène et Tryphose, qui travaillent dans le Seigneur. Saluez Perside, la bienaimée, qui a beaucoup travaillé dans le Seigneur. » — Ici encore 'j'jyycvr^: peut siLiiiifier soi! coNipabiotc, soit parent (voir v. 7). Les écrivains romains, Suélone, Pline, Tacite, parlent d'un affranchi de Claude, du nom de Narcisse. S'agit-il ici de la maison de ce favori impérial? Luimême avait été exécuté quatre ans avant la composition de noire épître ; cependant sa maison pouvait exister encore à Rome. Mais on ne comprendrai! pas dans ce cas quelle relation personnelle motiverait celle salutation spéciale.
V. 12. Paul parle ici de trois femmes, dont les deux premières travaillaient dans ce moment, et dont la troisième s'était distinguée précédemment au service du Seigneur, de même que Marie (v. (T). Les deux premières étaient probablement deux sœurs; leurs noms presque identiques viennent du verbe TO'joàv, vivre voluptueusement. Paul veut peut-être faire contraster ces noms avec l'épitbète de x.o-'.w^a;, qui Iravailleni laborieuse mcnl. — Perside, une Persane. On désignait souvent les étrangers par le nom de leur patrie (Lydie, une Lydienne). Meyer fait observer la délicatesse avec laquelle Paul omet ici le pronom aou (ma), avec à.ya.-Kr,zri\ (comp. v. 8 et 0). — Probablement c'était une femme âgée; Paid dit: a travaillé.
V. 1.1 : « Saluez Rufus, l'élu dans le Seigneur, ec sa mère, qui est aussi la mienne. » — Le terme iïélu ne peut être jtris ici dans le sens dans lequel il s'applique à tous les chrétiens; il doit désigner quelque chose de spécial. Hofmann, parlant de ce qui suit, enlem) : « Celui que j'ai
59() CONCLUSION KPISTOLAIRK
spécialement choisi comiiie mon frère dans le Seigneur. » Mais dans ce sens le pronom [j.vj (mon) ne pourrait, manquer. Comme ce que l'on choisit est ordinairement ce qu'il y a de meilleur, le mot î/.as/.tô; a pris le sens de distingué, iVexcellenl. C'est certainement ce que signifie ici celte épithéte, comme 2 Jean, v. 1 et 13. Les mots suivants : sa mère, qui est aussi la mienne, prouvent que Paul était uni à cette famille par les liens les plus étroits, qu'il avait même vécu dans son sein. .Marc, écrivant son évangile à Rome, signale Simon de Cyréne, l'homme qui porta la croix de Jésus, comme « le père d'Alexandre et de Hufus » (XV, 21). L'on est tout naturellement conduit à admettre que notre Rufus était précisément le fils de ce Simon, dont la famille s'était transportée à Rome, et que Rufus occupait une place distinguée dans l'église. On peut admettre que la relation de r\iul avec cette famille datait du temps où il éludiait à Jérusalem, duraiil les années de sa jeunesse, et qu'il avait vécu au sein de celle famille et y avait joui des soins maternels de la femme de Simon. S'il en est ainsi, nous trouvons dans le passage de Marc un indice positif de la destination de cette liste de noms à l'église de Rome.
V. 1 \ et 15 : « Saluez Asyncrite, Phlégon, Hermès, Patrobas, Hermas, et les frères qui sont avec eux. 15 Saluez Philologue et Julie ', Nérée et sa sœur, et Olympas et tous les saints qui sont avec eux. » — Les personnages dont les noms suivent, ne sont désignés par aucune épilltèle honorifique; mais il était déjà assez glorieux d'être signalé, ne fût-ce que par son nom, à l'attention respectueuse de toute l'église de Rome. — Les dernieis mots de chacun des v. \A et 15 : et les frères (/ui s(»it
' ('. I'" (j li.>('iil lojvixv au lion (lo lojAt.icv.
