‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 103 sur 216 · CHAPITRE XI, LIVRE XI. igS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI, LIVRE XI. igS

On pourrait demander si les femmes doivent être admises dans ces assemblées. Des hommes, dont l’autorité est très-respectable, ont été de cet avis. Je n'en suis pas. Les femmes, comme êtres sensibles et raisonnables, ont certainement les mêmes droits, et, à peu près, la même capacité que les hommes; mais elles ne sont pas appelées à faire valoir ces droits, et à employer cette capacité de la même manière. L’intérêt des individus dans la société est que tout se fasse bien. Par conséquent, comme nous allons le voir, quand nous entrerons dans les détails , leur intérêt n’est pas de prendre une part directe à tout ce qui se fait; mais, au contraire, de n'être employés qu'à ce à quoi ils sont propres. Or, les femmes sont certainement destinées aux fonctions domestiques, comme les hommes aux fonctions publiques. Elles sont très-propres à nous diriger comme épouses et comme mères , mais non à lutter contre nous dans les affaires. Les hommes sont les représentans et les défenseurs naturels de celles qu’ils aiment; elles doivent les influencer, et non les remplacer ou les combattre. Il y a , entre des êtres si différens

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et si nécessaires les uns aux autres, dispar.'t^ et non pas inégalité. Au reste , cette question^ est plus curieuse qu’utile. Elle est et sera toujours résolue par le fait, conformément à mon opinion , excepté dans quelques cas , où une longue suite d’habitudes aura fait perdre de vue le vœu de la nature.

Tous les hommes doivent donc être égaux dans les assemblées dont nous parlons, et les femmes ne doivent pas y être hommes. Je pense de plus que ces réunions de citoyeus doivent préférer à tout autre moyen de se donner une constitution, celui de charger de la rédiger, une assemblée qui n’ait pas d’autre fonction, et qui soit composée de députés égaux entre eux et librement élus. Pour abréger , nous appellerons cette assemblée , convention. 11 faut donc nommer les membres de cette convention.

Les premières assemblées peuvent, ou élire elles-mêmes ces députés, ou nommer des électeurs chargés de les élire. C’est ici le cas de se rappeler le principe que nous venons de poser en parlant des femmes. Les membres de la société ont intérêt à ce que tout se fasse bien ; mais cet intérêt ne doit pas

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