CHAI'. XVI, |;j-|(J.
avec cn.i\ prouvent qii(3 les pcrsonnnges qui viennent d'èlre nommés le sont, non pas seulement comme croyants, mais comme directeurs de toute une assemblée qui a coutume de se réunir autour d'eux. Ils demeuraient sans doute dans des (juartiers diiïérents et l'oiinaient, à côté du gi'oupe qui se rassemblait ciiez Aquilas, deux réunions distinctes. — Ilermas a été envisagé par Origène comme l'auleur de l'ouvrage fameux dans l'Eglise primitive, intitulé le P<(sleur d'IIermas. Mais il paraît établi par le fragment de Muralori que cet écrit ne date que de la seconde moitié du deuxième siècle et qu'lîcrmas est un tout autre personnage que celui que l'apùtre salue ici.
V. 15. Julie (car c'est là la vraie leçon) est vrafsemblablement la femme de Philologue. — Oh/ntpas (peut-être abréviation d'Olympodore) est certainement ici nom (Vltumme.
V. IG: «Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Toutes' les églises du Christ vous saluent-. » — L'apùtre vient de saluer en son propre nom les mendjres inlluents des diiïérents groupes dont est formée l'église de Home; mais il éprouve le besoin de tr'inoigner aussi son affection à l'église entière; et il charge tous ses membres de se saluer de sa pari les uns les autres, ils doivent employer pour cela la forme usitée du baiser fra- Irrnel. Si imus ne savions positivement par les Pères, en particulier par Teitullicn (Vosntlniii iiacis dans le De Oralione, c. 1 i), — comp. 1 Pier. V, \A, — (pi'il s'agit ici d'un l'ite extérieur, nous serions tentés d'admettre l'opinion de Calvin et de Philippi, d'après laquelle il faut donner à ce terme de sai}U baiser un sens purement sj)iriluel : la saluialioM de l'amour fraternel. .Mais nous appienoiis par les
' T. I{. a\t'C |iliisii'urs .Miin. sciiluiiioiil oiik-I -aia-. Hautes).
- \) E V (i II. oiiK'Ucnl loulc la sccoiiiJo partie du v. 10 (voir à v.
50(S CONCLISIOX KIMSTOLAIliE
Conaiitulions (( postal ùjii es que plus l;ircl (l(.'s rt'gles l'ureiil élablies pour ùter à cel us.'ige tout ce qu'il pouvnil avoir (le choquant, de sorte qu'il faut prendre ce ternie à la lettre. Nous pouvons être assurés que dans les églises aposloliqucs tout se faisait avec ordre et dignité. C'est ce qu'indique l'épitliète ayiov, saint, qui se retrouve 1 Cor. XVI, 20; -2 Cor. XIII, 1-2 et 1 Thess. V, 26. Probablement le président de l'assemblée donnait le baiser à celui des frères qui siégeait le plus pi'és de lui, et celui-ci à son voisin, tandis que la inènie cbose se passai! du C("ité des femmes.
Au moment où Paul écrit ces lignes et où il voit en pensée les chrétiens de Home se saluant les uns les aulres par ce signe de fraternité, celle église lui apparaît comme le point lumineux, dans les contrées de l'Occident, vers lequel se porlent les regards d'espérance et d'amour de toutes les églises qu'il a fondées en Orient, l.ui-mème vient de parcourir celles de Grèce et d'Asie; il y a parlé de son dessein déjà formé de se rendre à Rome (Act. XIX, 21 ; XX, 25); et toutes les églises de ces contrées l'ont charge de leurs salutalions pour leur sœur de la capitale du monde. C'est ici pour lui le moment de s'acquitter de celle commission : celte salutalion est comme le baiser fraternel qu'envoient à l'église de Piome toutes les communaulés dispersées du coi'ps de Chrisl. Autant une manifeslalion aussi générale que celle-là paraît naturelle, adressée de la part de toutes les églises d'Orient à leur jeune sœur d'Occident qui se ti'ouve placée au poste d'honneur, aussi peu elle serait molivée, si elle ('lait adressée à l'église d'Kphése. — Le T. W. a retranclh' le mot luides, sans doute parce que l'on ne comprenail pas comment Paul pouvait saluer de la part d'autres églises (juc celles au milieu des- (juclles il se trouvait en vc. niomenl. — Le texte gréco-
CHAI'. \V1. If.. '^'M
laliii a liansixjilt' la seconde moilié de ce v. à la lin du '2\ . Celte Iransposiliun a eu pour but évidenl de lallacher celle salulalion des é^dises aux salulalions des compatinons de l'aul. Mais ces dernièies avaient un caractère trop privé el trop personnel, pour que l'apôtre put y joindre un iiiessat;e aussi solennel que celui de toutes les églises d'Orienl à celle de Kome. Celle salulalion d'église à église doit rentrer dans la lettre elle-même. Sa position normale est donc bien celle qui lui est assignée dans notre versel |>ar les textes alexandrin et byzantin.
Nous avons constaté en éuuliant ce luorcrau les indices (jiii paraissent pai'Ier en laveur de sa destination à llonie plul(M qu'à Epliése (voir à v. I. '2. A. \^]. 16; comp. encore V. 2:2). Nous pouvons maintenant exanjinei- celle question d'une manière plus génèi'ale. Vingl-six personnes sont individuellement désignées, vingt-quatre par leurs noms. He ces noms on |teul diie (jue un ou deux sont hébreux, cinq ou six latins, (juin/e à seize grecs; trois communautés chrétiennes se rassemblant dans des locaux différents sont mentionnées (v. 5. \A. J.j); outre cela, deux groupes ayant [)lutôt un caractère privé (v. 10 et 11). L'apôtre a voulu rendre hommage à tous les fidèles serviteurs el à toutes les dévouées servantes du Seigneur à lui connus qui, a[)rès avoir concouru à la fondation de l'église, travaillent encore à son développement dans les différentes parties de la grande ville. 11 ne veut pas seulement leur témoigner son sentiment de leconnaissance et d'affection personnelles; mais il s'exprime de telle sorle ({u'il engage pour ainsi dire l'église à |)rendr<' part tout entière à ce témoignage public rendu à ceux à ((ui elle est ledevablc de son existence el de sa piospérilé. .\utrement pounjuoi dirait-il : Saluez ! au lieu de : « Je salue. » Si tel est le sens de ce pass.ige vraimeiil unique dans les le-tlies {\i' saint Paul, ne
600 CONCI-USIOX KI'ISTOLAIHK
s'applique-l-il pas iiifiiiiinenl mieux à une C|;lise qui, comme celle de Home, n'avait pas encore vu d'apôtre dans son sein, qu'à celles d'Ephèse ou de Corinlhe, où toute l'aclivité fondatrice s'était comme personnifiée en un seul individu, l'apùtre lui-même? P]n lisant ces nombreuses salutations, comme l'on comprend bien tout le passage du ch. Xi! relatif aux dons variés et aux divers ministères, ainsi que cette expression remarquable : -xvti tco ô'vti èv •jy.îv, tout homme qui se trouve [comme travaillant] au milien de vous (v. 3)! «C'est ici, dit M. Gaussent le vivant tableau d'une église primitive; on y voit à quelle hauteur peuvent s'élever les plus ignorés et les plus faibles d'entre ses membres..,. On y admire quels avaient été déjà, par le seul travail des voyageurs, des artisans, des marchands, des femmes, des esclaves et des affranchis qui se trouvaient dans Rome, les progrés de la parole de Dieu. » Non seulement l'apôtre connaissait le plus grand nombre de ces ouviiers, parce qu'il avait été en relation avec eux en Orient (Epénète, .Marie, Andronique et Junias, Rul\)s et sa mère, Urbanus, Apelles, etc.), ou parce (pi'il les avait convertis lui-même (Aquilas et Priscille); mais, comme il recevait des nouvelles de Rome, — c'est ce que prouvent les détails intimes dans lesquels il est entré au cil. .\1\', — il l'iail au l'ail des li'avaux de ces nombreux ouvriers (ju'il salue, sans peut-être les connaître tous personnellement. (Vest probablement là le cas des dernières personnes désignées, au nom descjuelles il n'ajoute aucune qualification. Fdrrar lui-même rappelle ce que dit Strabon (.\1V, .'»), (pi'il y avait à Rome beaucoui» de Tarsiens, et le témoignage de l'yiedliinder, d'après lequel liome foisonnait d'.Vsiates-. L'origine grecque de la plu-
' Thropiicnstie, |t. 'i-()S ot 17 i.
- Sitt>'»ije!>ihi<htc Roms. I, o'.>.
i;ii.\i\ XVI. If). 001
part (le C(3S noms ne coii.sliUie point une ohjcclion conlie la résidence à Rome de ceux qui les portent. Que nous importe que, comme le dit M. Renan d'après le Père Garucci, les noms dans les inscriptions y««^Y'5 ile Rome soient en majeure partie d'origine latine? S'il y avait lieu de s'étonner de quelque chose, cinq ou six noms latins nous surprendraient davantage à Ephèse que quinze à seize noms grecs à Rome. N'avons-nous pas surabondamment constaté que cette église s'était recrutée beaucoup plus abondamment chez les païens que chez les Juifs, et qu'elle avait été fondée surtout par des missionnaires venus de Syrie, d'Asie et de Grèce? Le définit évèque Lighifool a montré (Philippinns, p. 20) qui^ les noms d'Amplias, Urbanus, Stachys, Apelles, Nérée, Hermès et Heimas se retrouvent tous dans les inscriptions des catacombes, ainsi que ceux de Trypliène et de Tryphose, de Palrobas, de Philologue et Julia (ce"s deux derniers réunis). Raiss et Fairnr demandent ce que sont devenus tous ces nombreux amis de Paul à Rome, lorsque quelques années plus tard il écrit (2 Tini. IV, 10) qu'il est seul el abandonné dans celte ville, cl même pins tôt, lorsqu'il écrit aux (lolossiens et aux l'hilip|)icns sans saluer de la pail d'aucun d'eux. Mais savonsnous si j)armi ces chrétiens il s'en trouvait qui eussent visité les églises de Colosses et de Philippes, et leur notoliéié était-elle assez grande pour que Paul leur donnât une place dans les lettres adressées à ces églises? Quant au passage de la seconde à Tinidlliée, il l'aul se rappeler (pie la perséculion de Néron, survenue en O'p, avait pour un monitMit dispersé et conmie anéanti l'église de Rome. L'argument lire du silence est toujours j)eu sididc; combien plus en pareilles circonstances!
Notre conclusion est non seulemcnl (pie ce morceau de salutations peut avoir ('-lé écrit à celle église, mais ipi'il
CONCLlî.SION EIMSTOLAIUK
ne jtcul avoir él('' adiijssc à aiiciiiio auli'c j)liis cuiivoiialilciiieiil qu'à culle-ci. Coiiinic aujourd'hui Paris ou Uomc ello-uiètne sont en quelque sorte le reniiez vous de nonii)reux chrétiens élianiiers des deux sexes, qui viennent y l'i»nder des œuvres d'évanyiclisation, ainsi la Home païenne, aux premiers jours de l'Eglise, attirait l'atlcnlion et le zèle leligieux de tous les chrcliens. Les ci'oyanls missionnaires arrivés dans celle ville immense des diveises contrées de l'Orient offraient le spectacle d'une ruche d'alieilles toute déhordante d'activité au milieu de ce vaste champ à exploiter. Enfin par ce morceau nous pouvons comprendre quels étaient ces amis qui, trois années i)lus tard, à l'arrivée de Paid à Rome, vinrent au-devant de lui jusqu'au maiclii' d'Appius et dont il est dit «<, (ju'à leui" vue il rendit grâces à Dieu et [)rit courage» (Ad. XXVIII, 15).
Hemai'quons en terminant la délicatesse et l'urhanité exijuise (jui inspirent à l'apôtre ces épithètes honorifiques dont il accompagne les noms des servileuis ou des servantes de Christ (ju'il mentionne'. Ilhacune de ces (|ualifications est comme l'éhauche du nom nuuveau que ces êtres [torteront dans la gloire. .Vinsi comprise, cette énumération n'est plus une sèche nomenclature; c'est une liste liouorifi(|ue propre à stimuler l'activité de la chrt'tienté dans tous les lenq)s.
XXXII" .MdHCKAr (\VI, 17-^27).
Avertis.'icnii'itl ; ainniii.ssiuiis ; cuiicliisidii.
.Vvertissement en vue des judaïsanls : v. \l-iH).
Dans la l'c aux Corinthiens, l'apijlre, après un passage
' Voir sur ce sujel loul lo ijcaii |)assai;c datis i'(jiiviai,'c cité de .M. Gaussoii p. 4tiS-t7l).
CIIAP. XVI. KJ-ll